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 COMMUNICATIONS DE LA BANQUE D'ALGERIE

INTERVENTION DE MONSIEUR MOHAMMED LAKSACI, GOUVERNEUR DE LA BANQUE D’ALGERIE

AU COMITE MONETAIRE ET FINANCIER INTERNATIONAL

AU NOM DE L'AFGHANISTAN, L’ALGERIE, LA GHANA, L’IRAN,
LE MAROC, LE PAKISTAN ET LA TUNISIE

 

La relative amélioration de la situation économique et financière internationale, résultant des actions notables prises dans la zone euro, de l’amélioration de l’activité économique aux Etats-Unis et de la croissance encore forte dans les pays émergents et en développement (PEMD), offre un répit bienvenu après les tensions accrues et les incertitudes de l’année passée. Cependant, la reprise demeure fragile et les perspectives mondiales sont assombries par des risques importants, y compris ceux liés à une réémergence du stress dans la zone euro et à une hausse abrupte des prix du pétrole résultant des tensions géopolitiques. Il est crucial de prendre en charge ces risques et de placer la reprise de l’économie mondiale sur un sentier durable, ce qui requière la mise en place de politiques et d’actions coordonnées ainsi que la mise en œuvre d’un large éventail de réformes. Le Rapport Consolidé de Surveillance Multilatérale et le Plan d’Action de la Directrice Générale offrent des orientations utiles pour la réalisation de ses objectifs.

 

Nous considérons qu’un calibrage adéquat des politiques budgétaires dans les pays avancés est nécessaire pour éviter de contraindre indûment la croissance à court terme et la création d’emplois, tout en restant fortement engagés à assurer le rééquilibrage budgétaire à moyen terme et la viabilité de la dette afin de renforcer la confiance. La réforme des systèmes fiscaux et des pensions fourniraient un soutien important à ces objectifs. Dans le présent contexte de faibles niveaux d’inflation, la politique monétaire dans ces pays devrait rester accommodante afin de soutenir la demande, tout en restant attentive à ses effets négatifs sur la liquidité globale et la volatilité des flux de capitaux. Il est également crucial que les réformes financières se poursuivent résolument en s’appuyant sur les progrès réalisés à ce jour, y compris en renforçant le capital des banques et en structurant ou liquidant les banques faibles dans la zone euro, tout en veillant à éviter une contraction excessive du crédit. Rétablir la situation bilantaire des ménages et raviver le marché immobilier aux Etats-Unis demeure crucial. Nous appelons également à un plus fort rythme d’achèvement et de mise en œuvre du train de réformes de la réglementation financière globale.

 

Bien que décélérant, la croissance dans les PEMD demeure forte. Les politiques devraient rester orientées vers le maintien d’une croissance forte et durable, malgré les effets de la situation dans les pays avancés, tout en oeuvrant à reconstituer des amortisseurs de chocs et à atténuer l’impact négatif des flux importants et volatiles de capitaux. A cet égard, le travail en cours pour développer une approche exhaustive, équilibrée et flexible en matière de gestion des flux de capitaux ne doit pas compromettre la latitude des pays membres à adopter les politiques et instruments qu’ils jugent appropriés à leurs circonstances spécifiques, en tenant compte d’expériences d’autres pays.

 

Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, bien que les conditions varient entre groupes de pays, le défi principal est d’assurer une croissance forte, durable et inclusive, malgré un environnement externe défavorable, y compris en rétablissant la stabilité macroéconomique et la confiance des investisseurs. La tâche est particulièrement ardue dans les pays arabes en cours de transition politique au vu de leurs importants besoins sociaux et d’emploi, ce qui appelle à la mise en place de politiques efficaces, favorisant l’investissement et une croissance équilibrée et créatrice d’emplois. Le soutien international adéquat, y compris l’assistance financière et technique, est crucial, le FMI jouant un rôle clé à cet égard. En particulier, les engagements pris dans le cadre de l’initiative du Partenariat de Deauville, en termes de financement et d’accès aux marchés, doivent être concrétisés dans les délais escomptés. Dans le même sillage et dans ce contexte global difficile, le soutien international renforcé, y compris de la part du FMI, aux pays à faibles revenus est crucial afin de les aider à faire face à leurs besoins substantiels de développement et à atténuer l’impact de la hausse des coûts de l’énergie et de potentiels hausses additionnelles. A cet égard, les pays membres sont appelés à contribuer leurs parts des 0,7 milliards de dollars de profits sur la vente d’or pour accroître la capacité de financement concessionnel du FMI. D’autres actions visant à asseoir la viabilité à long terme du financement du Fonds fiduciaire pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), y compris au moyen de dons bilatéraux et de distribution de profits sur la vente d’or.

 

Nous prenons note et soutenons le travail en cours au FMI visant à renforcer l’efficacité de la surveillance. Nous restons dans l’attente de progrès additionnels vers le développement d’un cadre de surveillance bilatérale et multilatérale intégré, plus efficace et plus impartial. Nous convenons qu’il est nécessaire d’assurer l’entrée en vigueur dans les délais de la réforme des quotes-parts et de la gouvernance. Nous insistons par ailleurs sur l’importance de compléter la revue exhaustive de la formule de calcul des quotes-parts au plus tard en janvier 2013 et la quinzième révision générale des quotes-parts au plus tard en janvier 2014, et devraient donner lieu à un réalignement des parts relatives en faveur des PEMD dynamiques sans que ce réalignement ne fasse aux dépens d’autres PEMD.

 

 

 

 

 

 

 

Evolutions économiques et monétaires en 2010

et éléments de tendance du premier semestre 2011

Communication du Gouverneur de la Banque d’Algérie
devant l’Assemblée Populaire Nationale

Alger, le 16 octobre  2011

 

1. Environnement international  

 

Après plus de deux ans de crise économique et financière, l’économie mondiale a retrouvé en 2010 le sentier de la reprise. Si en rythme annuel le taux de croissance a atteint 5,1 % (-0,7 % en 2009), le fort rythme en la matière a été enregistré principalement au quatrième trimestre. Cependant, la reprise de l’économie mondiale en 2010 l’a été à des rythmes différents selon les groupes d’économies : une forte croissance au niveau des économies émergentes et en développement (7,3 % contre 2,8 % en 2009) face à une performance encore faible dans les économies avancées   (3,1 % contre -3,7 % en 2009). Dans ces dernières, la reprise demeure fragile, compte tenu de la gravité de la récession. Le retour de la croissance économique dans la zone euro en 2010 (1,8 %), à un rythme faible après la forte récession de 2009 (-4,3 %), en contexte de risques financiers élevés, a reposé principalement sur le rebond de l’activité économique en Allemagne (3,6 % contre -5,1 % en 2009) où la demande intérieure a été vigoureuse.

 

En ce qui concerne les Etats Unis, après une faiblesse de l’activité économique au second trimestre 2010, le taux de croissance du troisième trimestre a dépassé la performance escomptée, suivi par un rebond de l’indice de la production manufacturière et une solidité des indices de dépense (ventes de détail et commandes de biens d’équipement), notamment les dépenses de consommation, au quatrième trimestre 2010. Le taux de croissance économique s’est établi à 3 % en 2010 (-3,5 % en 2009), soit une performance quasi égale a celle des économies avancées (3,1 %).    

 

La forte reprise dans les économies émergentes d’Asie (9,5 % contre 7,2 % en 2009) et la performance de l’économie brésilienne (7,5 % contre -0,6 % en 2009) ont été les principaux moteurs de la reprise rapide des économies émergentes et en développement, en contexte de demande intérieure robuste et de fort rebond des échanges internationaux (12,8 % contre -10,7 % en 2009). Les économies de la région MENA ont enregistré une croissance de seulement 4,4 % (2,6 % en 2009) en contexte de pressions inflationnistes, alimentant les tensions économiques et sociales en contexte de taux de chômage structurel élevé principalement en ce qui concerne les jeunes. Quant à l’Afrique subsaharienne, elle a réalisé une performance meilleure (5,4 % en 2010 contre 2,8 % en 2009) que celle de la région MENA.      

 

Si la grave crise économique mondiale a conduit à des taux de chômage historiquement élevés dans les économies avancées (8,3 % en 2010), dont 10,1 % dans la zone euro et 9,6 % aux Etats-Unis, les économies émergentes d’Asie, quant à elles, font face à des pressions inflationnistes qui semblent se conjuguer avec un risque de surchauffe lié à l’expansion excessive de crédit alimentée par l’important afflux de capitaux de nature relativement volatile. Dans ces économies, aussi bien la consommation que l’investissement ont fortement recouvré de la vigueur au cours de l’année 2010, en contexte de faiblesse de la demande extérieure.

 

La poussée des prix des produits de base en 2010 qui ont vite retrouvé leurs niveaux élevés de 2008, tirée notamment par un facteur structurel représenté par la poursuite d’une croissance rapide des économies émergentes et en développement en dépit de la crise, s’est conjuguée avec le retour des attentes inflationnistes en Chine à leur niveau d’avant la crise. L’inflation est particulièrement élevée en Inde, avec un taux d’inflation à deux chiffres 12 % en 2010, et dans d’autres pays en développement d’Asie (9,1 % en 2010),  reflétant une certaine dispersion des attentes inflationnistes de court terme au niveau des pays émergents où l’alimentation représente une proportion élevée dans leur panier de consommation. Le niveau des anticipations inflationnistes est déjà élevé dans ces pays. Dans certains pays d’Amérique Latine (Venezuela, Argentine,…), l’inflation a été très élevée en 2010.

 

La reprise de l’économie mondiale en 2010, tirée par une forte croissance des économies émergentes et en développement, s’est poursuivie au cours du premier semestre 2011, mais à un faible rythme. La fragilité de la reprise s’est accentuée au second trimestre avec des risques à la hausse liés à la stabilité financière.

 

La croissance économique au niveau de beaucoup d’économies émergentes et en développement est restée forte au premier semestre 2011, notamment en Chine et en Inde mais aussi en Afrique Sub-Saharienne et, dans une moindre mesure, en Amérique Latine. A l’inverse, la performance économique des pays avancés s’est affaiblie au second trimestre et les taux de chômage sont restés élevés. Des vulnérabilités sérieuses au niveau de certains de ces pays, y compris en termes de faiblesse des situations des finances publiques et du secteur financier, ont pesé sur le  rythme de la reprise au premier semestre. La crise de la dette souveraine dans certains pays de la zone Euro, la hausse des prix des produits de base et des produits énergétiques, les récentes catastrophes au Japon et les développements dans certains pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont accentué les incertitudes.

 

Au niveau global, la volatilité financière a fortement repris et les tensions sur les marchés interbancaires se sont accrues, alimentées par la crise de la dette souveraine au niveau de la zone euro et par la faiblesse de l’activité dans les économies avancées au second trimestre 2011 en dépit de la poursuite de politiques monétaires stimulantes aux Etats Unis et dans la zone euro, notamment à travers différents programmes d’assouplissement quantitatif. Les conditions monétaires restent ainsi très accommodantes, malgré la reprise de l’inflation tant aux Etats-Unis que dans la zone euro ; l’inflation sous jacente demeurant, cependant, faible. En revanche, plusieurs banques centrales des pays émergents ont pris des mesures de resserrement monétaire pour contenir la forte croissance des crédits. Celle-ci demeure cependant élevée, alimentée par d’importants flux de capitaux vers ces pays, et les taux d’intérêt restent en dessous de leur niveau d’avant la crise financière internationale. Le caractère volatile des entrées de capitaux, en contexte de tensions inflationnistes enregistrées au premier semestre 2011, accentue la vulnérabilité financière dans certains pays émergents.     

 

2. Développements économiques et financiers en 2010

 

Après l’effet du choc externe de grande ampleur de l’année 2009 inhérent à la crise financière internationale et à la crise économique mondiale, l’économie nationale a réalisé des performances financières appréciables en 2010, notamment une consolidation de la position financière extérieure nette.

 

2.1. Adossée au redressement soutenu du prix du baril de pétrole en 2010 (80,15 dollars contre 62,26 dollars en 2009) et corrélativement à la forte augmentation des recettes d’exportation des hydrocarbures (26,4 %), la balance des paiements extérieurs courants a enregistré un excédent appréciable en 2010 (12,16 milliards de dollars, 7,5 % du PIB), en situation de légère progression des importations (4 %) où la part relative des biens d’équipement et de demi produits avoisine les deux tiers. Cette performance en matière de compte courant extérieur a bénéficié du léger recul du déficit des services, du quasi équilibre du poste revenus des facteurs (net) en contexte de revenu appréciable au titre du placement des réserves de change et de la stabilisation du surplus du poste transferts courants (net).

 

Cela est venu confirmer l’excès de l’épargne sur l’investissement qui a caractérisé les années 2000, à l’exception de l’année 2009. Après le déficit courant extérieur du premier semestre 2009, l’excédent de l’année 2010 est d’autant plus appréciable que le solde de la balance des paiements courants devient l’élément pivot de la situation de la balance des paiements extérieurs de l’Algérie. Le compte de capital qui, après le désendettement extérieur complété avant la crise financière internationale, se limite essentiellement au poste investissements directs étrangers (net), est également en excédent (3,4 milliards de dollars). En particulier, ce dernier a enregistré une amélioration en 2010 (3,5 milliards de dollars contre 2,5 milliards de dollars en 2009), après une situation de sortie nette de capitaux au titre d’investissements directs étrangers dans certains secteurs.   

 

En conséquence, la nette amélioration de l’excédent global de la balance des paiements extérieurs en 2010 (15,58 milliards de dollars contre 3,86 milliards de dollars en 2009) est venue alimenter le niveau des réserves officielles de change de l’Algérie qui excède trois années (38,33 mois) d’importations de biens et services. Le niveau des réserves officielles de change (y compris les avoirs en DTS)  s’est établi à 162,22 milliards de dollars à fin 2010 (148,9 milliards de dollars à fin 2009), pendant que la dette extérieure à moyen et long terme s’est stabilisée (3,679 milliards de dollars) et ne représente plus que 2,27 % du produit intérieur brut estimé pour 2010. 

 

Ces  principaux paramètres de la position financière extérieure nette de l’Algérie confirment sa solidité et confortent sa résilience face aux chocs extérieurs, d’autant que la politique de gestion du taux de change par la Banque d'Algérie contribue de manière effective à la stabilité financière externe. En 2010, l'intervention de la Banque d'Algérie sur le marché interbancaire des changes a eu pour résultat l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar en moyenne annuelle (2,64 %). Le taux de change effectif réel du dinar est resté quasiment à son niveau d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue des cours de change des principales devises et de la faiblesse structurelle des exportations hors hydrocarbures (environ un milliard de dollars en 2010). La structure des paiements extérieurs indique que la part des paiements en euro se stabilise à 46 % contre 50 % pour le dollar ; la structure du commerce extérieur avec les quinze principaux partenaires commerciaux de l’Algérie servant de base de pondération du taux de change effectif réel et du panier de monnaies de référence.  

 

Dans ce contexte, le niveau des réserves officielles de change revêt une importance particulière dans la mesure où il constitue le principal rempart contre d’éventuels chocs extérieurs. Ainsi, la stabilité financière externe sur le moyen et long terme repose fortement sur la poursuite de la gestion prudente des réserves officielles de change par la Banque d’Algérie. Les objectifs poursuivis en la matière consistent à :

 

·   Préserver la valeur du capital : minimiser le risque de perte de la valeur marchande des actifs, en maintenant un portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité (en terme de notation de crédit et de type d’émetteur) et en appliquant des pratiques appropriées d’atténuation des risques ;

·  Maintenir un niveau élevé de liquidité : placer les réserves dans des actifs qui viennent à échéance ou peuvent être revendus rapidement sans perte de valeur ;

· Optimiser le rendement : obtenir le meilleur rendement possible tout en respectant les objectifs de sécurité et de liquidité.

 

En conséquence, si les dépôts sont effectués particulièrement auprès des banques centrales et des institutions financières supranationales depuis 2007, les portefeuilles en titres, dont la part s’est accrue depuis et a atteint 98 % en moyenne du total des réserves, sont investis dans des instruments bénéficiant de la meilleure notation et donc les moins risqués, principalement les titres souverains.

 

Pour ce qui est du rendement, les investissements effectués par la Banque d’Algérie en portefeuilles titres durant les années où les taux d'intérêt étaient hauts continuent à générer des rendements relativement élevés, à savoir près de 3 % en 2010 et supérieurs à 3 % en 2008 et 2009. Ces performances sont d’autant plus appréciables qu’elles sont réalisées en contexte de taux d’intérêt très bas dans les pays avancés et de taux directeurs proches de zéro notamment aux Etats Unis. En outre, il importe de souligner que les taux de rendement réels restent positifs. La diversification engagée depuis 2004, tant sur le plan du choix des devises entrant dans la composition des réserves et leur distribution au niveau des portefeuilles, que sous l’angle titres, par classe de risque, a contribué à cette performance, tout en minimisant les risques. L’objectif de sécurité reste primordial, d’autant que l’environnement international a été marqué en 2010 par l’apparition des risques liés à la dette souveraine en contexte de risques bancaires à la hausse.    

 

 

2.2. Si le différentiel d'inflation annuelle moyenne entre l'Algérie et la zone euro s’est réduit, tout en restant encore élevé, l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar a contribué à limiter l’impact de l’inflation importée sur le niveau général des prix, d’autant que les prix des  biens de consommation à fort contenu d'importation ont enregistré une forte progression en 2010 (7 %). La hausse des cours internationaux des produits agricoles de base importés (céréales et produits tropicaux), l’accroissement de la masse monétaire ainsi que la hausse des prix de gros des fruits et légumes frais sont les  principaux facteurs qui expliquent et déterminent l’inflation, avec des contributions respectives estimées à  31 %, 62 % et 7 % en moyenne sur la décennie. Il importe ici de souligner l’impact inflationniste des dysfonctionnements des marchés intérieurs.

 

En effet, pour la première fois depuis cinq ans, le taux d’inflation annuel moyen mesuré par l’indice des prix à la consommation a fléchi, passant de 6,1 % en 2009 à 4,1 % pour l’indice national et  de  5,7 % en 2009 à 3,9 % pour l’indice du Grand Alger. Contrairement aux années précédentes, l’inflation en 2010 est  principalement générée par la hausse des prix des services et des biens manufacturés, même si les biens alimentaires ont subi des hausses substantielles, au demeurant nettement plus faibles que par le passé.

 

Si depuis 2003, la hausse des prix à la consommation a été plus faible en Algérie que dans la région MENA et inférieure à l’inflation médiane pour toutes ces années, le ralentissement du taux de croissance des prix à la production industrielle depuis 2008 et des prix à la consommation en 2010 laisse penser qu’une dynamique de désinflation est engagée en Algérie, dynamique qu’il convient de conforter par la maîtrise des principaux déterminants de l’inflation : création monétaire hors hydrocarbures en phase avec la croissance réelle, maîtrise de la hausse  des  coûts  des facteurs et  stimulation de l’offre.

 

2.3. Aussi, après deux années d’activité économique à rythme modéré à 2,4 %, la reprise de la croissance, tirée par la demande intérieure, elle même soutenue par l’accroissement des ressources, se confirme en 2010 (3,3 %), pendant que le secteur des hydrocarbures enregistre une croissance négative depuis 2006. En effet, tous les secteurs d’activité autres que celui des hydrocarbures ont connu une croissance positive, avec une faible performance de l’industrie (0,9 % contre 5 % en 2009) et l’agriculture (6,0 % contre 20,0 % en 2009) ; le PIB hors hydrocarbures en volume progressant à hauteur de 6,0 % en 2010 (9,3 % en 2009). La croissance appréciable hors hydrocarbures, inégalement répartie par secteur, est portée par l’accroissement de la contribution des secteurs des services marchands, notamment commerce et transport, non marchands et du BTP, en contexte de recul de celle de l’industrie manufacturière et de l’agriculture.    

 

Parallèlement, la croissance de la  dépense intérieure s’est réduite, mais demeure  élevée à 5,5 % en volume en 2010, impulsée par la forte progression des dépenses des ménages et des administrations publiques, confirmant le rôle des dépenses publiques comme stimulant décisif de l’activité économique en Algérie.

 

Si les dépenses budgétaires totales ont progressé de 6,3 % en 2010, après leur quasi stabilisation en 2009, les dépenses d’équipement ont reculé aussi bien en 2009 qu’en 2010 respectivement de 1,4 % et 6 %, après leur forte progression depuis l’année 2005. Leur taux de croissance avait culminé à 41,3 % en 2007 (37,5 % en 2008). Aussi, après de nombreuses années d’évolution haussière, le ratio dépenses d’équipement / PIB a baissé, passant de 19,4 % en 2009 à 15,1 % en 2010, témoignant du ralentissement sensible de l’absorption en la matière. Quant au ratio dépenses courantes/PIB, il s’est stabilisé en 2010 (22,3 % contre 22,9 % en 2009), pendant que l’augmentation des dépenses courantes a résulté notamment de celle des dépenses de personnel. En outre, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (54,8 %), après une baisse de 2006 à 2008. 

 

En 2010, les recettes des hydrocarbures ont augmenté de 20,4 %, s’établissant à 66,3 % des recettes budgétaires totales et couvrant 64,4 % des dépenses budgétaires totales. Quant aux recettes hors hydrocarbures, représentant 33,6 % du total des recettes budgétaires, elles ont progressé de 16,5 % (14,6 % en 2009), pendant que la part relative des recettes fiscales est de 87,6 %. Par ailleurs, si le ratio recettes hors hydrocarbures/produit intérieur brut hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (18,7 %), cette stabilité ne doit pas occulter le changement de structure de la fiscalité hors hydrocarbures au cours des années 2004 - 2010. En effet, les prélèvements sur les revenus, salaires et bénéfices des sociétés ont augmenté relativement plus vite que les prélèvements sur l’activité économique (impôts sur les biens et services et droits de douane), en dépit de l’accroissement substantiel de l’assiette de ces derniers. 

 

Au total, après près d’une décennie d’excédents, le solde global des opérations du Trésor est déficitaire pour la deuxième année consécutive (0,9 % du PIB  en 2010 et 7,1 % en 2009).  Malgré ce déficit, la capacité de financement du Trésor s’est consolidée en 2010, à en juger par l’encours des ressources du fonds de régulation des recettes qui s’est accru de 526,4 milliards de dinars pour atteindre 40,2 % du produit intérieur brut. Cela renforce la viabilité des finances publiques, en dépit de l’augmentation de la dette publique intérieure en 2010. L’efficacité de l’investissement public doit être désormais l’objectif ultime. Une attention particulière doit être accordée au renforcement continu des capacités d’investir.

 

2.4. La reprise en 2010 de l’accroissement des ressources accumulées (épargnes financières)  dans le Fonds de régulation des recettes, en dépit de la forte progression des dépenses budgétaires courantes (dépenses du personnel et transferts) comparativement à leur évolution en 2009, a contribué à atténuer la monétisation.

 

L’analyse des sources de création monétaire en 2010 confirme que les avoirs extérieurs (en devises) constituent l’élément essentiel dans ce processus et donc dans la formation des épargnes financières des agents économiques non financiers. Ainsi, l’encours des avoirs extérieurs nets de la Banque d’Algérie exprimés en dinars, soit 11854,02 milliards à fin 2010, a été monétisé à hauteur de 72,4 % (hors valorisation). Vu la faiblesse des avoirs extérieurs nets des banques, le complément de création monétaire est représenté par les crédits à l’économie (3671,1 milliards de dinars) distribués par les banques et établissements financiers. En conséquence, l’ensemble de ces actifs, constitués principalement d’avoirs extérieurs (réserves de change), ont pour contrepartie l’encours des épargnes financières (dépôts dans les banques et monnaie fiduciaire) des entreprises et ménages (8323,28 milliards de dinars à fin 2010) et l’encours de l’épargne financière (fonds de régulation des recettes et autres dépôts en comptes courants à la Banque d’Algérie et les banques) de l’Etat (5108,13 milliards de dinars à fin 2010).

 

C’est dans un tel contexte de développement de l’épargne financière, que l’effet conjugué de la stérilisation par le Trésor et de l’absorption de l’excès de liquidité par la Banque d’Algérie a contribué à ancrer davantage la stabilité monétaire et financière en 2010, malgré la reprise de l’expansion de la masse monétaire M2 (13,8 %) et la persistance d’une forte croissance de la monnaie fiduciaire (14,7 % contre 18,8 % en 2009). Ce dernier phénomène est caractéristique des comportements monétaires des ménages et entreprises et donc leur préférence accrue pour le cash, en dépit de la modernisation des systèmes de payement.  

 

Après une expansion monétaire historiquement basse enregistrée en 2009 (3,1 %) sous l’effet de l’important choc externe, l’année 2010 a été marquée par le retour à l’expansion monétaire (13,8 %), mais à un taux inférieur aux rythmes élevés des années 2006 à 2008. Avec une progression de 10,2 % en 2010, la reprise du rôle des avoirs extérieurs nets dans le processus de création monétaire s’est conjuguée avec la poursuite du dynamisme des crédits à l’économie.

 

Contrairement à la situation de plusieurs pays émergents qui ont enregistré une contraction des crédits à l’économie liée à la crise financière internationale, les crédits distribués par les banques opérant en Algérie aux entreprises et ménages, directement ou par le biais de l’investissement en obligations émises par les entreprises, ont augmenté de 15,6 % en 2010 (hors rachat de crédits non performants par le Trésor). Cette hausse correspond à une forte croissance des crédits, en termes réels, au cours de l’année 2010, situant l’Algérie dans le groupe de pays émergents à croissance rapide du crédit. Sous l’effet de la forte croissance des crédits à moyen et long termes, la part de ces crédits est montée à 59,9 % à fin 2010 contre 57,2 % à fin 2009, confirmant la dynamique de  financement à long terme de projets d'investissement notamment en syndication bancaire et contribuant ainsi au rallongement des maturités de financement bancaire.   

 

En Algérie, des conditions financières favorables et une résilience du système bancaire face au choc externe ont contribué à renforcer le rôle du canal crédit dans l’allocation des ressources d’épargne ; celles-ci s’étant  consolidées au cours de l’année 2010, tant au niveau du secteur des hydrocarbures que des autres secteurs d’activité, après la contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures en 2009. Il est utile de noter qu’à fin 2010, l’encours de l’épargne financière des ménages et entreprises privées excède celui des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.

 

En conséquence, l’augmentation substantielle des dépôts bancaires (à vue et à terme en dinars) en 2010, 12,5 % contre une baisse de 8,2 % en 2009, a contribué à consolider davantage la capacité de fonds prêtables des banques, ancrée sur des ressources stables et accrues et une bonne position de liquidité. De plus, l’excès de liquidité est de plus en plus disséminé au niveau des banques de la place. Cela a, cependant, induit une activité moins dynamique sur le marché monétaire interbancaire. En effet, disposant de ressources financières stables leur permettant de mener leurs différentes activités en contexte de faible risque de liquidité, les banques ne sont intervenues que rarement sur le marché monétaire pour se procurer de la liquidité au cours de l’année 2010, notamment pour répondre aux objectifs de constitution de réserves obligatoires réglementaires.

 

En dépit de l’acuité de l’excès de liquidité structurel alimenté par la reprise significative de la croissance monétaire en 2010, la conduite ordonnée de la politique monétaire par la Banque d’Algérie a contribué à contenir les pressions inflationnistes en 2010 et donc à asseoir davantage la stabilité monétaire. La conduite efficace de la politique monétaire a reposé sur la résorption effective de l’excès de liquidité, vu l’ampleur de la monétisation des avoirs extérieurs qui se sont nettement accrus en 2010 après le choc externe de 2009. De plus, si les réserves libres ont constitué en moyenne un montant de 63 milliards de dinars en 2010, il importe de noter que sur ce montant, les dépôts libres des banques, qui n’interviennent pas dans les opérations avec la Banque d’Algérie, atteignent 54 milliards de dinars.

 

3. Réforme du cadre de la politique monétaire en 2010 et stabilité financière 

 

Après un ajustement en 2009 du dispositif réglementaire portant instruments de conduite de la politique monétaire (reprises de liquidité, facilité de dépôts rémunérés et réserves obligatoires), tirant les leçons de la grave crise financière internationale de 2008, l’année 2010 a été marquée par la réforme du cadre légal en la matière où l’objectif d’inflation a été institué en tant qu’objectif ultime de la politique monétaire, tout en conservant les objectifs quantitatifs monétaires. L’objectif d’inflation devient ainsi déterminant par rapport au ciblage monétaire quantitatif souple en vigueur, sachant que la prévision de l’inflation à court terme prend désormais une importance particulière. 

 

Avant l’institution de l’objectif d’inflation, la prévision de l’inflation et son monitoring a amené la Banque d’Algérie à développer un outil adéquat depuis septembre 2009, à savoir un modèle de prévision de l’inflation à court terme  répondant au souci d’une vision prospective, afin de prévoir mensuellement le taux d’inflation et son évolution dans un horizon d’une année. A titre d’exemple, la prévision de l’inflation en moyenne annuelle pour fin 2010 effectuée en septembre 2010 ne diffère que de 0,14 point de pourcentage du taux d’inflation réalisé et calculé par l’ONS pour décembre (3,91 %). En conséquence, l’inflation annuelle moyenne est restée proche des prévisions à court terme. Ce taux d’inflation est en recul par rapport à la hausse des prix à fin 2009 (5,74 %) et en phase avec l’objectif d’inflation arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit (4 %, + ou - 1 point) au titre de l’année 2010, comme objectif implicite de la politique monétaire.

 

La contribution de la politique monétaire à la stabilité financière reste décisive en Algérie, vu la prédominance des banques dans le système financier algérien. Cette contribution est renforcée, en situation de gestion flexible du taux de change en phase avec l’objectif de stabilité financière externe. De même, la gestion prudente des réserves officielles de change, à un niveau permettant de faire face aux éventuels chocs externes, s’inscrit dans l’objectif stratégique de consolidation de la stabilité financière. 

 

Les nouvelles dispositions législatives (ordonnance n° 10-04 du 26 août 2010) consolident le cadre légal qui régit le secteur bancaire en Algérie et renforcent l’ancrage légal de la stabilité financière en tant que mission explicite de la Banque d’Algérie, notamment sous l’angle de la surveillance du risque systémique. Cela vient conforter les mesures réglementaires prises ces dernières années, notamment le règlement n° 08-04 de décembre 2008 qui a substantiellement augmenté le capital minimum des banques et établissements financiers et le règlement n° 09-03 de mai 2009 portant règles générales en matière de conditions de banque relatives aux risques sur les produits financiers, à la lumière de certaines vulnérabilités constatées.

 

La Banque d’Algérie a désormais  des prérogatives plus larges pour lancer toute investigation au niveau des banques et établissements financiers, d’autant que les inspecteurs de la Banque d’Algérie ont pour mission de conduire tout contrôle au niveau de ces institutions notamment pour le compte de la Commission Bancaire. Le renforcement des prérogatives de la Banque Centrale permet une plus grande capacité de détection précoce de vulnérabilités, à travers un meilleur suivi des banques et établissements financiers. Dans ce cadre, la Banque d’Algérie a consolidé ses capacités en matière de stress tests, parallèlement à la finalisation du nouveau système de notation des banques et établissements financiers, sous l’angle d’un meilleur contrôle des risques bancaires (une supervision orientée sur les risques).

 

Le Comité de stabilité financière de la Banque d’Algérie, pour sa part, effectue la revue des indicateurs de solidité financière pour les 11 indicateurs dits « indicateurs minima », dans la perspective de la prise en compte des autres indicateurs  dits « indicateurs proposés ». L’évaluation périodique de la stabilité du système bancaire et financier, au moyen notamment des stress tests qui sont développés depuis 2007, a fait l’objet d’une attention particulière en 2010. En matière d’instruments macroprudentiels (réserves obligatoires, …), le Comité de stabilité financière s’est penché davantage en 2010 sur l’excès de liquidité structurel qui caractérise le système bancaire algérien, après le choc externe de 2009. C’est dans ce contexte qu’émerge la nécessité d’améliorer la distribution des crédits à l’économie en appui à la diversification de l’économie nationale, sachant que le risque de crédits reste le principal risque bancaire. D’où la poursuite de l’objectif d’amenuisement des risques liés aux créances non performantes en 2010 (19 % contre 21,8 % en 2009).  

 

Enfin, les nouvelles dispositions législatives d’août 2010 ont significativement renforcé le dispositif de prévention et de résolution de « crise », avec un accent particulier sur l’orientation risques de la supervision bancaire. L’intensification de l’échange d’informations entre les différentes autorités de supervision du secteur financier (Banque d’Algérie, Commission Bancaire, Trésor, Autorité de contrôle des assurances et COSOB), visant à affiner et renforcer la connaissance du niveau de résistance du système financier face aux cycles conjoncturels, permet de détecter toute menace à la stabilité financière. Un test de résistance du système financier, par institution et dans son ensemble, aux chocs financiers internes et externes a été réalisé en mai 2010, avec l’appui des experts de la Banque Mondiale. Il s’agit d’un exercice de simulation de « crise » qui a permis de tester notamment le niveau de partage des informations entre les différentes autorités de supervision du système financier et leur coordination en matière de prise d’actions correctives.

 

 

4. Du renforcement de la supervision bancaire en 2010    

 

L’année 2010 est marquée par le renforcement du cadre institutionnel de la supervision bancaire suite aux nouvelles dispositions introduites par l’ordonnance n° 10-04 du 26 août 2010, modifiant et complétant l’ordonnance n° 03-11, relative à la monnaie et au crédit. Cette ordonnance donne un ancrage légal à la stabilité financière, comme mission de la Banque d'Algérie après celle de la stabilité des prix, et prévoit de nouvelles dispositions légales visant une meilleure maîtrise des risques par les banques et les établissements  financiers.

 

Dans le cadre de son plan d’action au titre de l’exercice 2010, la Direction Générale de l’Inspection Générale (DGIG) de la Banque d’Algérie a intensifié ses interventions de contrôle sur place auprès des banques et des établissements financiers de la place. L’année sous revue a été marquée par l’initiation d’une mission simultanée, menée auprès de l’ensemble des banques de la place ainsi que des services financiers d’Algérie Poste, portant évaluation de leurs dispositifs internes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette mission est intervenue dans le cadre des actions engagées par les pouvoirs publics en matière de lutte contre les fléaux d’ordre économique (blanchiment d’argent, …).  

 

Malgré la mobilisation de l’essentiel de l’effectif des inspecteurs de la Banque d’Algérie pour la réalisation de cette opération, à savoir vingt trois (23) missions menées en 2010 au titre du contrôle du dispositif anti-blanchiment auprès des banques et des services financiers d’Algérie Poste, d’autres missions portant sur des thématiques diverses ont également été réalisées au cours de l’exercice 2010, couvrant notamment les domaines du contrôle intégral, de l’évaluation du portefeuille crédit, des opérations de commerce extérieur, et d’enquêtes spéciales relatives aux opérations bancaires de la clientèle des banques. En outre, une attention particulière a été réservée au contrôle intégral et l’évaluation du portefeuille crédit des banques, aussi bien publiques que privées. Aussi, sur les dix (10) missions de contrôle intégral diligentées en 2010 dont certaines ont été poursuivies au premier semestre 2011, cinq (05) ont fait l’objet de rapports d’inspection transmis, conformément aux procédures en vigueur, à la Commission bancaire. De plus, trois (03) missions particulières de contrôle de commerce extérieur ont été diligentées en 2010 et ont concerné les opérations réalisées par des entreprises à capitaux étrangers. Les travaux de contrôle de commerce extérieur ont débouché dans certains cas sur des procès verbaux de constats d’infraction de change.

 

En vue d’assurer une convergence des actions de supervision aux principes fondamentaux d’un contrôle bancaire efficace, édictés par le Comité de Bâle, la Banque d’Algérie a poursuivi en 2010 le projet de modernisation de la fonction supervision basée sur les risques. Cette action s’inscrit dans le cadre du renforcement d'actions préventives visant à promouvoir davantage la stabilité du système bancaire en Algérie. Ce projet structurant, dont la mise en œuvre effective au niveau des banques est prévue pour le quatrième trimestre 2011 comme phase pilote, prône une refonte de tous les processus liés aux activités de contrôle exercées par la Direction Générale de l’Inspection Générale de la Banque d’Algérie. Il comporte le développement d’un système de notation bancaire conforme aux standards internationaux. 

 

Ce nouveau système vise à renforcer la capacité de détection et d’alerte précoce et à favoriser l’approche prévisionnelle du contrôle. La détection  des signes précurseurs de défaillances des banques et établissements financiers en difficulté est indispensable pour assurer la stabilité du système financier et la protection des déposants. Il permet une réaction rapide de l’autorité de supervision et la prise de mesures correctives adéquates pour faire face aux difficultés rencontrées par une institution financière. 

 

Cette nouvelle approche prévisionnelle des risques permettra aux organes de supervision de réduire sensiblement le coût de la supervision en favorisant une meilleure appréhension du profil de risque de chaque institution financière contrôlée, un ciblage de celles qui sont en difficultés et une utilisation rationnelle des ressources de la supervision. Cela permettra de discriminer rapidement les institutions financières saines  de celles en difficultés.

 

5. Des indicateurs de solidité financière du secteur bancaire en 2010 

 

A fin 2010, le système bancaire en Algérie se compose de vingt (20) banques universelles, dont six (6) publiques et quatorze (14) privées à capitaux étrangers, filiales ou succursales de banques internationales, et six (6) établissements financiers.

 

Sous l’angle de l’évolution de leurs emplois et ressources, l’activité des banques tant publiques que privées est restée dynamique, à en juger par la croissance du total de leurs actifs (y compris comptes de régularisations). Le total des actifs des banques publiques est passé de 6497 milliards de dinars à fin 2009 à 7067 milliards de dinars à fin 2010, soit un accroissement de 8,8 % contre 11,3 % pour les banques privées. La croissance des actifs des banques publiques et privées est marquée par l’accroissement de l’activité crédits indiquant ainsi une prédominance du métier traditionnel. En effet, en 2010, la croissance des crédits à la clientèle des entreprises et ménages atteint 15,6 % pendant que les dépôts bancaires ont enregistré une croissance de 11,7 %. A mesure qu’une grande partie de dépôts est constituée de dépôts à vue qui ne génèrent pas pour les banques des charges en termes d’intérêt, cette situation impacte favorablement leurs comptes de résultat.

 

Dans un tel contexte de faible coût des ressources et d’augmentation des crédits, les banques publiques ont réalisé des bénéfices de l’ordre de 71,860 milliards de dinars en 2010 (après déduction des provisions à caractère de réserves qui font partie des fonds propres) contre 70,229 milliards de dinars en 2009 alors que les banques privées ont vu leurs bénéfices substantiellement progresser en 2010 (24 158 millions de dinars contre 15 614 millions de dinars en 2009). Cette performance financière des banques consolide la résilience du système bancaire à en juger également par les indicateurs pertinents de solidité financière retenus au plan international.

 

En matière de ratio de solvabilité, les banques ont relevé le niveau de leurs fonds propres, y compris les fonds propres de base, qui constituent la protection la plus efficace des déposants contre les pertes inattendues. En effet, aussi bien les banques publiques que privées ont des niveaux de fonds propres très au-delà du minimum réglementaire. Le ratio d’adéquation des fonds propres aux risques encourus (ratio de solvabilité) est passé de 22,11 % en 2009 à 23,31 % en 2010, alors que les fonds propres de base (common equity) en constituent une large proportion avec un ratio d’adéquation progressant de 17,33 % en 2009 à 18,76 % en 2010. Ces performances sont dues à l’affectation d’une grande partie des résultats des exercices antérieurs aux réserves et aux résultats significatifs de l’année sous revue pour les banques publiques et privées.

 

Au niveau des banques publiques, les fonds propres réglementaires et de base ont enregistré des progressions respectives de 12,81 % et 17,49 % pour s’établir à fin 2010 à 570,936 milliards de dinars et 422,196 milliards de dinars. Les banques privées, pour leur part, ont enregistré une progression moins importante que celle des banques publiques du fait de la distribution bien plus importante des dividendes. Leurs fonds propres réglementaires ont augmenté de 10,79 % (10,90 % pour les fonds propres de base) atteignant des niveaux respectivement de 198,653 milliards de dinars et 197,289 milliards de dinars. Les banques publiques et privées ont poursuivi leurs efforts soutenus de reconstitution de fonds propres leurs permettant ainsi d’améliorer le ratio créances non performantes (nettes de provisions constituées)/fonds propres réglementaires, qui de 30,04 % en 2009 passe à 20,37 % en 2010.

 

Sur le plan de la qualité des portefeuilles des banques, les banques ont poursuivi l’amélioration de la gestion de leurs risques de crédit et le traitement dynamique des créances classées. Cela s’est traduit par une légère amélioration du taux brut de dépréciation du portefeuille de crédit pour s’établir à 19,05 % en 2010 contre 21,82 % en 2009. En matière de provisionnement, leur niveau à atteint 74,14 % à fin 2010 contre 68,29 % à fin 2009. Cependant la proportion des créances non performantes reste élevée comparativement aux standards internationaux en la matière.

 

La rentabilité du système bancaire est satisfaisante et demeure favorable aussi bien pour les banques publiques que privées. Celle des banques privées s’est matérialisée par une augmentation de la quasi-totalité des soldes intermédiaires de gestion suite à l’évolution positive de leurs activités d’intermédiation et hors intermédiation. L’augmentation du rendement de leurs actifs s’est établie à 3,49 % en 2010 contre 3,28 % en 2009. Pour les banques publiques, le rendement des actifs a légèrement baissé pour s’établir à 1,25 % en 2010 contre 1,33 % en 2009, du fait de l’importance de leurs opérations avec la Banque d’Algérie qui sont moins bien rémunérées. Pour ce qui est de la rentabilité des fonds propres des banques, elle a baissé tant pour les banques publiques que privées, baisse imputable à l’augmentation substantielle de leurs fonds propres (capital plus réserves).

 

Quant au ratio marge d’intérêt/revenu brut, il s’est amélioré en 2010 aussi bien pour les banques publiques que privées sous l’effet de la hausse de marges d’intérêt nettes. Si les banques privées accroissent leur dépendance vis-à-vis des revenus hors intérêt, ceux-ci servent à compenser la baisse de leur marge d’intermédiation, à en juger par la baisse du ratio charges hors intérêt / revenu brut qui passe de 52,73 % en 2009 à 39,24 % en 2010.

 

La position de liquidité des banques est solide. Mesurée par l’un des indicateurs standards, la liquidité des banques est élevée, comme en témoigne l’absence d’endettement interbancaire et l’intervention accrue de la Banque d’Algérie pour absorber d’une manière effective l’excès de liquidité sur le marché monétaire. Cette situation traduit la capacité des banques à rembourser leurs engagements à court terme grâce à des actifs liquides.

 

 

Enfin, il ressort clairement de l’analyse des indicateurs de solidité financière que les banques publiques et privées, en dépit des différences constatées, ont globalement enregistré au cours de l’exercice 2010 une amélioration sensible de leurs résultats (y incluses les provisions à caractère de réserves), grâce en particulier à la réduction des charges du risque de crédit, à la diminution des dépréciations d’actifs et à la maîtrise des charges opérationnelles. Le secteur bancaire est, dans l’ensemble, solide et résilient.

 

6. Principales tendances monétaires et financières au premier semestre 2011 

 

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), les incertitudes au niveau global et les évènements récents dans la région ont un impact négatif sur l'activité économique et la situation financière de certains pays, notamment en raison de la contraction des recettes de tourisme, des transferts des travailleurs à l'étranger, des flux de capitaux et d'investissement qui ont contribué au ralentissement de l'activité économique et à la hausse du chômage, pendant que les pressions inflationnistes, inhérentes à la hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et de l'énergie, se sont accrues. En ce qui concerne l'Algérie, l'importante épargne budgétaire et l'accroissement substantiel des réserves de change, liés au niveau élevé des prix de pétrole, offrent une marge de manœuvre appréciable

 

Aussi, l'Algérie, tout en poursuivant l'expansion des dépenses en capital (d'investissement), a dû recourir à l'augmentation des dépenses budgétaires courantes pour soutenir la demande intérieure et atténuer l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, notamment les plus démunis. Les mesures budgétaires prises dès le premier trimestre 2011 ont consisté essentiellement en l'augmentation des subventions des prix des produits alimentaires et des transferts sociaux, notamment aux chômeurs, la suspension des taxes sur certains produits de base, la hausse des salaires, l'augmentation de l'emploi dans la fonction publique notamment des emplois non permanents et le financement bonifié du logement.

 

La forte augmentation des dépenses courantes résulte principalement de celle des dépenses de personnel et des transferts courants. Cette dernière rubrique  s'établit à 1150,3 milliards de dinars au premier semestre de l'année en cours, décaissés principalement au second trimestre, et en accroissement de 70,3 % par rapport à leur montant du premier semestre de 2010 (675,6 milliards de dinars). En particulier, les subventions aux EPA sont en très forte hausse ainsi que les différents autres soutiens pris en charge par le budget, témoignant de l'effort accru de l'Etat en terme de couverture sociale en 2011.   

 

En conséquence, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures se situe à 42,1 % au premier semestre 2011 contre 54,8 % en 2010, en contexte d'importance accrue des recettes budgétaires provenant des hydrocarbures.

 

L'évolution favorable des prix des hydrocarbures au premier semestre 2011 est aussi reflétée par l'excédent appréciable du compte courant extérieur, soit un niveau meilleur par rapport aux performances semestrielles de l'année passée.  Les exportations hors hydrocarbures, en dépit de leur faiblesse structurelle,  ont progressé au premier semestre 2011, atteignant leur niveau de l'année 2009 (0,77 milliard de dollars) contre 0,53 milliard de dollars pour le premier semestre 2010. En rythme semestriel, la hausse globale enregistrée est de près de 46 %.    

 

Quant aux importations de biens (fob), elles se sont accrues de 15,7 %, sous l'effet principalement de l'augmentation des importations de biens alimentaires et des biens de consommation, atteignant 22,37 milliards de dollars au premier semestre 2011 contre 19,33 milliards de dollars au cours de la même période de l'année passée. Cette hausse porte plus particulièrement sur les produits alimentaires (60,7 %). A titre d'exemple, les importations (caf) des trois principaux produits alimentaires (céréales, lait et sucre) se sont élevées à 3,44 milliards de dollars au premier semestre 2011, soit quasiment la valeur des importations annuelles de 2010 (3,66 milliards de dollars) ; les céréales  représentant 59,4 %  de ces importations. Si cette augmentation des importations des produits alimentaires de base répond au souci d'une disponibilité accrue de ces produits sur le marché domestique, elle résulte notamment d'un fort effet prix inhérent aux importations des biens alimentaires et des biens de consommation. Pour ce qui est de l'ensemble des importations, elles ont enregistré une contraction en volume de près de 9 % par rapport au premier semestre 2010.  

 

Pour ce qui est du compte de capital, il a enregistre au premier semestre 2011 une augmentation des flux d’entrée de capitaux au titre des IDE qui sont estimé à 1,331 milliard de dollars, en situation d’importants remboursements de dette extérieure notamment de court terme.  L’encours de cette dernière est passé de 1,778 milliard de dollars à fin décembre 2010 à 0,989 milliard de dollars à fin juin 2011.     

 

Au total, le solde global de la balance des paiements du premier semestre 2011 a atteint 9,11 milliards de dollars, soit plus de 4 milliards en rythme trimestriel. La position financière extérieure de l'Algérie s’est ainsi consolidée, en situation de recul de la dette extérieure et d’accumulation soutenue des réserves de change (173,9 milliards de dollars à fin juin 2011, hors avoirs en DTS et or non compris).  La gestion flexible du taux de change a eu pour résultat le maintien du taux de change effectif réel du dinar quasiment à son niveau d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue des cours de change des principales devises. En outre, le premier semestre 2011 est marqué par un amenuisement du différentiel d'inflation entre l'Algérie et ses principaux partenaires commerciaux.

 

Les indicateurs de la situation monétaire à fin juin 2011 montrent un accroissement relativement important de la masse monétaire (8,62 %), principalement par la monétisation des avoirs extérieurs, ainsi qu'une progression globalement significative des crédits à l'économie (11,16 %).  Ce trend confirme la poursuite du dynamisme des crédits à l'économie et situant l'Algérie dans le groupe de pays émergents à croissance rapide du crédit. De plus, la  hausse des crédits (hors obligations) concerne aussi bien les banques publiques (11,29 %) que les banques privées (16,44 %), pendant que son rythme est inégal entre les banques. 

 

Cependant, sous l'angle sectoriel, l'évolution des crédits distribués par les banques est contrastée au premier semestre 2011, à mesure que la hausse appréciable des crédits aux entreprises privées (10,21 %) s'est accompagnée d'une hausse plus importante des crédits au secteur public (13,48 %) et une hausse modérée des crédits aux ménages   (3,47 %). Néanmoins, les crédits immobiliers aux ménages se sont accrus de 12,50 % et ont atteint 74 % du total des crédits aux ménages (68 % à fin 2010). La part des crédits au secteur privé (entreprises privées et ménages) dans le total des crédits distribués nets des rachats se stabilise au premier semestre (55,18 %). Parallèlement, la part des crédits à court terme est en baisse au profit des crédits à moyen et long terme qui atteignent 62,57 % contre 59,89 % à fin décembre 2010. Le dynamisme du financement à moyen et long terme de projets d'investissement, notamment en syndication bancaire, est ainsi conforté et appuyé par un rallongement des maturités de financement bancaire. Ce dernier phénomène se révélera davantage au second semestre de 2011, sous l'effet de l'impulsion apportée par les pouvoirs publics (soutien financier).

 

En outre, dans un contexte de forte croissance des crédits à l'économie, le taux d'intérêt moyen pondéré par type de crédits a légèrement diminué au premier semestre par rapport à son niveau de fin 2010 et fin 2009. Ainsi, des conditions financières favorables et une solidité financière renforcée des banques contribuent à conforter le rôle du canal crédit dans l'allocation des ressources d'épargne financière accrues en 2011, qu'il s'agisse des dépôts des ménages et entreprises privées ou des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.

 

Pour les six premiers mois de 2011, les dépôts à vue dans les banques se sont accrus de 6,55 %, soit un rythme inférieur à celui des dépôts à terme (y compris les dépôts en devises) (7,22 %), pendant que les dépôts au CCP et au Trésor, quant à eux, enregistrent une hausse bien plus importante (21,84 %). Il importe de signaler également une hausse importante de la monnaie fiduciaire à partir de 2007, soit à un rythme moyen annuel de 18,2 % pour les quatre dernières années, dont le ratio par rapport à la masse monétaire a atteint 26,09 % à fin juin 2011. Si ce ratio a été relativement stable entre 2005 et 2008, à environ 22 %, l’envolée de la monnaie fiduciaire en circulation s’explique essentiellement par l’ampleur accrue des paiements en cash des transactions, au-delà de celles relevant du commerce de détail.  

 

A fin juin 2011, la masse monétaire (hors dépôts du secteur des hydrocarbures) a progressé de 10,67 % contre 8,62 % pour l'agrégat M2 au sens large, puisque les dépôts du secteur des hydrocarbures ont enregistré une contraction de 6,29 % par rapport à décembre 2010 ; cette dernière étant liée au paiement de la fiscalité pétrolière intervenu en juin 2011. Face à la contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures à fin juin 2011 par rapport à fin décembre 2010, les dépôts à vue et à terme en dinars des entreprises privées et des ménages au niveau des banques se sont consolidés davantage au premier semestre 2011 (8,32 %). En situation de stabilisation de leurs dépôts en devises, l'importance accrue des dépôts en dinars des ménages est alimentée par l'augmentation des revenus salariaux et des transferts budgétaires. Il importe de souligner que les dépôts en dinars des ménages atteignent 36,57 % de l'ensemble des dépôts en dinars à fin juin 2011 et ils sont stables.

 

Aussi, l'importante augmentation des avoirs financiers des agents           « entreprises hors hydrocarbures et ménages » a alimenté l'excès de liquidité des banques qui est resté structurel et, de plus, disséminé au niveau des banques. Pour sa part, la Banque d'Algérie a continué à résorber l'excès de liquidité par des opérations de reprise à sept jours et trois mois, pendant que les banques ont régulièrement placé les montants en sus de l'objectif de constitution des réserves obligatoires en facilité de dépôts rémunérés à 24 heures. En conséquence, le montant des réserves libres s'est contracté au premier semestre 2011, reflétant le caractère effectif de la résorption de l'excès de liquidité par la Banque d'Algérie.

 

Par ailleurs, au cours du premier semestre 2011, les banques ont consolidé leurs indicateurs de solidité financière. En effet, le ratio de solvabilité reste appréciable à près de 21 %, pendant que les deux ratios de liquidité sont élevés comme à fin 2010. En outre, il importe de souligner que le niveau des créances non performantes déclarées par les banques est en baisse passant de 19,05 % du total des crédits distribués à fin 2010 à 16,63 % à fin juin 2011. Cette amélioration est due à l'effet conjugué de la baisse du niveau des créances non performantes et de la hausse de l'encours des crédits distribués.

 

Pour développer davantage le cadre opérationnel de la stabilité financière et en phase avec les nouvelles normes du Comité de Bâle, une réglementation en matière d'identification, mesure, gestion et contrôle du risque de liquidité a été édictée par le Conseil de la monnaie et du crédit en mai 2011. En outre, ce règlement institue un coefficient de liquidité minimum que les banques et les établissements financiers doivent respecter à tout moment. L'évaluation faite par la Banque d'Algérie dès juin 2011 indique que les banques de la place satisfont à cette exigence ; cette année se caractérisant par une liquidité bancaire plus ample et largement disséminée. Aussi, dans le but d'asseoir une meilleure pratique de gestion de liquidité et de suivi des opérations interbancaires et d'améliorer la qualité des reporting prudentiels, le Conseil de la monnaie et du crédit a également édicté en mai 2011 un second règlement instituant un système de  surveillance interne et de limitation par contrepartie des encours de prêts et d'emprunts interbancaires, notamment ceux opérés sur le marché monétaire, que les banques et établissements financiers sont tenus de mettre en place.

 

Ces deux nouveaux dispositifs, qui viennent renforcer les instruments de supervision et de contrôle, contribuent à renforcer davantage la stabilité et la solidité du système bancaire algérien. Ils consolident de facto le cadre opérationnel de prévision et de suivi fin de la liquidité bancaire par la Banque d'Algérie et ce, dans le cadre de sa conduite de la politique monétaire. Le suivi et le contrôle de l'inflation émergent désormais au premier plan en la matière, en application des nouvelles dispositions législatives relatives à la monnaie et au crédit (août 2010).

 

Au premier semestre 2011, la tendance haussière des rythmes d’expansion monétaire conjuguée à la hausse des cours des produits agricoles importés amplifie l'inflation des prix intérieurs. Au premier semestre 2011, les prix à la consommation  dans le Grand Alger ont augmenté de 3,76 % en moyenne semestrielle  (6 mois 2011/6 mois 2010) contre 4,62 % en juin 2010 portant l'indice des prix à 141,1 points, base 100 en 2001. En juin 2011, l'inflation annuelle moyenne  a atteint 3,49 % contre 5,41 % un an auparavant et la hausse des prix en  glissement annuel est estimée à 3,69 %  contre 6,11 % en juin 2010. Il faut relever la forte hausse des prix en glissement annuel des produits alimentaires (9,66 % mais 2,54 % en moyenne annuelle), générée principalement par la hausse des prix des produits agricoles frais (14,9 %) et dans une moindre mesure par celle des produits alimentaires industriels (5,6 %).

 

Enfin, les mesures prises par les pouvoirs publics visant à réduire l'effet de l'inflation importée et à endiguer les dysfonctionnements du marché intérieur ont largement contribué à atténuer l'effet du choc des prix de début d'année sur le niveau général des prix, même si les marchés restent insuffisamment régulés en contexte d'ajustement à la hausse des revenus, alimentée par la sphère budgétaire, et d'expansion corrélative des épargnes financières des ménages et entreprises privées.   

 

7. Eléments d’amélioration du financement de l’économie en 2011

 

Dans la perspective d’une croissance durable portée par la diversification, le rééquilibrage de la structure de l’économie nationale favorisant l’essor de l’agriculture, de l’industrie et des services productifs s’impose, afin de réduire sa dépendance à l’égard des hydrocarbures et corrélativement vis-à-vis de la dépense publique.

 

Pour atteindre le potentiel de croissance hors hydrocarbures sur le moyen terme, le rôle des banques est désormais décisif en matière de financement des investissements productifs et des activités hors hydrocarbures créatrices d’emplois. Ancrée sur un excès structurel de l’épargne sur l’investissement, une telle allocation des ressources financières disponibles doit s’inscrire dans un double objectif de développement financier, prenant en compte l’inclusion financière, et de forte croissance économique hors hydrocarbures. Cela doit être accompagné par une amélioration soutenue du climat des investissements, d’autant que l’utilisation des épargnes financières disponibles de l’Etat pour autofinancer le programme d’investissements publics (dépenses d’équipement) permet de prévenir tout effet d’éviction.

 

Il est attendu des banques, à la faveur des mesures de soutien de l’Etat aux PME en difficulté de remboursement de leurs dettes bancaires, d’examiner, à la lumière des mesures portant sur le rééchelonnement de ces dettes avec un différé de remboursement de trois ans, la probabilité de l’amélioration de leur fonctionnement et la capacité de se mettre à niveau durant la période de grâce de trois années durant lesquelles les intérêts sur la dette seront payés par le Trésor. Ces nouvelles mesures doivent contribuer à améliorer la qualité des créances bancaires et par là, à asseoir la relation banque-entreprise dans une perspective de croissance économique. En la matière, les banques doivent s’assurer désormais d’une meilleure gestion des risques de crédit. 

 

Les banques sont encouragées à rééchelonner les créances sur les PME en difficulté avec un différé de trois (3) ans durant lequel le Trésor public prendra en charge les intérêts. Dans cette perspective, le Conseil de la monnaie et du crédit a édicté en juin 2011, en application des dispositions prévues par l’article 62, alinéa j de l’ordonnance n° 03-11, modifiée et complétée, relative à la monnaie et au crédit, un règlement qui précise que les créances classées, objets de rééchelonnement, dans le cadre du soutien consenti par l’Etat, sont celles constatées à fin avril 2011, nettes des intérêts non recouvrés. Ce règlement fixe un cadre de traitement des intérêts non recouvrés comptabilisés au titre des créances bancaires éligibles au rééchelonnement au profit des petites et moyennes entreprises (PME) en difficulté, bénéficiant du soutien financier de l'Etat. Il s’agit d’un dispositif en phase avec la réglementation prudentielle en vigueur. Enfin, pour assurer un suivi périodique en la matière, les banques et établissements financiers sont tenus d’adresser à la Banque d’Algérie, suivant des modalités qui sont définies par instruction, un état des créances rééchelonnées bénéficiant du soutien du Trésor.       

 

Ces nouvelles mesures de soutien aux PME (rééchelonnement de dettes bancaires, prise en charge par le Trésor des intérêts dus pendant la période de différé de trois ans, annulation des agios non recouvrés, bonification pour les crédits d’investissement et rallongement de délais de différé) auraient pour résultat l’allégement des charges financières pour les PME bénéficiaires et la consolidation de leurs situations patrimoniales (renforcement de leurs fonds de roulement). En conséquence, il est attendu des PME bénéficiaires de saisir cette opportunité de l’allégement financier pour mettre en œuvre des stratégies de croissance et de développement durable de leurs activités de production.

 

Enfin, des conditions financières favorables et une solidité financière renforcée des banques contribueront, à partir de 2011, à conforter davantage le rôle du canal crédit dans l'allocation des ressources d'épargne financière accrues, notamment à l’investissement productif. L’année en cours enregistre une tendance à l’amélioration de certains indicateurs de performance des entreprises bénéficiaires du nouveau dispositif de soutien financier de l’Etat, en situation d’un meilleur accès aux financements bancaires.  Quant à l’intermédiation bancaire au profit du secteur des ménages, il est attendu des banques un développement soutenu des crédits immobiliers pour développer l’accès au logement pour cet agent économique à surplus dont la contribution à la formation de l’épargne nationale est très significative.

 

 

التطورات الاقتصادية و النقدية لسنة 2010

و عناصر التوجه للسداسي الأول

 من سنة 2011

 

1. المحيط الدولي

بعد أكثر من سنتين من الأزمة الاقتصادية و المالية،

استعاد الاقتصاد العالمي في سنة 2010 مسار الانتعاش، إذ بلغ معدل النمو وتيرة سنوية 5,1٪ (-0,7٪ في سنة 2009)، مع تسجيل وتيرة قوية في الثلاثي الرابع. في حين، اختلفت وتيرات النموّ حسب المجموعات الاقتصاديات في سنة 2010: نمو قوي على مستوى الاقتصاديات الناشئة و النامية (7,3٪ مقابل 2,8٪ في سنة 2009) مقابل أداء لا يزال ضعيفا للاقتصاديات المتقدمة (3,1٪ مقابل -3,7٪ في سنة 2009). يبقى ، الانتعاش هشّا، ضمن هذه الأخيرة نظرا لشدة الركود. أما عودة النمو الاقتصادي في منطقة الأورو في سنة 2010 (1,8٪)، بوتيرة ضعيفة بعد الركود القوي في سنة 2009 (-4,3٪) و في ظرف يتميز بمخاطر مالية عالية، فقد استندت على قفزة النشاط الاقتصادي في ألمانيا (3,6٪ مقابل -5,1٪ في سنة 2009) أين كان الطلب الداخلي قويّا.

فيما يخص الولايات المتحدة، بعد ضعف النشاط الاقتصادي خلال الثلاثي الثاني من سنة 2010، تعدى معدل نمو الثلاثي الثالث الأداء المرتقب، متبوعا في الثلاثي الرابع بقفزة في مؤشر الإنتاج المعملي و صلابة مؤشرات الإنفاق (المبيعات بالتجزئة و طلبات سلع التجهيز)، خاصة نفقات الاستهلاك. بلغ معدل النمو الاقتصادي 3٪ في 2010 (-3,5٪ في سنة 2009)، أي أداء يقارب الأداء الإجمالي للاقتصاديات المتقدمة (3,1٪).

في حين كان الانتعاش القوي للاقتصاديات الناشئة في آسيا (9,5٪ مقابل 7,2٪ في سنة 2009) و كذا أداء الاقتصاد البرازيلي (7,5٪ مقابل -0,6٪ في سنة 2009) أهم محركات الانتعاش السريع للاقتصاديات الناشئة و النامية، في ظرف يتميز بطلب داخلي متين و  قفزة قوية للتبادلات الدولية  (12,8٪  مقابل

-10,7٪ في 2009). هذا و سجّلت اقتصاديات منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا نموا بنسبة 4,4٪ (2,6٪ في سنة 2009) في إطار متميز بضغوطات تضخمية زادت من حدةّ التوترات الاقتصادية و الاجتماعية خاصة بالنظر إلى معدلات بطالة هيكلية مرتفعة لاسيما ضمن فئة الشباب. أما بالنسبة لإفريقيا جنوب الصحراء، فقد حققت أداءا أفضلا (5,4٪ في سنة 2010 مقابل 2,8٪ في سنة 2009) من ذلك المحقق في منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا. 

أدّت الأزمة الاقتصادية العالمية الحادة إلى معدلات بطالة مرتفعة تاريخيا في الاقتصاديات المتقدمة (8,3٪ في سنة 2010)، منها 10,1٪ في منطقة الأورو و 9,6٪ في الولايات المتحدة. في حين تواجه الاقتصاديات الناشئة في آسيا ، من جهتها، ضغوطات تضخمية تبدو مقترنة مع خطر الغليان المرتبط بالتوسع المفرط للقرض المغذى بالتدفق الهام لرؤوس الأموال ذات الطابع المتقلب. وقد استعاد كل من الاستهلاك و الاستثمار في هذه الاقتصاديات قوتهما خلال سنة 2010، في ظرف يتميز بضعف الطلب الخارجي.  

سجّلت أسعار المواد الأساسية ارتفاعا ملموسا سنة 2010، مستعيدة بذلك المستويات العالية التي سجلتها في سنة 2008، و ذلك أساسا بسبب النمو السريع، على الرغم من الأزمة للاقتصاديات الناشئة و النامية. وقد ترافق ارتفاع الأسعار هذا مع عودة الترقبات التضخمية  في الصين إلى مستواها ما قبل الأزمة. و كان التضخم مرتفعا على وجه الخصوص في الهند، حيث بلغ معدل التضخم 12٪ في سنة 2010، و كذا في بعض البلدان الآسيوية النامية الأخرى. وهذا ما يعكس انتشار الترقبات التضخمية قصيرة الأجل، المرتفعة أصلا، على مستوى البلدان الناشئة حيث تشكّل التغذية نسبة عالية في سلة الاستهلاك. و كان التضخم جد مرتفعا في بعض بلدان أمريكا اللاتينية (فنزويلا، الأرجنتين،...) في سنة 2010.

خلال السداسي الأول من سنة 2011 تواصل انتعاش الاقتصاد العالمي الذي انطلق في سنة 2010 و المجر بنمو قوي للاقتصاديات الناشئة و النامية، و إن كان ذلك بوتيرة أضعف. و قد اشتدت هشاشة الانتعاش خلال الثلاثي الثاني مع ازدياد المخاطر المرتبطة بالاستقرار المالي. 

بقي النمو الاقتصادي قويا على مستوى العديد من الاقتصاديات الناشئة و النامية في السداسي الأول من سنة 2011، خاصة في الصين و الهند و كذا في إفريقيا جنوب الصحراء و بدرجة أقل في أمريكا اللاتينية. و على العكس، فإن الأداء الاقتصادي للبلدان المتقدمة قد ضعف في الثلاثي الثاني، كما بقيت معدلات البطالة بهذه البلدان مرتفعة. فقد تأثرت وتيرة الانتعاش في السداسي الأول وألقت بنقاط ضعف حادة على مستوى بعض هذه البلدان، بما في ذلك ضعف وضعية المالية العامة و وضعية القطاع المالي. اشتد اختلال الترقبات بفعل أزمة الدين السيادي في بعض بلدان منطقة الأورو و ارتفاع أسعار المواد الأساسية و المواد الطاقوية وكذا الكوارث الطبيعية الأخيرة في اليابان والتطورات في بعض بلدان الشرق الأوسط و شمال افريقيا.

على المستوى العالمي، عادت التقلبات المالية بقوة و تفاقمت التوترات في الأسواق ما بين البنوك نتيجة أزمة الدين السيادي على مستوى منطقة الأورو وضعف النشاط في الاقتصاديات المتقدمة خلال الثلاثي الثاني من سنة 2011 على الرغم من مواصلة السياسات النقدية المحفزة في الولايات المتحدة و في منطقة الأورو، خاصة من خلال برامج تيسير كمي مختلفة. و هكذا تبقى الشروط النقدية الجد ميسرة، على الرغم من ارتفاع التضخم سواء في الولايات المتحدة أو في منطقة الأورو؛ في حين يبقى التضخم الضمني ضعيفا. و على العكس، فإن عدة بنوك مركزية للبلدان الناشئة قد اتخذت إجراءات تشديد نقدي لاحتواء النمو القوي للقروض. إلا أن هذا النمو القوي للقروض يبقى مرتفعا نتيجة التدفقات القوية لرؤوس الأموال تجاه هذه البلدان، في الوقت الذي تبقى معدلات الفائدة دون مستواها قبل الأزمة المالية الدولية. و بالتالي فإن الطابع المتقلب لتدفقات رؤوس الأموال، في ظرف توترات تضخمية خلال السداسي الأول من سنة 2011، شدد تعرض بعض البلدان الناشئة للمخاطر المالية. 

2.التطورات الاقتصادية و المالية لسنة 2010

بعد الصدمة الخارجية الكبيرة لسنة 2009 و الناجمة عن الأزمة المالية والاقتصادية العالمية، حقق الاقتصاد الوطني أداءات مالية معتبرة في سنة 2010، خاصة فيما يتعلق بتعزيز الوضعية المالية الخارجية الصافية.  

1.2

. سجّل ميزان المدفوعات الخارجي الجاري فائضا معتبرا في سنة 2010 بلغ 12,16 مليار دولار أي 7,5٪ من إجمالي الناتج الداخلي. ارتكز هذا الأداء على تحسن متواصل لسعر برميل البترول في 2010 (80,15 دولار مقابل 62,26 دولار في سنة 2009)، مؤديا إلى ارتفاع قوي لإيرادات صادرات المحروقات (26,4٪). في وقت سجلت فيه  الواردات ارتفاعا طفيفا (4٪) مع العلم أن سلع التجهيز و السلع نصف المصنعة تشكل ما يقارب ثلثي إجمالي الواردات. كما استفاد هذا الأداء للحساب الجاري الخارجي من تراجع طفيف في عجز الخدمات و توازن صافي عوائد عوامل الإنتاج  بالنظر إلى العائد المعتبر لتوظيفات احتياطيات الصرف و كذا استقرار فائض صافي التحويلات الجارية .

يأتي هذا ليؤكد فائض الادخار على الاستثمار الذي ميّز سنوات 2000، باستثناء سنة 2009. و بعد العجز الجاري الخارجي في السداسي الأول من 2009، فإن فائض سنة 2010 يزداد اعتبارا لكون رصيد ميزان المدفوعات الجارية أصبح العنصر المحوري لوضعية ميزان المدفوعات الخارجية للجزائر. في نفس الوقت، سجل حساب رأس المال فائضا بلغ 3,4 مليار دولار و ذلك لكونه أصبح  يقتصر أساسا في صافي الاستثمارات الخارجية المباشرة بعد تسديد المديونية الخارجية الذي تمّ قبل اندلاع الأزمة المالية الدولية. و قد سجل صافي الاستثمارات الخارجية المباشرة تحسنا في 2010 (3,5 مليار دولار مقابل 2,5 مليار دولار في 2009)، بعد وضع تميز بخروج صاف

لرؤوس الأموال بموجب الاستثمارات المباشرة الخارجية في بعض القطاعات.

و عليه، فإن التحسن الملحوظ في الفائض الإجمالي لميزان المدفوعات في 2010 (15,58 مليار دولار مقابل 3,86 مليار دولار في 2009) أدى إلى ارتفاع مستوى احتياطيات الصرف الرسمية للجزائر. بلغ مستوى الاحتياطيات الرسمية للصرف (بما في ذلك الموجودات المعبر عنها بحقوق السحب الخاصة) 162,22 مليار دولار في نهاية 2010 (148,9 مليار دولار في نهاية 2009)، متجاوزا ثلاث سنوات من الاستيراد للسلع و الخدمات. في حين استقر مستوى الدين الخارجي متوسط و طويل الأجل (3,679 مليار دولار) حيث لم يعد يمثل سوى 2,27٪ من إجمالي الناتج الداخلي لسنة 2010.

تؤكد هذه المقاييس صلابة الوضعية المالية الخارجية الصافية للجزائر و تدعّم قدرتها على مقاومة الصدمات الخارجية، خاصة و أن سياسة تسيير سعر الصرف من طرف بنك الجزائر تساهم بطريقة فعلية في الاستقرار المالي الخارجي. أدت تدخلات بنك الجزائر في السوق البينية للصرف سنة 2010 إلى ارتفاع قيمة سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار بنسبة سنوية بلغت 2,64٪. بقي سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار تقريبا في مستواه التوازني على المدى المتوسط ، و ذلك على الرغم من التقلبات المتزايدة لأسعار صرف العملات الرئيسية و الضعف الهيكلي للصادرات خارج المحروقات (ما يقارب مليار دولار في 2010). يبين هيكل المدفوعات الخارجية استقرار حصة المدفوعات بالأورو في حدود 46٪ مقابل 50٪ للدولار؛ مع العلم أن هيكل التجارة الخارجية مع الخمسة عشر شريكا تجاريا الرئيسيين للجزائر يشكل قاعدة ترجيح سعر الصرف الفعلي الحقيقي و لسلة العملات المرجعية. 

في هذا الإطار، يكتسي مستوى احتياطيات الصرف الرسمية أهمية خاصة إذ يمثل الحائط الأساسي ضد صدمات خارجية محتملة. و عليه، يرتكز الاستقرار المالي الخارجي على المدى المتوسط و الطويل على مواصلة التسيير الحذر لاحتياطيات الصرف الرسمية من طرف بنك الجزائر. تتمثل الأهداف المتبعة في هذا المجال في:

·

       الحفاظ على قيمة رأس المال: التقليل من خطر خسارة القيمة السوقية للأصول، بالاحتفاظ على محفظة متنوعة للأصول ذات النوعية الرفيعة (فيما يخص تنقيط القرض و نوع المصدر) و بتطبيق ممارسات ملائمة لتخفيف المخاطر؛

·

       الاحتفاظ على مستوى عال من السيولة: توظيف الاحتياطيات في أصول بتاريخ استحقاق قريب أو التي يمكن إعادة بيعها بسرعة دون فقدان القيمة؛

·

       الحصول على المردود الأمثل: الحصول على أفضل مردود ممكن مع احترام الأهداف المتعلقة بالأمن و السيولة.

و عليه، حتى و إن كانت

 الإيداعات تتم خصوصا لدى البنوك المركزية والمؤسسات المالية الدولية، فإن حصة محافظ الأوراق المالية قد تزايدت منذ 2007 لتبلغ 98٪ من إجمالي الاحتياطيات؛ وتتشكل هذه المحافظ من أدوات تستفيد من أفضل تنقيط و بالتالي تتعرض لأقل مخاطر، تتمثل أساسا في السندات السيادية .

إن  مردودية الاستثمارات المحققة من طرف بنك الجزائر في محافظ الأوراق المالية خلال السنوات التي كان معدل الفائدة فيها عاليا بقيت مرتفعة نسبيا، أي تقريبا 3٪ في 2010 و أعلى من 3٪ في 2008 و 2009. تعد هذه الأداءات معتبرة خاصة و أنها حققت في ظرف يتميز بمعدل فائدة جد منخفض في البلدان المتقدمة و معدلات توجيهية قريبة من الصفر بالخصوص في الولايات المتحدة. فضلا عن ذلك، تجدر الإشارة إلى أن معدلات المردود الحقيقي تبقى ايجابية. وقد ساهم في هذا الأداء التنويع الذي ادخل منذ 2004، سواء كان في اختيار

 العملات التي تدخل في تكوين تشكيلة الاحتياطيات و توزيعها على مستوى المحافظ، أو من زاوية الأوراق المالية، حسب صنف الخطر.و تم ذلك مع العمل على تقليل المخاطر. و يبقى هدف الأمن، أساسيا، خاصة وأن المحيط الدولي قد تميز في 2010 بظهور مخاطر مرتبطة بالدين السيادي و بمخاطر مصرفية متصاعدة.  

2.2

. إن كان فارق التضخم السنوي المتوسط بين الجزائر و منطقة الأورو قد تقلص، و إن بقي مرتفعا، فإن ارتفاع قيمة سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار ساهمت في الحد من أثر التضخم المستورد على المستوى العام للأسعار، خاصة و أن أسعار السلع الاستهلاكية ذات محتوى مستورد عال قد سجلت ارتفاعا قويا في سنة 2010 (7٪). إن ارتفاع الأسعار الدولية للمواد الزراعية الأساسية المستوردة (حبوب و مواد استوائية) و كذا زيادة الكتلة النقدية و ارتفاع أسعار الجملة للخضر والفواكه تشكل العوامل الرئيسية التي تفسر و تحدد التضخم في الجزائر، بمساهمات تقدر على التوالي بـ 31٪، 62٪ و 7٪ كمتوسط في العشرية الأخيرة. و تجدر الإشارة هنا إلى الأثر التضخمي لاختلالات الأسواق الداخلية.

بالفعل، و للمرة الأولى منذ خمس سنوات، تراجع معدل التضخم السنوي المتوسط المقاس بمؤشر الأسعار عند الاستهلاك، منتقلا من 6,1٪ في 2009 إلى 4,1٪ بالنسبة للمؤشر الوطني و من 5,7٪ في 2009 إلى 3,9٪ بالنسبة لمؤشر الجزائر العاصمة. و عكس السنوات السابقة، فقد تولد التضخم في 2010 أساسا من ارتفاع أسعار الخدمات و السلع المعملية، حتى و إن تأثرت السلع الغذائية بالزيادات الهامة، التي تبقى ضعيفة عما كانت عليه في الماضي.

إن  زيادة الأسعار عند الاستهلاك في الجزائر، منذ 2003، هي أضعف عند مقارنتها بزيادة الأسعار في منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا و أقل من التضخم الأوسط لكل هذه السنوات. ويوحي تباطؤ معدل نمو أسعار الإنتاج الصناعي منذ 2008 و الأسعار عند الاستهلاك في 2010 أن ديناميكية تراجع وتيرة التضخم قد بدأت و التي يجب تعزيزها بالتحكم في المحددات الرئيسية للتضخم: الإنشاء النقدي خارج المحروقات في تناغم مع النمو الحقيقي و التحكم في زيادة تكاليف العوامل و كذا تحفيز العرض.

3.2

بعد سنتين من نشاط اقتصادي بوتيرة متواضعة بلغت 2,4٪، تأكد انتعاش النمو في 2010 (3,3٪)، يجره أساسا الطلب الداخلي والمدعم بدوره بزيادة الموارد، في الوقت الذي سجل فيه قطاع المحروقات نموا سلبيا منذ 2006. بالفعل، عرفت كل قطاعات الأنشطة ما عدا قطاع المحروقات نموا إيجابيا، مع أداء ضعيف للصناعة (0,9٪ مقابل 5٪ في 2009) و نمو في الفلاحة بمعدل 6,0٪ بعد نمو بمعدل 20,0٪ في 2009؛ و ارتفع إجمالي الناتج الداخلي بالحجم خارج المحروقات بنسبة 6,0٪ في 2010 (9,3٪ في 2009). يرجع النمو المعتبر خارج المحروقات، و الموزع بصفة متخالفة بين القطاعات، إلى الزيادة في مساهمة قطاعات الخدمات المسوقة، خاصة التجارة و النقل، و الخدمات غير المسوقة و البناء و الأشغال العمومية.

في نفس الوقت، انخفض نمو النفقات الداخلية، و إن بقي مرتفعا بنسبة

5,5٪ بالحجم في 2010، تدفعه الزيادة القوية في نفقات الأسر و الإدارات العمومية، مما يؤكد دور النفقات العمومية كمحفز حاسم للنشاط الاقتصادي في الجزائر.

ارتفع إجمالي نفقات الميزانية بنسبة

6,3٪ في 2010، بعد استقرار نسبي في 2009. في حين تراجعت نفقات التجهيز في كل من 2009 و 2010 بـ 1,4٪ و 6٪ على التوالي، بعد ارتفاعها القوي منذ سنة 2005. و قد بلغ معدل نمو نفقات التجهيز هذه مستوى أقصى في سنة 2007 بنسبة 41,3٪ مقابل 37,5٪ في 2008. و عليه، بعد عدة سنوات من تطور متزايد، انخفضت نسبة نفقات التجهيز إلى إجمالي الناتج الداخلي، منتقلة من 19,4٪ في 2009 إلى 15,1٪ في 2010، مما يشهد على التباطؤ المحسوس للاستيعاب في هذا المجال. أما فيما يخص نسبة النفقات الجارية إلى إجمالي الناتج الداخلي، فقد استقرت في 2010 (22,3٪ مقابل 22,9٪ في 2009)، في حين، نتجت الزيادة في النفقات الجارية أساسا عن النفقات الخاصة بالمستخدمين. بالإضافة إلى هذا، بقي معدل تغطية نفقات التسيير بإيرادات خارج المحروقات مستقرا في 2010 (54,8٪)، بعد انخفاض من 2006 إلى 2008.

ارتفعت إيرادات المحروقات في سنة 2010 بـ

20,4٪، لتبلغ 66,3٪ من إجمالي إيرادات الميزانية و مغطية 64,4٪ من إجمالي نفقات الميزانية. أما بالنسبة للإيرادات خارج المحروقات، التي تمثل 33,6٪ من إجمالي إيرادات الميزانية، فقد ارتفعت بـ 16,5٪ (14,6٪ في 2009)، في حين بلغت الحصة النسبية للإيرادات الضريبية 87,6٪. من جهة أخرى، بقيت نسبة الإيرادات خارج المحروقات إلى إجمالي الناتج الداخلي خارج المحروقات مستقرة في 2010 (18,7٪). إلا أن هذا الاستقرار يجب أن لا يحجب تغير هيكل الضريبة خارج المحروقات خلال السنوات 2004 – 2010. بالفعل، عرفت الاقتطاعات من المداخيل، الأجور و أرباح الشركات ارتفاعا أسرع نسبيا من الاقتطاعات من النشاط الاقتصادي (ضرائب على السلع و الخدمات و الحقوق الجمركية)، رغم الزيادة الهامة في وعاء هاتين الأخيرتين.

في الإجمال، بعد ما يقارب عشرية من الفوائض، سجل الرصيد الإجمالي لعمليات الخزينة عجزا للسنة الثانية على التوالي (

0,9٪ من إجمالي الناتج الداخلي في 2010 و 7,1٪ في 2009). رغم هذا العجز، تعزّزت قدرة تمويل الخزينة في 2010، كما يشهد على ذلك قائم موارد صندوق ضبط الإيرادات الذي ارتفع بـ 526,4 مليار دينار ليبلغ 40,2٪ من إجمالي الناتج الداخلي. وهذا يعزّز قابلية استمرار المالية العامة، على الرغم من الزيادة في الدين العمومي الداخلي في 2010. هذا و تصبح فعالية الاستثمار العمومي الهدف الأساسي. كما يجب إيلاء اهتمام خاص لتعزيز قدرات الاستثمار.

4.2

. إن العودة  إلى تراكم الموارد (ادخارات مالية) سنة 2010 في صندوق ضبط الإيرادات، على الرغم من الارتفاع القوي في النفقات الجارية للميزانية (نفقات المستخدمين و التحويلات) مقارنة بتطورها في 2009، قد ساهمت في التخفيف من التنقيد.

من خلال تحليل مصادر الإنشاء النقدي في 2010 يتأكد أن الموجودات الخارجية (بالعملات الصعبة) تشكل العنصر الأساسي في مسار الإنشاء النقدي و بالتالي في تكوين الادخارات المالية للأعوان الاقتصاديين غير الماليين. وهكذا فإن قائم صافي الموجودات الخارجية لبنك الجزائر المعبر عنه بالدينار، أي

11 854,02 مليار دينار في نهاية 2010، قد تم تنقيده في حدود 72,4٪. نظرا لضعف صافي الموجودات الخارجية للبنوك، فإن القروض للاقتصاد (3 671,1 مليار دينار) الموزعة من طرف البنوك و المؤسسات المالية، تشكل العنصر المكمل للإنشاء النقدي. و بالتالي، فإن مقابل مجمل هذه الأصول، المتكونة أساسا من الموجودات الخارجية (أي احتياطيات الصرف)، يتمثل في قائم الادخارات المالية للمؤسسات و الأسر (أي ودائع لدى البنوك و النقد الورقي) بمبلغ 8 323,28 مليار دينار في نهاية 2010 و كذا قائم الادخار المالي للدولة (أي صندوق ضبط الإيرادات و ودائع أخرى في الحساب الجاري لدى بنك الجزائر و لدى البنوك) بواقع 5 108,13 مليار دينار في نهاية 2010.

و في مثل هذا الظرف لتطور الادخار المالي،فإن التعقيم من طرف الخزينة وامتصاص فائض السيولة من طرف بنك الجزائر قد ساهما معا في إرساء أقوى للاستقرار النقدي و المالي في سنة 2010، على الرغم من عودة توسع الكتلة النقدية

M2 (13,8٪) و استمرار النمو القوي للنقد الورقي (14,7٪ مقابل 18,8٪ في 2009). تعد هذه الظاهرة الأخيرة ميزة السلوكات النقدية للأسر و المؤسسات و بالتالي تفضيلهم الحاد للنقد الورقي، رغم عصرنة أنظمة الدفع.

بعد توسع نقدي منخفضا تاريخيا سجّل في 2009 (

3,1٪) تحت تأثير الصدمة الخارجية الهامة، تميزت سنة 2010 بالعودة إلى التوسع النقدي (13,8٪)، لكن بمعدل أقل من الوتيرات العالية التي ميزت سنوات 2006 إلى 2008. إن دور صافي الموجودات الخارجية في مسار الإنشاء النقدي والتي ارتفعت بنسبة 10,2٪ في 2010 قد ترافق مع مواصلة حيوية القروض للاقتصاد.

و على عكس ما حصل في العديد من البلدان الناشئة التي سجلت تقلصا في القروض للاقتصاد بسبب الأزمة المالية الدولية، فإن القروض الموزعة من طرف البنوك العاملة في الجزائر للمؤسسات و الأسر، مباشرة أو عن طريق الاستثمار في السندات المصدرة من طرف المؤسسات، قد ارتفعت بـ

15,6٪ في 2010 (خارج إعادة شراء القروض غير الناجعة من طرف الخزينة). وتمثل هذه الزيادة نموا حقيقيا قويا للقروض، خلال سنة 2010، يجعل من الجزائر إحدى البلدان الناشئة ذات النمو السريع للقروض. هذا و تحت تأثير النمو القوي للقروض متوسطة و طويلة الأجل، ارتفعت حصة هذه القروض ضمن إجمالي القروض إلى 59,9٪ في نهاية 2010 مقابل 57,2٪ في نهاية 2009، مؤكدة بذلك ديناميكية التمويل طويل الأجل لمشاريع الاستثمارات لاسيما عن طريق تجمع البنوك لتقديم التمويل و مساهمة بذلك في تمديد مدة نضج التمويل المصرفي.

ساهمت الظروف المالية المواتية و كذا صلابة النظام المصرفي أمام الصدمة الخارجية في تعزيز دور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار في الجزائر. إذ تعززت هذه الأخيرة خلال سنة 2010، سواء على مستوى قطاع المحروقات أو قطاعات الأنشطة الأخرى، بعد تقلص ودائع قطاع المحروقات في 2009. من المفيد الإشارة إلى أن قائم الادخار المالي للأسر و المؤسسات الخاصة قد فاق في نهاية 2010 قائم الادخار المالي للمؤسسات العمومية، بما فيها مؤسسات قطاع المحروقات.

و عليه، فإن الارتفاع الهام لودائع البنوك (تحت الطلب و لأجل بالدينار) في 2010،

12,5٪ مقابل انخفاض بـ 8,2٪ في 2009، قد ساهم في تعزيز رؤوس الأموال القابلة للإقراض لدى البنوك، و المرساة على موارد مستقرة ومتزايدة و وضعية جيدة للسيولة. فضلا عن ذلك، فإن فائض السيولة أصبح أكثر انتشارا على مستوى بنوك الساحة. إلا أنه ترتب عن هذا نشاطا أقل ديناميكية في السوق النقدية ما بين المصارف. بالفعل، وبسبب توفر موارد مالية مستقرة للبنوك تسمح لها بتأدية نشاطاتها المختلفة في ظرف يتميز بضعف خطر السيولة، لم تتدخل هذه الأخيرة إلا بصفة نادرة في السوق النقدية للحصول على السيولة أثناء سنة 2010. وذلك أساسا بهدف تشكيل الاحتياطيات الإجبارية التنظيمية.

على الرغم من حدة فائض السيولة الهيكلية و المغذاة عن طريق الانتعاش المعتبر للنمو النقدي في 2010، ساهم السير المنتظم للسياسة النقدية من طرف بنك الجزائر، في احتواء الضغوطات التضخمية في 2010 و بالتالي في إرساء المزيد من الاستقرار النقدي. ارتكز سير السياسة النقدية على الامتصاص الفعلي لفائض السيولة، نظرا لأهمية تنقيد الموجودات الخارجية في 2010 بعد الصدمة الخارجية لـ2009. فضلا عن ذلك، فإن الاحتياطيات الحرة بلغت في المتوسط 63 مليار دينار في 2010، منها 54 مليار دينار متشكلة من ودائع حرة للبنوك التي لم تتدخل في العمليات مع بنك الجزائر.

3. إصلاح إطار السياسة النقدية في سنة 2010 و الاستقرار المالي

بعد تعديل الجهاز التنظيمي في 2009 والمتضمن أدوات سير السياسة النقدية (استرجاعات السيولة، تسهيلة الودائع المغلة للفائدة و الاحتياطيات الإجبارية)، وذلك استخلاصا للدروس من الأزمة المالية الدولية الحادة لسنة 2008، تميزت سنة 2010 بإصلاح الإطار القانوني في هذا المجال حيث تم وضع هدف التضخم كهدف أساسي للسياسة النقدية، مع الحفاظ على الأهداف الكمية النقدية. و بالتالي يصبح هدف التضخم عنصرا محددا مقارنة بالاستهداف النقدي الكمي المرن الساري المفعول، علما بأن توقع التضخم على المدى القصير أصبح ذو أهمية خاصة.

قبل ترسيخ هدف التضخم و في إطار توقع التضخم و تتبعه، قام بنك الجزائر بتطوير أداة ملائمة منذ سبتمبر 2009 يتمثل في نموذج توقع التضخم على المدى القصير يعكس نظرة إستشرافية، من أجل توقع شهري لمعدل التضخم وتطوره على مدى سنة. على سبيل المثال، فإن معدل التضخم السنوي لنهاية سنة 2010 و الذي تم توقعه في شهر سبتمبر 2010 لا يختلف إلا بـ 0,14 نقطة مئوية من معدل التضخم المحقق في شهر ديسمبر

3,91٪  و المحسوب من طرف الديوان الوطني للإحصاء.على العموم، فإن التضخم السنوي المتوسط قد بقي قريبا من التوقعات على المدى القصير. وقد تراجع معدل التضخم هذا مقارنة بمستواه في نهاية سنة 2009 (5,74٪) تناغما مع هدف التضخم المحدد من طرف مجلس النقد والقرض (4٪، + أو - 1 نقطة مئوية).

تبقى مساهمة السياسة النقدية في الاستقرار المالي حاسمة في الجزائر، نظرا إلى هيمنة البنوك في النظام المالي الجزائري. وتتعزز هذه المساهمة، في وضعية مميزة بالتسيير المرن لسعر الصرف تناغما مع هدف الاستقرار المالي الخارجي. و بالمثل، فإن التسيير الحذر لاحتياطيات الصرف الرسمية، في مستوى يمكّن من مواجهة صدمات خارجية محتملة، يندرج  في إطار الهدف الاستراتيجي لتعزيز الاستقرار المالي.

هذا و تعزز التدابير التشريعية الجديدة (الأمر رقم 10-04 المؤرخ في 26 أوت 2010) الإطار القانوني الذي ينظم القطاع المصرفي في الجزائر و تقوي الإرساء القانوني للاستقرار المالي كمهمة صريحة لبنك الجزائر، خاصة من زاوية مراقبة الخطر النظمي. و يأتي هذا لتعزيز الإجراءات التنظيمية المتخذة في هذه السنوات الأخيرة، على ضوء بعض نقاط الضعف التي تمت معاينتها لا سيما النظام رقم 08-04 المؤرخ في ديسمبر 2008 الذي رفع بصفة جوهرية الرأس مال الأدنى للبنوك و المؤسسات المالية و النظام رقم 09-03 المؤرخ في ماي 2009 المتضمن القواعد العامة الخاصة بشروط البنوك والمتعلقة بالمخاطر على المنتجات المالية. 

و إثر ذلك، يصبح لبنك الجزائر صلاحيات أوسع من حيث القيام بأي تحقيق على مستوى البنوك و المؤسسات المالية، خصوصا أن لمفتشي بنك الجزائر مهمة قيادة كل رقابة على مستوى هذه الهيئات و بالأخص لحساب اللجنة المصرفية. و عليه، فإن تعزيز صلاحيات بنك الجزائر يسمح بقدرة أكبر على الكشف المبكر لنقاط الضعف، و ذلك عبر متابعة أفضل للبنوك و المؤسسات المالية. في هذا الإطار، عزز بنك الجزائر قدراته في مجال اختبارات الصلابة، بالموازاة مع اتمام النظام الجديد لتنقيط البنوك و المؤسسات المالية، مستهدفا أفضل رقابة للمخاطر المصرفية (إشراف موجه نحو المخاطر).

تقوم لجنة الاستقرار المالي لبنك الجزائر، من جهتها، بمراجعة مؤشرات الصلابة المالية و التي تتمثل في إحدى عشر(11) مؤشر مسماة «مؤشرات دنيا»، مع استهداف المؤشرات الأخرى و المسماة «مؤشرات مقترحة». في سنة 2010، أعطيت أهمية خاصة للتقييم الدوري لاستقرار النظام المصرفي والمالي خاصة بواسطة اختبارات الصلابة التي أدخلت منذ سنة 2007. و في نفس السنة، و في مجال الأدوات الاحترازية الكلية (الاحتياطيات الإجبارية،...)، اهتمت لجنة الاستقرار المالي أكثر بفائض السيولة الهيكلي الذي يميز النظام المصرفي الجزائري. تبرز في هذا الظرف الحاجة لتحسين توزيع القروض للاقتصاد لدعم تنويع الاقتصاد الوطني، علما بأن خطر القروض يبقى الخطر المصرفي الرئيسي. وفي هذا السياق، تواصل العمل على تحقيق هدف تقليص المخاطر المرتبطة بالديون غير الناجعة في 2010 (19٪ مقابل

21,8٪ في 2009).

أخيرا، عززت التدابير التشريعية الجديدة لشهر أوت من سنة 2010 بقوة جهاز الوقاية و حل «الأزمات»، مع تركيز خاص على توجيه الإشراف المصرفي نحو المخاطر. إن تكثيف تبادل المعلومات بين مختلف الهيئات المشرفة على القطاع المالي (بنك الجزائر، اللجنة المصرفية، الخزينة العمومية، هيئة رقابة شركات التأمين و لجنة تنظيم عمليات البورصة و مراقبتها)، و الذي يهدف إلى تدقيق معرفة مستوى مقاومة النظام المالي للدورات الظرفية، يسمح بكشف أفضل عما يهدّد الاستقرار المالي. في هذا الإطار، تم في  شهر ماي من سنة 2010 القيام باختبار مقاومة النظام المالي، على مستوى كل هيئة و على مجمل النظام للصدمات المالية الداخلية و الخارجية، بمساعدة خبراء من البنك الدولي. وتعلق الأمر هنا بإجراء محاكاة لأزمة سمحت باختبار، على وجه الخصوص،     مستوى تبادل المعلومات بين مختلف هيئات الإشراف على النظام المالي و مدى التنسيق بينها في اتخاذ الإجراءات التصحيحية.

4. تدعيم الإشراف المصرفي في سنة 2010  

تميزت سنة 2010 بتعزيز الإطار المؤسساتي للإشراف البنكي تبعا للتدابير الجديدة المدخلة بالأمر رقم 10-04 المؤرخ في 26 أوت 2010، المعدل و المتمم للأمر رقم 03-11، المتعلق بالنقد و القرض. يعطي هذا الأمر الإرساء القانوني للاستقرار المالي، كمهمة لبنك الجزائر إضافة إلى مهمة استقرار الأسعار، و يتضمن أحكاما قانونية جديدة تهدف إلى تحكم أفضل في المخاطر من طرف البنوك و المؤسسات المالية. 

قامت المديرية العامة للمفتشية العامة لبنك الجزائر، في إطار مخطط عملها بموجب السنة المالية 2010، بتكثيف تدخلاتها للرقابة بعين المكان لدى البنوك و المؤسسات المالية. تميزت السنة تحت الدراسة ببدء مهمة متزامنة، لدى مجمل بنوك الساحة و المصالح المالية لبريد الجزائر، تضمنت تقييم أجهزتها الداخلية الخاصة بمكافحة تبييض الأموال و تمويل الإرهاب. و قد دخلت هذه المهمة في إطار الأعمال التي باشرتها السلطات العمومية لمكافحة الآفات ذات الطابع الاقتصادي (تبييض الأموال،...).

رغم تجنيد عدد معتبر من مفتشي بنك الجزائر لتحقيق هذه العملية، أي ثلاثة وعشرون (23) مهمة مجراة في 2010 في إطار رقابة الجهاز المضاد لتبييض الأموال لدى البنوك و المصالح المالية لبريد الجزائر، مهمات أخرى تتضمن مواضيع مختلفة تم تحقيقها أيضا خلال سنة 2010، مغطية خاصة ميادين الرقابة الشاملة، تقييم محفظة القروض، عمليات التجارة الخارجية، و تحقيقات خاصة متعلقة بالعمليات المصرفية لزبائن البنوك. في هذا الإطار، أعطيت أهمية خاصة للرقابة الشاملة و تقييم محفظة القروض للبنوك، العمومية منها والخاصة. زيادة على ذلك، فإن خمسة (05) من بين العشرة (10) مهمات المتعلقة بالرقابة الشاملة المجراة في 2010 و التي تمت مواصلة البعض منها في السداسي الأول من سنة 2011، أدت إلى إرسال تقارير مفتشية إلى اللجنة المصرفية، طبقا للإجراءات المعمول بها. فضلا عن ذلك، تم القيام في 2010 بثلاث (03) مهمات خاصة بالرقابة على التجارة الخارجية تعلقت بالعمليات المحققة من طرف مؤسسات ذات الرأس مال الأجنبي. أدت أعمال رقابة التجارة الخارجية في بعض الحالات إلى تحرير محاضر معاينات مخالفة القواعد المتعلقة بالصرف.

قصد ضمان التقارب بين أعمال الإشراف و المبادئ الأساسية للرقابة المصرفية الفعالة، المنصوص عليها من طرف لجنة بازل، واصل بنك الجزائر في 2010 في مشروع عصرنة مهنة الإشراف القائمة على المخاطر. تدخل هذه العملية في إطار تعزيز عمليات الوقاية التي تهدف إلى ترسيخ أقوى لاستقرار النظام المصرفي في الجزائر. إن هذا المشروع المهيكل، الذي يتوقع تطبيقه الفعلي على مستوى البنوك خلال الثلاثي الرابع من سنة 2011 كمرحلة قيادية، يوصي بإعادة صياغة كل السيرورات المتعلقة بنشاطات الرقابة الممارسة من طرف المديرية العامة للمفتشية العامة لبنك الجزائر. يتضمن هذا المشروع تطوير نظام تنقيط مصرفي مطابق للمعايير الدولية. 

يهدف هذا النظام الجديد إلى تعزيز القدرة على الكشف و الإنذار المبكر و كذا تفضيل الجانب التنبؤي للرقابة. إن الكشف عن الأعراض المنذرة لفشل محتمل  لأي بنك أو مؤسسة مالية في وضعية صعبة يعدّ ضروريا لضمان استقرار النظام المالي و حماية المودعين. كما يسمح هذا النظام الجديد برد فعل سريع من طرف سلطة الإشراف و اتخاذ الإجراءات التصحيحية الملائمة للتكفل بالصعوبات التي قد تواجهها هيئة مالية. 

هذا وسيسمح هذا الجانب الجديد من النظام و الكامن في تنبؤ المخاطر لهيئات الإشراف من التقليص المحسوس في تكلفة الإشراف من خلال استيعاب أفضل لطبيعة المخاطر الخاصة بكل هيئة مالية خاضعة للرقابة و استهداف تلك التي تواجه صعوبات و استعمالا عقلانيا لموارد الإشراف. وهذا ما سيسمح بالتمييز السريع بين الهيئات المالية السليمة من تلك التي تواجه صعوبات.

5. مؤشرات الصلابة المالية للقطاع المصرفي في 2010

يتكون النظام المصرفي في الجزائر في نهاية 2010 من عشرين (20) مصرفا شامل النشاطات، منها ست (6) عمومية و أربعة عشر (14) خاصة ذات رؤوس أموال أجنبية، و هي مصارف أو فروع لمصارف أجنبية، و كذا ست (6) مؤسسات مالية 

من زاوية تطور الاستخدامات و الموارد، بقي نشاط البنوك، العمومية منها أو الخاصة، حيويا كما يشهد على ذلك نمو إجمالي أصولها (بما في ذلك حسابات التسوية). فقد ارتفع إجمالي أصول البنوك العمومية من 6497 مليار دينار في نهاية 2009 إلى 7067 مليار دينار في نهاية 2010، أي ارتفاع بلغ

8,8٪ مقابل 11,3٪ للبنوك الخاصة. يتميز نمو أصول البنوك العمومية و الخاصة بازدياد نشاط الإقراض مما يبين هيمنة المهنة التقليدية. بالفعل، بلغ في 2010 نمو القروض لزبائن المؤسسات و الأسر 15,6٪ في حين سجلت الودائع المصرفية نموا بلغ 11,7٪. لكون أن جزءا كبيرا من الودائع يتشكل من ودائع تحت الطلب، و هي ودائع لا يتولد عنها أعباء للبنوك على شكل فوائد، فإن هذه الوضعية تؤثر إيجابيا على حسابات نتائج هذه البنوك. 

في ظرف كهذا يتميز بتكلفة ضعيفة للموارد و بارتفاع القروض، حققت البنوك العمومية أرباحا تبلغ

71,860 مليار دينار في 2010 (بعد خصم المؤونات ذات الطابع الاحتياطي و التي هي جزءا من الأموال الخاصة) مقابل 70,229 مليار دينار في 2009. في حين، عرفت البنوك الخاصة في 2010 نموا قويا في أرباحها بلغ 24158 مليون دينار مقابل 15614 مليون دينار في 2009. يعزز هذا الأداء المالي للبنوك القدرة على المقاومة للنظام المصرفي كما تشهد على ذلك مؤشرات الصلابة المالية الأكثر تعبيرا و المتفق عليها دوليا.

فيما يخص نسبة الملاءة، رفعت البنوك مستوى أموالها الخاصة، بما في ذلك الأموال الخاصة القاعدية، التي تشكل الحماية الأكثر فعالية للمودعين ضد الخسائر غير المنتظرة. بالفعل، تحوزالبنوك، العمومية منها و الخاصة، مستويات أموال خاصة أعلى بكثير من الحد الأدنى القانوني. إن نسبة ملائمة الأموال الخاصة إلى المخاطر التي قد تتعرض لها البنوك (نسبة الملاءة) قد انتقلت من

22,11٪ في 2009 إلى 23,31٪ في 2010، في حين، تشكل الأموال الخاصة القاعدية (common equity) الجزء الأكبر من الأموال الخاصة مؤدية إلى ارتفاع نسبة ملائمة الأموال الخاصة القاعدية إلى المخاطر التي قد تتعرض لها البنوك من 17,33٪ في 2009 إلى 18,76٪ في 2010. ترجع هذه الأداءات إلى تخصيص جزء كبير من نتائج السنوات السابقة كاحتياطيات و كذا النتائج المعتبرة المحققة من قبل البنوك العمومية و الخاصة للسنة تحت الدراسة. 

على مستوى البنوك العمومية، سجلت الأموال الخاصة القانونية و القاعدية ارتفاعات تقدر على التوالي بـ

12,81٪ و 17,49٪ لتبلغ 570,936 مليار دينار و 422,196 مليار دينار في نهاية 2010. سجلت البنوك الخاصة، من جهتها، ارتفاعا أقل من ذلك المسجل من طرف البنوك العمومية نظرا لتوزيع جزء أكبر من الأرباح. وقد ارتفعت الأموال الخاصة القانونية لهذه الأخيرة بـ 10,79٪. كما ارتفعت الأموال الخاصة القاعدية     بـ 10,90٪، حيث بلغت على التوالي 198,653 مليار دينار و 197,289 مليار دينار. وهكذا، فقد واصلت البنوك العمومية و الخاصة جهودها في إعادة تكوين الأموال الخاصة مما سمح لها بتحسين نسبة الديون غير الناجعة (صافية من المؤونات المكونة) إلى الأموال الخاصة القانونية، و التي انخفضت من 30,04٪ في 2009 إلى 20,37٪ في 2010.

من حيث جودة محفظات البنوك، واصلت البنوك تحسين تسيير المخاطر المتعلقة بالقروض و المعالجة الديناميكية للديون المصنفة. و ترجم هذا بالتحسن الطفيف في المعدل الإجمالي لانخفاض قيمة محفظة القروض ليصل إلى

19,05٪ في 2010 مقابل 21,82٪ في 2009. فيما يخص المؤونات، بلغ مستواها 74,14٪ في نهاية 2010 مقابل 68,29٪ في نهاية 2009. إلا أن نسبة الديون غير الناجعة تبقى مرتفعة مقارنة بالمعايير الدولية في هذا المجال. 

تعتبر مردودية النظام المصرفي مرضية و تبقى مواتية سواء بالنسبة للبنوك العمومية أو الخاصة. تجسدت مردودية البنوك الخاصة في الزيادة شبه الكلية للأرصدة الوسيطة للتسيير، و ذلك تبعا للتطور الايجابي لأنشطتها في الوساطة و خارج الوساطة. بلغ الارتفاع في عائد أصولها 3,49٪ في 2010 مقابل 3,28٪ في 2009. بالنسبة للبنوك العمومية، انخفض عائد الأصول بشكل طفيف ليبلغ 1,25٪ في 2010 مقابل 1,33٪  في 2009، و ذلك بسبب الحجم الهام لعملياتها مع بنك الجزائر، و التي تكتسب من خلالها فوائد أضعف. فيما يخص مردودية الأموال الخاصة للبنوك، فقد انخفضت سواء بالنسبة للبنوك العمومية أو الخاصة، و هو انخفاض راجع إلى الزيادة الهامة في أموالها الخاصة أي رأس مال مضاف إليه الاحتياطيات.

أما فيما يخص نسبة هامش الفائدة إلى إجمالي الدخل، فقد تحسنت في 2010 بالنسبة للبنوك العمومية و الخاصة، و ذلك تحت تأثير ارتفاع هوامش الفائدة الصافية. و إن ازدادت تبعية البنوك الخاصة إزاء الدخل خارج الفوائد، فإن هذا الدخل يمكّن من تعويض انخفاض هامش الوساطة لها، كما يشهد على ذلك، الانخفاض في نسبة الأعباء خارج الفائدة إلى إجمالي الدخل التي انتقلت من 52,73٪ في 2009 إلى 39,24٪ في 2010.

إنّ وضعية السيولة المصرفية متينة. مقاسة بإحدى المؤشرات المعمول بها دوليا، فإن سيولة البنوك مرتفعة، كما يشهد عليه غياب المديونية ما بين البنوك و التدخل المتزايد لبنك الجزائر من أجل امتصاص فائض السيولة في السوق النقدية. و تُترجم هذه الوضعية قدرة البنوك على تسديد التزاماتها قصيرة الأجل لكونها تحوز على أصول سائلة. 

أخيرا، و من خلال تحليل مؤشرات الصلابة المالية، يظهر بوضوح أنّ البنوك العمومية و الخاصة، على الرغم من الاختلافات في الأداء، قد سجلت بشكل عام  خلال السنة المالية 2010 تحسنا ملموسا في نتائجها (بما فيها المؤونات ذات الطابع الاحتياطي)، و ذلك على وجه الخصوص بفضل تخفيض أعباء خطر القرض، و تقليل انخفاض قيمة الأصول و التحكم في الأعباء العملياتية. وإجمالا، فإن القطاع المصرفي متينا و يتمتع بالقدرة على المقاومة. 

6. الاتجاهات النقدية و المالية الرئيسية في السداسي الأول من 2011 

إن عدم التحكم في الترقبات على المستوى الكلي و كذا الأحداث الأخيرة في منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا أثرا سلبا على النشاط الاقتصادي والوضعية المالية لبعض بلدان المنطقة. و تم هذا التأثير عن طريق انكماش إيرادات السياحة، و تحويلات العمال بالخارج و تدفقات رؤوس الأموال والاستثمار مما ساهم في تباطؤ النشاط الاقتصادي و ارتفاع البطالة. في حين تزايدت الضغوطات التضخمية، المرتبطة بارتفاع الأسعار العالمية للمواد الغذائية و للطاقة. فيما يخص الجزائر، فان الادخار الميزاني الهام و الارتفاع الملحوظ في احتياطيات الصرف المرتبطة بالمستوى العالي لأسعار البترول، يمنحان مرونة معتبرة.

في هذا الإطار، و بهدف دعم الطلب الداخلي و تخفيف تآكل القدرة الشرائية للأسر، خاصة الأكثر عوزا منها، تم اللجوء في الجزائر إلى رفع النفقات الميزانية الجارية. في الوقت الذي تواصل فيه التوسع في نفقات رأس المال. تمثلت التدابير الميزانية المتخذة منذ السداسي الأول من 2011 أساسا في زيادة دعم أسعار المواد الغذائية و التحويلات الاجتماعية، خاصة تجاه البطالين، إلغاء الرسوم على بعض المواد الأساسية، الزيادة في الأجور، زيادة التشغيل في الوظيف العمومي، خاصة التوظيف المؤقت و التمويل المدعم للسكن.

يرجع الارتفاع القوي في النفقات الجارية، أساسا إلى ارتفاع نفقات المستخدمين و التحويلات الجارية. بلغ هذا البند الأخير 1150,3 مليار دينار في السداسي الأول من السنة الجارية، أنفقت أساسا في الثلاثي الثاني، و بارتفاع قدر بـ 70,3٪ مقارنة بمبلغها في السداسي الأول من 2010 (675,6 مليار دينار). على وجه الخصوص، سجلت الإعانات الموجهة للمؤسسات العمومية ذات الطابع الإداري و كذا مختلف الإعانات الأخرى، التي تتكفل بها الميزانية، ارتفاعا قويا مما يشهد على تكثيف جهد الدولة في سنة 2011 في مجال التغطية الاجتماعية.

نتيجة لذلك، فإن معدل تغطية نفقات التسيير بواسطة الإيرادات خارج المحروقات قد انخفض بشدة ليصل 42,1

٪ في السداسي الأول من 2011 مقابل 54,8٪ في 2010، في ظرف يتميز بالأهمية المتزايدة لإيرادات الميزانية المتأتية من المحروقات.

إن التطور المواتي لأسعار المحروقات في السداسي الأول من 2011، ينعكس أيضا على الفائض المعتبر في الحساب الجاري الخارجي، أي مستوى أفضل مقارنة بالأداءات السداسية للسنة السابقة. في نفس الوقت و على الرغم من ضعفها الهيكلي، سجلت الصادرات خارج المحروقات ارتفاعا خلال السداسي الأول من 2011، حيث بلغ مستواها المستوى المحقق خلال كل سنة 2009 (0,77 مليار دولار) مقابل 0,53 مليار دولار في السداسي الأول من 2010. بوتيرة سداسية، تقارب الزيادة الكلية للصادرات خارج المحروقات المسجلة خلال السداسي الأول من 2011 مقارنة مع السداسي الأول من سنة 2010 نسبة 46

٪.

أما بالنسبة لاستيراد السلع (

fob)، فقد ازدادت بـ 15,7٪، تحت تأثير الارتفاع في واردات المواد الغذائية و سلع الاستهلاك أساسا، حيث وصلت إلى 22,37 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2011 مقابل 19,33 مليار دولار خلال نفس الفترة من السنة المنصرمة. مست هذه الزيادة، على وجه الخصوص، المواد الغذائية (60,7٪). على سبيل المثال، بلغت الواردات (caf) للمواد الغذائية الثلاثة الرئيسية (الحبوب، الحليب و السكر) 3,44 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2011، و هي تقريبا نفس قيمة الواردات السنوية لسنة 2010 (3,66 مليار دولار). كانت حصة الحبوب  من هذه الواردات 59,4٪. إذا كان هذا الارتفاع في واردات المواد الغذائية الأساسية يستجيب للرغبة في وفرة متزايدة لهذه المواد في السوق الداخلية فإنه ناجم في الأساس عن التأثير القوي لسعر واردات المواد الغذائية و سلع الاستهلاك. أما فيما يتعلق بمجمل الواردات، فقد سجلت انكماشا في الحجم بما يقارب 9٪ مقارنة بالسداسي الأول من 2010.

فيما يخص حساب رأس المال، فقد سجل في السداسي الأول من سنة 2011 زيادة في تدفقات دخول رؤوس الأموال بموجب الاستثمارات المباشرة الخارجية. و تقدر هذه الأخيرة بـ 1,331 مليار دولار، في ظرف تميز بتسديدات هامة للدين الخارجي قصير الأجل، حيث انتقل قائم هذا الأخير من 1,778 مليار دولار، في نهاية ديسمبر 2010، إلى 0,989 مليار دولار في نهاية جوان 2011.

في المجموع، بلغ الرصيد الإجمالي لميزان المدفوعات 9,11 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2011، أي بوتيرة ثلاثية تفوق 4 ملايير دولار. تعززت بذلك الوضعية المالية الخارجية للجزائر، في وضع يتميز بتراجع الدين الخارجي و كذا التراكم المعزز لاحتياطيات الصرف (173,9 مليار دولار في نهاية جوان 2011، خارج الموجودات من حقوق السحب الخاصة و خارج الذهب). و قد نتج عن التسيير المرن لسعر الصرف، الحفاظ على سعر صرف فعلي حقيقي للدينار عند مستواه التوازني تقريبا على المدى المتوسط، و هذا على الرغم من التقلبات القوية لأسعار صرف العملات الرئيسية. بالإضافة إلى ذلك، تميز السداسي الأول من سنة 2011 بتقلص فارق التضخم بين الجزائر وشركائها التجاريين الرئيسيين.

تظهر مؤشرات الوضعية النقدية في نهاية جوان 2011، ارتفاعا كبيرا نسبيا في الكتلة النقدية (8,62٪). يرجع هذا أساسا إلى تنقيد الموجودات الخارجية و كذا إلى الزيادة المعتبرة بشكل عام في القروض للاقتصاد. يؤكد هذا الميل استمرار حيوية القروض للاقتصاد، مما يضع الجزائر ضمن مجموعة البلدان الناشئة ذات النمو السريع للقرض. إضافة إلى ذلك، يخص ارتفاع القروض (خارج السندات) كل من البنوك العمومية بـ 11,29٪ و البنوك الخاصة بـ 16,44٪، في حين تتباين وتيرتها بين البنوك

. 

من الزاوية القطاعية، تباين تطور القروض الموزعة من طرف البنوك في السداسي الأول من 2011، حيث ترافقت الزيادة المعتبرة للقروض الموجهة للمؤسسات الخاصة (10,21٪)، مع زيادة أكبر أهمية للقروض الموجهة للقطاع العمومي (13,48٪) و لكن بزيادة متواضعة في القروض الموجهة للأسر (3,47٪). غير أن القروض العقارية الموجهة للأسر ارتفعت بـ 12,50٪ بالغة 74٪ من إجمالي القروض الموجهة للأسر (68٪ في نهاية 2010). لقد استقرت حصة القروض الموجهة للقطاع الخاص (أي مؤسسات خاصة و أسر) من إجمالي القروض الموزعة (صافية من إعادة شراء الديون)، في السداسي الأول (55,18٪). موازاة مع ذلك، فإنّ حصة القروض قصيرة الأجل في انخفاض لصالح القروض متوسطة و طويلة الأجل حيث بلغت هذه الأخيرة 62,57٪ في نهاية جوان 2011 مقابل 59,89٪ في نهاية ديسمبر 2010. إن حيوية التمويل متوسط و طويل الأجل لمشاريع الاستثمار، لا سيما عن طريق التجمعات المصرفية قد تعزز بواسطة تمديد آجال نضج التمويل المصرفي. تتّضح هذه الظاهرة الأخيرة بقوة في السداسي الثاني من 2011، تحت تأثير التحفيز الذي قدمته السلطات العمومية (الدعم المالي).

من جهة أخرى، في ظرف يتميز بالنمو القوي في القروض للاقتصاد، انخفض متوسط معدل الفائدة المرجح حسب نوع القرض بشكل طفيف في السداسي الأول من 2011 مقارنة بمستواه في نهاية 2010 و نهاية 2009. و هكذا، ساهمت الشروط المالية المواتية و تعزيز الصلابة المالية للبنوك في توطيد دور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار المالي المتزايدة في 2011، و الممثلة في ودائع الأسر و ودائع المؤسسات الخاصة أو ودائع المؤسسات العمومية، بما فيها مؤسسات المحروقات.

بالنسبة للستة أشهر الأولى من سنة 2011، تزايدت الودائع تحت الطلب لدى البنوك بـ 6,55٪، أي بوتيرة أقل من تلك المتعلقة بالودائع لأجل (بما فيها الودائع بالعملات الصعبة) (7,22٪)، في الوقت الذي سجلت فيه الودائع لدى مركز الصكوك البريدية و الخزينة العمومية، من جانبها، ارتفاعا أكثر أهمية (21,84٪). تجدر الإشارة كذلك إلى الزيادة الكبيرة في النقد الورقي اعتبارا من 2007، أي بوتيرة سنوية متوسطة بواقع 18,2٪ بالنسبة للسنوات الأربعة الأخيرة، حيث بلغ نسبة النقد الورقي إلى الكتلة النقدية 26,09٪ في نهاية جوان 2011. إذا كانت هذه النسبة مستقرة نوعا ما بين 2005 و 2008، بحوالي 22٪، فإن قفزة تداول النقد الورقي تفسّر أساسا بالحجم الكبير و المتزايد للدفع بالنقد الورقي في المعاملات، متجاوزة تلك المتعامل بها في تجارة التجزئة.

ارتفعت الكتلة النقدية (خارج ودائع قطاع المحروقات) بنسبة 10,67٪ في نهاية جوان 2011 مقابل ارتفاع قدره 8,62٪ لمجموع

M2 بالمفهوم الواسع، و هذا لكون ودائع قطاع المحروقات قد سجلت تقلّصا بنسبة 6,29٪ مقارنة بتلك المحققة في ديسمبر 2010. و إذ ترتبط هذه الأخيرة بتسديد الضريبة البترولية الذي حصل في جوان 2011. مقابل تقلص ودائع قطاع المحروقات إلى نهاية جوان 2011 بالمقارنة مع تلك المسجلة في نهاية ديسمبر 2010، تعززت أكثر الودائع تحت الطلب و لأجل بالدينار للمؤسسات الخاصة و الأسر لدى البنوك في السداسي الأول من 2011 أي بنسبة 8,32٪. و في ظرف يتميز باستقرار ودائعها بالعملات الصعبة، فإن الأهمية المتزايدة لودائع الأسر بالدينار يغذيها ارتفاع المداخيل من الأجور و تحويلات الميزانية. و تجدر الإشارة هنا إلى أن ودائع الأسر بالدينار قد بلغت 36,57٪ من إجمالي الودائع بالدينار إلى نهاية جوان 2011 و هي مستقرة.

إن الزيادة الهامة للموجودات المالية للأعوان «مؤسسات خارج المحروقات و أسر» قد غذّت فائض سيولة البنوك الذي بقي هيكليا، فضلا عن ذلك، فهو منتشرا على مستوى البنوك. واصل من جهته، بنك الجزائر امتصاص فائض السيولة عن طريق عمليات استرجاع السيولة لسبعة أيام و لثلاثة أشهر، في الوقت الذي وظّفت فيه البنوك بصفة منتظمة المبالغ الزائدة عن هدف تكوين الاحتياطيات الإجبارية و هذا في شكل تسهيلات الودائع المغلة للفائدة لمدة 24 ساعة. نتيجة لذلك، تقلّص مبلغ الاحتياطيات الحرّة في السداسي الأول من سنة 2011، عاكسا بذلك الطابع الفعلي لعملية امتصاص فائض السيولة من طرف بنك الجزائر.

من جهة أخرى، عززت البنوك خلال السداسي الأول من سنة 2011 مؤشراتها المتعلقة بالصلابة المالية. بالفعل، بقيت نسبة الملاءة معتبرة بما يقارب 21٪، في الوقت الذي بقيت فيه النسبتين المتعلقتين بالسيولة مرتفعتين مثلما كانتا عليه في نهاية سنة 2010. علاوة على ذلك، تجدر الإشارة إلى أن مستوى الديون غير الناجعة المصرّح بها من طرف البنوك هو في انخفاض منتقلا من 19,05٪ من إجمالي القروض الموزّعة إلى نهاية سنة 2010 إلى 16,63٪ نهاية سنة 2011. و يعود هذا التحسّن إلى الأثر المزدوج لانخفاض مستوى الديون غير الناجعة و ارتفاع قائم القروض الموزّعة.

قصد تطوير أكثر للإطار العملياتي للاستقرار المالي و في تناغم مع المعايير الجديدة للجنة بازل، تمّ إصدار نظام يتعلق بتحديد و قياس وتسيير و رقابة خطر السيولة من طرف مجلس النقد و القرض في ماي من سنة 2011. يؤسس هذا النظام معامل سيولة أدنى يجب احترامه في أي وقت من طرف البنوك والمؤسسات المالية. بيّن التقييم الذي قام به بنك الجزائر اعتبارا من جوان 2011 امتثال بنوك الساحة لهذا الالتزام؛ إذ تتميز هذه السنة بسيولة مصرفية وافرة و موزعة بشكل واسع. كما، أصدر مجلس النقد و القرض في ماي 2011، نظاما ثانيا من أجل إرساء تطبيق أحسن لتسيير السيولة و متابعة العمليات ما بين البنوك و تحسين نوعية التقارير الاحترازية. يؤسس هذا النظام جهاز رقابة داخلية و كذا التحديد، على أساس المقابلات، للقائم من القروض والإقتراضات ما بين البنوك، خاصة تلك المتعاقد عليها في السوق النقدية، والتي تلتزم البنوك و المؤسسات المالية بتطبيقها.

يساهم هذان الجهازان الجديدان، اللذان يدعمان أدوات الإشراف و الرقابة، في تعزيز أكثر لاستقرار و صلابة النظام المصرفي الجزائري. كما يقوّيان عمليا الإطار العملياتي للتنبؤ و المتابعة الدقيقة للسيولة المصرفية من طرف بنك الجزائر و هذا، في إطار إدارته للسياسة النقدية. في هذا المجال، تبرز اليوم إلى الواجهة متابعة و رقابة التضخم تطبيقا للأحكام القانونية الجديدة المتعلقة بالنقد والقرض (أوت 2010).  

ساهم، في السداسي الأول من سنة 2011، الميل التصاعدي لوتيرات التوسع النقدي بالترابط مع ارتفاع أسعار المواد الزراعية المستوردة في زيادة تضخم الأسعار الداخلية. ارتفعت الأسعار عند الاستهلاك في الجزائر الكبرى في السداسي الأول من سنة 2011 بنسبة 3,76٪ كمتوسط سداسي (6 أشهر من 2011 إلى 6 أشهر من 2010) مقابل 4,62٪ في جوان 2010 لتَنقُل مؤشر الأسعار إلى 141,1 نقطة (سنة الأساس هي 100 في 2001). بلغ متوسط التضخم السنوي، في جوان 2011، نسبة 3,49٪ مقابل 5,41٪ في جوان من سنة 2010 و يقدّر ارتفاع الأسعار، كانزلاق سنوي، بنسبة 3,69٪ مقابل 6,11٪ في جوان 2010. كما يجب الإشارة إلى الارتفاع القوي لأسعار المواد الغذائية كانزلاق سنوي (9,66٪ لكن بنسبة 2,54٪ كمتوسط سنوي). نجمت هذه الزيادة أساسا عن ارتفاع أسعار المنتجات الفلاحية الطازجة (14,9٪) وبدرجة أقل عن ارتفاع المواد الغذائية المصنعة (5,6٪).

أخيرا، إن الإجراءات المتخذة من طرف السلطات العمومية، الرامية إلى تقليل أثر التضخم المستورد و كبح إختلالات السوق الداخلية، ساهمت بصفة واسعة في تخفيف أثر صدمة الأسعار في بداية السنة على المستوى العام للأسعار. تم هذا و إن بقيت الأسواق ضعيفة التنظيم في ظرف تميز بارتفاع المداخيل المغذاة عن طريق منطقة نفوذ الميزانية و كذا التوسع في الادخارات المالية للأسر والمؤسسات الخاصة المرتبط بارتفاع المداخيل. 

7.عناصر تحسين تمويل الاقتصاد في 2011

قصد تحقيق نمو مستدام يرتكز على التنوع، فإن إعادة توازن هيكل الاقتصاد الوطني الذي يولي أهمية لتطور الفلاحة، و الصناعة و الخدمات الإنتاجية يفرض نفسه، و هذا لغرض تقليص تبعيتها للمحروقات و بالترابط إزاء الإنفاق العمومي.

من أجل بلوغ مستوى قويا من النمو خارج المحروقات على المدى المتوسط، يصبح دور البنوك في مجال تمويل الاستثمارات المنتجة و الأنشطة خارج المحروقات الموّلدة للشغل دورا حاسما. إنّ التخصيص للموارد المالية المتاحة والراسي على الفائض الهيكلي للإدخار على الاستثمار يجب أن يندرج ضمن هدف مزدوج يتمثل في تطوير مالي، أخذا بعين الاعتبار الإدماج المالي، و نمو اقتصادي قوي خارج المحروقات. يجب أن يكون هذا مرفوقا بالتحسين المتواصل لمناخ الاستثمارات، خصوصا و أن استعمال الإدخارات المالية المتاحة للدولة لتمويل برنامج الاستثمارات العمومية (نفقات التجهيز) يسمح باجتناب أثر الاستبعاد. 

هذا و ينتظر من البنوك، استنادا إلى تدابير دعم المؤسسات الصغيرة والمتوسطة من طرف الدولة و التي تواجه صعوبات في تسديد ديونها المصرفية أن تدرس ملفات هذه المؤسسات، و ذلك على ضوء الإجراءات المتعلقة بإعادة جدولة ديونها مع تأجيل في التسديد لمدة ثلاث سنوات. و عليه، تقوم البنوك بدراسة احتمال تحسّن تشغيلها و قدرتها على الارتقاء خلال فترة الإمهال المقدّرة بثلاث سنوات و التي تسدد الخزينة العمومية خلال هذه الفترة الفوائد على ديون هذه المؤسسات. ستساهم هذه التدابير الجديدة في تحسين نوعية القروض المصرفية ومن تمّ، إرساء العلاقة بنك-مؤسسة من منظور النمو الاقتصادي. يجب على البنوك، في هذا المجال، أن تتحقق من تسيير أفضل لمخاطر القرض.   

فالبنوك اليوم مشجعة على إعادة جدولة ديون المؤسسات الصغيرة و المتوسطة التي تواجه صعوبات مع مدة تأجيل قدرها ثلاثة (3) سنوات تتكفل خلالها الخزينة العمومية بالفوائد. في هذا الأفق، و تطبيقا للأحكام المنصوص عليها في المادة 62 الفقرة "ي" من الأمر رقم 03-11، المعدل و المتمم، المتعلق بالنقد والقرض، أصدر مجلس النقد و القرض في جوان 2011، نظاما يقضي بأن الديون المصنفة، و التي هي موضوع إعادة جدولة، في إطار الدعم المقدّم من طرف الدولة، هي تلك الديون التي تم تسجيلها إلى نهاية أفريل 2011، صافية من الفوائد غير المحصلة. يحدد هذا النظام إطارا لمعالجة الفوائد غير المحصلة و المسجلة محاسبيا بموجب الديون المصرفية القابلة لإعادة الجدولة لصالح المؤسسات الصغيرة و المتوسطة التي تواجه صعوبات و المستفيدة من الدعم المالي للدولة. يتعلق الأمر هنا بإجراء يتناغم مع التنظيم الاحترازي الساري المفعول. أخيرا، و لغرض ضمان تتبع دوري في هذا المجال، تلزم البنوك والمؤسسات المالية بإرسال بيانا للديون المعاد جدولتها و المستفيدة من دعم الخزينة العمومية إلى بنك الجزائر، وفقا للشروط المحددة بتعليمة.

ستكون لهذه التدابير الجديدة لدعم المؤسسات الصغيرة و المتوسطة و المتمثلة في إعادة جدولة الديون المصرفية، تكفل الخزينة العمومية بالفوائد الواجب تسديدها خلال فترة التأجيل لمدة ثلاثة سنوات، إلغاء أعباء الفوائد غير المحصلة، تيسير الفائدة بالنسبة لقروض الاستثمار و تمديد آجال التأجيل سيترتب عنها تخفيف الأعباء المالية بالنسبة للمؤسسات الصغيرة و المتوسطة المستفيدة و تعزيز وضعيات ذمتها (تدعيم رأس مالها التشغيلي). نتيجة لذلك، ينتظر من المؤسسات الصغيرة و المتوسطة المستفيدة اغتنام فرصة التخفيف المالي هذه لوضع و تنفيذ استراتيجيات النمو و التطوير المستدام لأنشطتها الإنتاجية.

أخيرا، إن الشروط المالية المواتية و الصلابة المالية المدعمة للبنوك، ستساهم ابتداءا من 2011، في تعزيز أكثر لدور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار المالية المتزايدة، خاصة نحو الاستثمار الإنتاجي. تسجل السنة الجارية توجها نحو التحسن في بعض مؤشرات الأداء للمؤسسات المستفيدة من الإجراء الجديد للدعم المالي للدولة و المتواجدة إذا في وضعية أحسن للحصول على التمويل المصرفي. أما فيما يتعلق بالوساطة المصرفية لفائدة قطاع الأسر، فإنه ينتظر من البنوك تطويرا قويا للقروض العقارية من أجل الحصول على السكن لهذا العون الاقتصادي ذو الفائض و الذي تعد مساهمته في تكوين الادخار الوطني جد معتبرة.                   

 

 

 

 

 
Intervention de Monsieur Mohammed Laksaci
Gouverneur de la Banque d’Algérie
Au Comité Monétaire et Financier International
Au nom de la République Islamique d’Afghanistan, de l’Algérie, du Ghana,
de la République Islamique d’Iran, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie

Washington DC, 24 septembre 2011

 

Depuis notre dernière réunion, la croissance globale s’est affaiblie, le stress
financier s’est intensifié et les risques adverses se sont accrus considérablement,
affectant sévèrement les perspectives globales. Tel que souligné dans le rapport
consolidé de la Directrice Générale du FMI sur la surveillance multilatérale, cette
situation reflète une faible détermination à mener une action collective face au
problème de la dette souveraine et des stress bancaires dans la zone euro et aux
préoccupations relatives à la croissance et à la viabilité de la dette
publique aux Etats-Unis et au Japon. Eu égard à leur importance systémique,
des actions décisives et coordonnées de prise en charge des vulnérabilités
considérables dans ces pays sont urgemment nécessaires si une autre crise est à 
éviter et si les perspectives decroissance et d’emploi sont à raviver. Les défis 
sont bien identifiés et incluent lesoutien à la croissance et à l’emploi dans le court 
terme, l’adoption de plans à moyen terme de consolidation budgétaire, particulièrement 
aux Etats-Unis et au Japon, la prise en charge décisive dans la zone euro de la crise 
de la dette souveraine et le renforcement du capital des banques et la restructuration
ou la liquidation de celles qui sont faibles ainsi que la réparation des situations
bilantaires des ménages et la relance du marché de l’immobilier aux Etats-Unis.

Les performances des pays émergents et en développement continuent à être fortes
malgré le récent ralentissement de la croissance. Les défis auxquels ils font face
incluent le maintien d’une croissance forte et équilibrée tout en reconstituant des
réserves budgétaires ainsi que l’adoption de politiques appropriées pour limiter les
risques liés aux flux de capitaux volatils et l’inflation. Au Moyen-Orient et en
Afrique du Nord, l’agenda de politiques est important. Les pressions sur les comptes
budgétaires et courants se sont accrus dans le sillage des récents évènements dans
certains pays. Au niveau de la région, les réformes politiques et sociales en cours
devraient offrir un environnement favorable à une croissance forte et partagée. Cela
devrait être soutenu par des politiques macroéconomiques appropriées, des réformes
structurelles et, là où nécessaire, une assistance externe. Les pays à faibles
revenus ont accompli des progrès substantiels au cours des dernières années et ont
relativement bien traversé la crise. Cependant, la détérioration de la situation
économique et financière globale, les prix élevés des produits de base et la baisse
de l’assistance externe mettent en péril les gains durement acquis en matière de
croissance et de réduction de la pauvreté.

Nous soutenons le plan d’action de la Directrice Générale  pour le renforcement de
l’efficacité du Fonds dans l’accomplissement de ses missions envers les pays membres
dans cette phase difficile et, de manière générale, pour l’amélioration de l’architecture 
globale. L’accent mis sur le renforcement de l’efficacité et l’impartialité  de la surveil-
lance est crucial à cet égard. Il est à souligner l’importance d’adapter les conseils en 
matière de politiques aux circonstances particulières des pays membres, de renforcer l’analyse 
des impacts entre pays, des questions macro-financières et de la stabilité, notamment dans 
les pays systémiquement importants. La revue envisagée des conditionnalités et celle des
facilités LCF et LCP devraient contribuer à renforcer les instruments du Fonds en matière 
de prévention et de résolution des crises. Des voies additionnelles de renforcement des 
capacités  de prêts du Fonds devraient être explorées pour permettre à l’institution d’être 
en meilleure position de fournir l’assistance à ses membres autant et lorsque de besoin. 
Améliorer les capacités du Fonds à assister les pays à faibles revenus devrait figurer parmi 
les priorités du plan d’action. La mobilisation de l’assistance concessionnelle, y compris les 
contributions bilatérales et l’utilisation des revenus liés à la vente de l’or, est cruciale.
L’assistance technique demeure essentielle pour aider les pays membres à formuler et
mettre en œuvre des politiques saines. A cet égard, les ressources allouées à ces
activités doivent être préservées et l’application frais aux pays en bénéficiant
évitée.  En même temps que l’entrée en vigueur prochaine de la réforme de
2010 des quotes-parts, une revue exhaustive de la formule de calcul des quotes-parts à
janvier 2013, tel que demandé par le Conseil des Gouverneurs, devrait renforcer la
légitimité du processus décisionnel en reflétant non seulement le poids des pays
membres mais aussi leurs vulnérabilités. A cet égard, il est important que
tout réalignement additionnel des quotes-parts en faveur des pays émergents et en
développement (PED) dynamiques ne se fasse pas au détriment d’autres PED. Le Fonds
doit également continuer à mettre en garde contre le protectionnisme et à promouvoir
les bénéfices pour la croissance globale et l’emploi d’une conclusion
rapide du cycle de Doha (Doha Round) en matière de négociations commerciales.

 

 

 

 

 

 

Evolutions économiques et monétaires en 2010

Présentation du rapport annuel 2010
Par Mohammed Laksaci
Gouverneur de la Banque d’Algérie

 

 

Alger, le 25 août 2011

 

Le présent document vise à expliciter les principales conclusions du rapport 2010 de la Banque d'Algérie portant évolutions macroéconomiques, financières et monétaires de l'année sous revue. Un accent particulier est mis sur les principaux développements du secteur bancaire et sur la politique monétaire. Le rapport annuel est prévu par l’article 30 de l’ordonnance relative à la monnaie et au crédit du 26 août 2003, modifiée et complétée. 

1.

Après l’effet du choc externe de grande ampleur de l’année 2009 inhérent à la crise financière internationale et à la crise économique mondiale, l’économie nationale a réalisé des performances financières appréciables en 2010, notamment une consolidation de la position financière extérieure nette.

Adossée au redressement soutenu du prix du baril de pétrole en 2010 (80,15 dollars contre 62,26 dollars) et corrélativement à la forte augmentation des recettes d’exportation des hydrocarbures (26,4 %), la balance des paiements extérieurs courants a enregistré un excédent appréciable en 2010 (12,16 milliards de dollars, 7,5 % du PIB), en situation de légère progression des importations (4 %) où la part relative des biens d’équipement et de demi produits avoisine les deux tiers. Cette performance en matière de compte courant extérieur a bénéficié du léger recul du déficit des services, du quasi équilibre du poste revenus des facteurs (net) en contexte de revenu appréciable au titre du placement des réserves de change et de la stabilisation du surplus du poste transferts courants (net).

Cela est venu confirmer l’excès de l’épargne sur l’investissement qui a caractérisé les années 2000, à l’exception de l’année 2009. Après le déficit courant extérieur du premier semestre 2009, l’excédent de l’année 2010 est d’autant plus appréciable que le solde de la balance des paiements courants devient l’élément pivot de la situation de la balance des paiements extérieurs de l’Algérie. Le compte de capital qui, après le désendettement extérieur complété avant la crise financière internationale, se limite essentiellement au poste investissements directs étrangers (net), est également en excédent (3,4 milliards de dollars). En particulier, ce dernier a enregistré une amélioration en 2010 (3,5 milliards de dollars contre 2,5 milliards de dollars en 2009), après une situation de sortie nette de capitaux au titre d’investissements directs étrangers dans certains secteurs.

En conséquence, la nette amélioration de l’excédent global de la balance des paiements extérieurs en 2010 (15,58 milliards de dollars contre 3,86 milliards de dollars en 2009) est venue alimenter le niveau des réserves officielles de change de l’Algérie qui excède trois années (38,33 mois) d’importations de biens et services. Le niveau des réserves officielles de change (y compris les avoirs en DTS)  s’est établi à 162,22 milliards de dollars à fin 2010 (148,9 milliards de dollars à fin 2009), pendant que la dette extérieure à moyen et long terme s’est stabilisée (3,679 milliards de dollars) et ne représente plus que 2,27 % du produit intérieur brut estimé pour 2010. 

Ces  principaux paramètres de la position financière extérieure nette de l’Algérie confirment sa solidité et confortent sa résilience face aux chocs extérieurs, d’autant que

la politique de gestion du taux de change par la Banque d'Algérie contribue de manière effective à la stabilité financière externe. En 2010, l'intervention de la Banque d'Algérie sur le marché interbancaire des changes a eu pour résultat l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar en moyenne annuelle (2,64 %). Le taux de change effectif réel du dinar est resté quasiment à son niveau d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue des cours de change des principales devises et de la faiblesse structurelle des exportations hors hydrocarbures (environ un milliard de dollars en 2010). La structure des paiements extérieurs indique que la part des paiements en euro se stabilise à 46 % contre 50 % pour le dollar ; la structure du commerce extérieur avec les quinze principaux partenaires commerciaux de l’Algérie servant de base de pondération du taux de change effectif réel et du panier de monnaies de référence.  

Dans ce contexte, le niveau des réserves officielles de change revêt une importance particulière dans la mesure où il constitue le principal rempart contre d’éventuels chocs extérieurs. Ainsi, la stabilité financière externe sur le moyen et long terme repose fortement sur la poursuite de la gestion prudente des réserves officielles de change par la Banque d’Algérie. Les objectifs poursuivis en la matière consistent à :

·

Préserver la valeur du capital : minimiser le risque de perte de la valeur marchande des actifs, en maintenant un portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité (en terme de notation de crédit et de type d’émetteur) et en appliquant des pratiques appropriées d’atténuation des risques ;

·

Maintenir un niveau élevé de liquidité : placer les réserves dans des actifs qui viennent à échéance ou peuvent être revendus rapidement sans perte de valeur ;

·

Optimiser le rendement : obtenir le meilleur rendement possible tout en respectant les objectifs de sécurité et de liquidité.

En conséquence, si les dépôts sont effectués particulièrement auprès des banques centrales et des institutions financières supranationales depuis 2007, les portefeuilles en titres, dont la part s’est accrue depuis et a atteint 98 % en moyenne du total des réserves, sont investis dans des instruments bénéficiant de la meilleure notation et donc les moins risqués, principalement les titres souverains.

Pour ce qui est du rendement, les investissements effectués par la Banque d’Algérie en portefeuilles titres durant les années où les taux d'intérêt étaient hauts continuent à générer des rendements relativement élevés, à savoir près de 3 % en 2010 et supérieurs à 3 % en 2008 et 2009. Ces performances sont d’autant plus appréciables qu’elles sont réalisées en contexte de taux d’intérêt très bas dans les pays avancés et de taux directeurs proches de zéro notamment aux Etats Unis.

En outre, il importe de souligner que les taux de rendement réels restent positifs. La diversification engagée depuis 2004, tant sur le plan du choix des devises entrant dans la composition des réserves et leur distribution au niveau des portefeuilles, que sous l’angle titres, par classe de risque, a contribué à cette performance, tout en minimisant les risques. L’objectif de sécurité reste primordial, d’autant que l’environnement international a été marqué en 2010 par l’apparition des risques liés à la dette souveraine en contexte de risques bancaires à la hausse.    

2.

Si le différentiel d'inflation annuelle moyenne entre l'Algérie et la zone euro s’est réduit, tout en restant encore élevé, l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar a contribué à limiter l’impact de l’inflation importée sur le niveau général des prix, d’autant que les prix des  biens de consommation à fort contenu d'importation ont enregistré une forte progression en 2010 (7 %). La hausse des cours internationaux des produits agricoles de base importés (céréales et produits tropicaux), l’accroissement de la masse monétaire ainsi que la hausse des prix de gros des fruits et légumes frais sont les  principaux facteurs qui expliquent et déterminent l’inflation, avec des contributions respectives estimées à  31 %, 62 % et 7 % en moyenne sur la décennie. Il importe ici de souligner l’impact inflationniste des dysfonctionnements des marchés intérieurs.

En effet, pour la première fois depuis cinq ans, le taux d’inflation annuel moyen mesuré par l’indice des prix à la consommation a fléchi, passant de 6,1 % en 2009 à 4,1 % pour l’indice national et de 5,7 % en 2009 à 3,9 % pour l’indice du Grand Alger. Contrairement aux années précédentes, l’inflation en 2010 est principalement générée par la hausse des prix des services et des biens manufacturés, même si les biens alimentaires ont subi des hausses substantielles, au demeurant nettement plus faibles que par le passé.

Si depuis 2003, la hausse des prix à la consommation a été plus faible en Algérie que dans la région MENA et inférieure à l’inflation médiane pour toutes ces années, le ralentissement du taux de croissance des prix à la production industrielle depuis 2008 et des prix à la consommation en 2010 laisse penser qu’une dynamique de désinflation est engagée en Algérie, dynamique qu’il convient de conforter par la maîtrise des principaux déterminants de l’inflation : création monétaire hors hydrocarbures en phase avec la croissance réelle, maîtrise de la hausse  des  coûts  des facteurs et stimulation de l’offre.

3.

Aussi, après deux années d’activité économique à rythme modéré à 2,4 %, la reprise de la croissance, tirée par la demande intérieure, elle même soutenue par l’accroissement des ressources, se confirme en 2010 (3,3 %), pendant que le secteur des hydrocarbures enregistre une croissance négative depuis 2006. En effet, tous les secteurs d’activité autres que celui des hydrocarbures ont connu une croissance positive, avec une faible performance de l’industrie (0,9 % contre 5 % en 2009) et l’agriculture (6,0 % contre 20,0 % en 2009) ; le PIB hors hydrocarbures en volume progressant à hauteur de 6,0 % en 2010 (9,3 % en 2009). La croissance appréciable hors hydrocarbures, inégalement répartie par secteur, est portée par l’accroissement de la contribution des secteurs des services marchands, notamment commerce et transport, non marchands et du BTP, en contexte de recul de celles de l’industrie manufacturière et de l’agriculture.

Parallèlement, la croissance de la  dépense intérieure s’est réduite, mais demeure  élevée à 5,5 % en volume en 2010, impulsée par la forte progression des dépenses des ménages et des administrations publiques, confirmant le rôle des dépenses publiques comme stimulant décisif de l’activité économique en Algérie.

Si les dépenses budgétaires totales ont progressé de 6,3 % en 2010, après leur quasi stabilisation en 2009, les dépenses d’équipement ont reculé aussi bien en 2009 qu’en 2010 respectivement de 1,4 % et 6 %, après leur forte progression depuis l’année 2005. Leur taux de croissance avait culminé à 41,3 % en 2007 (37,5 % en 2008). Aussi, après de nombreuses années d’évolution haussière, le ratio dépenses d’équipement / PIB a baissé, passant de 19,4 % en 2009 à 15,1 % en 2010, témoignant du ralentissement sensible de l’absorption en la matière. Quant au ratio dépenses courantes/PIB, il s’est stabilisé en 2010 (22,2 % contre 22,9 % en 2009), pendant que l’augmentation des dépenses courantes a résulté notamment de celle des dépenses de personnel. En outre, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (54,8 %), après une baisse de 2006 à 2008. 

En 2010, les recettes des hydrocarbures ont augmenté de 20,4 %, s’établissant à 66,3 % des recettes budgétaires totales et couvrant 64,4 % des dépenses budgétaires totales. Quant aux recettes hors hydrocarbures, représentant 33,6 % du total des recettes budgétaires, elles ont progressé de 16,5 % (14,6 % en 2009), pendant que la part relative des recettes fiscales est de 87,6 %. Par ailleurs, si le ratio recettes hors hydrocarbures/produit intérieur brut hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (18,7 %), cette stabilité ne doit pas occulter le changement de structure de la fiscalité hors hydrocarbures au cours des années 2004-2010. En effet, les prélèvements sur les revenus, salaires et bénéfices des sociétés ont augmenté relativement plus vite que les prélèvements sur l’activité économique (impôts sur les biens et services et droits de douane), en dépit de l’accroissement substantiel de l’assiette de ces derniers.

Au total, après près d’une décennie d’excédents, le solde global des opérations du Trésor est déficitaire pour la deuxième année consécutive (0,9 % du PIB  en 2010 et 7,1 % en 2009).  Malgré ce déficit, la capacité de financement du Trésor s’est consolidée en 2010, à en juger par l’encours des ressources du fonds de régulation des recettes qui s’est accru de 526,4 milliards de dinars pour atteindre 40,1 % du produit intérieur brut. Cela renforce la viabilité des finances publiques, en dépit de l’augmentation de la dette publique intérieure en 2010. L’efficacité de l’investissement public doit être désormais l’objectif ultime. Une attention particulière doit être accordée au renforcement contenu des capacités d’investir.

4.

La reprise en 2010 de l’accroissement des ressources accumulées (épargnes financières)  dans le Fonds de régulation des recettes, en dépit de la forte progression des dépenses budgétaires courantes (dépenses du personnel et transferts) comparativement à leur évolution en 2009, a contribué à atténuer la monétisation.

L’analyse des sources de création monétaire en 2010 confirme que les avoirs extérieurs (en devises) constituent l’élément essentiel dans ce processus et donc dans la formation des épargnes financières des agents économiques non financiers. Ainsi, l’encours des avoirs extérieurs nets de la Banque d’Algérie exprimés en dinars, soit 11854,02 milliards à fin 2010, a été monétisé à hauteur de 72,4 % (hors valorisation). Vu la faiblesse des avoirs extérieurs nets des banques, le complément de création monétaire est représenté par les crédits à l’économie (3671,1 milliards de dinars) distribués par les banques et établissements financiers. En conséquence, l’ensemble de ces actifs, constitués principalement d’avoirs extérieurs (réserves de change), ont pour contrepartie l’encours des épargnes financières (dépôts dans les banques et monnaie fiduciaire) des entreprises et ménages (8323,28 milliards de dinars à fin 2010) et l’encours de l’épargne financière (fonds de régulation des recettes et autres dépôts en comptes courants à la Banque d’Algérie et les banques) de l’Etat (5108,13 milliards de dinars à fin 2010).

C’est dans un tel contexte de développement de l’épargne financière, que l’effet conjugué de la stérilisation par le Trésor et de l’absorption de l’excès de liquidité par la Banque d’Algérie a contribué à ancrer davantage la stabilité monétaire et financière en 2010, malgré la reprise de l’expansion de la masse monétaire M2 (13,8 %).

Après une expansion monétaire historiquement basse enregistrée en 2009 (3,1 %) sous l’effet de l’important choc externe, l’année 2010 a été marquée par le retour à l’expansion monétaire, mais à un taux inférieur aux rythmes élevés des années 2006 à 2008. Avec

une progression de 10,2 % en 2010, la reprise du rôle des avoirs extérieurs nets dans le processus de création monétaire s’est conjuguée avec la poursuite du dynamisme des crédits à l’économie.

Contrairement à la situation de plusieurs pays émergents qui ont enregistré une contraction des crédits à l’économie liée à la crise financière internationale, les crédits distribués par les banques opérant en Algérie aux entreprises et ménages, directement ou par le biais de l’investissement en obligations émises par les entreprises, ont augmenté de 15,6 % en 2010 (hors rachat de crédits non performants par le Trésor). Cette hausse correspond à une forte croissance des crédits, en termes réels, au cours de l’année 2010, situant l’Algérie dans le groupe de pays émergents à croissance rapide du crédit. S

ous l’effet de la forte croissance des crédits à moyen et long termes, la part de ces crédits est montée à 59,9 % à fin 2010 contre 57,2 % à fin 2009, confirmant la dynamique de financement à long terme de projets d'investissement notamment en syndication bancaire et contribuant ainsi au rallongement des maturités de financement bancaire. 

En Algérie, des conditions financières favorables et une résilience du système bancaire face au choc externe ont contribué à renforcer le rôle du canal crédit dans l’allocation des ressources d’épargne ; celles-ci s’étant consolidées au cours de l’année 2010, tant au niveau du secteur des hydrocarbures que des autres secteurs d’activité, après la contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures en 2009. Il est utile de noter qu’à fin 2010, l’encours de l’épargne financière des ménages et entreprises privées excède celui des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.

En conséquence, l’augmentation substantielle des dépôts bancaires (à vue et à terme en dinars) en 2010,

12,5 % contre une baisse de 8,2 % en 2009, a contribué à consolider davantage la capacité de fonds prêtables des banques, ancrée sur des ressources stables et accrues et une bonne position de liquidité. De plus, l’excès de liquidité est de plus en plus disséminé au niveau des banques de la place. Cela a, cependant, induit une activité moins dynamique sur le marché monétaire interbancaire. En effet, disposant de ressources financières stables leur permettant de mener leurs différentes activités en contexte de faible risque de liquidité, les banques ne sont intervenues que rarement sur le marché monétaire pour se procurer de la liquidité au cours de l’année 2010, notamment pour répondre aux objectifs de constitution de réserves obligatoires réglementaires.

En dépit de l’acuité de l’excès de liquidité structurel alimenté par la reprise significative de la croissance monétaire en 2010, la conduite ordonnée de la politique monétaire par la Banque d’Algérie a contribué à contenir les pressions inflationnistes en 2010 et donc à asseoir davantage la stabilité monétaire. La conduite

efficace de la politique monétaire a reposé sur la résorption effective de l’excès de liquidité, vu l’ampleur de la monétisation des avoirs extérieurs qui se sont nettement accrus en 2010 après le choc externe de 2009. De plus, si les réserves libres ont constitué en moyenne un montant de 63 milliards de dinars en 2010, il importe de noter que sur ce montant, les dépôts libres des banques, qui n’interviennent pas dans les opérations avec la Banque d’Algérie, atteignent 54 milliards de dinars.

Aussi, a

près un ajustement en 2009 du dispositif réglementaire portant instruments de conduite de la politique monétaire (reprises de liquidité, facilité de dépôts rémunérés et réserves obligatoires), l’année 2010 a été marquée par la réforme du cadre légal en la matière où l’objectif d’inflation a été institué en tant qu’objectif ultime de la politique monétaire, tout en conservant les objectifs quantitatifs monétaires. Ce qui confère de facto un rôle aux agrégats monétaires et de crédit dans la conduite de la politique monétaire par la Banque d’Algérie, pendant que la prévision de l’inflation à court terme prend désormais une importance particulière.   

La prévision de l’inflation et son monitoring a amené la Banque d’Algérie à développer un outil adéquat depuis septembre 2009, à savoir un modèle de prévision de l’inflation à court terme  répondant au souci d’une vision prospective, afin de prévoir mensuellement le taux d’inflation et son évolution dans un horizon d’une année. A titre d’exemple, la prévision de l’inflation en moyenne annuelle pour fin 2010 effectuée en septembre 2010 ne diffère que de 0,14 point de pourcentage du taux d’inflation réalisé et calculé par l’ONS pour décembre (3,91 %). En conséquence, l’inflation annuelle moyenne est restée proche des prévisions à court terme. Ce taux d’inflation est en recul par rapport à la hausse des prix à fin 2009 (5,74 %) et en phase avec l’objectif d’inflation arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit (4 %, + ou – 1 point) au titre de l’année 2010, comme objectif implicite de la politique monétaire.

5.

La contribution de la politique monétaire à la stabilité financière reste décisive en Algérie, vu la prédominance des banques dans le système financier algérien. En 2010, le secteur bancaire reste solide, ancré sur des ressources stables et accrues et une position de liquidité des banques très solide. Si l’activité des banques est principalement tirée par le segment activité de crédits, la solidité du secteur bancaire est appréciable aussi bien sous l’angle de l’évolution de leurs activités qu’en ce qui concerne la rentabilité de leurs fonds propres (return on equity) et du rendement de leurs actifs (return on assets).

Les indicateurs de solidité aussi bien des banques publiques que privées sont proches de ceux enregistrés dans les pays émergents : le ratio de solvabilité est confortable (23,31 % en 2010 contre 22,11 % en 2009), bien au-delà des recommandations de Bale III, la rentabilité des fonds propres est substantielle (20,72 % en 2010) et le rendement des actifs est conséquent (1,52 %), correspondant aux meilleurs résultats réalisés dans les pays émergents. La marge d’intérêt des banques est en hausse (63,80 % en 2010 contre 57,36 % en 2009), en phase avec la baisse des charges hors intérêt (39,40 % en 2010 contre 49,98 % en 2009).

Sur le plan de la qualité de portefeuille de crédit, les banques ont veillé à renforcer la gestion de risques de crédit. Le taux brut de créances non performantes à fin 2010 est en baisse, bien que le niveau de ces créances reste plus élevé que les standards internationaux en la matière. Les créances non performantes sont fortement provisionnées (74,1 % contre 68,3 % à fin 2009) indiquant que les banques, publiques et privées, tout en augmentant leurs fonds propres ont veillé à constituer les provisionnements nécessaires.

Enfin, les nouvelles dispositions relatives à la monnaie et au crédit d’août 2010 ont renforcé les missions de la Banque d’Algérie en matière de supervision et de contrôle bancaire et lui ont assigné  des prérogatives nouvelles en matière de stabilité financière. Dans ce cadre, la Banque d’Algérie a consolidé ses capacités en matière de stress tests, parallèlement à la finalisation du nouveau système de notation des banques et établissements financiers, sous l’angle d’un meilleur contrôle des risques bancaires (une supervision orientée sur les risques).

Au total, la Banque d’Algérie doit s’assurer de la sécurité et de la solidité du système bancaire, un pré requis pour une allocation efficace des ressources au profit de l’investissement productif, vu la persistance de l’excès de l’épargne sur l’investissement.

Dans la perspective d’une croissance durable portée par la diversification, le rééquilibrage de la structure de l’économie nationale favorisant l’essor de l’agriculture, de l’industrie et des services productifs s’impose, afin de réduire sa dépendance à l’égard des hydrocarbures et corrélativement vis-à-vis de la dépense publique. Pour atteindre le potentiel de croissance hors hydrocarbures sur le moyen terme, le rôle des banques est désormais décisif en matière de financement des investissements productifs et des activités hors hydrocarbures créatrices d’emplois. Une telle allocation des ressources financières disponibles doit s’inscrire dans un double objectif de développement financier, prenant en compte l’inclusion financière, et de forte croissance économique hors hydrocarbures. Cela doit être accompagné par une amélioration soutenue du climat des investissements, d’autant que l’utilisation des épargnes financières disponibles de l’Etat pour autofinancer le programme d’investissements publics (dépenses d’équipement) permet de prévenir tout effet d’éviction.

 

 

التطورات الاقتصادية و النقدية في 2010 

 

عرض التقرير السنوي 2010

من طرف محمد لكصاسي

محافظ بنك الجزائر

 

الجزائر، في 25 أوت 2010

 

تهدف هذه الوثيقة إلى توضيح الاستنتاجات الرئيسية لتقرير 2010 لبنك الجزائر الذي يتضمن التطورات الاقتصادية الكلية، المالية و النقدية للسنة تحت الدراسة. تم التركيز خاصة على التطورات الرئيسية للقطاع المصرفي و على السياسة النقدية. و قد نص على التقرير السنوي الأمر رقم 03-11 المتعلق بالنقد و القرض ، المعدل و المتمم، في المادة 30 منه.

1. بعد تأثير الصدمة قوية الحجم لسنة 2009 ذات الصلة بالأزمة المالية الدولية و بالأزمة الاقتصادية العالمية، حقق الاقتصاد الوطني أداءات مالية معتبرة في 2010، خاصة تعزيزا للوضعية المالية الخارجية الصافية.  

سجل ميزان المدفوعات الخارجي الجاري، مرتكزا على تحسن متواصل لسعر برميل البترول في 2010 (80,15 دولار مقابل 62,26 دولار) و بالارتباط مع الارتفاع القوي لإيرادات صادرات المحروقات (26,4٪)، فائضا معتبرا في 2010 (12,16 مليار دولار،7,5٪ من إجمالي الناتج الداخلي)، في وضع تميز بارتفاع طفيف للواردات (4٪) حيث تقارب الحصة النسبية لسلع التجهيز و سلع نصف المصنعة  الثلثين. استفاد هذا الأداء في مجال الحساب الجاري الخارجي من تراجع طفيف في عجز الخدمات، و من شبه توازن في بند عوائد عوامل الإنتاج (الصافي) في ظرف تميز بعائد معتبر بموجب توظيفات احتياطيات الصرف و استقرار فائض بند التحويلات الجارية (الصافي).

يأتي هذا ليؤكد فائض الادخار على الاستثمار الذي ميّز سنوات 2000، باستثناء سنة 2009. بعد العجز الجاري الخارجي في السداسي الأول من 2009، يعتبر فائض سنة 2010 معتبرا، لا سيّما و أن رصيد ميزان المدفوعات الجارية أصبح العنصر المحوري لوضعية ميزان المدفوعات الخارجية للجزائر. إن حساب رأس المال و الذي يقتصر أساسا في بند الاستثمارات الخارجية المباشرة (الصافي)، و بعد تسديد المديونية الخارجية الذي تمّ قبل اندلاع الأزمة المالية الدولية، يعتبر هو أيضا في حالة فائض(3,4 مليار دولار). سجل هذا الأخير على وجه الخصوص، تحسنا في 2010 (3,5 مليار دولار مقابل 2,5 مليار دولار في 2009)، بعد وضع خروج صاف لرؤوس الأموال بموجب الاستثمارات المباشرة الخارجية في بعض القطاعات.

و عليه، يساهم التحسن الملحوظ في الفائض الإجمالي لميزان المدفوعات في 2010 (15,58 مليار دولار مقابل 3,86 مليار دولار في 2009) في تغذية مستوى احتياطيات الصرف الرسمية للجزائر، الذي يتجاوز ثلاث سنوات (38,33 شهرا) من الاستيراد للسلع و الخدمات. إذ بلغ مستوى الاحتياطيات الرسمية للصرف (بما في ذلك الموجودات المعبر عنها بحقوق السحب الخاصة) 162,22 مليار دولار في نهاية 2010 (148,9 مليار دولار في نهاية 2009)، في الوقت الذي استقر فيه الدين الخارجي المتوسط و طويل الأجل (3,679 مليار دولار) و الذي لم يعد يمثل سوى 2,27٪ من إجمالي الناتج الداخلي المقدر لسنة 2010.

تؤكد هذه المقاييس الرئيسية للوضعية المالية الخارجية الصافية للجزائر صلابتها و تدعّم قدرتها على مقاومة الصدمات الخارجية، خاصة و أن سياسة تسيير سعر الصرف من طرف بنك الجزائر تساهم بطريقة فعلية في الاستقرار المالي الخارجي. مكنت في 2010، تدخلات بنك الجزائر في سوق الصرف ما بين البنوك من الحصول على تحسن لسعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار كمتوسط سنوي (2,64٪). بقي سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار تقريبا في مستواه شبه التوازني على المدى المتوسط ، و ذلك على الرغم من التقلبات المتزايدة لأسعار صرف العملات الرئيسية و الضعف الهيكلي للصادرات خارج المحروقات (ما يقارب مليار دولار في 2010). يبين هيكل المدفوعات الخارجية استقرار حصة المدفوعات بالأورو في حدود 46٪ مقابل 50٪ للدولار؛ يستخدم هيكل التجارة الخارجية مع الخمسة عشر شريك تجاري رئيسي للجزائر كقاعدة ترجيح لسعر الصرف الفعلي الحقيقي و كذلك سلة العملات المرجعية. 

يكتسي، في هذا الظرف، مستوى احتياطيات الصرف الرسمية أهمية خاصة إذ يمثل الحائط الأساسي ضد الصدمات الخارجية المحتملة. و عليه، يقوم الاستقرار المالي الخارجي على المدى المتوسط و الطويل بقوة على مواصلة التسيير الحذر لاحتياطيات الصرف الرسمية من طرف بنك الجزائر. تتمثل الأهداف المتبعة في هذا مجال في:

·     الحفاظ على قيمة رأس المال: التقليل من خطر خسارة القيمة السوقية للأصول، بالاحتفاظ على محفظة متنوعة الأصول ذات النوعية الرفيعة (فيما يخص تنقيط القرض و نوع المصدر) و بتطبيق ممارسات ملائمة لتخفيف المخاطر؛

·     الاحتفاظ على مستوى عال من السيولة: توظيف الاحتياطيات في أصول بتاريخ استحقاق قريب أو التي يمكن إعادة بيعها بسرعة دون فقدان القيمة؛

·     الحصول على المردود الأمثل: الحصول على أفضل مردود ممكن مع احترام الأهداف المتعلقة بالأمن و السيولة.

و عليه، إن كانت الإيداعات تتم خصوصا لدى البنوك المركزية و المؤسسات المالية الدولية منذ 2007، استثمرت محافظ الأوراق المالية، و التي تزايدت حصتها منذ ذلك الوقت حيث بلغت 98٪ كمتوسط لإجمالي الاحتياطيات، في أدوات تحصل على أفضل تنقيط و بالتالي الأقل مخاطرة، أساسا السندات السيادية .

فيما يخص المردود، واصلت الاستثمارات المحققة من طرف بنك الجزائر في محافظ الأوراق المالية خلال السنوات أين كان معدل الفائدة عاليا، في توليد مردودات مرتفعة نسبيا، أي تقريبا 3٪ في 2010 و أعلى من 3٪ في 2008 و 2009. تعتبر هذه الأداءات معتبرة خاصة و أنها حققت في ظرف يتميز بمعدل فائدة جد منخفض في البلدان المتقدمة و معدلات توجيهية قريبة من الصفر بالخصوص في الولايات المتحدة. فضلا عن ذلك، تجدر الإشارة إلى أن معدلات المردود الحقيقي تبقى ايجابية. و ساهم التنويع الذي ادخل منذ 2004، سواء كان في اختيار العملات التي تدخل في تكوين تشكيلة الاحتياطيات و توزيعهم على مستوى المحافظ، أو من زاوية الأوراق المالية، حسب صنف الخطر، في هذا الأداء، مع تقليل المخاطر. و يبقى هدف الأمن، أساسيا، مع العلم أن المحيط الدولي قد تميز في 2010 بظهور مخاطر مرتبطة بالدين السيادي في ظرف يتميز بمخاطر بنكية متصاعدة.  

2. إن كان فارق التضخم السنوي المتوسط بين الجزائر و منطقة الأورو قد تقلص، و إن بقي مرتفعا، فإن تحسن سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار ساهم في الحد من أثر التضخم المستورد على المستوى العام للأسعار، خاصة و أن أسعار السلع الاستهلاكية ذات المحتوى المستورد القوي قد سجلت ارتفاعا قويا في 2010 (7٪). و تعد زيادة الأسعار الدولية للمواد الزراعية الأساسية المستوردة (حبوب و مواد استوائية)، بما فيها زيادة الكتلة النقدية و كذا زيادة الأسعار بالجملة للفواكه و الخضر العوامل الرئيسية التي تفسر و تحدد التضخم، بمساهمات تقدر على التوالي بـ 31٪، 62٪ و 7٪ كمتوسط في العشرية الأخيرة. و تجدر الإشارة هنا إلى الأثر التضخمي لسوء تسيير الأسواق الداخلية.

بالفعل، و للمرة الأولى منذ خمس سنوات، تراخى معدل التضخم السنوي المتوسط المقاس بمؤشر الأسعار عند الاستهلاك، منتقلا من 6,1٪ في 2009 إلى 4,1٪ بالنسبة للمؤشر الوطني و من 5,7٪ في 2009 إلى 3,9٪ بالنسبة لمؤشر الجزائر العاصمة. و عكس السنوات السابقة، فقد تولد التضخم في 2010 أساسا من ارتفاع أسعار الخدمات و السلع المصنعة، حتى و إن تأثرت السلع الغذائية بالزيادات الهامة، التي تبقى ضعيفة بوضوح مما كانت عليه في الماضي.

إذا كانت زيادة الأسعار عند الاستهلاك، منذ 2003، أضعف في الجزائر مقارنة بمنطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا و أقل من التضخم الأوسط لكل هذه السنوات، يوحي تباطؤ معدل نمو أسعار الإنتاج الصناعي منذ 2008 و الأسعار عند الاستهلاك في 2010 أن ديناميكية انكماش بدرت في الجزائر، و التي يجب أن يتم تعزيزها بالتحكم في المحددات الرئيسية للتضخم: الإنشاء النقدي خارج المحروقات في تناغم مع النمو الحقيقي، تحكم في زيادة تكاليف العوامل و تحفيز العرض.

3. بعد سنتين من نشاط اقتصادي بوتيرة متواضعة بنسبة 2,4٪، تأكد انتعاش النمو، الذي يجره أساسا الطلب الداخلي المدعم بدوره بزيادة الموارد، في 2010 (3,3٪)، بينما سجل قطاع المحروقات نموا سلبيا منذ 2006. بالفعل، عرفت كل قطاعات الأنشطة ما عدا قطاع المحروقات نموا إيجابيا، مع أداء ضعيف للصناعة (0,9٪ مقابل 5٪ في 2009) و الفلاحة (6,0٪ مقابل 20,0٪ في 2009)؛ و ارتفع إجمالي الناتج الداخلي بالحجم خارج المحروقات بنسبة 6,0٪ في 2010 (9,3٪ في 2009). يرجع النمو المعتبر خارج المحروقات، و غير الموزع بالتساوي حسب القطاعات، إلى الزيادة في مساهمة قطاعات الخدمات المسوقة، خاصة التجارة و النقل، و غير المسوقة و البناء و الأشغال العمومية، في ظرف يتميز بتراجع نمو الصناعة المعملية و الفلاحة.

بالتوازي، انخفض نمو النفقات الداخلية، و إن يبقى مرتفعا بنسبة 5,5٪ بالحجم في 2010، تدفعه الزيادة القوية في نفقات الأسر و الإدارات العمومية، مما يؤكد دور النفقات العمومية كمحفز حاسم للنشاط الاقتصادي في الجزائر.

إذا سجل إجمالي نفقات الميزانية ارتفاعا بنسبة 6,3٪ في 2010، بعد شبه استقراره في 2009، فإن نفقات التجهيز تراجعت على حد سواء في 2009 و 2010 بـ 1,4٪ و 6٪ على التوالي، بعد ارتفاعها القوي منذ سنة 2005. بلغ معدل نموها ذروته في 2007 نسبة 41,3٪ (37,5٪ في 2008). و عليه، بعد عدة سنوات من التطور المتزايد، انخفضت نسبة نفقات التجهيز/إجمالي الناتج الداخلي، منتقلة من 19,4٪ في 2009 إلى 15,1٪ في 2010، ما يشهد على التباطؤ المحسوس للاستيعاب في هذا المجال. أما فيما يخص نسبة النفقات الجارية/إجمالي الناتج الداخلي، استقرت في 2010 (22,2٪ مقابل 22,9٪ في 2009)، في حين، نتجت الزيادة في النفقات الجارية خصوصا عن نفقات المستخدمين. بالإضافة إلى هذا، بقي معدل تغطية نفقات التسيير بإيرادات الصادرات خارج المحروقات مستقرا في 2010 (54,8٪)، بعد الانخفاض من 2006 إلى 2008.

ارتفعت في 2010، إيرادات المحروقات بـ 20,4٪، لتبلغ 66,3٪ من إجمالي إيرادات الميزانية و مغطية 64,4٪ من إجمالي نفقات الميزانية. أما بالنسبة للإيرادات خارج المحروقات، الممثلة بـ 33,6٪ من إجمالي إيرادات الميزانية، فقد ارتفعت بـ 16,5٪ (14,6٪ في 2009)، في حين بلغت الحصة النسبية للإيرادات الضريبية 87,6٪. من جهة أخرى، إذا بقيت نسبة الإيرادات خارج المحروقات/إجمالي الناتج الداخلي خارج المحروقات مستقرة في 2010 (18,7٪)، فلا ينبغي لهذا الاستقرار أن يحجب تغير هيكل الضريبة خارج المحروقات خلال السنوات 2004 – 2010. بالفعل، عرفت الاقتطاعات من المداخيل، الأجور و أرباح الشركات ارتفاعا أسرع نسبيا من الاقتطاعات من النشاط الاقتصادي (ضرائب على السلع و الخدمات و الحقوق الجمركية). رغم الزيادة الهامة في وعاء هاتين الأخيرتين.

في الإجمال، بعد تقريبا عشرية من الفوائض، سجل الرصيد الإجمالي لعمليات الخزينة عجزا للسنة الثانية على التوالي (0,9٪ من إجمالي الناتج الداخلي في 2010 و 7,1٪ في 2009). رغم هذا العجز، تعززت قدرة تمويل الخزينة في 2010، كما يشهد على ذلك قائم موارد صندوق ضبط الإيرادات الذي ارتفع بـ 526,4 مليار دينار ليبلغ 40,1٪ من إجمالي الناتج الداخلي. هذا ما يعزز قابلية استمرار المالية العامة، بغض النظر عن الزيادة في الدين العمومي الداخلي في 2010. يجب أن تكون فعالية الاستثمار العمومي من الآن فصاعدا الهدف النهائي. يجب إعطاء اهتمام خاص لتعزيز محتوى القدرات على الاستثمار.

4. ساهمت عودة الارتفاع في 2010 للموارد المتراكمة (ادخارات مالية) في صندوق ضبط الإيرادات، رغم الارتفاع القوي في نفقات الجارية للميزانية (نفقات المستخدمين و التحويلات) مقارنة لتطورهم في 2009، في التخفيف من التنقيد.

يؤكد تحليل مصادر الإنشاء النقدي في 2010 أن الموجودات الخارجية (بالعملة الصعبة) تشكل العنصر الأساسي في هذه العملية و بالتالي في تكوين الادخارات المالية للأعوان الاقتصاديين غير الماليين. وكذا قائم الموجودات الخارجية الصافية لبنك الجزائر المعبر عنه بالدينار، أي 11 854,02 مليار دينار في نهاية 2010، الذي تم تنقيده في حدود 72,4٪ (خارج التقييم). نظرا لضعف الموجودات الخارجية الصافية للبنوك، يمثل مكمل الإنشاء النقدي بالقروض الموجهة للاقتصاد (3 671,1 مليار دينار) موزعة من طرف البنوك و المؤسسات المالية. و بالتالي، مقابل مجمل أصوله، المشكلة أساسا من الموجودات الخارجية (احتياطيات الصرف)، يتمثل قائم الادخارات المالية (ودائع لدى البنوك و النقد الائتماني) للمؤسسات و الأسر (8 323,28 مليار دينار في نهاية 2010) و قائم الادخار المالي (صندوق ضبط الإيرادات و ودائع أخرى في الحساب الجاري لبنك الجزائر و البنوك) و للدولة (5 108,13 مليار دينار في نهاية 2010).

و قد ساهم، في ظرف كهذا الذي يتميز بتطور الادخار المالي، التأثير المزدوج للتعقيم من طرف الخزينة و امتصاص فائض السيولة من طرف بنك الجزائر في إرساء أقوى للاستقرار النقدي و المالي في 2010، رغم العودة إلى التوسع في الكتلة النقدية M2 (13,8٪).

بعد توسع نقدي منخفضا تاريخيا تم تسجيله في 2009 (3,1٪) تحت تأثير الصدمة الخارجية الهامة، تميزت سنة 2010 بالعودة إلى التوسع النقدي، لكن بمعدل أقل من الوتيرات العالية التي ميزت سنوات 2006 إلى 2008. بارتفاع قدر بـ 10,2٪ في 2010، ترافق استرجاع دور الموجودات الخارجية الصافية في عملية الإنشاء النقدي مع مواصلة حيوية القروض الموجهة للاقتصاد.

عكس وضعية العديد من البلدان الناشئة التي سجلت تقلصا في القروض الموجهة للاقتصاد الراجع للأزمة المالية الدولية، ارتفعت القروض الموزعة من طرف البنوك العاملة في الجزائر للمؤسسات و الأسر، مباشرة أو عن طريق الاستثمار في السندات المصدرة من طرف المؤسسات، بـ 15,6٪ في 2010 (خارج إعادة شراء القروض غير الناجعة من طرف الخزينة). توافق هذه الزيادة النمو القوي للقروض، بالمفهوم الحقيقي، خلال سنة 2010، مما يضع الجزائر في مجموعة البلدان الناشئة ذات النمو السريع للقروض. تحت تأثير النمو القوي للقروض متوسطة و طويلة الأجل، ارتفعت حصة هذه القروض إلى 59,9٪ في نهاية 2010 مقابل 57,2٪ في نهاية 2009، مما يؤكد ديناميكية التمويل طويل المدى لمشاريع الاستثمارات لا سيما عن طريق المجمعات البنكية، مساهمة بذلك في تمديد فترات نضج التمويل البنكي.

ساهمت في الجزائر، ظروف التمويل المواتية و صلابة النظام البنكي أمام الصدمة الخارجية في تعزيز دور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار؛ إذ تعززت هذه الأخيرة خلال سنة 2010، سواء على مستوى قطاع المحروقات أو في قطاعات الأنشطة الأخرى، بعد تقلص ودائع قطاع المحروقات في 2009. من المفيد الإشارة أنه في نهاية 2010، تجاوز قائم الادخار المالي للأسر و المؤسسات الخاصة قائم المؤسسات العمومية، بما فيه المتعلق بالمحروقات.

و عليه، ساهم الارتفاع الهام لودائع البنوك (تحت الطلب و لأجل بالدينار) في 2010، 12,5٪ مقابل انخفاض بـ 8,2٪ في 2009، في تعزيز أكثر لقدرة رؤوس الأموال القابلة للاقتراض التابعة للبنوك، و المرساة على موارد متزايدة، مستقرة و وضعية جيدة للسيولة. فضلا عن ذلك، يعد الفائض في السيولة موزع أكثر فأكثر على مستوى البنوك في الساحة. إلا أن هذا تسبب، في نشاط أقل ديناميكية في السوق النقدية مابين المصارف. بالفعل، بحكم أنها تتوفر على موارد مالية مستقرة و التي تسمح لها بتأدية نشاطاتها المختلفة في ظرف يتميز بضعف خطر السيولة، لم تتدخل البنوك إلا بصفة نادرة في السوق النقدية للحصول على السيولة أثناء سنة 2010، خاصة للاستجابة لأهداف تشكيل الاحتياطيات الإجبارية التنظيمية.

على الرغم من حدة فائض السيولة الهيكلية و المغذاة عن طريق الانتعاش المعتبر للنمو النقدي في 2010، ساهمت الإدارة المنسقة للسياسة النقدية من طرف بنك الجزائر، في احتواء الضغوطات التضخمية في 2010 و سمحت بالتالي بإرساء المزيد من الاستقرار النقدي. اعتمدت الإدارة الفعالة للسياسة النقدية في التخفيض الفعلي لفائض السيولة، نظرا لحجم التنقيد للموجودات الخارجية الجد متزايدة في 2010 بعد الصدمة الخارجية لـ2009. فضلا عن ذلك، إذا شكلت الاحتياطيات الحرة بالمتوسط مبلغ 63 مليار دينار في 2010، تجدر الإشارة بأن على هذا المبلغ ، تبلغ الودائع الحرة للبنوك، التي لا تتدخل في العمليات مع بنك الجزائر، 54 مليار دينار.

و عليه، و بعد التعديل في 2009 في الجهاز التنظيمي المتضمن أدوات  إدارة السياسة النقدية (استرجاعات السيولة، تسهيلات الودائع المغلة للفائدة و الاحتياطيات الإجبارية)، تميزت سنة 2010 بإصلاح الإطار القانوني في المجال أين تم اعتبار هدف التضخم كهدف نهائي للسياسة النقدية، مع الاحتفاظ بالأهداف الكمية النقدية. و هذا ما يعطي في الواقع، دورا للمجاميع النقدية و القرضية في إدارة السياسة النقدية من طرف بنك الجزائر، بينما يأخذ توقع التضخم في الأجل القصير، من الآن فصاعدا، أهمية خاصة.

أدى توقع التضخم و رقابته ببنك الجزائر إلى تطوير أداة ملائمة منذ سبتمبر 2009، أي نموذج توقع تضخم لأجل قصير يستجيب لانشغال رؤية مستقبلية، لغرض التوقع الشهري لمعدل التضخم و تطوره لأفق سنة واحدة. على سبيل المثال، لم يتعدى فارق توقع المتوسط السنوي للتضخم لنهاية سنة 2010 المنجز في سبتمبر 2010 إلا بـ0,14٪ نقطة مئوية من معدل التضخم المحقق و المحسوب من طرف الديوان الوطني للإحصائيات  لشهر ديسمبر(3,91٪). و بالتالي، بقي متوسط التضخم السنوي قريب من التوقعات قصيرة الأجل. يعد هذا المعدل للتضخم في تراجع مقارنة مع الارتفاع في الأسعار في نهاية 2009 (5,74٪) بتناغم مع هدف التضخم المحدد من قبل مجلس النقد و القرض (4٪، + أو – نقطة واحدة) بموجب سنة 2010، كهدف ضمني للسياسة النقدية.

5. تبقى مساهمة السياسة النقدية في الاستقرار المالي حاسمة في الجزائر، نظرا لهيمنة البنوك في الجهاز المصرفي الجزائري. يبقى القطاع المصرفي في 2010 صلبا، مرسى على موارد ثابتة و متزايدة ووضعية جد متينة لسيولة المصارف. إن كان نشاط البنوك يجره أساسا مقطع نشاط القروض، فإن صلابة القطاع المصرفي معتبرة على حد سوى من زاوية تطور نشاطه أو فيما يتعلق بمردود رؤوس أمواله (return on equity)  و مردود أصوله (return on assets).

تعد مؤشرات الصلابة سواء تلك المتعلقة بالمصارف العمومية أو الخاصة قريبة من تلك المسجلة في البلدان الناشئة: نسبة الملاءة مريحة ( 23,31٪ في 2010 مقابل 22,11٪ في 2009) أكثر مما ورد في توصيات بازل3، مردود هام لرؤوس الأموال ( 20,72٪ في 2010) و مردود معتبر للأصول (1,52٪)، الموافقة لأحسن النتائج المحققة في البلدان الناشئة. هامش الفائدة للمصارف في ارتفاع (63,80٪ في 2010 مقابل 57,36٪ في 2009)، بتناغم مع انخفاض الأعباء خارج الفائدة ( 39,40٪ في 2010 مقابل 49,98٪ في 2009).

 على صعيد جودة محفظة القروض، سهرت المصارف على تعزيز تسيير مخاطر القروض و المعدل الخام للديون غير الناجعة لغاية نهاية 2010 المتميزة بالانخفاض، رغم بقاء مستوى هذه الديون أعلى من المقاييس الدولية في هذا المجال. يتم تكوين المؤونات الخاصة بالديون غير الناجعة بشكل مرتفع ( 74,1٪ مقابل 68,3٪ نهاية 2009) مما يبين أن البنوك، العمومية و الخاصة، مع رفعهم لرؤوس أموالهم ، سهروا على تكوين المؤونات اللازمة .

أخيرا، عززت التدابير الجديدة المتعلقة بالنقد و القرض في أوت 2010 مهام بنك الجزائر في مجال الإشراف و الرقابة البنكية و أسندت له صلاحيات جديدة في مجال الاستقرار المالي. في هذا الإطار، عزز بنك الجزائر قدراته في مجال اختبارات الصلابة، بالموازاة مع وضع اللمسات الأخيرة لجهاز التنقيط الجديد للبنوك و المؤسسات المالية، من زاوية رقابة أفضل للمخاطر المصرفية (إشراف موجه حول المخاطر).

في الإجمال، يجب على البنك أن يتأكد من أمن و صلابة الجهاز المصرفي، كشرط مسبق لتخصيص فعال للموارد لصالح الاستثمار المنتج، نظرا لإصرار فائض الادخار على الاستثمار.

تطلعا لنمو مستدام، قائم على التنوع، و إعادة توازن هيكل الاقتصاد الوطني مع وجوب  تفضيل تطور الفلاحة و الصناعة و الخدمات المنتجة قصد تقليص التبعية للمحروقات و بالترابطا مع الإنفاق العمومي. لبلوغ النمو الممكن خارج المحروقات على المدى المتوسط، يصبح دور المصارف حاسما في مجال تمويل الاستثمارات المنتجة و الأنشطة خارج المحروقات الخالقة لفرص العمل. يجب إدراج تخصيص كهذا للموارد المالية المتاحة ضمن هدف مزدوج للتطوير المالي، أخذا بعين الاعتبار الإدراج المالي و النمو الاقتصادي القوي خارج المحروقات. يجب أن يرافق هذا، بتحسين مستمر لمناخ الاستثمارات، خاصة وأن استعمال الادخارات المالية المتاحة لدى الدولة للتمويل الذاتي لبرنامج الاستثمارات العمومية (نفقات التجهيز) تسمح بالوقاية من أي أثر الإقصاء.

 

 

 

INTERNATIONAL MONETARY AND FINANCIAL COMMITTEE
Twenty-Third Meeting - April 16, 2011
 

Statement by the Hon. Mohammed LAKSACI
Governor of the Bank of Algeria
to the International Monetary and Financial Committee

Speaking on behalf of Afghanistan, Algeria, Ghana, Islamic Republic of Iran, Morocco, Pakistan, and Tunisia

Saturday April 16, 2011

Since our last meeting, the global economy has continued to recover and financial stability has improved, in line with earlier expectations.  However, the recovery remains fragile and uneven, with strong growth in many emerging market and developing economies (EMDCs) and still sluggish growth performance and high unemployment in advanced economies (AEs).  Moreover, the global outlook continues to be threatened by serious vulnerabilities in many advanced economies, including weak sovereign, households, and financial balance sheets and depressed real estate market.  The sovereign debt crisis in some Euro area countries, the surge in energy and commodity prices, the recent catastrophes in Japan, and developments in some countries in the Middle East and North Africa have added to these uncertainties.  In some EMDCs, signs of overheating, including as a result of large capital inflows, are also a source of potential risks.

Against this background, continued international cooperation and coordinated policies, which have been crucial in the early stages of the global economic and financial crisis, remain essential, particularly among systemic countries, to forcefully address these risks and support sustained and balanced growth and job creation.  Fiscal consolidation in many AEs anchored in clear and credible medium-term frameworks is crucial for putting public finances on a sound footing and reducing the high public debt.  Decisive progress must be achieved to strengthen the still fragile financial system in Aes.  Implementation of the recent agreement on capital and liquidity buffers (Basel III) needs to be stepped up and substantial progress made in strengthening the regulatory and supervisory framework to address the issue of toobig-to fail and cross-border financial institutions and to include the shadow banking system and in supporting the recovery of the real estate sector. It is also essential to strengthen productivity and growth potential in the private sector through structural reforms so as to enable the withdrawal of accommodative policies and facilitate the fiscal consolidation process.

While the recent events in the Middle-East and North Africa are likely to have a negative impact on short-term growth prospects in the region, strong fundamentals in many countries should allow for a rapid resumption of growth as orderly conditions are restored, with a key challenge being to ensure sustained job creation to absorb the high unemployment, particularly among the youth.  Adequate support from the international community to affected countries would hep expedite the restoration of normal economic and social conditions and ease the financial burden of the growth-and-employment-accelerating programs.

We are encouraged by the robust growth in Sub-Saharan Africa, underpinned by strong domestic demand, continued terms-of-trade gains, and sound macroeconomic policies.  Concerted actions are needed, including from the Fund, to help many of these and other developing countries cope with the fiscal and balance of payments burden of the recent surge in food and energy prices and its impact on the poorest segments of the populations.

Strengthened assistance from the international community remains essential to support Low-Income Countries (LICs) in meeting the MDGs and other developmental needs, and in this regard, we support the use of a significant part of the windfall profits from gold sales to strengthen the Fund’s concessional financing resources.

The role of the IMF in promoting continued international cooperation and policy coordination is central.  More effective and candid surveillance over advanced economies, strengthened multilateral surveillance, and greater focus on regional and global spillover effects of systemic economies would serve this objective well, and we look forward to sustained progress in this regard in light of the lessons from the very helpful IEO’s evaluation of IMF performance in the run-up to the financial and economic crisis.  We also look forward to the upcoming Board discussion of the Triennial Surveillance Review and Review of the 2001 Surveillance Decision.

Addressing the risks associated with large and volatile capital flows is key to global financial stability, and we are encouraged by the ongoing work on membrers” experience with these flows.  We look forward to further work toward developing a comprehensive approach in this regard, taking into account a broader range of country experiences and the diversity of policies affecting the flows both in capital receiving and capital originating countries, while giving due regard to country-specific conditions.  In this regard, the outcome of this work should only help inform staff in their advice to members and should no be part of surveillance.  It is indeed crucial to maintain national policymakers’ flexibility in adopting the policies and tools most adapted to their countries’ circumstances.

We see merit in exploring options to strengthen the role of the SDR in the International Monetary System, including through regular allocations, and to broaden the set of international reserve currencies, and we encourage further work on the issues.  We look forward to further progress in advancing the governance reform agenda, including agreement on a revised quota formula that better reflects developing countries’ vulnerabilities an needs, an open and transparent selection process of the Managing Director regardless of nationality, and more forceful efforts in addressing diversity issues, including the severe underrepresentation of the MENA region in Fund staff.

 

 

 

تدخل محافظ بنك الجزائر الدكتور محمد لكصاسي
أمام
المجلـس الشعبي الوطني

تطورات الوضعية المالية والنقدية

في الجزائر

1. فيما يخص الأزمة المالية الدولية

تطورت الإضطرابات المالية التي ظهرت اعتبارا من منتصف 2007، على إثر أزمة القروض الرهنية عالية المخاطرة في الولايات المتحدة، بحدة أكبر خلال سنة 2008، وأفضت إلى حدوث الأزمة المصرفية والمالية الأخطر منذ الكساد العظيم في سنوات 1930. على الرغم من تدخل البنوك المركزية، في إطار وظيفتها كملجأ أخير للإقراض، طبعت توترات متزايدة تطور القطاع المالي اعتبارا من أوت 2007. يعرف النظام المالي المعاصر ذي التعقيد الشديد منذ ذلك الحين تسلسل حالات حرجة من الخلل.

أصبح انتقال آثار الأزمة المالية الدولية إلى الأنظمة المصرفية والمالية للدول الناشئة والدول النامية، خاصة بسبب التعرض القوي لأنظمتها المصرفية إلى الأسواق المالية الدولية، جليا اعتبارا من أكتوبر 2008.

1.1. الأزمة المالية في الاقتصاديات المتقدمة: أسبابها وفترات تطورها

تعتبر الاختلالات المتواصلة في المدفوعات الجارية الخارجية، التي يترجمها الفائض في ميزان المدفوعات الجارية للدول الناشئة، لاسيما الصين وبعض دول الشرق الأوسط، والعُجوز في المدفوعات الجارية لبعض الدول المصنعة من بينها الولايات المتحدة، واحدة من بين الأسباب الاقتصادية الكلية للأزمة المالية.

يشكل المستوى المنخفض في معدلات الفائدة في الدول المصنعة، في ظل ظرف تميز بالحفاظ على معدلات الفائدة الحقيقية قصيرة الأجل في مستوى متدني بشكل استثنائي، السبب الاقتصادي الكلي الثاني للأزمة المالية. نتج عن ذلك انفجار في القرض في العديد من الدول المصنعة وبعض الدول الناشئة. وإذا كانت مديونية المؤسسات قد ارتفعت بقوة، بين 2005 و2008، نسبة إلى إجمالي الناتج الداخلي، فقد كانت مديونية الأسر أيضا متزايدة، في الوقت الذي تصاعدت فيه أسعار الأصول المالية.

من بين الأسباب الاقتصادية الجزئية للأزمة، يعتبر من المفيد أن نذكر أثر الرافعة، وأنظمة الأجور وحوافز وكالات التنقيط، والنقائص في تقنيات تقدير الخطر وتقييمه وتسييره وثغرات الترتيبات التنظيمية والتي تشكل عناصر خلل سمحت للنظام المالي بتحقيق عوائد مرتفعة وقد تم ذلك في وقت مبكر جدا، دون إعطاء اعتبار كافي للمخاطر المأخوذة.

يحدد بنك التسويات الدولية في هذا المجال خمسة مراحل للأزمة الراهنة، التي ظهرت أولا في شكل أزمة سيولة في أوت 2007، ونشأت عن التقلبات، التي بدأت بالحدوث اعتبارا من جوان 2007، والمرتبطة بالقروض الرهنية عالية المخاطرة.

خلال المرحلة الأولى للأزمة المالية (جوان 2007 – منتصف مارس 2008)، تحول انهيار سوق القروض الرهنية عالية المخاطرة في الولايات المتحدة وخسائر القروض الخطرة ذات الصلة إلى أزمة سيولة اعتبارا من 9 أوت 2007، عكستها التقلبات الحادة في الأسواق النقدية بين المصارف (تضاؤل الأحجام المتداولة، تزايد التقلبات، ...) في الدول المتقدمة. وأدى توالي تدهورات الأصول والخسائر المسجلة، على إثر تنامي الديون غير الناجعة خصوصا العجز عن السداد في حالة القروض الرهنية عالية المخاطرة، إلى تآكل ملاءة المؤسسات المالية ذات الصف الأول من بينها كبريات بنوك الاستثمار التي تركز لديها مخاطر قرض مورقة. وقد أدى ذلك إلى إضعاف النظام المالي بشكل جدي وأفضى إلى انهيار أسعار السوق للأصول المالية.  

خلال الفترة الثانية للأزمة المالية (منتصف مارس – منتصف سبتمبر 2008)، تعرضت أسعار الأصول المالية، لاسيما أسعار أسهم المصارف وميزانياتها، إلى ضغوط متزايدة بالرغم من شراء بنك Bear Stearns، مع ظهور مؤشرات تباطؤ النشاط الاقتصادي، بل ومؤشرات الركود في الولايات المتحدة. وفي الوقت الذي لا تزال فيه مشكلة إعادة تمويل المصارف وخطر المقابل متواصلين في الأسواق النقدية فقد برزت ملاءة المصارف كانشغال اعتبارا من جوان 2008. وهو الأمر الذي بين عدم كفاية خططها في مجال إعادة الرسملة أمام حدة الأزمة المالية.

شهدت المصارف سقوطا في نتائجها في 2008، تبعا لتزايد حدة تدهورات الأصول اعتبارا من مارس 2008 والخسائر المسجلة على مستوى المحفظات (الأوراق المالية) المقيمة بأسعار السوق. بالفعل، سجلت المصارف في الولايات المتحدة، في 2008، أرباحا قبل اقتطاع الضرائب تقل بنصف مقارنة مع الأرباح المحققة في سنة 2007؛ حيث نجد في هذا المجال أن ثلث المصارف قد أعلن عن خسائر في الثلاثي الرابع من 2008. في أوربا، عرفت أرباح المصارف انخفاضا شاملا وعاما في 2008.

أفضى إفلاس Lehman Brothers، منتصف سبتمبر 2008، إلى فقدان شامل وسريع للثقة، بالنظر إلى حجم مخاطر العجز عن السداد واعتبارا للدور الذي كانت تلعبه هذه المؤسسة في الأسواق المالية الدولية، والذي انتقل مفعوله بشكل سريع عبر الأسواق والدول. تعتبر أزمة الثقة هذه سمة بارزة للمرحلة الثالثة من مراحل الأزمة المالية (منتصف سبتمبر إلى نهاية أكتوبر 2008). يعبر هذا الإفلاس عن مثال ذي دلالة فيما يخص الطبيعة العالمية للأزمة، مع انفجار في خطر المقابل. دفع فقدان الثقة في استقرار المصارف بالسلطات العمومية، في المزيد من الدول، إلى اتخاذ تدابير دعم في سبتمبر-أكتوبر 2008، إلى أن تحول ذلك إلى مقاربة شاملة ومنسقة في هذا المجال.

إن الأزمة هي بتلك الحدة التي استدعت تدخلات عمومية (الخزينة) لدعم تمويل المصارف ودعم أموالها الخاصة، وذلك فضلا عن ضخ كبير للسيولة قامت به البنوك المركزية التي عملت أيضا على تعديل أطرها الخاصة بالسياسة النقدية. في إطار خطط إنقاذ أنظمتها المالية، قامت حكومات العديد من الدول المتقدمة بضمان إعادة تمويل المصارف، حتى تكون قادرة بدورها على تمويل الاقتصاد بشكل لائق، كما تم دعمها عن طريق إعادة رسملتها (رفع رأس مالها). تتضمن خطط إنقاذ كبريات المؤسسات المالية التي قامت السلطات العمومية بوضعها انطلاقا من تزايد حدة الأزمة في: ضمان الودائع، الحد من البيع بالمكشوف، حقن رأس المال، ضمان الدين، تأمين الأصول، شراء الأصول والتأميم.

وإذا كان الدعم المالي الذي قدمته الدول لبعض المصارف الكبرى العاملة على المستوى الدولي قد قلصت من المخاطر المالية المؤسسية، فإن تدهور شروط القرض لا تزال متواصلة لكي تمتد إلى تشكيلة واسعة من الأسواق، وهو ما قاد صندوق النقد الدولي إلى مراجعة تقديرات الخسائر، المرتبطة بتدهور أصول القروض، نحو الارتفاع (أكثر من 2000 مليار دولار مقابل 1400 مليار دولار سابقا)، الآتية من الولايات المتحدة، والتي تحوزها المصارف.

اعتبارا من نهاية أكتوبر 2008، تاريخ بدأ المرحلة الرابعة للأزمة، أظهر تزايد حدة الأزمة المالية وامتدادها إلى الدول الناشئة مخاوف تتعلق بالركود. ومع مثل هذه الحدة في الأزمة، تبين معظم معطيات الثلاثي الرابع 2008 أن الاقتصاد العالمي يعرف تباطؤا واضحا في النمو (3,1% في 2008 مقابل 5,1% في 2007)، بعد أربع سنوات من التوسع. حيث سجلت الاقتصاديات المصنعة نموا بنسبة 0,8% فقط في 2008، مع تباطؤ بارز في النشاط الاقتصادي في الولايات المتحدة (1,1% في 2008 مقابل 2% في 2007) كما في أوربا (0,8% في 2008 مقابل 2,7% في 2007) مسببا ارتفاعا جوهريا في معدلات البطالة. وهكذا تميز الثلاثي الرابع من سنة 2008 بدخول كبريات الاقتصاديات المتقدمة في الركود.

مع أزمة الثقة التي اندلعت في سبتمبر – أكتوبر 2008 وتزايد حدة الأزمة المالية اعتبارا من نهاية أكتوبر 2008، تعرض مجمل النظام المالي الدولي إلى حالة من الاهتزاز. أدى التدهور بالغ الحدة في شروط القرض (اشتداد شروط الأموال القابلة للإقراض وسقوطها الحر) مرة أخرى بصندوق النقد الدولي إلى مراجعة تقديراته بتدهورات أصول المصارف المرتبطة بالمخاطر على المستوى الإجمالي، أي 3000 مليار دولار، في الوقت الذي اعترفت فيه المصارف الدولية بأقل من الثلث فقط. وهو ما يتطلب المزيد من رؤوس الأموال بالنسبة للمصارف.

أمام تزايد حدة الأزمة المالية الدولية اعتبارا من سبتمبر 2008، وذلك في ظرف تميز بتراجع التضخم في السداسي الثاني بعد التضخم الزاحف الذي سجل في السداسي الأول، قامت ستة بنوك مركزية منذ بداية أكتوبر 2008 باتخاذ خطوات منسقة من الانفراج النقدي عن طريق تخفيض سريع في معدلاتها الرئيسية. إضافة إلى ذلك، اختار كل من الاحتياطي الفيدرالي الأمريكي وبنك اليابان، في منتصف ديسمبر 2008، سياسة معدل الفائدة الصفري أو شبه المنعدم، وذلك بتخفيض معدليهما الرئيسيين ضمن مجال يتراوح بين 0 و0,25% ثم 0,10%. للتذكير، كان معدل الفائدة الرئيسي للاحتياطي الفيدرالي الأمريكي يساوي 4,25% في نهاية 2007. كما خَفضَّ البنك المركزي الأوربي معدل فائدته الرئيسي إلى غاية 2% في نهاية 2008 مقابل 4% نهاية 2007.

وإذا كانت تدخلات السلطات العمومية والبنوك المركزية في جميع أنحاء العالم قد سمحت بتثبيت الوضع المالي للمصارف وتخفيف التوترات المالية، في ظرف تميز بتراجع المخاطر المؤسسية، من المهم الإشارة أن النظام المالي الدولي لا يزال هشا في السداسي الأول من سنة 2009.

2.1. أثر الأزمة المالية الدولية على الدول الناشئة

إن الانتشار السريع لآثار الأزمة المالية الدولية اعتبارا من أكتوبر 2008، الذي تبع تزايد حدتها، قد مس بشكل حاد العديد من الدول الناشئة خصوصا عبر التراجع الفجائي في دخول رؤوس الأموال في ظل ظرف يتميز بانهيار أسعار المنتجات الأساسية. إضافة إلى ذلك، أدى تآكل الطلب على سلع الاستهلاك المعمرة في الدول المصنعة إلى هبوط صادرات الدول الناشئة، وذلك بوتيرة تتكون من رقمين في الثلاثي الرابع 2008.

إن التوترات الحادة في الأسواق المالية والنقدية وأسواق الصرف التي ميزت الثلاثي الرابع من سنة 2008 أدت إلى حدوث عدوى في الدول الناشئة، لاسيما تلك التي يوجد لقطاعها المصرفي تعرض قوي للأسواق المالية الدولية.

إن الانتشار السريع لآثار الأزمة المالية، مع تزايد حدتها اعتبارا من أكتوبر 2008، قد أظهر بسرعة مشاكل التمويلات الخارجية للعديد من الدول الناشئة. بالفعل، تعاني الدول الناشئة التي تظهر عُجوزٌ قوية في حساباتها الجارية الخارجية، مع أعوان اقتصاديين لديهم تعرض قوي إلى خطر الصرف، بشكل متزايد من وضعية الصدمة الخارجية الفجائية (وهي صدمة فجائية تأتي من التدهور الصافي في وضعية المصارف الدولية والأسواق المالية، Sudden stop)، والتي تترجم بواسطة اشتداد شروط التمويل الخارجي والمصاعب المتزايدة في مجال التمويلات الخارجية في ظل ظرف يتميز بخروج كثيف في رؤوس الأموال. عرف بعض هذه الدول بسرعة أزمة على مستوى ميزان المدفوعات الخارجية (عجز خارجي وما يرتبط به من انخفاض في احتياطيات الصرف) والتي كان عليها اللجوء، اعتبارا من أكتوبر 2008، إلى التمويلات الاستثنائية لصندوق النقد الدولي. قامت هذه المؤسسة المالية متعددة الأطراف بوضع "تسهيلة السيولة قصيرة الأجل" في نهاية أكتوبر 2008، تسمح بسحب سريع يصل إلى غاية 500% من الحصة، لفائدة الدول الأعضاء التي لها سياسات اقتصادية متينة، ولكن تجد نفسها في مواجهة مشاكل سيولة في الأسواق العالمية لرأس المال. إن التدهور الواضح في بيئة تدفقات رأس المال، الذي أصبح جليا بشكل متزايد في الثلاثي الرابع من سنة 2008 جعل بعض الدول الناشئة (المجر، أوكرانيا، باكستان، صربيا وليتونيا) تنهي السنة تحت برنامج صندوق النقد الدولي.

في نفس الوقت الذي تم فيه إدخال "تسهيلة السيولة قصيرة الأجل" من طرف صندوق النقد الدولي، تم وضع وسائل التزويد بالسيولة (المقايضة المؤقتة للعملات الصعبة، Swaps) من طرف البنوك المركزية في الدول المتقدمة لفائدة بعض البنوك المركزية في الدول الناشئة (البرازيل، كوريا، المكسيك وسنغافورة)، وهي عبارة عن تمويلات قصيرة الأجل.

على الرغم من الأهمية المتزايدة لاحتياجات التمويل الخارجية للدول الناشئة خاصة بعنوان خدمة الدين الخارجي قصير الأجل الكبيرة، بقيت تدفقات التمويل الصافية المتأتية من القطاع الرسمي (المؤسسات المالية الدولية والجهوية، البنوك المركزية، التمويلات ثنائية الأطراف) ضعيفة في 2008 (40 مليار دولار)، وذلك حسب تقديرات معهد المالية الدولية الذي يغطي 28 بلدا ناشئا. وقد زاد ذلك من تفاقم مشاكل التمويل الخارجي للدول الناشئة التي تأثرت بشكل كبير بالأزمة المالية الدولية.

بعد مستوى قياسي للدخول الفجائي في رؤوس الأموال المتأتية من القطاع الخاص (بما في ذلك المصارف) نحو الدول الناشئة والذي قدر بنسبة 10,7% من إجمالي ناتجها الداخلي المجمع في 2007، عرفت سنة 2008 تقلصا جوهريا في هذا المجال. حيث تقدر هذه النسبة في 2008 عند 3,5% فقط. وإذا كان الدخول في رؤوس الأموال الإجمالية قد حافظ نسبيا على وتيرته في السداسي الأول من سنة 2008، فقد تميز السداسي الثاني بتقلب وجهة تدفق رؤوس الأموال. وهكذا فإن العنصرين الأساسيين اللذين تحملا هذا الانقلاب هما استثمارات المحفظة والقروض المصرفية العابرة للحدود. فيما يتعلق بالقروض المصرفية العابرة للحدود على الخصوص، تسارع الانقلاب في وجهة التدفق في الثلاثي الرابع من سنة 2008 حيث قلصت المصارف الدولية قروضها إلى الاقتصاديات الناشئة بمبلغ 205 مليار دولار وذلك حسب معطيات بنك التسويات الدولية.

في مثل هذا الظرف المتميز بالصدمة الخارجية الفجائية (Sudden stop)، من المفيد التذكير أن بعض الدول الناشئة في آسيا قد شهدت ارتفاعا مستمرا في ادخارها بين نهاية الأزمة الآسيوية (1999) وبداية الأزمة الحالية (منتصف 2007). بالفعل، راكمت بعض الدول الناشئة في آسيا، بعد الأزمة الآسيوية، احتياطيات صرف كبيرة خاصة من أجل مواجهة عمليات خروج مفاجئة محتملة لرؤوس الأموال من النوع الذي لوحظ خلال الأزمة الآسيوية.

في ظل هذا الظرف المتميز بالأزمة المالية الدولية الخطيرة، التي أدت إلى تدهور سريع في النمو العالمي والذي رافق ركودا متزامنا على مستوى الاقتصاديات المتقدمة في الثلاثي الرابع من سنة 2008، عرفت الدول الناشئة والدول النامية تباطؤا في نموها في 2008. هكذا وصل انتشار آثار الركود في الاقتصاديات المتقدمة إلى الدول الناشئة والدول النامية في السداسي الأول من سنة 2009، وهو ما دفع بعض الدول الناشئة خصوصا في آسيا إلى وضع خطط للإنعاش تتمحور حول الطلب الداخلي.

يعرف الكثير من الدول الناشئة والدول النامية، لاسيما تلك التي تعاني من عُجوز جارية خارجية كبيرة، تفاقما في مصاعبها في مجال التمويل الخارجي في السداسي الأول من سنة 2009.

قصد المساهمة في تمويلات ميزان المدفوعات للكثير من الدول الأعضاء التي تعاني من مصاعب في مجال التمويلات الخارجية، قام صندوق النقدي الدولي في مارس 2009 بإدخال إصلاحات على وسائله في مجال القرض، لاسيما تلك المتعلقة بخط القرض المرن الجديد.

2. تطور الاقتصاد الوطني في 2008: الاتجاهات الرئيسية الاقتصادية الكلية والنقدية

تكشف الاتجاهات الرئيسية النقدية والمالية، التي ميزت تطور الاقتصاد الوطني خلال سنة 2008، عن درجة المقاومة التي أبدتها الوضعية المالية الخارجية للجزائر، وذلك في ظرف تميز بتزايد حدة الأزمة المالية الدولية.

بعد العودة إلى استقرار الاقتصاد الكلي في سنة 2000، كانت الأداءات الاقتصادية والمالية للجزائر بين 2001 و2008 مدعمة، كما تشهد على ذلك الأداءات القوية للنمو الاقتصادي خارج المحروقات، الذي تجره برامج الإنعاش ودعم النمو. كما كانت الأداءات المالية الكلية للجزائر من جانبها جد متميزة.

عرفت الجزائر تسع سنوات من التحسن في وضعيتها المالية الخارجية وتزايد تعزيزها، مثمنة على مكاسب استقرار الاقتصاد الكلي. إذا كان ميزان المدفوعات الجارية خلال الفترة من 2000 إلى 2008 فائضا، فإنه من الجدير الإشارة إلى أن احتياطيات الصرف قد ارتفعت بقوة خلال السنوات الأربعة الأخيرة. على الخصوص، بلغت احتياطيات الصرف الرسمية، خلال السنوات الثلاثة الماضية، مستوى يعادل تغطية ثلاث سنوات من واردات السلع والخدمات، وهو ما يعني مستوى أعلى من المستوى الأمثلي.

بينت دراستان قام بهما بنك الجزائر في 2007 و2008 لتحديد المستوى الأمثل لاحتياطيات الصرف الضرورية لمواجهة أثر الصدمة الخارجية المفاجئة المحتملة أن المستوى الأمثل لاحتياطيات الصرف قد تم بلوغه من طرف الجزائر ابتداء من سنة 2001.

بعد ثماني سنوات من تسيير اقتصاد كلي سليم في الجزائر، تميزت سنة 2008 بتحقيق أداءات مالية تاريخية كما تشهد على ذلك بشكل خاص الصلابة المميزة للوضعية المالية الخارجية الصافية. تحققت الأداءات المالية لسنة 2008 في ظرف يتميز بأزمة مالية واقتصادية دولية خطيرة. إضافة إلى ذلك، شهد الثلاثي الرابع من سنة 2008 ركودا متزامنا على مستوى الاقتصاديات المتقدمة وامتداد الآثار السلبية لهذه الأزمة المالية إلى الدول الناشئة والدول النامية.

خلال سنة 2008، المتميزة بتزايد حدة الأزمة المالية، واصلت الجزائر أداءاتها الاقتصادية الجيدة. بغض النظر عن الركود في قطاع المحروقات، الذي سجل سنته الثالثة على التوالي من انخفاض القيمة المضافة، والنتائج السلبية للفلاحة، فقد نما إجمالي الناتج الداخلي بفضل حيوية قطاعات البناء والأشغال العمومية، والصناعة والخدمات. كان النمو خارج المحروقات، الذي يجره برنامج الاستثمارات العمومية، يفوق 6% للسنة الثانية على التوالي، بينما بقي التضخم تحت السيطرة (4,4% على أساس متوسط سنوي مقابل 3,5% في 2007)، وذلك بالرغم من ظرف التضخم المستورد المتصل بقفزة التضخم على المستوى العالمي.

بغض النظر عن القفزة في واردات السلع والخدمات، سجلت سنة 2008 فائضا في الحساب الجاري الخارجي فاق 20% من إجمالي الناتج الداخلي. على الخصوص، شهدت هذه السنة تراكما لاحتياطيات الصرف الرسمية ومستوى قياسيا لها فضلا عن مستوى متدني للدين الخارجي متوسط وطويل الأجل (2,5% من إجمالي الناتج الداخلي) ونسبة ضعيفة لخدمة الدين الخارجي (1% من صادرات السلع والخدمات). وهو ما سمح للاقتصاد الجزائري بأن يظهر مقاومة أمام الأزمة المالية الدولية الخطيرة. كذلك، سمح استقرار معدل الصرف الفعلي الحقيقي للدينار، المُرسى على تعزيز مميز للوضعية المالية الخارجية الصافية في سنة 2008، بالتخفيف الجوهري من أثر الصدمة الخارجية ذات الصلة بالتضخم المستورد.

وإذا كان ميزان المدفوعات الجارية قد تعرض لصدمة خارجية ذات صلة بانخفاض أسعار المحروقات، في الثلاثي الرابع من سنة 2008، فقد تميزت سنة 2008 أيضا بتوازن ميزان رأس المال. يتعلق الأمر بأداء معتبر جدا في هذا الظرف الحالي المتميز بأزمة مالية دولية خطيرة، حيث يعبر عدد متزايد من الدول الناشئة والدول النامية عن حاجات هامة للتمويلات الخارجية، ظهرت وتغذت بفعل وضعية الصدمة الخارجية المفاجئة (صدمة مفاجئة تأتت من التدهور الواضح في وضعية المصارف الدولية والأسواق المالية). وعليه، ذُكِرت الجزائر بين عدد محدود من الدول الناشئة والدول النامية ذات الهشاشة الضعيفة، وهي وضعية مرساة على الصلابة المميزة وسلامة الوضعية المالية الخارجية الصافية على المدى المتوسط.

استطاعت الخزينة العمومية، في ظرف تميز بتحسن وضعية المالية العمومية، التي تظهر فائضا إجماليا نهائيا يساوي 8,2% من إجمالي الناتج الداخلي في 2008، أن تُراكِمَ المزيد من الموارد على مستوى صندوق ضبط الإيرادات (صندوق ضبط): 4280,1 مليار دينار في نهاية 2008. بالنظر إلى أهمية موارد صندوق ضبط الإيرادات، ساهم الاستمرار في برنامج الاستثمارات العمومية، بمعنى الجهد المتواصل لاستثمار الدولة، في تحقيق الأداء الجيد للقطاعات خارج المحروقات، الذي يعتبر القاعدة التي يرسى عليها التنويع الضروري للاقتصاد الوطني.

ساهمت عناصر الإنقاذ هذه التي تعتبر عوامل داخلية ضمن فضاء التسيير السليم للاقتصاد الكلي(Buffers)، في ظل ظرف يتميز بتسيير حذر لاحتياطيات الصرف الرسمية من طرف بنك الجزائر، في الحد بشكل واسع من خطر العدوى المالية الصرفة على القطاع المصرفي الجزائري.

لذا، وقصد احتواء كل خطر للعدوى المالية الصرفة، قام مجلس النقد والقرض وبنك الجزائر، بشكل متناغم مع القرارات التي اتخذتها السلطات العمومية، في الثلاثي الرابع من سنة 2008، بتدابير إضافية، لاسيما في المجالات التالية:

-       الزيادة الجوهرية في متطلبات رأس المال الأدنى للمصارف والمؤسسات المالية؛

-       تدعيم أدوات التقارير المالية للمصارف والمؤسسات المالية من طرف بنك الجزائر، وهو ما يسمح بتحسين متزايد للإشراف على القطاع المصرفي؛

-       تدقيق اختبارات المقاومة بشكل مستمر من طرف بنك الجزائر؛

-       تكثيف متابعة تطور المخاطر المصرفية من طرف بنك الجزائر، لاسيما في مجال تركز مخاطر القرض، للتأكد من تنمية قروض سليمة للاقتصاد.

يهدف هذا الأمر إلى تعزيز الاستقرار المالي للجزائر بشكل أكبر؛ حيث يبرز ضبط النظام المالي كأولوية على الصعيد العالمي.

سمحت السيولة الواسعة للمصارف بمواصلة التوسع في القرض للاقتصاد في 2008، لاسيما لتمويل الاستثمارات المنتجة. في مجموع القروض الموزعة من طرف المصارف والمؤسسات المالية، صافية من الديون المعاد شراؤها من طرف الخزينة، زادت حصة القروض متوسطة وطويلة الأجل، أي 55,6% في نهاية 2008 مقابل 54,3% في نهاية 2007. تبقى القروض الممنوحة للمؤسسات الخاصة والأسر أكثر أهمية (54%) من تلك الموزعة للمؤسسات العمومية (46%). استفادت المشاريع الكبرى لاستثمار المؤسسات العمومية في قطاعات الطاقة والماء من التمويلات الممنوحة من طرف المصارف العمومية. من جانبها، نمت القروض الرهنية بنسبة 16,5% في 2008، منتقلة من 109 مليار دينار في نهاية 2007 إلى 127 مليار دينار في نهاية 2008.

ترافق الجهد المتواصل للصيرفة وتحديث النظام المصرفي مع تحسن محسوس في صلابة النظام المصرفي في 2008، لاسيما فيما يتعلق بالمردودية والملاءة، وهو ما يشهد على مقاومة القطاع المصرفي في الجزائر أمام الأزمة المالية الدولية الخطيرة.

قصد السماح للمصارف بتحسين أكبر لتسيير مخاطر القروض، شرع بنك الجزائر في 2008، بعدما ساهم بنشاط في تحديث أنظمة الدفع - حيث يعتبر المالك والمسير لنظام المدفوعات الإجمالية للمبالغ الكبيرة والمدفوعات المستعجلة -، في إنجاز مركزية جديدة للمخاطر. سوف تكون هذه الأخيرة أكثر كفاءة، حيث تشمل على وظائف تشغيلية أكثر اتساعا من تلك الموجودة في المركزية الحالية، مع قسم يجمع كل القروض الممنوحة للأسر.

في مجال الإشراف، وإضافة إلى عمليات الرقابة بعين المكان وعلى أساس المستندات التقليدية التي زادت كثافتهما، قامت مهمات التفتيش التي يقودها بنك الجزائر بتقييم جهاز مكافحة تبييض الأموال وتمويل الإرهاب على مستوى خمسة مصارف ومؤسسات مالية، شكلت موضوعا لرقابة شاملة. إضافة إلى ذلك، تم إنجاز عملية رقابة اختبارية شاملة على مستوى بنك آخر. فضلا عن ذلك، فقد تم توسيع عمليات الرقابة البعدية على الصرف بشكل كبير في سنة 2008، مدعمة بالتالي عمليات الرقابة على أساس المستندات في هذا المجال والتي تعتبر عمليا عمليات رقابة دائمة.

حافظ بنك الجزائر، أمام فائض السيولة في النظام المصرفي الذي أصبح هيكليا، على نفس المستوى من التدخل في السوق النقدية بواسطة استرجاع السيولة ذات فترات نضج لسبعة أيام وثلاثة أشهر، مقارنة مع السداسي الثاني من سنة 2007. وإذا كان هدف التضخم عند 3% في المدى المتوسط قد تم الاحتفاظ به كهدف نهائي، فقد حدد مجلس النقد والقرض مجالا مستهدفا يتراوح بين 3% و4% بالنسبة لسنة 2008 وذلك بسبب وجود خطر ارتفاع التضخم المستورد.

قام بنك الجزائر في سنة 2008 بإدارة السياسة النقدية أساسا بواسطة وسائل استرجاع السيولة وتسهيلة الودائع المغلة للفائدة، مع تأكيد خاص على مجموع القاعدة النقدية كهدف عملياتي. سمح هذا الأمر بامتصاص فائض السيولة في السوق النقدية بشكل فعلي والتحكم في التضخم، مدعما بذلك الاستقرار النقدي بشكل أكبر، لاسيما وأن التوسع النقدي في 2008 (16%) قد تم احتواؤه بل كان دون الهدف الأقصى (27%) المحدد من طرف مجلس النقد والقرض. يمثل معدل النمو النقدي المسجل في سنة 2008 انخفاضا مقارنة مع الميل التصاعدي المسجل في سنوات 2005-2007. تجدر الإشارة إلى أن الاستقرار النقدي في الجزائر يمثل في نفس الوقت مكسبا وركن الاستقرار المالي المدعم.

3. تطور النظام المصرفي في الجزائر وأداءاته

يتحسن مستوى صيرفة الاقتصاد الوطني تدريجيا سواء بالنظر إلى تكثيف شبكة وكالات المصارف العمومية والخاصة (1301 وكالة في نهاية 2008) أو عبر عدد الحسابات المفتوحة لفائدة الزبائن (1,7 حساب لكل فرد في سن العمل).

ما فتئ مستوى الوساطة المصرفية يتحسن سواء من زاوية نسبة الودائع (خارج ودائع سوناطرك)/إجمالي الناتج الداخلي خارج المحروقات (64,7% في 2008 مقابل 62,6% في 2007) أو من زاوية نسبة توزيع القرض/إجمالي الناتج الداخلي خارج المحروقات (44,7% في 2008 مقابل 43,1% في 2007).

1.3. عرف نشاط المصارف في جمع الموارد تطورا معتبرا في 2008، على الرغم من أنه تم بدرجة أخف من تلك المسجلة في سنة 2007. بالفعل، زادت الودائع الملتقطة (ودائع تحت الطلب، ودائع لأجل والودائع السابقة للاستيراد) بنسبة 14,3% في 2008 مقابل 28,5% في 2007. توجد حصة المصارف الخاصة في سوق الموارد في حالة ارتفاع طفيف منتقلة من 6,9% في نهاية 2007 إلى 7,8% في نهاية 2008.

يبين تطور هيكل وسائل عمل المصارف خلال السنوات الثلاثة الماضية الأهمية النسبية والمتزايدة للودائع تحت الطلب، مقارنة مع المجموع الكلي للودائع، حيث بلغت 57% في سنة 2008 مقابل 56,7% في 2007 و49,8% فقط في نهاية 2006. يفسر هذا التطور بواسطة الميل التصاعدي للودائع تحت الطلب للمؤسسة الوطنية سوناطراك.

عندما نأخذ بعين الاعتبار ودائع سوناطراك التي نمت بشكل كبير في السنوات الأخيرة (729,9 مليار دينار في نهاية 2006، و1261,9 مليار دينار في نهاية 2007 و1301,6 مليار دينار في نهاية 2008)، مرسخة قدرة ادخاراتها المالية، نجد أن حصة الودائع الملتقطة لدى القطاع العمومي (51,7% من قائم الودائع في نهاية 2008) قد تجاوزت حصة الودائع الملتقطة لدى المؤسسات الخاصة والأسر. على العكس، كانت حصة الودائع الملتقطة لدى المؤسسات الخاصة والأسر أكثر أهمية في 2006 وبشكل خاص في 2005 (57,7%).

باعتبارها مرساة على وسائل عمل متزايدة وموارد مستقرة، يعرف توزيع القروض تطورا معتبرا، حيث تنمو القروض للاقتصاد بنسبة 18,6% في 2008 مقابل 15,7% في 2007، ارتفعت القروض الموزعة من طرف المصارف الخاصة بوتيرة أعلى بشكل طفيف في سنة 2008 (12,5%) مقارنة مع ما تم تسجيله في سنة 2007 (11,5%). تلعب المصارف العمومية، التي تضمن تمويل المؤسسات العمومية والتي تتدخل بنشاط أيضا في توزيع القروض إلى القطاع الخاص (77% في نهاية 2008 مقابل 79,4% في نهاية 2007)، دورا محددا في الانتعاش المستمر للقروض للاقتصاد.  

تبقى القروض الموزعة للمؤسسات الخاصة والأسر مهيمنة بنسبة 54% من مجموع القروض المصرفية في نهاية 2008 مقابل 55,1% في نهاية 2007 و55,4% في نهاية 2006. مع ذلك، ومع تسارع إنجاز وحدات تحلية ماء البحر والمركز الحراري في حجوط (مالية المشروع) فضلا عن الاستثمارات الهامة لشركة سونالغاز الممولة عن طريق القروض، نجد أن الزيادة في القروض للقطاع العمومي تعتبر أعلى (21,5% في 2008 مقابل 16,6% في 2007) من الزيادة في القروض للقطاع الخاص (16,3% في 2008 مقابل 15% في 2007).

حسب فترة النضج، سجلت القروض للاقتصاد تطورا مواتيا متصلا بتمويل الاستثمارات في قطاعات الطاقة والماء. بالفعل، تعتبر حصة القروض متوسطة وطويلة الأجل، منذ 2006، أعلى من حصة القروض قصيرة الأجل (54,5% في نهاية 2008 مقابل 53,4% في نهاية 2007 و51,9% في نهاية 2006). ساهمت الزيادة في القروض الرهنية والقروض الممنوحة للأسر لتمويل سلع معمرة أخرى في هذا الاتجاه التصاعدي. فقد انتقلت القروض الرهنية، من جانبها، من 109 مليار دينار في نهاية 2007 إلى 127 مليار دينار في نهاية 2008، أي بزيادة تساوي 16,5%.

يعتبر نمو القروض متوسطة وطويلة الأجل، خصوصا بعنوان القروض للاستثمار، متناغما مع الطابع المواتي لشروط التمويل المصرفي للاقتصاد الوطني. تأتي هذه التمويلات المتزايدة مكملة تدفق التمويل القوي المتأتي من الحقل الميزاني بعنوان التسديدات المحققة في إطار ميزانية تجهيز الدولة (1973,3 مليار دينار في 2008). على الرغم من حجم التسديدات في إطار الحقل الميزاني، أصبحت الخزينة العمومية منذ 2004 دائنا صافيا تجاه مجمل النظام المصرفي، كما يشهد على ذلك تقليص مديونيتها تجاه المصارف في ظل تراكم موارد هامة في صندوق ضبط الإيرادات.

إجمالا، تتجاوز الموارد الملتقطة من طرف المصارف، منذ 2001، قروضها الداخلية (حقوق على الدولة وقروض للاقتصاد)، وهو الأمر الذي يشهد على الطابع الهيكلي لفائض السيولة في السوق النقدية. على الخصوص، يتواجد فائض الموارد، بالنسبة للسنوات الثلاثة الأخيرة، في المصارف العمومية والمصارف الخاصة على حد سواء. كان هذا الظرف الخاص بفائض الموارد، الذي يرتكز أساسا على التوسع في ودائع المؤسسة الوطنية سوناطراك، قد تمت تغذيته أيضا عن طريق نمو ودائع المؤسسات الخاصة والأسر التي لها علاقة مع التوسع القوي في نفقات الميزانية، لاسيما نفقات التجهيز والتحويلات الجارية؛ حيث تساهم هذه الأخيرة في ارتفاع مداخيل الأسر.

من جهة أخرى، لا يزال تفضيل الأسر للأرصدة النقدية يميز سلوكات الطلب النقدي في الجزائر، حيث تساوي نسبة النقد الائتماني/الكتلة النقدية 22,14% في نهاية 2008، في الوقت الذي أصبح فيه تحديث أنظمة الدفع (نظام التسويات الإجمالية الفورية للمبالغ الكبيرة والمدفوعات المستعجلة ونظام المقاصة الالكترونية) فعليا منذ السداسي الأول من سنة 2006. بالفعل، بدأت نتائج برنامج تحديث البنى التحتية المالية تصبح فعلية في مجال التنمية المالية. توجد العمليات المعالجة من طرف نظام RTGS، بالقيمة، في حالة نمو قوي (93,7%) في 2008، في الوقت الذي يعالج فيه نظام المقاصة الالكترونية عددا متزايدا من العمليات (9,32 مليون عملية في 2008 مقابل 6,93 مليون عملية في 2007).

2.3. بعد عمليات سحب الاعتماد وتصفية المصارف والمؤسسات المالية الخاصة، التي كانت تواجه صعوبات بل وتوجد في حالة توقف عن الدفع، بين 2003 و2006، بقيت وضعية المصارف والمؤسسات المالية التي تعمل في الجزائر مستقرة وذلك دون تدخل بنك الجزائر بصفته المقرض الأخير، في غياب الخطر المؤسسي. بل وأكثر من ذلك فقد تحسنت وضعية المصارف بشكل كبير بالنظر إلى مؤشرات الصلابة المالية. فقد تدعمت نسبة الملاءة الإجمالية للمصارف، خاصة بالنسبة للمصارف الخاصة، بفضل زيادة رأس المال الأدنى النظامي الذي دخل حيز التنفيذ في بداية 2006. على سبيل المثال، يقع هذا المؤشر عند 16,54% في نهاية 2008 مقابل 12,85% في نهاية 2007 بالرغم من النسبة الضعيفة الخاصة ببنك الفلاحة والتنمية الريفية (BADR) التي لا تستجيب إلى التنظيم الاحترازي وكذلك الوضعية الخاصة للصندوق الوطني للتعاون الفلاحي (CNMA) الذي يوجد تحت إدارة مؤقتة.

في 2008، ترتفع مؤشرات المردودية، خارج بنك الفلاحة والتنمية الريفية (BADR) والصندوق الوطني للتعاون الفلاحي (CNMA) اللذان يوجدان في طور التطهير، بشكل مواتي. تعتبر مردودية الأموال الخاصة، بالنسبة للبنوك العمومية كما بالنسبة للبنوك الخاصة، مرتفعة بما فيه الكفاية (25,15% عموما) وتبقى متقاربة بالنسبة لفئتي المصارف، أي 25,01% بالنسبة للمصارف العمومية و25,60% بالنسبة للمصارف الخاصة. يعتبر عائد الأصول (1,19%)، الذي يوجد في تحسن طفيف بالنسبة لمجمل المصارف، أكثر أهمية في المصارف الخاصة (3,27%) منه في المصارف العمومية (0,99%). يشير هذا الفارق إلى التسيير الأفضل لمخاطر القروض من طرف المصارف الخاصة التي لها حصة أقل أهمية من الديون غير الناجعة التي يتطلب تكوين مؤونة لها. ويعتبر المستوى العالي لعمليات المصارف العمومية مع البنك المركزي بمعدلات الاسترجاع، في ظل ظرف يتميز بفائض هيكلي في السيولة، عاملا مفسرا آخر.

يتعين الإشارة إلى أن نسبة هامش الفائدة/إجمالي الناتج تعتبر أكثر أهمية في المصارف العمومية منها في المصارف الخاصة، 70,59% و48,81% على التوالي. تشير هذه النسبة، التي تقيس حصة صافي ناتج الفائدة من إجمالي الناتج، إلى أن النواتج خارج الفائدة (عمولات، نواتج القرض بالإيجار،...) تعتبر أكثر أهمية في المصارف الخاصة. بالمقابل، تعتبر الأعباء خارج الفائدة في إجمالي الناتج أكثر ارتفاعا في المصارف الخاصة منها في المصارف العمومية (48,53% و32,83% على التوالي)، وهو ما يشير إلى أن المصارف العمومية تتحكم بشكل أفضل في أعبائها. على الخصوص، تمثل الأعباء العامة للمصارف الخاصة 36,78% من هامشها المصرفي مقابل 26,50% في المصارف العمومية.

كما تحسنت أيضا نسب سيولة المصارف. انتقلت نسبة الأصول السائلة/مجموع الأصول من 46,05% في 2007 إلى 49,11% في 2008، بينما تقع نسبة الأصول السائلة/الخصوم قصيرة الأجل عند 100,23% مقابل 98,90% في 2007. تجدر الإشارة إلى أن مستويات هاتين النسبتين المحققتين من طرف المصارف العمومية تعتبر أكثر أهمية من تلك الخاصة بالمصارف الخاصة، وهو ما يؤكد وضعية السيولة الكبرى للمصارف العمومية.

على العموم، وبالرغم من استمرار بعض المصاعب التي تواجه المصارف العمومية في مجال أنظمة المعلومات وتسيير مخاطر القروض، لاسيما المخاطر المتصلة بتركيز المخاطر على المجموعات الخاصة، يبقى النظام المصرفي في الجزائر مستقرا، في الظرف الحالي المتميز بالأزمة المالية الدولية الخطيرة. بالفعل، لم تنعكس الأزمة المالية الدولية بشكل مباشر على القطاع المصرفي الجزائري الذي لا يعتبر مندمجا بقوة على المستوى الدولي. إضافة إلى ذلك، يوجد للمصارف العاملة في الجزائر التزامات جد ضعيفة تجاه الخارج، حيث تمثل وضعياتها المفتوحة أقل من 0,5% من المجموع الكلي لميزانياتها. يعتبر تقليص المديونية الخارجية للجزائر قبل مجيء الأزمة المالية عنصر مقاومة بالنسبة للمصارف أمام الصدمات الخارجية المتمثلة في الصدمة الفجائية (sudden stop) حيث أن الاشتداد الخاص بشروط التمويل الخارجي بالنسبة للدول الناشئة يبرز عمليا.

4. فيما يخص تدعيم الاستقرار المالي في الجزائر

قصد تجاوز أسباب الأزمة المالية الراهنة، أعلنت الولايات المتحدة والاتحاد الأوربي عن خطط للإصلاح التي من شأنها أن تستجيب بشكل أفضل إلى المحافظة على استقرار أنظمتها المالية. في هذه العملية الخاصة بتمتين إطار الاستقرار المالي، يوجد دور البنوك المركزية بشكل قوي في المقدمة عبر مقاربة "احترازية كلية".

في الولايات المتحدة، يتعلق الأمر بمخطط من ثلاث جوانب: حماية المستهلكين والمستثمرين، تدعيم وسائل الدولة للتحكم في المخاطر المؤسسية وتأطير المعاملات في البورصة من طرف وكالات الرقابة. يتضمن المخطط الجديد إنشاء "مجلس للرقابة على الخدمات المالية"، ترأسه كتابة الخزانة، قصد تنسيق خطوات مختلف القائمين بالضبط. يتم دعم دور الاحتياطي الفيدرالي الذي سوف يقوم بشكل خاص بالرقابة على المخاطر المؤسسية. سوف يقوم بالرقابة على المؤسسات المالية الأكثر أهمية (المصارف، صناديق الاستثمار، شركات التأمين)، بمعنى تلك المؤسسات التي يؤدي إفلاسها إلى اندلاع المخاطر المؤسسية والمس بكل النظام المالي الأمريكي. بالتوازي مع ذلك، سوف يتم رفع كل معايير رأس المال والسيولة الخاصة بكل المؤسسات المالية وسوف تحدد قواعد أكثر تقييدا تحكم المؤسسات الكبرى بينها.

سوف تنشأ وكالة لحماية المستهلكين والمستثمرين. حيث يمكنها على الخصوص معاقبة التوزيع المفرط وغير المحسوب للقرض. بالمقابل، يعتبر من المطلوب زيادة شفافية وكالات التنقيط.

بالنسبة للاتحاد الأوربي، من المزمع تأسيس جهازين للحد من التفتت الحاد في الإشراف. يتعلق الأمر قبل كل شيء بتأسيس "مجلس للمخاطر المؤسسية" يسهر على احترام القواعد من طرف المصارف. سوف يتشكل هذا المجلس من محافظي البنوك المركزية في الاتحاد. في حالة وجود تهديد على الاستقرار المالي يمكن للمجلس بعث إشارات إنذار وصياغة توصيات.

كما يوجد من بين الاقتراحات أيضا بناء نظام أوربي للمشرفين الماليين، من الآن وإلى غاية 2010، يتكون من ثلاث سلطات أوربية تكلف بالرقابة على نشاط القطاعات المصرفية، والتأمينية والبورصية، بالتنسيق مع السلطات الوطنية. سوف يكون لهذه الهيئات، التي توجد فعلا حاليا، دورا معززا. يمكنها أن تقوم بلعب دور الحكم في حالة وجود خلافات بين مشرفَيْن وطنيَيْن فضلا عن تبني توصيات تجاه السلطات الوطنية التي تخرق التشريع الأوربي أثناء عملها.

في حالة الجزائر، يعطي الأمر رقم 03-11 المؤرخ في 26 أوت 2003 لبنك الجزائر صلاحيات واسعة في مجال الاستقرار المالي.

يعطي هذا الأمر لبنك الجزائر مهمة الرقابة على حسن سير وأمن أنظمة الدفع. إن نظامي الدفع (نظام التسويات الإجمالية الفورية للمبالغ الكبيرة والمدفوعات المستعجلة ونظام المقاصة الالكترونية) الحديثين اللذين دخلا في الإنتاج في عام 2006، أي قبل الأزمة المالية الدولية، يضمنان تركا كليا لآثار عمليات الدفع. ويعتبر ذلك واحدا من أهم عناصر بناء الاستقرار المالي. إضافة إلى ذلك، سمح عملهما الكامل منذ ثلاث سنوات للمصارف بتحسين الخدمات المصرفية الأساسية لفائدة الزبائن، من بينها خدمات الدفع التي تعتبر أكيدة وموثوقة وآمنة.

إن فائض السيولة الذي لا يزال يميز النظام المصرفي في الجزائر منذ 2002 جعل دور المقرض الأخير من طرف بنك الجزائر غير مستعمل؛ حيث يتدخل بنك الجزائر في السوق النقدية لامتصاص فائض السيولة فعليا. تتعارض مثل هذه الوضعية مع أزمة السيولة التي تميز المراحل الأولى للأزمة المالية الدولية والتي تطلبت تدخلات سريعة وحاسمة للعديد من البنوك المركزية في مختلف أنحاء العالم. فقد دفعت هذه الأخيرة إلى تحويل عميق في أطر سياستها النقدية، مع بروز هدف الاستقرار المالي.

أصبح بنك الجزائر، الذي سيواصل تسيير فائض السيولة في 2009، يتوافر على إطار للسياسة يتطابق مع المعايير الدولية في مجال وسائل السياسة النقدية، كما يشهد على ذلك النظام رقم 09-02 المؤرخ في 26 ماي 2009 المتعلق بعمليات السياسة النقدية ووسائلها وإجراءاتها. ومن الواضح أن هذا الإطار العملي الجديد للسياسة النقدية سوف يساهم في متابعة هدف الاستقرار المالي في الجزائر بشكل أكثر حسما، معتمدا على المكاسب المحققة في مجال الاستقرار النقدي والقدرة على المقاومة من طرف القطاع المصرفي.

إن النظام المحدد للقواعد العامة في مجال شروط المصارف المطبقة على عمليات المصارف، الذي تمت مراجعته وإتمامه، والذي تم إصداره من طرف مجلس النقد والقرض في 26 ماي 2009، يندرج في سياق هدف تدعيم إطار الاستقرار المالي في الجزائر. يشير هذا النظام على الخصوص إلى أنه يمكن أن تعرض منتجات مصرفية جديدة لصالح الزبائن بشرط أن يكون ذلك موضوع ترخيص مسبق يمنحه بنك الجزائر، في إطار الأهمية المولاة من جانبه لتقييم أفضل للمخاطر المرتبطة بالمنتجات الجديدة وضمان الانسجام بين الوسائل. كما يحدد أيضا معدل فائدة مفرط، قصد حماية الزبائن.

في إطار نفس هذا الهدف، قام بنك الجزائر بتحديث مركزية المخاطر باعتبارها قاعدة للمعطيات المصرح بها من طرف المصارف والمؤسسات المالية يتم استشارتها "على الخط" من طرف المشاركين والزبائن المقترضين، مما يسمح للمصارف بتسيير أفضل لمخاطر القرض. سوف تتضمن المركزية الجديدة، التي تم الانتهاء من تحديد معاييرها المرجعية في 2008 ونشر إعلان المناقصة الخاص بها في السداسي الأول من سنة 2009، مجموع القروض الموزعة والالتزامات بالتوقيع الممنوحة من طرف المصارف والمؤسسات المالية. سوف تشمل، في مقطع منفصل، القروض غير المسددة في أجل استحقاقها (مركزية سلبية) وتسمح بمتابعة أفضل لمديونية الأسر

من زاوية تدعيم الإشراف المصرفي، تجدر الإشارة إلى قيام بنك الجزائر بتطوير اختبارات المقاومة اعتبارا من سنة 2007، وهي السنة التي شهدت تحيين برنامج تقييم القطاع المالي (FSAP) بشكل مشترك بين صندوق النقد الدولي والبنك العالمي. تسمح اختبارات المقاومة هذه باكتشاف نقاط الضعف في المصارف منفردة وفي النظام المصرفي في مجمله. تشكل هذه الاختبارات القاعدة التي على أساسها يتم وضع مؤشرات الإنذار المبكر (Early warning).

كما تجدر الإشارة إلى أن بنك الجزائر قام أيضا بتطوير وسائل الرقابة الاحترازية الشاملة في شكل متابعة للمصارف بواسطة مؤشرات صلابة النظام المصرفي. ويتعلق الأمر بالمؤشرات الموجزة الإحدى عشر (11) التي تمس مستوى الأموال الخاصة (نسبة الملاءة)، وطبيعة القروض الموزعة، وتصنيفها، ومستوى المؤونات المشكلة لها. كما تم إدماج نسبة السيولة أيضا (نسبة شاملة) فضلا عن مجموع مؤشرات مردودية المصارف العمومية والخاصة.

قام بنك الجزائر مؤخرا بإنشاء لجنتين، الأولى هي لجنة الاستقرار المالي والثانية هي لجنة الإدارة المكلفة بمتابعة إعداد الإطار التنظيمي المتعلق بالنظام المحاسبي المالي في المصارف والمؤسسات المالية.

وإذا كان بنك الجزائر قد قام في الثلاثي الرابع من سنة 2008 بتحديث وتعزيز نظام التقارير المالية للوضعيات الشهرية للمصارف والمؤسسات المالية، فقد قام مجلس النقد والقرض بإصدار (جويلية 2009) نظام جديد يتضمن مخطط الحسابات المصرفية والقواعد المحاسبية.

في إطار تدعيم الاستقرار المالي، سوف تُطَوَّر وظيفة الإشراف العام على النظام المصرفي بشكل أكبر في 2009، في نفس الوقت الذي تعرف فيه ممارسة اختبارات المقاومة عمليات تحسين. سوف يقوم بنك الجزائر بتطوير قدراته بشكل أكبر في مجال الرقابة بعين المكان، والرقابة الدائمة فضلا عن الاكتشاف المبكر لمواطن الضعف والهشاشة في المصارف والمؤسسات المالية.

وإذا كان على المصارف والمؤسسات المالية أن تتطابق، قبل نهاية سنة 2009، مع المتطلبات الجديدة في مجال رأس المال الأدنى الذي حدده مجلس النقد والقرض في ديسمبر 2008، فإنه ينتظر منها أيضا تقدما في مجال تسيير خطر السيولة، آخذين بالاعتبار الظرف الجديد لتقلص السيولة المصرفية.

يجب أن يترافق كل من رفع رأس مال المصارف وتحسين تسيير خطر السيولة بخطوات مستمرة في مجال تحسين تقييم مخاطر القروض وتسييرها والتحكم فيها، لأن الاستمرار في مساهمة المصارف الفعلية في تحسين تخصيص الموارد المالية في الاقتصاد الوطني يعد أمرا مطلوبا.

5. آخر التطورات المالية والنقدية

إن انتشار آثار الركود في الاقتصاديات المتقدمة إلى الدول الناشئة والدول النامية قد تأكد في السداسي الأول من سنة 2009، دافعا بذلك بعض الدول الناشئة، لاسيما في آسيا، إلى وضع خطط للإنعاش تقوم على الطلب الداخلي. كذلك، ظهرت إشارات تدل على انتعاش الإنتاج الصناعي في العديد من الاقتصاديات الناشئة، لاسيما في الصين أين تزايد الإنتاج بشكل قوي. كما سجلت الهند ودول جنوب شرق آسيا انتعاشا في النمو في الثلاثي الثاني من سنة 2009. وقد أدى الطلب القوي في آسيا إلى تحفيز الانتعاش في الدول المصدرة للمواد الأولية في أمريكا اللاتينية والشرق الأوسط.

1.5. فيما يخص قدرة المقاومة للوضعية المالية الخارجية

حتى وإن كانت الجزائر لم تتعرض إلى الصدمة الخارجية المسماة "الصدمة الفجائية" (Sudden stop)، فقد تأثر الاقتصاد الوطني بنوع آخر من الصدمة الخارجية ترتبط بالركود المتزامن على مستوى الدول المصنعة والأزمة الاقتصادية العالمية الخطيرة لهذه السنة. بعد سقوط أسعار المحروقات وانخفاض إيرادات الصادرات في الثلاثي الرابع من السنة السابقة، فإن قناة انتقال آثار الأزمة الاقتصادية العالمية إلى الاقتصاد الجزائري كانت متمثلة في سنة 2009، أساسا، بمستوى أسعار المحروقات وانخفاض الطلب في هذا المجال.

تبين معطيات ميزان المدفوعات أن صادرات المحروقات قد قدرت عند 19,96 مليار دولار في السداسي الأول 2009، أي تقلص قوي مقارنة مع الأداءات السداسية لسنوات 2008، 41,70 و35,49 مليار دولار، في السداسي الأول والثاني على التوالي، و2007 (26,94 و32,67 مليار دولار، في السداسي الأول والثاني على التوالي).

وإذا كان سعر البترول قد سجل اتجاها تصاعديا بين جانفي وجوان 2009 بواقع 57,94% بعد السقوط المسجل في الثلاثي الرابع من السنة الماضية (56,59 دولار/برميل مقابل 115,91 دولار/برميل في الثلاثي الثالث، على أساس متوسط) يتميز السداسي الأول من السنة الجارية بانخفاض جوهري في الأحجام المصدرة (-13,48%)، مقارنة مع نفس الفترة من السنة الماضية، والذي يغذي أثر الصدمة الخارجية. بالقيمة، يساوي تقلص صادرات المحروقات 52,66%. أما سعر البترول الخام، من جانبه، الذي بلغ مستوى أدنى عند 41,21 دولار/برميل في المتوسط في ديسمبر 2008، فقد ارتفع في السداسي الأول 2009، ليبلغ 48,06 دولار/برميل في مارس و68,2 دولار/برميل في جوان. على أساس متوسط ثلاثي، فقد انتقل من 45,35 دولار/برميل في الثلاثي الأول من سنة 2009 إلى 59,05 دولار/برميل في الثلاثي الثاني من السنة الجارية.

علما أن الحسابات الخارجية الجارية قد تأثرت بشكل كبير بالتقلب في أسعار البترول والتقلص في الكميات المصدرة، التي تعتبر المتغير الأدوي (Instrumental) الجديد، يعتبر التراجع في الصادرات خارج المحروقات في السداسي الأول من سنة 2009 جوهريا؛ حيث لم يعد مبلغها (0,37 مليار دولار) يمثل سوى 45,1% من الأداء المسجل في السداسي الثاني 2008 (0,82 مليار دولار). وهو ما يضع سنة 2009 في مستوى أداء يقل كثيرا عن مستوى الأداء المسجل في السنة الماضية (1,4 مليار دولار) في مجال مساهمة الصادرات خارج المحروقات في قابلية استمرار ميزان المدفوعات الجارية، في هذا الظرف الحالي المتميز بالصدمة الخارجية. 

حسب معطيات ميزان المدفوعات، استقرت واردات السلع في السداسي الأول من سنة 2009، عند 9,6 مليار دولار على أساس وتيرة ثلاثية. يعتبر هذا المستوى الثلاثي من الواردات متناغما مع مبلغ الواردات في الثلاثي الرابع من سنة 2008 (9,5 مليار دولار)، ولكنه يوجد في حالة تراجع طفيف مقارنة مع مستواها (10,2 مليار دولار) المسجلة في الثلاثي الثالث والثلاثي الرابع من سنة 2008. يترافق الاستقرار النسبي في مستوى واردات السلع في السداسي الأول من سنة 2009 (19,19 مليار دولار مقابل 19,70 مليار دولار في السداسي الثاني من سنة 2008) مع توسع قوي  في بند سلع التجهيز الصناعية (34,07%)، والذي يعتبر متناغما مع ارتفاع وتيرة إنجاز برنامج الاستثمارات العمومية للدولة وكذلك استثمارات قطاع المحروقات. بالمقابل، سجلت الواردات بعنوان بند التغذية تقلصا جوهريا (-21%) مقارنة مع المستوى المسجل في السداسي الأول من سنة 2008 حيث كان الارتفاع الشديد في واردات المنتجات الغذائية يعود في جزء كبير منه إلى القفزة المسجلة في أسعار هذه المنتجات في الأسواق الدولية.

يبقى مستوى الخدمات المستوردة مرتفعا في السداسي الأول من سنة 2009 (5 مليار دولار)، وهي تقريبا نفس الوتيرة السداسية المسجلة في سنة 2008 (5 و6 مليار دولار). يفسر هذا المستوى المرتفع أساسا بواسطة "خدمات البناء والأشغال العمومية" (1,4 مليار دولار) و"الخدمات الفنية للمؤسسات" (1,46 مليار دولار). بالفعل، تمثل واردات الخدمات بعنوان البنى التحتية العمومية، بمعنى في إطار إنجاز ميزانية تجهيز الدولة، وبواسطة مؤسسات قطاع المحروقات، الجزء الأهم من الخدمات المستوردة.

نتيجة لذلك، استقر عجز ميزان الخدمات، الذي تعمق في 2007 و2008، في السداسي الأول من سنة 2009 على أساس وتيرة سداسية، لكن مستواه يبدو مرتفعا أمام التقلص الشديد في إيرادات صادرات المحروقات وخارج المحروقات.

إضافة إلى ذلك، وبعد تآكل فائض الحساب الجاري الخارجي في الثلاثي الرابع من سنة 2008 (2,13 مليار دولار) مقارنة مع الفائض المسجل في الثلاثيات الثلاثة الأولى من سنة 2008 (10,50 مليار دولار، 10,42 مليار دولار و11,40 مليار دولار، على التوالي)، يعرف السداسي الأول من سنة 2009 عجزا في الحساب الجاري الخارجي بمبلغ 1,62 مليار دولار. ويتعلق الأمر هنا بظاهرة اقتصادية جديدة، نقص في الادخار مقارنة مع الاستثمارات، التي تتعارض مع الأداءات المسجلة في السنوات التسعة الأخيرة حيث وصل فائض الحساب الجاري الخارجي إلى الذروة في 2008 (34,45 مليار دولار). وهو ما يؤكد الأثر السلبي للصدمة الخارجية، المرتبطة بالأزمة الاقتصادية العالمية الخطيرة، على ميزان المدفوعات الجارية في السداسي الأول من سنة 2009، في ظرف يتميز بتبعية هيكلية للاقتصاد الوطني إلى صادرات المحروقات.

أمام هذا العجز في الحساب الجاري الخارجي، الذي يجسد عجزا في الموارد، يتميز السداسي الأول من سنة 2009 بتوازن في حساب رأس المال والعمليات المالية. وهو السداسي الثاني على التوالي الذي لا يكون فيه حساب رأس المال والعمليات المالية سلبيا، حتى وإن كان مستوى الاستثمارات المباشرة الأجنبية الصافية في السداسي الأول من سنة 2009 (0,70 مليار دولار) يوجد في تراجع مقارنة بالأداءات السداسية  للسنة الماضية. إضافة إلى ذلك، يتميز السداسي الأول من سنة 2009 بالغياب شبه الكلي للتعبئات بعنوان الدين الخارجي، وهو ما يزيد في عضد مكاسب استراتيجية تقليص المديونية الخارجية المتبعة بين 2004 و2006.

تمثل هذه الظاهرة الجديدة المتمثلة في فائض حساب رأس المال والعمليات المالية أداء استثنائيا يسمح للجزائر بمواجهة "الصدمة الخارجية" ذات الحجم الكبير المرتبطة بوضعية التقلص القوي جدا في التمويلات الخارجية بالنسبة للدول الناشئة والدول النامية واشتداد شروطها ("الصدمة الفجائية").

على الرغم من أثر الصدمة الخارجية على ميزان المدفوعات الإجمالي الذي سجل عجزا يساوي 1,64 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2009، تبقى الوضعية المالية الخارجية للجزائر متينة. على الخصوص، يوجد قائم احتياطيات الصرف الرسمية في نهاية جوان 2009 (144,32 مليار دولار) في ارتفاع طفيف مقارنة مع نهاية ديسمبر 2008 (143,1 مليار دولار)؛ حيث ساهم أثر إعادة التقييم بشكل إيجابي في ذلك. كذلك، تجدر الإشارة إلى أن سياسة توظيفات احتياطيات الصرف المتبعة من طرف بنك الجزائر تساهم في التخفيف من أثر الصدمة الخارجية على وضعية احتياطيات الصرف الرسمية للجزائر، في ظل الظرف الحالي المتميز بالتقلص القوي في إيرادات الصادرات أمام تحويلات بعنوان واردات السلع والخدمات لا تزال مرتفعة.

من زاوية الوضعية المالية الخارجية الصافية للجزائر، يعتبر من المفيد الإشارة إلى أن قائم الدين الخارجي متوسط وطويل الأجل قد تراجع إلى 3,9 مليار دولار في نهاية جوان 2009 مقابل 4,3 مليار دولار في نهاية 2008، وذلك في ظرف من الارتفاع الطفيف في احتياطيات الصرف الرسمية. يشكل كل من المستوى المعتبر لاحتياطيات الصرف الرسمية للجزائر والمستوى الأدنى للمديونية الخارجية وسائل هامة لحماية الاقتصاد الوطني أمام الأزمة الاقتصادية العالمية الخطيرة.

ففي إطار ظرف يتميز بانكماش الأسعار على مستوى الشركاء الرئيسيين للجزائر، نجد أن بنك الجزائر يواصل تنفيذ سياسة تثبيت معدل الصرف الفعلي. وهو ما يتطلب متابعة جد خاصة للتطور قصير المدى في الأسعار النسبية، بالنظر إلى تقلبات أسعار الصرف في الدول الشريكة وتقلبات الأسعار. إضافة إلى ذلك، تمثل وضعية أسعار البترول صدمة من زاوية أساسيات الاقتصاد الوطني مع وجود أثر على معدل الصرف الفعلي الحقيقي التوازني.

يبين أخذ أثر وضعية سعر البترول في نموذج حساب سعر الصرف الفعلي الحقيقي بعين الاعتبار أن معدل الصرف الفعلي الحقيقي في نهاية جوان 2009 يوجد قريبا من المستوى التوازني الجديد المقدر في هذا المجال. ويدمج هذا الأمر إذن أثر الصدمة الخارجية على أساسيات الاقتصاد الوطني، على أساس أن تقلبات الأسعار النسبية هو أمر فعلي. وهو ما يتطلب متابعة جد خاصة للتطور قصير المدى في الأسعار النسبية في 2009. من زاوية عملياتية، يتدخل بنك الجزائر في سوق الصرف بين المصارف للسهر على أن لا تؤثر حركة معدل الصرف الفعلي الاسمي على التوازن طويل المدى في سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار.

باعتبارها مرساة على صلابة مميزة في الوضعية المالية الخارجية الصافية للجزائر، توجد سياسة سعر الصرف فعلا في تناغم مع الاستقرار الخارجي الذي تمت المحافظة عليه. مع ذلك، يبقى التحدي يتمثل في إرساء دائم لتنافسية خارجية خارج المحروقات لدعم قابلية الاستمرار متوسطة وطويلة المدى لميزان المدفوعات. في إطار هذا الهدف، يجب أن تترافق سياسة سعر الصرف بتدابير أخرى على مستوى السياسة الاقتصادية تستهدف زيادة الإنتاجية وتنويع الاقتصاد الوطني.

2.5. الادخار الميزاني وعمليات الخزينة

انتقلت إيرادات الميزانية (خارج الهبات) من 2483,3 مليار دينار في السداسي الأول 2008 إلى 1962,6 مليار دينار في السداسي الأول من سنة 2009، مسجلة بذلك انخفاضا بنسبة 21%. يعود هذا الانخفاض إلى انخفاض إيرادات الجباية البترولية (-35,4%) في ظرف تميز بارتفاع الجباية العادية (28,1%). يرتبط الانخفاض القوي في مساهمة إيرادات المحروقات، أساسا، بتطور أسعار المحروقات المصدرة طوال السداسي الأول من سنة 2009. بالفعل، يقع السعر المتوسط عند 51,89 دولار/برميل في السداسي الأول من سنة 2009 مقابل 111,56 دولار/برميل في السداسي الأول من سنة 2008. نتيجة لذلك، لم تبلغ الإيرادات البترولية، في السداسي الأول من سنة 2009، سوى 63,1% من مجموع الإيرادات الميزانية مقابل 77,2% في السداسي الأول من سنة 2008.

بالفعل، فقد انتقلت إيرادات المحروقات من 1918,3 مليار دينار في السداسي الأول من سنة 2008 إلى 1238,7 مليار دينار في السداسي الأول من سنة 2009، بانخفاض قوي (-21%) بينما انتقلت إيرادات الجباية خارج المحروقات من 565 مليار دينار إلى 723,9 مليار دينار على التوالي، وهو ما يعادل ارتفاعا قويا (28,1%).

بمبلغ يساوي 1238,7 مليار دينار تم تحقيقه في السداسي الأول من سنة 2009، توجد الجباية البترولية في هذا السداسي دون الهدف المحدد بالميزانية على أساس السعر المرجعي 37 دولار للبرميل (1927 مليار دينار) للسنة الجارية، في الوقت الذي سجل فيه السداسي الأول من سنة 2008 إيرادات بمبلغ 1918,3 مليار دينار، بمعنى مستوى أعلى من الهدف الخاص بالجباية البترولية المحدد بالميزانية على أساس نفس السعر المرجعي مثل السنة الجارية.

في السداسي الأول من سنة 2009، بلغت الإيرادات خارج المحروقات مبلغا إجماليا يساوي 723,1 مليار دينار، وهو ما يعادل زيادة بنسبة 28,1% مقارنة مع مستواها في السداسي الأول من سنة 2008. تمثل الإيرادات الضريبية، من جانبها، 88,3% من المجموع الكلي للإيرادات خارج المحروقات مقابل 86,8% في السداسي الأول من سنة 2008. سُجلت أقوى الارتفاعات على مستوى "ضرائب على المداخيل والأرباح" (60,1%)، متبوعة ببند "ضرائب على السلع والخدمات" (13,4%) وبند "الحقوق الجمركية" (11,1%).

بحصة شبه مستقرة من مجموع الإيرادات خارج المحروقات (13,2% في السداسي الأول من سنة 2009 و11,7% في السداسي الأول من سنة 2008)، سجلت الإيرادات غير الضريبية زيادة بنسبة 13,9% في السداسي الأول من سنة 2009 مقارنة مع السداسي الأول من سنة 2008. تبقى هذه الزيادة أقل من الزيادة في الإيرادات الضريبية (30,3%). بالفعل، بلغت الإيرادات غير الضريبية 84,6 مليار دينار في السداسي الأول من سنة 2009 مقابل 74,3 مليار دينار في السداسي الأول من سنة 2008، بفعل تسديد إتاوة بنك الجزائر ورغم انخفاض النواتج المتنوعة ونواتج أملاك الدولة.

ارتفعت نفقات الميزانية الكلية في السداسي الأول (9,5%) لتبلغ 2160,9 مليار دينار مقابل 1974,3 مليار دينار في السداسي الأول من سنة 2008. ارتفعت النفقات الجارية بنسبة 13,7% وزادت نفقات الميزانية الخاصة بالتجهيز، من جانبها، بوتيرة أقل ارتفاعا (4,7%).

تواصل الجهد الميزاني الموجه لدعم إنعاش النشاط الاقتصادي، بواسطة مختلف البرامج، خلال السداسي الأول من سنة 2009 كما يشهد على ذلك نمو نفقات الاستثمار (4,7%). 

كان الرصيد الإجمالي للخزينة في السداسي الأول من سنة 2009 سلبيا بمبلغ 228,7 مليار دينار. وقد ترافق هذا الانخفاض في قدرة الخزينة على التمويل مع استقرار في موارد صندوق ضبط الإيرادات (4280,1 مليار دينار في نهاية 2008 ونهاية جوان 2009). خلال السداسي الأول من سنة 2009، جلبت الخزينة العمومية موارد غير مصرفية، تسمح لها بتمويل عجزها وحتى رفع ودائعها في الحساب الجاري لدى بنك الجزائر، مساهمة بذلك في تطوير الادخار المؤسسي.

3.5. التقلص النقدي وتضخم الأسعار

إذا كانت الأشهر الستة الأولى من سنة 2009 تتميز بالمقاومة الجيدة النسبية لوضعية احتياطيات الصرف الرسمية، رغم عجز رصيد ميزان المدفوعات الإجمالي، يبقى وأن السيولة المصرفية قد سجلت تقلصا هاما (-10,4%) في ظرف يتميز باستقرار الموجودات الخارجية الصافية. وعليه، فإن الموجودات الخارجية الصافية لم تعد تغذي على الإطلاق عملية الإنشاء النقدي في 2009، بينما كان هذا المجموع يمثل المصدر الرئيسي للنمو النقدي، بشكل مستمر، منذ سنة 2000. إضافة إلى ذلك، أضحت الموجودات الخارجية الصافية تتجاوز، منذ نهاية 2005،  السيولات النقدية وشبه النقدية في الاقتصاد الوطني.

إن مجموع الموجودات الخارجية، الذي سجل ارتفاعا قويا (38,2%) في 2008، من بينها 23,6% في السداسي الثاني مقابل 11,8% في السداسي الأول، والذي يوافق "ذروة" تاريخية، أصبح مستقرا في السداسي الأول من سنة 2009. فقد بلغ مجموع الموجودات الخارجية الصافية، كمقابل بالدينار، 10604,30 مليار دينار في نهاية جوان 2009 مقابل 10277,55 مليار دينار في نهاية مارس 2009 و10246,96 مليار دينار نهاية ديسمبر 2008.

بعد تراجع معدل التوسع النقدي بعنوان M2 في السداسي الثاني من سنة 2008 (5,36%)، والذي تلا وتائر 10,89% في السداسي الثاني من سنة 2007 و10,5% في السداسي الأول من سنة 2008، يتميز السداسي الأول من سنة 2009 بتقلص نقدي (-1,13%). وإذا كان من المرتقب تسجيل ميل تنازلي جديد في معدل توسع M2 تبعا لتنقيد وتيرة إنشاء النقود في السداسي الثاني من سنة 2008، يمثل مثل هذا التقلص النقدي صدمة بالنسبة للوضعية النقدية.

يفسر التراجع في الكتلة النقدية M2 (-1,13%) أساسا بتراجع نمو الودائع تحت الطلب لدى المصارف (-11,7%)، الناتج عن تقلص قوي في ودائع قطاع المحروقات (-26,63%). يعكس هذا الأمر أثر الصدمة الخارجية على الوضع النقدي للمؤسسات في هذا القطاع التي تعرف قدرة التمويل لديها تآكلا، في ظرف يتميز بتنفيذ برنامج هام للاستثمارات .منذ الثلاثي الثاني من سنة 2009، سجلت ودائع قطاع المحروقات انخفاضا جوهريا، تلا ارتفاعها القوي في السداسي الأول من سنة 2008 (18,86%).

يبقى تطور هيكل الكتلة النقدية M2 مرتبطا بما فيه الكفاية بسلوكات مؤسسات قطاع المحروقات، حتى وإن بقيت تشكيلة المنتجات التي تعرضها المصارف جد محدودة. وعلى هذا الأساس نجد أن حصة الودائع تحت الطلب لدى المصارف، كنسبة من M2، قد انخفضت في السداسي الأول من سنة 2009 (38,1% في نهاية جوان مقابل 42,6% في نهاية 2008)، في ظرف يتميز بتقلص الودائع تحت الطلب على مستوى المصارف العمومية (-14,7%) والنمو الجوهري في الودائع تحت الطلب لدى المصارف الخاصة. نمت حصة شبه النقود (الودائع لأجل بالدينار والودائع بالعملة الصعبة)، بدورها، منتقلة من 28,6% في نهاية ديسمبر 2008 إلى 30,4% في نهاية جوان 2009. إجمالا، سجلت وسائل عمل المصارف تقلصا في السداسي الأول من سنة 2009.

من جهة أخرى، وباستبعاد ودائع قطاع المحروقات، سجلت الكتلة النقدية M2 نموا بنسبة 4,74% في السداسي الأول من سنة 2009.

ارتفعت القروض للاقتصاد، من جانبها، بنسبة 6,1% مقابل 5,4% في السداسي الأول من سنة 2008، وهو ما يؤكد الطابع المستمر لانتعاش القروض للاقتصاد. خارج عمليات إعادة شراء الديون غير الناجعة من طرف الخزينة، تقدر الزيادة في تدفقات القروض بنسبة 7,4%.

إن تراجع الكتلة النقدية M2 في السداسي الأول من سنة 2009 (-1,13%) هو عبارة عن ظاهرة نقدية لم تسجل من قبل من طرف الاقتصاد الوطني وهو الأمر الذي يكشف عن حجم الصدمة الخارجية في سنة 2009. وتتعارض هذه الوضعية مع أهداف التوسع في المجاميع النقدية المحددة من طرف السلطة النقدية. بالنسبة لسنة 2009، حدد مجلس النقد والقرض أهداف معدل التوسع في الكتلة النقدية بين 12 – 13%، مع الاحتفاظ بهدف التضخم في حدود 4%.

من جهة أخرى، يقع ارتفاع القروض للاقتصاد في السداسي الأول من سنة 2009، وإن كان معتبرا بشكل لافت، دون هدف النمو المحدد بين 22 – 23% المحدد من طرف مجلس النقد والقرض. يبرز هذا التوسع في القروض للاقتصاد، في هذا الظرف الجديد المتميز بالتقلص النقدي، أهمية "قناة" القرض في نقل آثار آخر التطورات النقدية، على أساس أن القروض متوسطة وطويلة الأجل قد زادت بنسبة 12,9% مقابل تقلص (-2,2%) في القروض قصيرة الأجل.

من زاوية فترات النضج، يؤكد تطور القروض للاقتصاد في السداسي الأول من سنة 2009 استمرار الميل التصاعدي النسبي للقروض متوسطة وطويلة الأجل. بالفعل، فقد انتقلت الحصة النسبية للقروض متوسطة وطويلة الأجل من 54,5% في نهاية ديسمبر 2008 إلى 58% في نهاية جوان 2009. وقد ساهم في تحقيق مثل هذه النتيجة ديناميكية التمويل طويل الأجل للمشاريع الاستثمارية الكبرى في قطاعات الطاقة والماء.

مع ذلك، يبقى تطور القروض للمؤسسات الصغيرة والمتوسطة دون الهدف المتوخى عبر مختلف التدابير المتخذة من طرف السلطات العمومية قصد تسهيل القرض للمؤسسات الصغيرة والمتوسطة (إنشاء هيئات للضمان ذات أموال خاصة هامة، دعم معدلات الفائدة،...). من المفيد التذكير أن المستوى المرتفع لمخاطر القرض على المجموعات الخاصة بحكم الواقع والديون غير الناجعة المرتبطة بذلك تساهم إلى حد ما في نفور المصارف في هذا المجال.

تتراجع سيولة المصارف، رغم أنها لا تزال واسعة، بشكل تدريجي لتنتقل من 2845 مليار دينار في نهاية 2008 إلى 2549 مليار دينار في نهاية جوان 2009، أي بانخفاض يساوي 296 مليار دينار يوافق تقلصا بنسبة 10,4%. يفسر كل من التقلص القوي في ودائع قطاع المحروقات والزيادة في الادخارات المالية للخزينة العمومية لدى بنك الجزائر (142,4 مليار دينار) بشكل واسع هذا التقلص في السيولة المصرفية.

أخذا بالاعتبار الاستقرار النسبي في مستوى الاحتياطيات في نهاية جوان 2009 (144,3 مليار دولار مقارنة بمستواها في ديسمبر 2008 والتقلص في السيولة المصرفية خلال الأشهر الستة الأولى من سنة 2009، واصل بنك الجزائر سياسته الخاصة بامتصاص فائض السيولة لدى المصارف باستعمال تقنية استرجاع السيولة (لسبعة أيام ولثلاثة أشهر) وتسهيلة الودائع المغلة للفائدة. بالتوازي مع ذلك، تمت مراجعة معدلات تدخل بنك الجزائر في بداية مارس 2009، أي 1,25% بالنسبة لاسترجاع السيولة لثلاثة أشهر، 0,75% بالنسبة للاسترجاعات لسبعة أيام و0,30% بالنسبة لتسهيلة الودائع المغلة للفائدة. حدد معدل الفائدة على الاحتياطيات الإجبارية، في منتصف مارس 2009، عند 0,50%.

قصد استكمال تحسين مستوى الإطار العملياتي للسياسة النقدية، انسجاما مع التطورات الحديثة على المستوى الدولي على إثر الأزمة المالية، أصدر مجلس النقد والقرض في ماي 2009 نظاما جديدا في مجال تدخلات بنك الجزائر في السوق النقدية، وعملياته خارج السوق فضلا عن وسائل السياسة النقدية.

ويتعلق الأمر بإطار تنظيمي مفصل يتضمن في نفس الوقت العمليات الخاصة بإعادة تمويل المصارف، عمليات استرجاع السيولة الفائضة في السوق النقدية والتسهيلات (القروض والودائع) بمبادرة من المصارف. وهو ما يتيح منذ ذاك الابداع في مجال صياغة وتنفيذ السياسة النقدية في الجزائر. وهكذا، أصبح بنك الجزائر يتوافر على استخدام نقدي يسمح له بالاستمرار في مواجهة ظاهرة فائض السيولة، في ظرف يتميز بمخاطر متصاعدة على استقرار الأسعار في سنة 2009.

رغم تباطؤ التضخم في الدول الشريكة للجزائر في السداسي الثاني من سنة 2008، انخفضت وتيرة التضخم على أساس انزلاق سنوي في الجزائر بشكل طفيف، منتقلة من 5,8% في ديسمبر 2008 إلى 5,2% في جوان 2009. على أساس متوسط سنوي، ارتفع التضخم ب 0,4 نقطة مئوية، منتقلا من 4,5% في ديسمبر 2008 إلى 4,9% في جوان 2009، وهو يمثل معدل التضخم الأعلى في العشرية. ويأتي هذا التطور ليؤكد السلسلة المتزايدة لمعدلات التضخم السنوي المتوسط منذ ثلاث سنوات (جوان 2006).

في الوقت الذي كان فيه أن الاتجاه العالمي يسير نحو تباطؤ التضخم، بل وتسجيل تضخم سلبي في الولايات المتحدة ومنطقة الأورو، يبرز تطور الأسعار في الجزائر تحديا جديدا للتضخم الداخلي القوي، لاسيما وأن السداسي الأول من سنة 2009 قد تميز بتقلص نقدي. وعليه، يعتبر التضخم داخليا وليس ناتجا، بدرجات جوهرية،عن الزيادة في أسعار المنتجات الفلاحية المستوردة كما كان عليه الأمر في 2007 و2008؛ حيث أن التضخم المستورد قد تآكل بشكل معتبر.

إن فارق التضخم بين الجزائر وأوربا الخمسة عشر دولة، الذي يقاس بواسطة الفرق بين معدلات التضخم السنوية المتوسطة، والذي يوجد في غير صالح الجزائر، لا يتوقف عن الاتساع، منتقلا من 1,2 نقطة مئوية في ديسمبر 2008 إلى 3,1 نقطة في جوان 2009. 

في السداسي الأول من سنة 2009، يبرز الارتفاع القوي في أسعار المنتجات الغذائية (6,8% على أساس انزلاق سنوي)، والذي يتم جره بواسطة الانحراف في أسعار المنتجات الفلاحية الطازجة (14,3% خلال سنة واحدة)، على أنه المحدد الرئيسي في العملية التضخمية الداخلية التي تميز السنة الجارية. كما تساهم الزيادة الجوهرية في أسعار الخدمات (6,7%)، من جانبها، في الزيادة في المستوى العام للأسعار.

 

 

 

 

 

Statement by the Honorable Mohammed Laksaci
Governor of the Bank of Algeria
Speaking on behalf of Islamic Republic of Afghanistan, Algeria, Ghana,
Islamic Republic of Iran, Morocco, Pakistan, and Tunisia

Istanbul, Turkey, Sunday October 4, 2009

 We are encouraged by the recent positive developments in global economy and financial conditions. Strong public policy actions on the part of a large number of advanced and developing countries have been key in supporting demand, safeguarding the financial system from a global collapse, and reversing the drastic global downturn. The International Monetary Fund has deployed unprecedented efforts to help the membership face the crisis, facilitating policy coordination, providing significant financial support, and injecting liquidity in the global economy. While these positive developments are reasons for optimism, they should not lead to complacency as global recovery is yet to stand on a firm footing. However, it is essential to avoid a premature withdrawal of stimulus while preparing for timely and coordinated exit from exceptional supportive policies, once conditions permit. It is also crucial to strengthen financial sector regulation and supervision for a well-functioning financial system. Another key challenge is the need for stepped-up efforts to help low-income countries overcome the impact of the crisis and achieve their growth and poverty objectives. We welcome the recent significant steps taken by the International Monetary Fund in this regard and call on early delivery of renewed donors’ commitments, including in the context of the recent G20 summit.

The global crisis has further highlighted the crucial importance of the International Monetary Fund in the global architecture. We welcome the broad agreement on the need to strengthen the institution to enable it to effectively fulfill its mandate. In view of the rapid developments in the global economy and the central role of the Fund in promoting international monetary and financial stability, we agree that its surveillance role needs to be extended to include macro-financial stability. Continued efforts to strengthen Fund’s capacity and expertise in its core areas, ensure availability of adequate permanent resources, including through a doubling of quota resources, and improve governance will strengthen the institution’s relevance and legitimacy to the benefit of the whole membership.

Notwithstanding the recent steps toward improving voice and representation, more remains to be done to ensure the needed rebalancing of the representation of the membership. Central to this objective is a fundamental quota reform, including through a revised formula that will reflect the needs of borrowing countries. This reform should result in a significant shift of voting shares from developed to developing countries without such a shift coming at the expense of other developing and low-income countries. In addition, quota increases should include an equiproportional element so as to make the quota adjustments more gradual.

We look forward to further work and discussion on other elements of a global reform of Fund governance. We remain open to current proposals to strengthen the role of the International Monetary and Financial Committee. In particular, we would support a troika-type chairmanship, with a reduced duration of the chairman’s mandate, to ensure continuity.

 

Intervention de Monsieur Mohammed Laksaci,
Gouverneur de la Banque d’Algérie
au Comité International Monétaire et Financier
Au nom de la République Islamique d’Afghanistan, de l’Algérie, du Ghana, de la République Islamique d’Iran, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie

Istanbul, Turquie, Dimanche 4 octobre 2009

Nous sommes encouragés par les développements positifs récents au niveau de l’économie mondiale et des conditions financières international. De fortes actions de politique publiques de la part d’un grand nombre de pays avancés et en développement ont été déterminantes pour soutenir la demande, préserver le système financier d’un collapse mondial et d’une dépression mondiale drastique. Le Fonds Monétaire International a déployé des efforts sans précédent pour aider les pays membres à faire face à la crise, facilitant la coordination des politiques, fournissant un soutien financier considérable et injectant de la liquidité dans l’économie globale. Bien que ces développements positifs incitent à l’optimisme, ils ne doivent pas mener à la complaisance, la reprise globale n’étant pas encore fermement ancrée. Il est essentiel que d’éviter un retrait prématuré de l’impulsion tout en se préparant à un retrait coordonné et en temps opportun des politiques exceptionnelles de soutien. Il est également crucial de renforcer la régulation et la supervision du secteur financier pour un meilleur fonctionnement du système. Un autre défi important à relever est celui de la nécessaire accélération des efforts pour aider les pays à faibles revenus à surmonter l’impact de la crise et à atteindre de leurs objectifs en matière de croissance et de réduction de la pauvreté. Nous saluons les récentes mesures prises par le FMI à cet égard et appelons à une rapide mise en œuvre des engagements réitérés des donateurs, y compris dans le contexte du récent sommet du G20.

La crise globale souligné davantage l’importance cruciale du Fonds Monétaire International dans l’architecture globale. Nous saluons le large consensus partagé, sur la nécessité de renforcer l’institution afin de lui permettre de s’acquitter de manière effective son mandat. Au vu des développements rapides au niveau de l’économie mondiale et du rôle central du Fonds Monétaire International dans la promotion de la stabilité monétaire et financière internationale, nous convenons que son rôle de surveillance pour inclure la stabilité macro financière. Des efforts continus pour renforcer la capacité et l’expertise du Fonds monétaire International dans ses domaines essentiels, assurer la disponibilité de ressources permanentes adéquates, y compris à travers le doublement des ressources en quote-parts, et améliorer la gouvernance permettront de renforcer la pertinence et la légitimité de l’institution au bénéfice de l’ensemble des pays membres.

En dépit des récents progrès en matière d’amélioration de voix et de la représentation, beaucoup reste à faire pour réaliser le rééquilibrage de la représentation des membres. Une réforme fondamentale des quotas, y compris à travers une formule de calcul des quote-parts, révisée pour tenir compte des besoins des pays emprunteurs, est centrale pour atteindre cet objectif. Cette réforme doit résulter sur un transfert significatif des parts de vote des pays avancés vers les pays en développement, sans que ce transfert ne se fasse au détriment d’autres pays en développement ou de pays à faibles revenus. De plus, les augmentations de quote-parts doivent inclure un élément équi-proportionnel afin que les ajustements se fassent plus graduellement 

 Nous attendons avec intérêt davantage de travail et de discussions sur les autres éléments de la réforme globale de la gouvernance du Fonds Monétaire International. Nous demeurons ouverts aux propositions en cours pour renforcer le rôle du Comité Monétaire et Financier International. En particulier, nous supporterions une présidence sous forme de troïka, avec une durée réduite du mandat du Président du Comité, afin d’assurer la continuité.

 

 

L

a participation de l’Algérie au Système Général de Diffusion des Données du FMI
Alger, le 20 Avril 2009

L’Algérie a commencé aujourd’hui sa participation au Système Général de Diffusion des Données (SGDD) du FMI, franchissant une étape importante dans le développement de son système statistique. Des informations détaillées sur les statistiques produites et diffusées par l’Algérie sont maintenant disponibles en anglais sur le Tableau d’Affichage des Normes de Données (TAND)
 (http://dsbb.imf.org/Applications/web/gdds/gddscountrylist/). Les métadonnées en français sont aussi disponibles sur les sites des divers organismes algériens producteurs de données statistiques, soit la Banque d’Algérie (http://www.bank-of-algeria.dz), le Ministère des Finances (http://www.dgpp.mf.gov.dz) et l’Office National des Statistiques (http://www.ons.dz).

Le Gouverneur de la Banque d’Algérie, l’Honorable Mohammed Laksaci, a déclaré : « Avec sa participation effective au SGDD, l’Algérie est déterminée à renforcer son système statistique national afin de répondre aux exigences des meilleures pratiques internationales. Le SGDD offre un excellent cadre pour le développement des systèmes statistiques et notre participation est la preuve de l’engagement des institutions productrices de statistiques concernées à mettre en œuvre, à court et moyen terme, les plans d’amélioration visant à renforcer notre système statistique. Je suis convaincu que la participation de l’Algérie au SGDD va mener à la production de statistiques plus fiables et disponibles dans des délais plus courts ».

Madame Aldelheid Burgi-Schmelz, Directrice du Département des Statistiques du FMI, a salué la participation de l’Algérie au SGDD et note que « la participation de l’Algérie au SGDD est un pas important dans le développement statistique de l’Algérie. Je suis confiante que l’Algérie va bénéficier du cadre procuré par le SGDD pour continuer le développement de son système statistique. La participation de l’Algérie devrait aussi encourager d’autres pays de la région à suivre la même voie ».

Le SGDD a été établi par le FMI en 1997. Il procure un cadre approprié afin d’aider les pays à développer un système statistique qui génère des statistiques complètes et précises pour mieux documenter l’analyse et les décisions. L’Algérie est le 95ème pays à participer au SGDD.

 

Stabilité financière et développements du secteur bancaire
en Algérie : leçons à tirer de la crise financière
internationale
par
Dr. Mohammed LAKSACI, Gouverneur de la Banque d'Algérie

Communication à la rencontre avec les Présidents et
Directeurs Généraux
des Banques et des Établissements Financiers

 

1. De la stabilité macro financière

Les performances économiques enregistrées par l’Algérie durant la période 2001-2007 ont confirmé la solidité marquée du cadre macroéconomique, après le retour à la stabilité macro financière en 2000.

 

Malgré un environnement extérieur défavorable, les développements économiques et financiers au cours de l’année 2008 s’inscrivent dans cette tendance, à en juger par :

  • une croissance soutenue du produit intérieur brut (PIB) hors hydrocarbures, estimée à 6 % en 2008 (sensiblement le même taux, 6,3 %, enregistré en 2007), tirée principalement par les programmes d’investissements publics dont le premier a été lancé dès le second semestre 2001. Ces programmes comportent, aujourd’hui, d’importants projets d’infrastructure, contribuant notamment à l’amélioration du climat des investissements des entreprises ;

  • une inflation maîtrisée à 4,3 % en moyenne annuelle à novembre 2008 (contre 3,5 % en 2007) pendant que les tensions inflationnistes se sont accentuées depuis mi 2007 dans les pays émergents et en développement, atteignant, dans certains cas, des taux à deux chiffres en 2007 – 2008 ;

  • une absorption effective par la Banque d’Algérie de la très forte liquidité en excès sur le marché monétaire, par le biais de nouveaux instruments de politique monétaire (reprises de liquidité, facilité de dépôts, …), contribuant ainsi à endiguer l’effet inflationniste de l’excès de liquidités ;

  • une position financière extérieure nette confortable, ancrée sur un niveau de réserves de change qui a atteint 138,345 milliards de dollars EU à fin novembre 2008, alors que la dette extérieure à moyen et long terme n’est plus, à cette date, que d’environ 4 milliards de dollars EU. Les importants remboursements par anticipation de dette extérieure effectués principalement en 2006 ont, en effet, significativement contribué à asseoir le faible endettement extérieur comme élément important de résilience à moyen terme aux chocs externes ;

  • des taux de change effectifs nominal et réel relativement stables et proches du niveau d’équilibre. Sur les onze premiers mois de l’année 2008, en moyenne, le taux de change effectif réel et le taux de change nominal se sont appréciés respectivement de 1% et 2 % malgré l’extrême volatilité des taux de change des pays partenaires ;

  • une situation des finances publiques solide avec un surplus budgétaire global estimé à 9 % du PIB en 2008 contre 4,9 % du PIB en 2007. De plus, l’importante accumulation de ressources dans le fonds de régulation des recettes, soit 4192,5 milliards de dinars à fin novembre 2008 (près de 40 % du PIB estimé pour l’année 2008) conforte la capacité budgétaire de financement du programme d’investissements public, d’autant que la dette publique interne connaît un amenuisement.

 

Ainsi, la stabilité renforcée du cadre macroéconomique, l’important niveau des réserves de change ainsi que les ressources accumulées dans le fonds de régulation des recettes permettent à l’économie algérienne de faire face sereinement aux effets de la crise financière internationale et de la dégradation marquée de la situation économique mondiale. De plus, le risque de contagion financière pure touchant le secteur bancaire est très limité, en raison notamment de la faible, voire l’absence d’exposition du secteur aux marchés financiers internationaux.

 

2. Développements récents dans le secteur bancaire

 

Dans toute économie, le système bancaire et financier joue un rôle déterminant de soutien à l’activité économique. Dans beaucoup de pays émergents et en développement, dont l’Algérie, le rôle des banques dans le financement des investissements productifs est d’autant plus accru en raison du faible niveau de développement des marchés financiers. Il est donc vital pour l’économie, et c’est là l’une des leçons à tirer de la crise financière internationale en cours, que la solidité du système bancaire et financier soit renforcée et préservée. Le renforcement de la régulation et de la surveillance du système, en relation avec les stades de développement financier atteints et les objectifs de développement économique, émerge ainsi comme priorité première dans les missions des organes de régulation et de surveillance, en particulier des banques centrales.

 

2.1 En Algérie, le développement du secteur bancaire a été marqué par une série de réformes engagées depuis la promulgation de la loi bancaire de 1990. Il s’agit, entre autres, de la mise en place de la réglementation bancaire et prudentielle conforme aux standards internationaux, de l’assainissement des banques publiques et leur développement fonctionnel, de la mise en place des organes de supervision bancaire et leur renforcement en permanence et de l’ouverture du secteur aux capitaux privés nationaux et étrangers.

 

Les premières réformes financières engagées au cours des années 1990 se sont accompagnées par des défaillances de petites banques privées, voire la faillite de certaines d’entre elles, débouchant sur des retraits d’agrément entre mi 2003 et début 2006 et l’indemnisation des déposants au moyen des ressources du fonds de garantie des dépôts.

 

C’est dans un tel contexte d’assainissement du secteur bancaire et en application des dispositions de la nouvelle loi bancaire (ordonnance du 26 août 2003), que des réformes additionnelles ont été entreprises. Ces réformes, engagées dans une situation macroéconomique favorable et visant la stabilité et l’intégrité du système bancaire, ont porté notamment sur :

  • le renforcement des conditions d’entrée dans le secteur et le relèvement du capital minimum des banques et établissements financiers ;

  • le renforcement de la supervision des banques et établissements financiers et la mise en place des indicateurs d’alerte précoce ;

  • la modernisation et le développement des systèmes de paiement, à savoir le RTGS mis en production en février 2006 et le système de télé-compensation en mai 2006. Aussi, l’amélioration des systèmes d’information des banques et la mise en place d’un réseau de télécommunication d’abonnés privés sûr, fiable et sécurisé entre la Banque d’Algérie et les banques ont permis une amélioration significative des services bancaires de base ;

  • le développement de différents segments du marché de crédit (crédit hypothécaire, crédits aux PME, crédit bail immobilier,…) et l’amélioration du fonctionnement des centrales des risques et d’impayés. De plus, un projet de modernisation intégré des centrales, y compris la centrale des crédits aux particuliers, en tant que nouveau compartiment des centrales intégrées, est en cours de mise en œuvre et vise l’amélioration de la gestion des risques par les banques et établissements financiers.  

 

En plus de ces réformes majeures, des actions ont été menées par l’Etat propriétaire des banques publiques pour améliorer leur gouvernance (contrat de performance avec les présidents des banques publiques, conventions Etat/administrateur,..) et assurer la mise à niveau de leurs fonds propres et ce, en plus de l’assainissement de leurs portefeuilles.  

 

 

2.2 Sous l’angle des résultats atteints, l’approfondissement des reformes bancaires, principalement entre 2003 et 2008, a permis le renforcement de la stabilité du secteur bancaire. En particulier, sa résilience aux « chocs » s’est relativement consolidée, en contexte d’amélioration progressive de l’intermédiation bancaire et de l’augmentation de l’efficacité fonctionnelle des banques publiques. Ainsi, l’enjeu pour le secteur bancaire algérien réside dans son développement plutôt que dans sa stabilité. S’agissant d’un secteur bancaire à prédominance publique sous l’angle des actifs et des dépôts, le soutien apporté par l’Etat aux banques publiques durant les quinze dernières années a joué un rôle important en la matière. Ce soutien financier de l’Etat est évalué à 2,6 % du produit intérieur brut en moyenne annuelle pour la période 1991-2002 et 1,7 % pour les années 2005-2006.

   

La principale caractéristique du secteur financier en Algérie est qu’il reste à vocation bancaire, même si le compartiment obligataire du marché financier s’est rapidement développé à partir de 2004 pour atteindre, à fin 2007, une capitalisation de 3,1% du PIB hors hydrocarbures. Le secteur bancaire reste donc le principal canal de financement des entreprises et des ménages, dans un contexte macro économique d’excès de l’épargne sur l’investissement.

 

A fin novembre 2008, le secteur bancaire algérien comprend six banques publiques, quatorze banques privées à capitaux étrangers (contre douze à fin 2007), une banque spécialisée dans la distribution de crédits à l’agriculture et cinq établissements financiers (contre six à fin 2007). Ces derniers, conformément à la législation en vigueur, ne collectent pas de dépôts auprès du public. Le réseau d’agences des banques publiques et privées augmente progressivement, soit, en 2007, un guichet bancaire pour 25700 habitants (7870 personnes en âge de travailler). Le taux de bancarisation sous l’angle du développement du réseau reste encore faible comparativement au niveau atteint dans les pays dont le développement est proche de celui de l’Algérie.

 

Sous l’angle de la solvabilité des banques, et à fin 2007, le ratio fonds propres/risques encourus se situe en moyenne à 12,85 % contre 15,15 % à fin 2006 ; les banques ayant provisionné davantage en 2007. Le ratio de couverture des risques se situe entre 11,3 % et 20 % pour les pays de la rive sud de la méditerranée, sachant que le ratio réglementaire est de 12 % dans certains de ces pays. Par ailleurs, le ratio fonds propres de base/total des actifs nets des provisions constituées est de 6,39 % à fin octobre 2008 pour les banques exerçant en Algérie, soit un niveau relativement faible par rapport au taux moyen des pays de la région. Cette faiblesse des fonds propres de base des banques exerçant en Algérie est confirmée par le niveau du ratio fonds propres de base/total des engagements qui est estimé à 6,43 % à fin octobre 2008.        

 

En terme de taille du secteur bancaire, à la lumière des ratios utilisés au niveau international, le premier indicateur représenté par le ratio masse monétaire M2/produit intérieur brut montre une expansion progressive du secteur bancaire en Algérie : 53,8 % en 2005, 56,7 % en 2006 et 64,4 % en 2007. Ce ratio est estimé à   62,1 % à fin 2008, en raison d’un fort recul du taux de croissance de M2 à 14 % contre 24,2 % en 2007. Le niveau de ce ratio ne traduit pas pleinement le développement du secteur bancaire en Algérie, car une partie de l’épargne budgétaire est accumulée dans le Fonds de régulation des recettes, c'est-à-dire de la monnaie centrale qui ne fait pas partie de la masse monétaire M2 (monnaie au sens large). En intégrant ce type de monnaie centrale dans M2, pour rendre le ratio comparable à ceux des pays de la région, l’indicateur atteint  99 % en 2007 contre 93 % en 2006 et 78,2 % en 2005. Pour l’année 2008, il est estimé à 100,2 %. A fin 2007, le ratio M2/PIB est de  65,4 % pour la Tunisie et 104,8 % pour le Maroc.

 

Le second indicateur du développement du secteur bancaire, représenté par le rapport entre le total des actifs des banques et le produit intérieur brut, se situe pour les banques en Algérie à 69,2 % en 2007 contre   60,7 % en 2006 et 54,7 % en 2005. Il est estimé à 67 % en 2008. Ce ratio est plus élevé, en prenant le total des actifs hors dépôts du secteur des hydrocarbures qui sont en dernier ressort auprès de la Banque d’Algérie, et rapporté au PIB hors hydrocarbures, soit 99,3 % en 2007 contre 95,8 % en 2006 et     86,4 % en 2005. Ce ratio qui traduit mieux l’effort du financement bancaire de l’économie nationale est estimé à 100,8 % pour l’année 2008.

 

Avec le développement et la modernisation des systèmes de paiements en 2006, le RTGS traitant un montant moyen quotidien de 2363 milliards de dinars en 2008 et la télé compensation un nombre moyen quotidien d’opérations compensées de 38357, la qualité des services bancaires s’est progressivement améliorée à en juger par :

  • la diminution des délais de recouvrement des instruments de paiements ;

  • la gestion et le suivi régulier des comptes de la clientèle ;

  • et les progrès en matière d’analyse, de suivi et de maîtrise des risques bancaires.

 

Corrélativement, le management des banques publiques connaît une amélioration impulsée par l’Etat actionnaire.

 

En tant que troisième indicateur de la taille du secteur bancaire, la collecte des ressources a progressé relativement au produit intérieur brut : 39,1 % en 2005, 41,3 % en 2006, 48,5 % en 2007 et 46,8 % estimé à fin 2008. Ce ratio ajusté, c'est-à-dire « dépôts hors hydrocarbures/PIB hors hydrocarbures », est passé de 58,5 % en 2005 à 60,1 % en 2006, puis de 62,4 % en 2007 à un niveau estimé à 63,9 % en 2008. Un tel ratio ajusté exprime mieux l’effort de collecte de l’épargne financière par les banques en Algérie. Pour les pays de la rive sud de la Méditerranée et à fin 2007, cet indicateur se situe entre 45,4 % pour la Syrie et 119,1 % pour la Jordanie.   

 

Le quatrième indicateur portant sur l’intermédiation bancaire, vue sous l’angle du ratio crédits à l’économie (y compris crédits rachetés par l’Etat par obligations émises et non remboursées)/PIB hors hydrocarbures (le secteur des hydrocarbures s’autofinançant), passe de 54,2 % en 2005 à 53,8 % en 2006 et 52,9 % en 2007. Pour l‘année 2008, ce ratio est estimé à 52,5 %, témoignant de la bonne reprise des crédits à l’économie alloués notamment aux financements des investissements et ce, malgré le remboursement par anticipation d’une partie des crédits rachetés par le Trésor. Pour les pays de la rive sud de la Méditerranée et à fin 2007, cet indicateur évolue entre 36,3 % pour la Syrie et 106 % pour la Jordanie. Certains pays de la région ont plus développé les crédits aux ménages.

 

L’encours des crédits au secteur privé par rapport au total des crédits distribués a progressé significativement, passant de 44 % en 2004 à 53 % en 2007 et 55 % en octobre 2008 ; l’année 2008 enregistrant une croissance des crédits à l’économie de 14 %. En conséquence, le ratio crédits au secteur privé/PIB hors hydrocarbures est passé de 17,6 % en 2004 à 21,3 % en 2005 et 23,3 % en 2007. Son niveau est estimé à 23,3 % en 2008, soit une stabilisation.

 

Le niveau des crédits aux entreprises privées et ménages enregistre un trend haussier, à en juger par le niveau atteint par l’encours des crédits au secteur privé qui excède celui des crédits au secteur public. A fin 2007, le total des crédits se repartit à concurrence de 47 % de crédits au secteur public et 53 % de crédits au secteur privé, alors que la part secteur privé a atteint jusqu’à 55 % à fin octobre 2008. Il est utile de rappeler qu’à partir de l’année 2006, les banques conduisent des montages financiers pour de grands projets d’investissement, de sorte que les crédits à moyen et long terme atteignent 54,2 % du total des crédits distribués à fin octobre 2008 contre 51,3 % à fin 2007 et 48,1 % à fin 2005.  

 

L’expansion des crédits bancaires à l’investissement ces dernières années se conjugue, cependant, avec des crédits compromis au titre des crédits anciens concentrés qui font l’objet d’importants provisionnements. Avec les mesures en cours visant la mise à niveau des entreprises publiques et privées, le niveau de créances compromises est appelé à s’amenuiser.

 

En matière de solidité du secteur bancaire, le taux de profitabilité des banques (cinquième indicateur) est en hausse. Aussi, le ratio ROAA (return on average assets) s’améliore passant de 0,89 % en 2006 à 1,06 % en 2007. Le rendement des actifs des banques en Algérie se situe dans la moyenne des pays de la région. Par ailleurs, le rendement des fonds propres continue à s’améliorer passant de 18,83 % en 2006 à 24,59 % en 2007. Ce niveau place les banques opérant en Algérie dans la tranche supérieure des banques de la région.  

 

Si les actifs liquides relativement au total des actifs restent élevés, passant de 40 % en 2005 à 46 % en 2007 et affectant la profitabilité des banques, notamment des banques publiques, il importe de souligner que le ratio de liquidité (actifs liquides par rapport aux passifs à court terme) est proche de un (0,989 en 2007 contre 0,992 en 2005). Le niveau de ce dernier ratio montre une certaine adéquation entre les ressources et les emplois à court terme, en contexte d’ample liquidité bancaire.

 

La revue de ces indicateurs de développement du secteur bancaire en Algérie permet d’évaluer le degré de résilience du système bancaire, dans le contexte actuel de grave crise financière internationale.

 

3. Impact de la crise financière

 

3.1 Le système financier mondial est en crise depuis plus de quinze mois, avec une intensification à partir de septembre 2008. Pour contenir les effets de cette grave crise financière, les pays développés mettent en œuvre d’importants trains de mesures où les banques centrales se sont d'emblée placées au premier rang en injectant d’importantes liquidités.

 

La crise financière internationale s’est d'abord manifestée comme une crise de liquidité dès août 2007, quand des perturbations sévères sont apparues sur les marchés monétaires dans les pays développés. Le niveau anormal élevé des spreads sur les marchés monétaires et interbancaires, le raccourcissement des maturités ainsi que le rétrécissement, voire même la disparition de certains segments du marché monétaire en témoignent. Si, plus d’un an après, ces tensions sont toujours présentes sur les marchés monétaires dans les pays développés, affectant le financement de l’économie par le biais notamment du resserrement du crédit, il convient de souligner que l’effet de contagion des marchés financiers, monétaires et de change des pays émergents émerge avec acuité au quatrième trimestre 2008.

   

Cette crise est apparue aussi comme une crise de la titrisation, car la titrisation a été utilisée dans des structures financières très instables, finançant à court terme des produits complexes et structurés, très peu liquides et à la valeur très incertaine, pendant qu’une notation favorable et une garantie assurantielle permettaient de rehausser artificiellement leur qualité. L’apparition et la montée des créances non performantes, d’abord les défauts sur les crédits subprime, ont alimenté la crise financière qui perdure jusqu’à aujourd’hui malgré les premières mesures de protection. Ainsi, la liquidité apportée par les banques centrales s'est vite asséchée, alors que la succession de dépréciations d’actifs et des pertes subies érodait la solvabilité des institutions financières de premier rang dont les grandes banques d'investissement ayant abrité une concentration de risques de crédit titrisés. En effet, l’accumulation de dépréciations et de pertes détruit leur capital au point de les conduire à la faillite, à l’exemple de Lehman Brothers.

 

L’ampleur de la crise est telle que, outre les apports de liquidité substantiels par les banques centrales qui ont aussi ajusté leurs cadres opérationnels, les interventions publiques (Trésor) soutiennent, désormais, le financement et les fonds propres des banques. Dans le cadre de plans de sauvetage de leur système financier, les Gouvernements de plusieurs pays développés garantissent le refinancement des banques, afin qu’elles puissent elles-mêmes financer correctement l’économie, tout en les soutenant par la recapitalisation. Les États interviennent donc pour soutenir la solvabilité et la solidité des banques, à ce stade d’intensification de la crise financière où les problèmes de liquidité restent cruciaux.

 

Au total, les dépréciations d’actifs et les pertes subies annoncées par un nombre de grandes banques internationales sont évaluées par la Banque des Règlements Internationaux à 650 milliards de dollars. Le Fonds Monétaire International, pour sa part, estime les dépréciations d’actifs et les pertes subies par les grandes banques internationales, liées au marché financier américain, à plus de 1400 milliards de dollars. Par ailleurs, la Banque d’Angleterre estime à 2800 milliards de dollars (aux prix courants) les pertes inhérentes au « market to market » pour une série de titres et instruments du marché de crédit aux Etats-Unis, dans la Zone euro et au Royaume Uni.        

 

La propagation rapide des effets de la crise financière, avec son intensification à partir de septembre 2008, aux économies émergentes a concerné, dans une large mesure, trois catégories de pays. Les pays avec des déficits de comptes courants extérieurs qui éprouvent des difficultés grandissantes pour mobiliser les financements extérieurs requis, compte tenu de la très forte contraction des financements extérieurs et du durcissement brusque de leurs conditions. Les pays ayant une importante dette extérieure à court terme (engagements à court terme des banques) et qui doivent faire face à des paiements de service de dette extérieure significatifs à courte période, au titre des niveaux élevés des dettes des entreprises libellées en devises étrangères. Dans plusieurs cas, une forte expansion de crédits bancaires a été financée par des emprunts sur le marché bancaire international. Enfin, il faut relever le cas des pays producteurs de produits de base et de matières premières qui ont dépensé plutôt qu’épargné les surcroîts de ressources inhérents aux prix élevés de ces produits.             

 

L’acuité de la contagion rapide des marchés émergents a vite fait émerger les problèmes de financements extérieurs de certains pays émergents qui connaissent une crise de balance des paiements extérieurs et ont même dû recourir, dès octobre 2008, aux financements exceptionnels du Fonds Monétaire International. Pour faire face aux demandes de financements et affronter la crise financière actuelle, le FMI a créé, le 29 octobre 2008, la « facilité de liquidité à court terme », permettant un décaissement rapide jusqu’à 500 % de la quote-part, au profit des pays membres dotés de solides politiques économiques mais qui se trouvent confrontés à des problèmes de liquidité sur les marchés mondiaux des capitaux.

 

Par ailleurs, pour contribuer à améliorer les conditions de liquidités sur les marchés financiers mondiaux ainsi que la levée de financements en devises par certains pays, la Réserve Fédérale des Etats-Unis, la Banque Centrale du Brésil, la Banque du Mexique, la Banque de Corée et les autorités monétaires de Singapour ont annoncé, le 29 octobre 2008, la mise en place de « swaps » temporaires de devises (accords de crédit réciproques). De plus, afin de permettre à certaines banques étrangères d’obtenir des liquidités en francs suisses, la Banque Nationale Suisse et la Banque Centrale Européenne ont conclu un accord swap.

Sous l’angle de la surveillance et de la supervision des systèmes financiers des pays développés, la crise a mis en évidence la nécessité de repenser les fondements de la réglementation bancaire et financière, de renforcer la gestion des risques et de revoir l’organisation des marchés financiers. Il s‘agira, en particulier, de porter l’attention sur l’architecture de la supervision, avec une interaction plus forte entre la supervision et le rôle de prêteur en dernier ressort de la Banque Centrale. Il importe aussi d’intégrer dans la supervision des objectifs de stabilité non pas seulement des institutions, mais du système financier dans son ensemble, en développant une politique dite macroprudentielle.

 

3.2 La revue des indicateurs de stabilité financière montre que les risques purement financiers de contagion sont très limités pour l’Algérie qui, ces dernières années, a :

  • mené une gestion prudente des réserves de change (absence d’investissement dans les actifs risqués), en veillant à l’objectif stratégique d’immuniser les portefeuilles d’actifs (réserves officielles de change) contre toute perte de capital. Dans le respect de ce cadre de gestion prudente, le taux de rendement réalisé par la Banque d’Algérie a atteint 4,6 % en 2007 ;

  • réduit fortement l’endettement extérieur en 2005 – 2006, après avoir limité fortement les flux d’endettement extérieur dès le début des années 2000. En particulier, les engagements des banques opérant en Algérie envers l’étranger représentent moins de 1 % de leurs ressources et l’encours de la dette extérieure à moyen et long terme n’est plus que de 3,9 milliards de dollars à fin novembre 2008 ;

  • épargné une partie des surcroîts de ressources budgétaires, avec une épargne budgétaire supérieure à 20 % du PIB en moyenne annuelle pour les années 2005-2007 ;

  • accumulé d’une manière soutenue des ressources au niveau du fonds de régulation des recettes ;

  • privilégié le financement interne (en dinars) de l’économie, vu l’excès d’épargne sur l’investissement matérialisé, notamment,     par le caractère structurel de l’excès de liquidité sur le marché monétaire ;

  • développé le segment obligataire du marché financier, sans recourir aux investissements de portefeuille des non résidents.  

Ancrée sur ces différents acquis, la nécessaire poursuite de l’amélioration de l’intermédiation financière permettrait de mieux canaliser la très forte épargne nationale vers les investissements productifs en soutien à une croissance forte et durable, d’autant plus que le taux d’épargne national est historiquement élevé ces dernières années (57,2 % en 2007 contre 55 % en 2006 et 52 % en 2005). De plus, les banques sont appelées à faire des efforts plus soutenus en matière de financement du développement des PME, pour mieux contribuer à la diversification de l’économie.

 

En terme de capacité d’épargnes financières, les ressources nettes du fonds de régulation des recettes (4192,5 milliards de dinars à fin novembre 2008) et l’excès de liquidité des banques (2418 milliards de dinars à fin novembre 2008) permettront de financer les dépenses d’investissement de l’Etat et de couvrir les flux de crédits bancaires sains à l’économie sur une période de plus de deux ans, même à un rythme supérieur à celui enregistré en la matière en 2008.

 

La nécessaire efficacité fonctionnelle des banques, en tant qu’important élément de résilience du secteur bancaire en Algérie, dans cette situation d’excès de liquidités, exige des progrès additionnels de leur part tant au niveau du suivi des risques de crédit qu’au niveau de la gestion des risques opérationnels. Sous l’angle de leur solidité financière, un niveau approprié de fonds propres de base reste l’élément majeur de nature à endiguer les risques potentiels de vulnérabilité pour les banques, car il est attendu une augmentation des crédits aux entreprises ainsi qu’un amenuisement des risques.

 

Pour sa part, la Banque d’Algérie continuera de suivre l’évolution de la conjoncture internationale afin de pouvoir évaluer de la manière la plus adéquate possible les risques potentiels, notamment pour le secteur bancaire dont la contribution à une meilleure allocation des ressources pour l’économie nationale est désormais primordiale. Dans cet objectif et pour réguler le marché monétaire, la Banque d’Algérie utilisera avec flexibilité les instruments pertinents de la politique monétaire, tout en conduisant une politique de taux de change en phase avec l’évolution des fondamentaux de l’économie nationale.   

 

Enfin, l’important niveau des réserves officielles de change permet à l’Algérie de faire face sereinement aux chocs externes, si la crise la crise financière internationale, conjuguée à une récession généralisée au niveau mondial, venait à perdurer, dans la mesure où les Banques Centrales accumulent des réserves de change principalement pour des raisons de politiques de change mais aussi pour se doter de moyens de faire face aux chocs externes et aux crises.

 

Au total, la gestion prudente des ressources au cours des dernières années, en contexte de renforcement progressif de la stabilité du système bancaire et financier, permet à l’Algérie d’appréhender aujourd’hui avec sérénité ses objectifs économiques de moyen terme. Il demeure, cependant, que la crise financière internationale et la dégradation corrélative de la situation économique mondiale ont pour effet :

 

· de réduire la capacité d’épargne du pays. En effet, l’importante chute des prix du pétrole réduit de manière considérable les recettes d’exportations du pays et, partant, la capacité d’épargne budgétaire. Une faiblesse durable des prix du pétrole se traduirait donc par un fort amenuisement de l’épargne accumulée, ainsi que par une baisse corrélative des réserves de changes ;  

· de réduire le rendement sur le placement des réserves de change, conséquence des taux d’intérêts bas sur les marchés internationaux.

 

Intervention de Monsieur Mohammed Laksaci
Gouverneur de la Banque d’Algérie
Au Comité International Monétaire et Financier

pour l’Afghanistan, l’Algérie, le Ghana, la République Islamique d’Iran,
le Maroc, le Pakistan et la Tunisie
11 Octobre 2008

Depuis notre dernière réunion, la situation économique mondiale s’est considérablement détériorée. La croissance économique mondiale s’est fortement ralentie, notamment aux Etats-Unis et dans beaucoup de pays avancés, qui sont maintenant au bord de la récession. La récente intensification de la crise financière et sa diffusion rapide à d’autres pays, y compris des pays émergents et en développement, assombrissent davantage les perspectives de croissance économique mondiale. Dans ce contexte de choc à l’économie mondiale sans précédent depuis les années 1930 et d’incertitudes accrues, malgré les actions prises récemment dans plusieurs capitales importantes, stabiliser les marchés et rétablir la confiance sont nos principales priorités. Cela dépend crucialement de la coopération et le renforcement de la coordination internationale des politiques, y compris en assurant une liquidité adéquate, en prenant en charge la question des avoirs compromis des banques et celle de la recapitalisation des institutions financières, ainsi qu’en assurant une garantie adéquate des déposant. En parallèle, les politiques monétaires et financières, dans le contexte de tendance à la baisse des pressions inflationnistes, doivent être orientées vers le soutien de la rapide reprise économique, tout en préservant la stabilité budgétaire à moyen-terme.

En tant qu’institution universelle ayant pour mandat de préserver la stabilité monétaire et financière internationale, le Fonds Monétaire International doit jouer un rôle proactif et de premier plan dans la promotion de la coordination et en prodiguant des conseils efficaces. Le FMI doit également se tenir prêt à offrir rapidement, le cas échéant, l’assistance nécessaire aux pays membres pour contenir les effets de diffusion de la crise. Nous accueillons favorablement l’annonce par le Directeur Général de l’activation par le FMI de procédures d’urgence pour répondre rapidement aux demande d’assistance, avec accès élevé aux financement et conditionnalité atténuée. Nous réitérons notre appel pour l’établissement dans les meilleurs délais d’un nouveau instrument de liquidité pour les pays ayant accès aux marchés et ceux souhaitant une plus grande intégration dans l’économie mondiale.

Lorsque la confiance sera rétablie et que la crise sera contenue, les nécessaires leçons devront être tirées afin d’assurer un fonctionnement sain et stable du système financier international. Ainsi que le souligne le Directeur Général, il est dors et déjà clair que d’importants échecs dans les cadres de régulation et de supervision dans les pays avancés, dans la gestion des risques dans d’importantes institutions financières privées, dans les mécanismes de discipline du marché, sont des facteurs principaux dans cette crise et doivent être pris en charge de manière radicale. Il est également très important de souligner que cette crise et ses coûts élevés pour l’économie mondiale ont mis en avant le besoin pour le FMI de regagner le terrain perdu d’accomplissement effectif de son mandat. En particulier, sa mission centrale de surveillance, notamment des économies et marchés financiers systémiquement important, doit être considérablement renforcée afin de permettre une détection précoce des risques pour la stabilité et de prodiguer à temps des conseils efficaces. A cet égard, il reste encore à faire pour assurer à la surveillance candeur et impartialité, les unes des principales faiblesses qui ont empêché la détection précoce de la crise financière en cours. Enfin, l’efficacité de la surveillance du FMI ne peut être renforcée que si ses recommandation et ses conseils sont pris en considération par tous ses pays membres, particulièrement ceux à importance systémique.

Afin de permettre que les évaluations et conseils du FMI dans ses principaux domaines de responsabilité soient de la plus haute qualité et pertinence, le renforcement des capacités d’analyse et l’expertise du FMI dans ces domaines, y compris à travers le recrutement et la préservation de personnel de haute qualité, est crucial et ne doit pas être entravé par des contraintes budgétaires excessives. Assurer des revenus adéquats et stables pour le FMI constitue également une priorité. A cet égard, il est crucial que soient obtenues dans les meilleurs délais les nécessaires ratifications parlementaires des composantes essentielles du modèle de revenus récemment adopté pour le FMI, à savoir l’extension des pouvoirs du FMI en matière d’investissement et la vente d’une partie de ses avoirs en or. Nous réitérons également nos réserves concernant le paiement par les pays membres, notamment les pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires, de l’assistance technique du FMI.

Tel que souligné à raison par le Directeur Général, en même temps que la crise financière est prise en charge, l’attention doit continuer à être portée à la nécessité de contenir l’impact des prix élevés des produits alimentaires et de l’énergie sur les pays membres les plus vulnérables. A cet égard, nous accueillons favorablement les amendements apportés récemment à la Facilité pour Chocs Externes (FCE) afin d’aider ces pays à faire face aux chocs externes. Nous encourageons le FMI à continuer à jouer un rôle catalytique dans la mobilisation d’une assistance financière plus importante en faveur des pays affectés par les prix élevés des produits alimentaires et de l’énergie, et de leur apporter conseils et assistance technique adéquats, en prenant en compte leurs circonstances et contraintes socio-politiques.

Nous continuons à suivre avec intérêt le travail en cours sur la gouvernance du FMI et nous espérons que cela contribuera à adapter l’institution à l’économie mondialisée et au nouvel environnement financier international et à améliorer la voix et la représentativité des pays en développement dans le processus de décision et de structure de gouvernance du FMI.  

 

Évolutions ÉCONOMIQUES
ET MONÉTAIRE DE L'ALGÉRIE

Intervention du Gouverneur de la Banque d’Algérie,
Dr. Mohammed Laksaci
Devant le Conseil de la Nation

13 juillet 2008

1. Environnement international 

Après l’apparition de graves turbulences sur les marchés financiers internationaux depuis mi -2007,  causant des perturbations financières mondiales et d’importantes pertes pour les banques internationales, la résurgence des tensions inflationnistes représente un second important défi. Les risques d’un ralentissement de la croissance de l‘économie mondiale sont nettement à la hausse. Le taux de croissance de l’économie mondiale attendu pour 2008 serait de l’ordre de 3,7 % contre 4,6 % pour l’année 2007. 

L’ampleur des turbulences sur les marchés financiers internationaux a été telle que la santé de banques de premier rang, en Europe et aux Etats-Unis, reste un motif de préoccupation. En effet, après les importantes pertes annoncées par les banques internationales, il n’est pas exclu que certaines d’entre elles procèdent à d’importantes dépréciations additionnelles. En outre, le désengagement des grandes banques, notamment sous la forme d’un durcissement de leurs conditions de prêt et de crédits, dans un contexte d’aversion générale, de plus en plus marquée, à l’égard du risque sur les marchés financiers est très significatif.

L’ampleur et la persistance de difficultés de financement de banques de premier rang au niveau international ont amené les banques centrales à prendre des mesures exceptionnelles, consistant notamment à : fournir des liquidités pour des échéances plus lointaines ; accepter une gamme bien plus vaste de sûretés ; offrir des facilités à une plus grande diversité d’établissements. De nouvelles facilités ont aussi été instituées afin d’éviter les problèmes d’atteinte à la réputation liés aux facilités permanentes.

La promptitude des banques centrales de pays industrialisés à agir ensemble et vigoureusement afin de pourvoir à la liquidité des marchés financiers a contribué à ce que la crise de liquidité n’empire. Ainsi, ces banques centrales ont pleinement joué leur rôle de pourvoyeur de liquidité. Par ailleurs, dans le cadre du renforcement des mécanismes de surveillance du système financier, les instances en charge de la réglementation et de la supervision se sont appliquées à renforcer la surveillance prudentielle de la gestion de la liquidité.

En matière de renforcement des dispositifs de surveillance, il est utile de souligner qu’au niveau international :

·        le Forum sur la stabilité financière (FSF), après un examen de fond des turbulences sur les marchés financiers, a présenté des recommandations visant, notamment, à rehausser l’adéquation des fonds propres des banques ainsi qu’à renforcer la gestion des risques, instaurer une plus grande transparence (surtout s’agissant des entités de hors-bilan) et améliorer les méthodes de valorisation.

·        le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire, au niveau de la Banque des Règlements Internationaux, a annoncé des initiatives complémentaires destinées à développer la résilience du système bancaire.

La résurgence de l’inflation, à l’échelle mondiale, constitue un second défi, car l’augmentation de l’indice général des prix est désormais proche de 4,7 %, tirée par la hausse des prix du pétrole et des produits alimentaires. Le taux d’inflation au niveau mondial était de 3,6 % pour l’année 2007. Ces tensions inflationnistes sont réapparues au moment même où les risques d’un ralentissement de la croissance mondiale sont patents en 2008.

Les économies émergentes et les économies en développement sont particulièrement affectées par le regain de l’inflation, du fait que les prix des produits alimentaires ont une incidence bien plus importante sur l’inflation dans les pays à revenu faible et moyen ; l’alimentation y occupant une plus grande place dans les dépenses de consommation des ménages. 

La résurgence de l’inflation, particulièrement l’envolée des prix des produits alimentaires de base, constitue un choc de grande ampleur pour les pays africains à faible revenu, mettant en danger les programmes de réduction de la pauvreté.

2. Position financière extérieure 

Avec le retour à l’équilibre macro financier dès le début des années 2000, la viabilité de la balance des paiements a emérgée en tant que socle en la matière. Sa consolidation au cours des années 2001 à 2007 est renforcée par l’environnement externe favorable en terme d’évolution des prix des hydrocarbures. En effet, le prix moyen de baril de pétrole brut est passé de 65,85 dollars en 2006 à 74,95 dollars en 2007, soit un accroissement de 13,8%.

2.1 Viabilité de la balance des paiements

L’année 2007 se caractérise, sous l’angle de la position extérieure, par une forte amélioration du solde global de la balance des paiements par rapport à l’année 2006 qui avait déjà enregistré des performances remarquables. L’excèdent global (29,55 milliards de dollars) a largement dépassé le surplus de l’année 2006 (17,73 milliards de dollars) dans un contexte de forte croissance des importations des biens et services. L’année 2007 se distingue de plus par un nouveau phénomène, à savoir que l’excédent global de la balance des paiements est proche du surplus courant extérieur qui est estimé à 30,60 milliards de dollars.

Les exportations des hydrocarbures sont évaluées à 59,61 milliards de dollars en 2007, soit une accroissement de 11,2 % et cela, malgré la baisse des exportations en volume. La part des associés de l’entreprise nationale des hydrocarbures est en baisse (3,90 milliards de dollars) par rapport au niveau atteint en 2006 (5,29 milliards de dollars). Cette tendance est liée au mécanisme de la taxe sur les profits exceptionnels qui a été instaurée en juillet 2006.

Par ailleurs, les exportations hors hydrocarbures demeurent faibles en 2007 (0,98 milliard de dollars), même en recul par rapport à l’année 2006 (1,13 milliard de dollars). La contribution des exportations hors hydrocarbures à la viabilité de la balance des paiements courants est très faible, ce qui pose avec acuité la nécessaire amélioration de la compétitivité externe face à l’ouverture accrue de l’économie nationale.

Le trend haussier des importations de biens entre 2003 et 2007, avec une relative pause en 2006,  est un autre phénomène qui caractérise la balance courante notamment en 2007 où le taux de croissance en la matière a été de 27,4 %. Le niveau des importations  a ainsi atteint  26,35 milliards de dollars contre 20,68 milliards de dollars en 2006 et 13,32 milliards de dollars en 2003. Pour l’année 2007, l’augmentation des importations est importante aussi bien pour les semi-produits (44 %) que pour les produits alimentaires (30,3 %) et les biens d’équipement industriels et agricoles (17,2 %). L’importante augmentation de l’importation des produits alimentaires est due en grande partie à l’envolée des prix de ces produits sur les marchés internationaux.

En outre, l’année 2007 se caractérise aussi par une très forte augmentation (45 %) des  importations des services non facteurs (6,93 milliards de dollars en 2007 contre 4,78 milliards de dollars en 2006). Cette augmentation concerne l’importation des services de bâtiment et travaux publics, des services techniques et des services de transport maritimes et aériens. Cette tendance haussière est liée, notamment, à l’augmentation du taux d’investissement (investissement/PIB) : 35 % en 2007 contre 29,7 % en 2006. Cela est corrélé avec l’exécution du budget d’équipement de l’Etat.

Il importe de souligner que l’effet positif de la forte réduction de la dette extérieure en 2005 - 2006 est bien exprimé au niveau des services facteurs (paiement des intérêts) qui passent de 0,76 milliard de dollars en 2006 à seulement 0,23 milliard de dollars en 2007 et au niveau du compte capital où les remboursements en principal de la dette extérieure ne s’élèvent plus qu’à 1,28 milliard de dollars contre 12,87 milliards de dollars en 2006.  Ainsi, avec un faible déficit en 2007, le compte capital est désormais marqué par une tendance à l’équilibre, d’autant plus que la rubrique investissements directs étrangers (nets) est au-dessus d’un milliard de dollars les trois dernières années.

Au total, la position financière extérieure s’est particulièrement caractérisée en 2007 par un solde global de la balance des paiements qui représente presque le double de celui réalisé en 2006 et 2005. Cette performance est d’autant plus appréciable que cet excédent global est voisin de l’excédent de la balance courante ; ce dernier alimentant de facto les réserves officielles de change.

L’encours des réserves officielles de change est passé de 77,781 milliards de dollars à fin 2006 à 90,960 milliards de dollars à fin juin 2007 et à 110,180 milliards de dollars à fin 2007.

L’accroissement soutenu du niveau des réserves officielles de change, ces dernières années, s’est conjugué avec une diversification des devises de placement pour mieux gérer le risque de change entre les principales devises. La conduite de cette diversification corrélativement à la poursuite d’une gestion prudente des réserves en termes de niveau de risques inhérents aux instruments de placement a permis à la Banque d’Algérie de faire face aux turbulences sur les marchés financiers internationaux. De plus, la Banque d’Algérie a augmenté davantage les placements dans les actifs non risqués, même si le rendement de certains de ces instruments est conjoncturellement à la baisse.   

Vu l’acuité des turbulences sur les marchés financiers internationaux et leurs effets négatifs sur les économies en développement, le niveau important des réserves officielles de change et la stabilisation du taux de change effectif réel du dinar, en contexte de viabilité à moyen et long terme de la balance des paiements, constituent une double garantie face à de tels chocs externes.

2.2 Soutenabilité de la dette extérieure

Après de rééchelonnement de la dette extérieure auprès du Club de Paris et du Club de Londres entre 1994 et 1998, pour faire face à l’acuité du poids de l’endettement extérieur, l’amélioration de la position financière extérieure de l’Algérie à partir de 2000 a permis de ramener les indicateurs de la dette extérieure à des niveaux soutenables particulièrement depuis 2004 avec la mise en œuvre des remboursements de la dette extérieure par anticipation.

La poursuite des remboursements par anticipation au cours des années 2005 et 2006 a permis une forte réduction de la dette publique extérieure, témoignant du succès de la politique de désendettement extérieur de l’Algérie et du niveau de sécurité financière extérieure.

L’encours de la dette extérieure à moyen et long terme n’est plus que de 4,889 milliards de dollars à fin 2007, soit seulement 3,6 % du produit intérieur brut. Après une relative stabilisation de 2001 à 2003 autour de 22,5 – 23 milliards de dollars, le niveau de l’encours de la dette extérieure à moyen et long terme connaît une tendance baissière depuis 2004 passant de 16,485 milliards de dollars à fin 2005 à 5,062 milliards de dollars à fin 2006 et 4,889 milliards de dollars à fin 2007.

Suite au remboursement total des crédits de rééchelonnement, la structure de l’encours de la dette à moyen et long terme par type de crédits à fin 2007 indique une nouvelle tendance où les crédits bilatéraux  représentent environ 80 %. 

En matière de service de la dette, l’année 2007 s’est caractérisée par un très faible ratio (2,26 %).

Au total, la mise en œuvre soutenue de la décision stratégique de réduction de la dette extérieure de l’Algérie, a permis un emploi économiquement efficient des ressources financières disponibles, d’autant plus que les turbulences sur les marchés financiers internationaux depuis mi 2007 ont conduit à un durcissement des conditions de crédit des banques internationales.

3. Evolutions récentes du système bancaire

Avec l’entrée en activité d’une nouvelle banque à fin 2007, le système bancaire, outre la banque centrale, est constitué de vingt-cinq (25) banques et établissements financiers agréés et d’une banque de développement en restructuration.

Les banques publiques prédominent toujours par l’importance de leur réseau d’agences réparties sur tout le territoire national. Mais le rythme d’implantation d’agences des banques privées s’est nettement accéléré ces dernières années.

A fin décembre 2007, le réseau des banques publiques hors la Banque d’Algérie, comprend 1093 agences et succursales et celui des banques et établissements financiers privés 196 agences contre 152 en 2006. Le total des guichets s’établit à 1338, y compris les guichets de la Banque d’Algérie, soit un guichet pour 25700 habitants contre 26200 en 2006 et 26800 en 2005. L’amélioration constatée de la bancarisation sous l’angle de développement du réseau est confirmée par le ratio population active/guichets bancaires, qui est de 7850 personnes en âge de travailler par guichet en 2007 contre 8030 en 2006.

Bien que le niveau de l’intermédiation bancaire s’améliore progressivement, les indicateurs y afférents restent en deçà de ceux atteints dans les pays méditerranéens voisins de l’Algérie. A fin 2007, les crédits à l’économie, y compris les créances non performantes rachetées par le Trésor par émission de titres, représentent 54,6 % du produit intérieur brut hors hydrocarbures.

3.1 Activités et performances

Comme en 2006, l'activité collecte des ressources à vue et à terme des banques, hors dépôts préalables à l’importation, a connu un développement appréciable en 2007 avec une croissance de 27 % contre 19 % en 2006. Les dépôts préalables à l’importation qui ne sont plus inclus, à compter de 2007 (dépôts bloqués) dans la masse monétaire (M2) sont aussi en forte augmentation en 2007 (68 %).

De plus et comme pour l’année 2006, dans l’encours des dépôts du secteur privé et ménages, la part des dépôts à terme demeure importante (71,2 % à fin 2007 contre 74,2 % à fin 2006 et 79,3 % à fin 2005) alors que dans les dépôts collectés auprès du secteur public, la part des dépôts à vue prédomine (83,9 % à fin 2007 contre 76,1% à fin 2006 et 67,9 % à fin 2005).

A l’instar des années précédentes, l'année 2007 s'est caractérisée par la croissance appréciable des moyens d'action des banques (dépôts à vue, dépôts à terme en dinars). Les taux de croissance de ces dépôts a été appréciable (31 % contre 20 % en 2006) dans un contexte de forte amélioration de la liquidité bancaire partiellement due à l’évolution des dépôts des entreprises des hydrocarbures. L’évolution des dépôts en devises collectés par les banques a accusé une baisse en 2007 de  2,9 % contre une croissance de 3,9 % en 2006.

En ce qui concerne l'allocation des ressources collectées par les banques, la distribution des crédits à l'économie est en hausse mais cette hausse s’est conjuguée avec l’augmentation relative des créances à risques.

Dans le total des crédits distribués, la part des banques privées est en progression. Bien que lente, cette évolution, plus particulièrement en 2007, est appréciable (11,5% contre 9,3% en 2006). Elle porte sur le financement des entreprises privées et ménages.

Le total des crédits distribués par les banques y compris les créances non performantes rachetées par le Trésor en 2005-2007 est passé de 1994,9 milliards de dinars à fin 2006 à 2298,6 milliards de dinars à fin 2007, soit un accroissement de 15,2 % contre 12,1 % en 2006. Les crédits au secteur privé se sont accrus de 15 % et les crédits au secteur public de 15,4 %. La part des crédits au secteur privé dans l'encours total des crédits distribués par les banques est resté stable entre 2006 et 2007 (52,9 %).

L'encours des crédits distribués au secteur public, y compris les crédits rachetés par le Trésor, reste important avec 47,2 % du total des crédits à l'économie, soit 43,4 % en crédits directs et 3,8 % en achat d’obligations émises par les entreprises publiques, contre 47,1 % en 2006 (42,2 % en crédits directs et 4,9 % en achat d’obligations).

Sous l’angle de l’encours de crédits distribués par les banques à fin 2007 hors créances rachetées par le Trésor public, les crédits à moyen et long terme représentent 51,2 % de l’encours de crédits contre 48,8 % pour les crédits à court terme. Il s’agit d’une nouvelle tendance amorcée à compter de 2006, due à l’évolution importante des crédits à long terme distribués pour financer les investissements dans le secteur de l’énergie et de l’eau mais aussi l’achat de logements et autres biens durables par les ménages. En ce qui concerne les crédits hypothécaires, leur encours passe de 94 milliards de dinars à fin 2006 à 110,6 milliards dinars à fin 2007.

En ce qui concerne la rentabilité des banques, la rentabilité des fonds propres des banques privées reste supérieure à celle des banques publiques sur la période 2005-2007. Le ratio de rentabilité des fonds propres (return on equity - ROE) des banques publiques s'est beaucoup amélioré pour s’établir à 22,79 % en 2007 contre 17,41 % en 2006 et 5,63 % en 2005 alors que des banques privées ont enregistré un recul de rentabilité en 2006 et une augmentation en 2007 pour s’établir à 28,01 % en 2007 contre 23,40 % en 2006 et 25,43 % en 2005.

L’amélioration de la rentabilité des banques en 2007, aussi bien publiques que privées, en contexte de relative stabilité de leurs fonds propres, résulte de l’augmentation de leurs résultats.

Le taux de rendement des actifs est aussi supérieur dans les banques privées comparativement à celui enregistré dans les banques. Le taux de rendement des actifs (Return on assets), des banques publiques enregistre une légère hausse en 2007 (0,84 % contre 0,75 % en 2006) alors que ce ratio des banques privées s’améliore nettement en 2007 passant de 2,49 % en 2006 à 3,21 % en 2007.

3.2 Contrôle et supervision

Pour assurer l'intégrité et la solidité du système bancaire, le contrôle permanent des banques et établissements financiers, notamment de leurs procédures d'évaluation, de suivi, de gestion et de maîtrise des risques, est  conduit avec rigueur par la Banque d'Algérie et la Commission Bancaire, sur la base de la réglementation édictée par le Conseil de la Monnaie et du Crédit. Ainsi, outre le contrôle sur pièces effectué sur la base des déclarations des banques et établissements financiers transmises à la Banque d'Algérie, des missions de contrôle sur place sont dépêchées auprès des banques et des établissements financiers. L’objectif stratégique est d’assurer un développement ordonné de l’intermédiation bancaire.

Le contrôle sur pièces constitue, pour la supervision bancaire, le premier niveau d’un système d’alerte permettant un meilleur suivi du système bancaire. Le champ de contrôle sur pièces  porte sur l’ensemble des 24 établissements agréés, à savoir 18 banques et 6 établissements financiers.

Dans ce cadre et au cours des années 2002 à 2007, 2558 saisines (relances, suites, demandes d'explications et d'informations) ont été adressées aux banques et établissements financiers assujettis.  Elles concernent, notamment, les retards dans la transmission des reportings, le non-respect des normes, les erreurs et incohérences et des demandes  d’informations.                                            

Les travaux de contrôle sur pièces portent également sur l’examen des rapports de contrôle interne des banques et établissements financiers, dont le dispositif réglementaire a été institué en 2002. Ce dispositif amène les banques et établissements financiers à prendre en charge l'évaluation, la gestion et la maîtrise des risques selon les standards internationaux.

L'amélioration en cours des systèmes d'information des banques, à la faveur de la modernisation des systèmes de paiement, a favorisé la résorption des retards de déclaration et un meilleur  suivi des risques. Cependant, des efforts additionnels sont attendus en la matière.

En ce qui concerne le contrôle sur place,  des missions sont systématiquement programmées et effectuées, dont 101 pour la seule dernière année, sur un total de 409 missions pour la période 2002 – 2007, y compris dans le cadre des ouvertures d’agences. Au cours de cette même période, toutes les banques et tous les établissements financiers ont, ainsi, fait l'objet de contrôle intégral sur place couvrant tous les compartiments d’activité (portefeuilles de  crédits, opérations de commerce extérieur, autres opérations de la clientèle). 

Si les missions sur place, effectuées au titre de l’année 2007, ont confirmé l’existence de risques opérationnels induits par des insuffisances constatées, il est à noter que la prise en charge d’une partie des dysfonctionnements constatés a permis une certaine amélioration.

En ce qui concerne le contrôle a posteriori des opérations de commerce extérieur, les inspecteurs assermentés de la Banque d’Algérie ont procédé à l’établissement, depuis 2003, de  238 procès verbaux d’infraction suite à la vérification. Les procès verbaux ont fait l’objet d’une transmission aux juridictions concernées avec dépôt de plainte.

L’année 2007 a enregistré un nouveau type de contrôle touchant les deux systèmes de payement (ARTS et ATCI). C’est la première inspection de ces deux systèmes qui sont entrés en production durant le premier semestre 2006. Cette inspection a touchée, notamment, l’organisation et les procédures, continuité et sécurité des opérations, ainsi que la maîtrise des incidents et des rejets.

Enfin, au titre du renforcement du contrôle et de la supervision, l’année 2007 a également connu la conduite d’une mission d’inspection sur place pour contrôler la mise en place du dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette mission a concerné, dans une première phase, huit banques. Elle a été précédée par un contrôle sur pièces sur la base d’un questionnaire de la Commission Bancaire adressé, au second semestre 2006, à l’ensemble des banques et établissements financiers.   

4. Situation monétaire 

L’évolution macroéconomique des sept dernières années 2000-2006 fait émerger la persistance de l’excès de l’épargne sur l’investissement en tant que caractéristique structurelle de l’économie nationale. Cet élément distinctif du cadre macroéconomique est confirmé par une position financière solide, élément d’une gestion macroéconomique saine qui a contribué à asseoir une résilience aux chocs externes.               

Dans le cadre de la conduite d’une gestion macroéconomique saine des surcroîts de ressources, la forte réduction de la dette publique extérieure inhérente à l’accélération des remboursements par anticipation en 2006, pour des montants substantiels, s’est même conjuguée avec une accumulation soutenue de ressources du fonds de régulation des recettes. Aussi, le parachèvement de la conduite soutenue de la stratégie de désendettement extérieur a débouché sur une accumulation plus soutenue des réserves officielles de change au cours de l’année 2007, source d’une forte expansion monétaire. Aussi, l’année 2007 s’inscrit dans le nouveau trend de reprise du rythme d’expansion monétaire, atténué en partie par l’ampleur des remboursements par anticipation de la dette extérieure, après le cycle baissier en la matière enregistré entre 2001 et 2004.

C’est dans un contexte de forte expansion monétaire et de reprise de l’inflation en 2007, que la Banque d’Algérie a veillé à résorber l’excès de liquidité au moyen d’une conduite flexible et ordonnée des instruments indirects de politique monétaire.

4.1 Evolutions monétaires

L’analyse de la situation monétaire consolidée au cours de l’année 2007 montre que l’évolution de la masse monétaire continue à être tirée par celle de l’agrégat avoirs extérieurs nets, à mesure que les avoirs extérieurs nets ont dépassé, depuis fin 2005,  les liquidités monétaires et quasi monétaires dans l’économie nationale.

En effet, les réserves officielles de change détenues par la Banque d’Algérie sont la principale source de création monétaire, d’autant plus  qu’elles garantissent largement la masse monétaire au sens de M2. Le processus de monétisation des ressources en devises rapatriées et cédées, de jure en ce qui concerne les recettes d’exportations d’hydrocarbures, à la Banque d’Algérie explicite clairement cette causalité.

L’agrégat avoirs extérieurs nets dans la situation monétaire consolidée a connu une croissance particulièrement forte en 2007, soit un taux de 34,46 %. Cet agrégat est passé de 6419,44 milliards de dinars à fin juin 2007 à 7415,56 milliards de dinars à fin décembre 2007, contre un niveau de 5515,05 milliards de dinars à fin décembre 2006.

Sous l’effet de l’expansion structurelle de l’agrégat avoirs extérieurs nets, l’année 2007 se caractérise par une forte croissance de la masse monétaire, même si le caractère haussier du rythme d’expansion de M2 a été quelque peu atténué par l’ampleur des remboursements par anticipation de la dette extérieure en 2005 et 2006.

Par rapport à cet agrégat à fin décembre 2006 (série de M2 rendue homogène selon la nouvelle définition), l’accroissement s’élève à 24,17 % pour 2007, dont 10,89 % au titre du second semestre 2007. Avec une croissance monétaire supérieure au rythme de 2006 (18,6 %), l’année 2007 s’inscrit donc dans le nouveau trend de reprise du rythme d’expansion monétaire et ce, après le cycle baissier de 2001 à 2004.

Par ailleurs, l’évolution de la structure de la masse monétaire M2 renseigne sur les comportements des principaux agents économiques, surtout dans cette période de reprise de l’expansion des liquidités monétaires et quasi monétaires.  Ainsi, la forte expansion des dépôts des banques, soit 27 % en rythme annuel contre 19 % en 2006, a pour origine plus l’accroissement des dépôts provenant du secteur public que celui provenant du secteur privé.

En termes de structure de dépôts selon les instruments à fin 2007, les dépôts à vue auprès des banques, du Trésor public et des CCP représentent 62,54 % dans le total de dépôts contre 55,84 % à fin décembre 2006, confirmant le trend haussier relativement au ratio de 33,89 % enregistré à fin 2003. La tendance structurelle haussière des dépôts à vue dans la structure des moyens d’actions des banques, les cinq dernières années, est corrélative à l’augmentation importante des dépôts à vue du secteur public en contexte d’excès de liquidités sur le marché monétaire interbancaire. 

Par contre, l’évolution de la structure des dépôts montre clairement le net recul de la part des dépôts à terme en dinars à 32,58 % à fin 2007 contre 37,71 % à fin 2006 et 59,29 % à fin 2003.

L’analyse des rythmes élevés d’expansion de l’agrégat M2 en relation avec le trend du produit intérieur brut nominal est également utile, vu le caractère structurel de l’excès de liquidité. En effet, le taux de liquidité, en tant que ratio M2 moyen/produit intérieur brut, est passé de 52,57 % en 2006 à 57,63 % en 2007, ancrant un nouveau trend haussier. Cependant, hors dépôts du secteur des hydrocarbures, estimés en tant que variable proxy, et par rapport au produit intérieur brut hors hydrocarbures, le ratio de liquidité est stable, soit 84,38 % en 2007 contre 83,75 % en 2006, 83,03 % en 2005, 83,20 % en 2004 et 84,35 % en 2003. Ce dernier ratio est significatif pour l’évaluation des risques d’inflation, afin d’affiner la conduite de la politique monétaire et asseoir durablement la stabilité financière et monétaire.

L’agrégat crédits à l’économie, en tant que deuxième contrepartie de la masse monétaire, s’est accru de 15,22 % en 2007 contre 12,16 % en 2006, parallèlement  à la reprise des rythmes d’expansion de l’agrégat monétaire M2. Même en rythme semestriel, les crédits à l’économie enregistrent une hausse significative en 2007 (9,26 % au second semestre) par rapport à l’année 2006 (6,51 % au second semestre). Cette tendance de l’agrégat crédits à l’économie fait émerger désormais l’importance du « canal » crédit dans la transmission des effets des récents développements monétaires.    

En particulier, l’analyse de la structure des crédits par secteur juridique montre qu’une plus grande part de crédits continue à être allouée au secteur privé. A fin 2007, la part de crédits distribués au secteur privé (52,87 %) est resté stable par rapport au taux atteint à fin 2006 (52,95 %), sous l’effet d’un accroissement moins important des crédits au secteur privé (15,03 %) par rapport  à celui des crédits au secteur public (15,43 %). Cette tendance se conjugue avec une diminution de la part relative des crédits non performants, à mesure que les contrôles des portefeuilles des banques par la Banque d’Algérie et la Commission Bancaire se sont intensifiés.  

De plus, l’évolution des crédits à l’économie, sous l’angle des termes de maturités, témoigne de la poursuite du trend haussier pour les crédits à moyen et long terme destinés au financement des investissements. La  part relative des crédits à moyen et long terme est passée de 49,58 %     à fin décembre 2006 à 51,26 % à fin décembre 2007. Cet élan certain des crédits à moyen et long terme est en phase avec le caractère favorable des conditions de financement bancaire de l’économie nationale, d’autant plus que l’augmentation des crédits d’investissement intervient en complément au fort flux de financement en provenance de la sphère budgétaire au titre des décaissements réalisés sur le budget d’équipement. Cet agrégat est estimé à 1420,1 milliards de dinars en 2007, alors qu’il était passé de 806,9 milliards de dinars en 2005 à 1015 milliards de dinars en 2006. 

Par ailleurs, de nouveaux projets d’investissement mixtes, notamment de type « project finance » dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, ont fait augmenter les crédits à moyen et long terme en tant que nouveau noyau d’absorption de ressources stables des banques. Les crédits hypothécaires ont également enregistré un élan appréciable en 2007.

Compte tenu de la disponibilité de fonds prêtables accrus et des besoins d’investissements productifs, il est attendu que les crédits sains à l’économie augmentent davantage et financent davantage d’entreprises. Aussi, ces possibilités de financement bancaire doivent être conduites par les banques en cohérence avec la nécessaire amélioration de l’évaluation, gestion et maîtrise des risques de crédits. De plus, les mécanismes de garanties de crédits assurés par des organismes spécialisés créés pour faciliter le financement des investissements des PME et l’acquisition de logements par les ménages devraient contribuer au développement des investissements dans les secteurs hors hydrocarbures.   

Il ne s’agit plus seulement d’atteindre l’efficacité fonctionnelle au niveau des banques en la matière, mais de contribuer d’une manière ordonnée à l’ajustement macroéconomique de l’investissement intérieur à l’épargne nationale.       

Au total, la qualité de la stabilité monétaire qui a caractérisé les évolutions monétaires et de crédit, ces dernières années, n'a pas été contrariée par la reprise du taux de croissance monétaire en 2006 (18,60 %) puis en 2007 (24,17 %), d’autant plus que l'inflation fondamentale est restée sous contrôle.

4.2 Marché monétaire et conduite de la politique monétaire

Le développement graduel du marché monétaire au cours des années 1990, période d’ajustement structurel  et de reforme financière, a permis une source de liquidité pour les banques. En effet, le refinancement auprès de la Banque d’Algérie est resté la source de liquidité la plus importante pour les banques et ce, jusqu’au début des années 2000.

Avec l’avènement de l’excès de liquidité depuis 2001, la Banque d’Algérie n’est plus une source d’offre de liquidités aux banques, puisqu’elle développe plutôt, depuis avril 2002, les instruments de résorption de l’excès de liquidité sur le marché monétaire.

Le trend haussier du niveau de la liquidité bancaire matérialise bien le caractère structurel de l'excès de liquidité sur le marché monétaire ; la liquidité bancaire s’étant accrue de 74,48 % en 2007 contre 56,68 % en 2006. L'encours de la liquidité bancaire est donc monté à 2001,18 milliards de dinars à fin décembre 2007, après un passage de 732 milliards de dinars à fin décembre 2005 à 1146,9 milliards de dinars à fin décembre 2006. 

Il est utile de rappeler que la formation de la liquidité bancaire est corrélée, dans une large mesure, à l'évolution de l'agrégat avoirs extérieurs nets qui tire l’expansion monétaire, même si une partie de la monétisation des réserves de change alimente le Fonds de régulation des recettes.   

Face à la liquidité grandissante du système bancaire, le marché monétaire interbancaire a connu une relative reprise de l’activité au cours de l'année 2007 par rapport à 2006, mais bien en deçà de l’encours atteint à fin 2005 (76,4 milliards de dinars).

Pour endiguer l'excès de liquidité structurel et limiter ses effets inflationnistes en 2007, la Banque d'Algérie a intensifié ses interventions sur le marché monétaire au moyen des reprises de liquidité à maturités de 7 jours et 3 mois.  Cet instrument de marché a vu son rôle s’accroître significativement par rapport à la facilité de dépôts rémunérés (facilité permanente)  et la réserve obligatoire, au second semestre de l’année 2007, dans la conduite de la politique monétaire.

L'observation minutieuse du comportement des facteurs autonomes et la maîtrise des techniques de prévision de la liquidité sont indispensables pour une amélioration soutenue de la gestion de la liquidité bancaire, à mesure que l’excès de liquidité sur le marché monétaire est devenu structurel. 

La variation des avoirs extérieurs nets de la Banque d’Algérie, dont le taux d'accroissement est de 33,59 % en 2007 contre 33,12 % en 2006, émerge comme étant la principale variable explicative de l'excès de liquidité sur le marché monétaire, même si une partie de la monétisation des avoirs en devises est de facto stérilisée.

De plus, dans le cadre de la réduction de la dette publique interne, le remboursement par le Trésor, en novembre 2007, de toutes les avances de la Banque d’Algérie a permis une contraction effective d’une source d’expansion de liquidité bancaire.

La circulation fiduciaire hors Banque d'Algérie, qui a émergé comme second facteur autonome en 2007, s'est accrue de 18,78 % contre    17,4 % 2006 et a eu un effet de diminution de la liquidité bancaire pour 203,12  milliards de dinars, soit un effet de contraction plus important que celui de 2006 (160,39 milliards de dinars).

Face à la tendance haussière de la liquidité bancaire, à mesure que la somme des facteurs autonomes d’apport de liquidités est supérieure à celle des facteurs autonomes de ponction de liquidités, la Banque d’Algérie a fortement augmenté les reprises de liquidité à partir de mi juin 2007, les portant à 1100 milliards de dinars après une stabilisation au premier semestre à un montant de 450 milliards de dinars. Par cette décision, la Banque d’Algérie a renforcé le rôle de ses interventions sur le marché monétaire afin d’absorber d’une manière adéquate l’excès de liquidités, tout en laissant aux banques l’initiative pour gérer une partie de leurs excédents de trésorerie au moyen de la facilité de dépôts rémunérés à 24 heures.

En adoptant les objectifs quantitatifs de croissance des agrégats monétaires et de crédit pour 2007, ainsi que la révision de l’objectif cible pour le taux de croissance de M2, le Conseil de la Monnaie et du Crédit a souligné l’orientation désormais prospective de la politique monétaire face au renforcement de l’expansion de M2 et aux risques à la hausse pour l’inflation ; la politique monétaire contribuant à un environnement propice à une croissance durable.

Pour s'assurer de la réalisation des objectifs de la politique monétaire, le Conseil de la monnaie et du crédit a examiné, à deux reprises en 2007, les instruments de conduite de la politique monétaire ainsi que leur pertinence dans un tel contexte d’excès de liquidité structurel. Ainsi, la Banque d'Algérie a été dotée d'une instrumentation monétaire lui permettant de continuer à faire face à ce phénomène structurel, indice de l’existence de risques à la hausse pour la stabilité des prix à moyen terme.

En particulier, dans une période de risques inflationnistes croissants, provenant notamment de l’inflation importée, la gestion de l’excès de liquidités sur le marché monétaire émerge comme préoccupation majeure dans l’élaboration et la conduite de la politique monétaire, à mesure que la fonction de préteur en dernier ressort n’est plus active depuis fin 2001 ; le marché monétaire étant de facto le quasi seul canal de transmission des impulsions de la politique monétaire à l’économie. L’amélioration en 2007, avec l’entrée en production en 2006 des deux systèmes des paiements, de la rapidité et de l’exhaustivité des données relatives à la liquidité bancaire a contribué à la conduite de la politique monétaire par la Banque d’Algérie.              

Dans la conduite de la politique monétaire, et capitalisant sur les efforts soutenus en matière de projection des facteurs autonomes et de prévision de liquidité bancaire,  la Banque d’Algérie a utilisé davantage l'instrument reprises de liquidités au cours de l’année 2007, aussi bien les reprises à sept jours que les reprises à terme (trois mois), laissant l’utilisation flexible de la facilité de dépôts rémunérés à l'initiative des banques.

Le contexte d'excès de liquidité structurel qui a prévalu pleinement en 2007 a fait que la politique monétaire a été conduite principalement au moyen de l'instrument reprises de liquidité, instrument de marché monétaire, ainsi que la facilité de dépôts et ce, dans le but de rendre plus efficace le contrôle des agrégats monétaires avec un accent particulier sur l’agrégat base monétaire en tant qu’objectif d’ordre opérationnel. En effet, maintenir les agrégats monétaires sous contrôle reste un objectif avec une priorité relativement élevée.   

Sous l’angle de la conduite au jour le jour de la politique monétaire, dans le respect du cadre opérationnel définit en la matière, la Banque d'Algérie a stabilisé le montant global des reprises à environ 450 milliards de dinars au cours des cinq premiers mois de 2007, pour ensuite l’ajuster à 1100 milliards de dinars à partir de mi-juin 2007, afin d’absorber davantage de liquidités. Aussi, les reprises de liquidités émergent comme le principal instrument actif de conduite de la politique monétaire, avec un rôle bien accru au second semestre 2007.

Si la facilité de dépôts rémunérés, mise en place en août 2005 par la Banque d’Algérie, est restée un instrument utilisé activement par certaines banques au cours de l'année 2007, afin de stériliser une partie de leur excèdent de trésorerie, son rôle dans la conduite au jour le jour de la politique monétaire a été revue à la baisse d’une manière substantielle à partir de mi juin 2007 au profit de l’instrument reprises de liquidités, instrument de marché. La part relative de l’instrument facilité de dépôts rémunérés dans la résorption de l’excès de liquidités est tombée à 12,42 % à fin juin 2007, alors qu’elle était de 64,43 % à fin mai 2007 et d’environ 54,5 % au premier trimestre 2007.

L’instrument réserves obligatoires, dont le dispositif opérationnel a été redéfini en 2004, a constitué un autre instrument actif tout au long de l’année 2007, représentant entre 17 % et 20 % des liquidités bancaires auprès de la Banque d’Algérie et contribuant ainsi à atténuer l’excès de liquidités en 2007.

Ainsi, la combinaison ordonnée des instruments reprises de liquidité,  facilité de dépôts rémunérés et réserves obligatoires dans la conduite de la politique monétaire par la Banque d’Algérie montre la priorité accordée à l’amélioration de la régulation de la liquidité bancaire, en tenant compte des caractéristiques du moment et de l’évolution du marché monétaire interbancaire.

La Banque d’Algérie applique des taux d’intérêts sur ses trois instruments actifs de politique monétaire dans l’objectif de résorption de l’excès de liquidité. Aussi, en mettant en place une « fourchette » de taux d’intérêt, la Banque d’Algérie accorde de facto une attention grandissante au taux d’intérêt à court terme au niveau opérationnel.       

La conduite ordonnée de la politique monétaire au cours de l’année 2007, caractérisée par la poursuite de la reprise de l’expansion monétaire et des risques inflationnistes croissants, a permis de mener à bien la stratégie de l'objectif d'inflation. Le taux d’inflation de 3,5 %, en moyenne annuelle, pour 2007 est en phase avec l’objectif ultime de la politique monétaire, exprimé en terme de stabilité à moyen terme des prix autour d’un taux d’inflation de 3 %.

En effet, l’inflation importée induite par la forte croissance des prix des produits alimentaires, notamment ceux des céréales et des produits laitiers, conjuguée à l’inflation relevant de causes endogènes, constitue un choc externe pour la stabilité des prix à moyen terme, objectif ultime de la politique monétaire, d’autant plus que l'année 2007 confirme la reprise significative de l'expansion monétaire. 

Enfin, la conjugaison de l'objectif d'inflation avec les objectifs monétaires quantitatifs amène la Banque d'Algérie à affiner de plus en plus la programmation monétaire, notamment infra annuelle, et à utiliser avec flexibilité les instruments appropriés de conduite de la politique monétaire : reprises de liquidité, réserves obligatoires et facilité de dépôts rémunérés.

5. Principales tendances monétaires et financières récentes 

En ce qui concerne l’année 2008, les indicateurs du premier trimestre annoncent des évolutions financières favorables de nature à renforcer davantage les indicateurs macro-financiers et la position financière extérieure de l’Algérie.

En effet, compte tenu des évolutions favorables des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux, les exportations des biens et services au 1er trimestre 2008 sont en forte croissance est s’établissent à 20,83 milliards de dollars, contre 13,77 milliards de dollars au 1er trimestre 2007. Par contre, les importations des biens et services enregistrent une hausse importante (34,1 % globalement) passant de 7,71 milliards de dollars au 1er trimestre 2007 à 10,34 milliards de dollars au 1er trimestre 2008. Cet important accroissement concerne, en particulier, les importations des produits alimentaires  (68%) et des biens d’équipement (47%).

En effet, le solde global de la balance des paiements du 1er trimestre 2008 a atteint un montant de 9,96 milliards de dollars contre 5,35 milliards de dollars au premier trimestre 2007. L’encours des réserves officielles de change à fin mars 2008, y compris l’effet de valorisation de l’Euro et de la Livre sterling, s’élève à 123,46 milliards de dollars, soit un accroissement de 13,38 milliards de dollars au cours du premier trimestre. Ce trend se poursuit, les réserves officielles ayant atteint 125,95 milliards de dollars à fin avril 2008.    

Il est utile de souligner que l’effet positif de la conjoncture favorable des prix des hydrocarbures sur la balance des paiements, 32,5 % d’augmentation des prix au premier trimestre 2008, est en partie absorbée par l’important effet-prix des importations des biens et services dans un contexte de résurgence de l’inflation mondiale. 

Par ailleurs, la viabilité soutenue de la balance des paiements au 1er trimestre 2008 est reflétée au niveau des avoirs extérieurs nets de la Banque d’Algérie à fin mars 2008. Ces avoirs sont passés de 7382,9 milliards de dinars à fin décembre 2007 à 8086,8 milliards de dinars à fin mars 2008.

Les crédits à l’économie, quant à eux, ont augmenté de 4,1 % au premier trimestre 2008 contre 1 % au premier trimestre 2007. Vu l’importance des crédits à moyen et long terme au secteur de l’énergie,   les flux de crédits distribués sont plus importants au profit du secteur public que du secteur privé et ménages.

La masse monétaire a progressé de 4,7 % au premier trimestre 2008 ; les dépôts de l’entreprise des hydrocarbures restant relativement stables ce qui indique l’accélération probable de ses investissements.

Avec la résurgence de l’inflation mondiale, l’inflation importée prend une part accrue dans l’évolution de l’indice des prix à la consommation au niveau interne. Ainsi, et malgré l’effort soutenu de la Banque d’Algérie en termes de reprises de l’excès de liquidité bancaire, l’inflation par les coûts est en hausse. Les pressions inflationnistes sont dues pour une grande partie à la hausse des prix des produits alimentaires importés. En effet, l’augmentation de l’indice des prix à la consommation en moyenne annuelle est passée de 3,5 % en 2007 à 4,47 % à fin avril 2008.  En glissement annuel, par contre, le taux d’inflation s’établit à 5,63 % en mars et 6,44 en avril 2008.

Pour contribuer à endiguer ce nouveau type d’inflation, la Banque d’Algérie poursuit la stabilisation du taux de change effectif tout en conduisant avec rigueur les actions de politique monétaire. Dans un tel contexte de chocs externes, les mesures budgétaires sont de nature à conforter la stabilité macro financière, nécessaire pour une mise en œuvre ordonnée du développement économique et sociale. 

 

 

Intervention de Monsieur Mohammed Laksaci Gouverneur de la Banque d’Algérie Au Comité International Monétaire et Financier

pour l’Afghanistan, l’Algérie, le Ghana, la République Islamique d’Iran, le Maroc, le Pakistan et la Tunisie
12 Avril 2008

  Depuis notre dernière réunion, la propagation de la crise des marchés financiers internationaux, liée à l’accentuation de la crise du marché de l’immobilier aux Etats-Unis, a assombri davantage les perspectives économiques mondiales. La croissance économique s’est ralentie davantage aux Etats-Unis et s’est affaiblie dans d’autres pays avancés, reflétant le resserrement persistant des conditions de crédit et une moindre croissance de la demande. Les économies émergentes et en développement sont restées résilientes jusqu’à présent et continuent à tirer l’économie mondiale et à jouer un rôle stabilisateur. Cependant, les risques de dégradation, liés à une crise financière plus profonde et durable et à un ralentissement accentué de la croissance dans les pays avancés, ainsi que les effets de contagion, se sont accrus. En même temps, les pressions inflationnistes sont devenues plus évidentes dans plusieurs parties du monde. Faire face à ces risques requiert des actions décisives de la part des pays avancés pour contrer la crise financière en cours et revigorer la croissance. En particulier, des interventions continues et coordonnées pour desserrer la contraction de liquidités, une meilleure transparence et des règlementations et supervision financières renforcées sont cruciales pour rétablir la confiance et éviter le risque d’un effondrement global du crédit.

Compte tenu de sa nature universelle et de son mandat principal de préservation de la stabilité du système financier international, le Fonds Monétaire International est bien placé pour, et a la responsabilité de, jouer un rôle important en contribuant à faire face à la crise en cours et à contenir ses effets potentiels de contagion. Particulièrement importants sont les efforts pour améliorer la pertinence et la qualité des conseils du FMI, y compris en renforçant la surveillance bilatérale, régionale et multilatérale, particulièrement en ce qui concerne les pays avancés, et en approfondissant l’analyse des développements et des risques dans les marchés financiers ainsi que l’analyse des interconnexions macro-financières. Dans le contexte de la vision stratégique à moyen-terme du FMI, l’accent mis sur ces aspects importants du travail de l’institution va dans la bonne direction. Au vu de l’accroissement des incertitudes et risques globaux, il est tout aussi crucial d’intensifier les efforts pour la mise en place d’un nouvel instrument de liquidité en faveur des pays ayant accès aux marchés financiers et ceux recherchant une plus grande intégration à l’économie mondiale. Pour être effectifs, les plafonds d’accès aux ressources du Fonds au titre de cet instrument doivent être élevés, avec une concentration des décaissements en début de période et des charges réduites.

Nous notons avec une préoccupation croissante les récentes augmentations importantes des prix des produits alimentaires et énergétiques, les défis que cela pose aux décideurs et l’impact considérable sur les populations dans les pays à moyens ou faibles revenus. Nous invitons le FMI à fournir des conseils appropriés pour aider ces pays membres à faire face à cette hausse des prix sans que cela nuise à leur stabilité politique et sociale. Si besoin est, une flexibilité dans la mise en œuvre des programmes et/ou un accès plus important aux ressources du FMI devraient être pris en considération. Nous restons dans l’attente d’une revue de la Facilité pour Chocs Exogènes.

Les propositions de réformes des quotes-parts et voix, telles que récemment approuvées par le Conseil d’administration et soumises au vote des Gouverneurs du FMI, comprennent des éléments positifs qui, pris ensemble, constituent un important premier pas vers l’objectif de renforcement de la légitimité et de l’efficacité du FMI. A cet égard, nous accueillons favorablement la proposition de tripler les droits de vote de base, bien que cela soit loin de corriger l’érosion passée de leur importance relative dans le total des droits de vote. Nous accueillons tout aussi favorablement l’utilisation du PIB-PPP (Produit Intérieur Brut calculé sur la base de la Parité du Pouvoir d’Achat) dans la nouvelle formule, bien que nous estimions qu’un poids plus élevé du PIB-PPP dans la combinaison retenue pour le calcul du PIB reflèterait mieux les réalités économiques et améliorerait la formule. L’augmentation des parts de vote des pays les plus dynamiques, y compris celles de plusieurs pays émergents, ainsi que celles des pays à faibles revenus et autres pays en développement, et qui résultent de ces propositions de réformes des quotes-parts et voix, vont dans le sens des recommandations de la Résolution de Singapour. Il en est de même pour la proposition d’attribution à chacun des deux bureaux représentant l’Afrique Sub-Saharienne d’un poste additionnel d’Administrateur-Suppléant.

Cependant, ces propositions de réformes sont loin de répondre aux attentes de la communauté internationale, à savoir un changement substantiel dans la structure de la gouvernance des institutions de Bretton-Woods, y compris par une redistribution significative des quotes-parts et des parts de vote des pays avancés au profit des pays en développement. En effet, il faudrait plus que la modeste augmentation dans la part de vote des pays en développement, telle qu’elle résulte des propositions de réformes, pour que cet objectif soit atteint. Nous accueillons favorablement la reconnaissance de la nécessité d’affiner la formule, y compris par rapport au mode de mesure des variables «degré d’ouverture» et «variabilité», et espérons que le travail en la matière au sein du Conseil d’administration soit entrepris le plus tôt possible. Nous soutenons l’appel adressé au Conseil d’administration pour recommander des reajustements additionnels des quotes-parts à l’occasion des revues futures des quotas. Finalement, nous estimons que le Comité International Monétaire et Financier (CIMF) peut jouer un rôle utile à même de dissiper les préoccupations et la déception, exprimés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du FMI, au vu du résultat de cette réforme en termes de rééquilibrage des quotes-parts et du pouvoir de vote entre pays avancés et pays en développement. Cela pourrait se faire en indiquant dans le Communiqué du CIMF que les reajustements futurs des quotes-parts devraient donner lieu à davantage de pouvoir de vote aux pays émergents et en développement dans leur ensemble. Dans ce même ordre d’idées, nous réitérons notre appel pour que des efforts soient consentis afin de corriger l’importante sous-représentation de certaines régions, particulièrement l’Afrique et le Moyen-Orient, au sein des services et de la direction du FMI.

Nous prenons note de l’accord auquel a abouti le Conseil d’administration relatif au nouveau cadre de revenus et de dépenses afin de placer les finances du FMI sur un sentier soutenable, orienter ses ressources vers ses principaux domaines d’expertise et contribuer à la modernisation de ses structures et opérations. Sur la base des recommandations du Comité Personnalités Eminentes (CPE), le nouveau modèle de revenus représente un passage de sources de revenus liées aux prêts vers des sources de revenus liées à l’investissement et donc plus prévisibles et plus durables. Tel que le Directeur Général l’a souligné, il est crucial que les nécessaires ratifications parlementaires soient obtenues le plus tôt possible pour permettre la mise en œuvre rapide de composantes essentielles du modèle, à savoir l’extension des pouvoirs du FMI en matière d’investissement et la vente d’une partie de ses avoirs en or. Cela dit, l’introduction d’une autre composante, à savoir l’investissement d’une partie des quotes-parts, source de revenus importante recommandée par le CEP, aurait renforcé la soutenabilité du nouveau modèle. Nous continuons à avoir de fortes réserves en ce qui concerne les remboursements au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) au Compte des Ressources Générales (CRG). Compte tenu de son importance pour les pays en développement, nous avons également des réserves en ce qui concerne la réduction envisagée de l’assistance technique du FMI et l’imposition de frais en la matière. En effet, ce serait donner un signal erroné que les pays à faibles revenus, en particulier, soient amenés à supporter le poids du redressement des finances du FMI.

 

Statement by the Hon. Mohammed Laksaci

Governor of the Bank of Algeria to the International Monetary and Financial Committee

Speaking on behalf of Islamic Republic of Afghanistan, Algeria, Ghana, Islamic Republic of Iran, Morocco, Pakistan, and Tunisia
April 12, 2008

Since our last meeting, the spreading of the turmoil in global financial markets following the

deepening crisis in the US housing market has further dampened global economic prospects. Economic growth in the United States has slowed further and is weakening in other advanced countries, reflecting persistent tightening in credit conditions and slower demand growth. Emerging market and developing economies have so far remained resilient and continue to pull the world economy and to play a stabilizing role. However, downside risks from deeper and more protracted financial crisis and further growth deceleration in advanced countries and their spillover effects have increased. At the same time, inflationary pressures have become more evident in many parts of the world. Addressing these risks calls for decisive actions on the part of the advanced economies to counter the ongoing financial crisis and reinvigorate growth. In particular, continued and coordinated interventions to ease the liquidity squeeze, improved transparency, and strengthened financial regulation and supervision are crucial to restoring confidence and avoiding the risk of a global credit crunch.
In view of its universal nature and core mandate of preserving the stability of the
international financial system, the IMF is well-placed and has the responsibility to play a key role in helping address the present crisis and contain its potential spillover effects. Of particular importance are efforts to improve the effectiveness of Fund advice, including by strengthening bilateral, regional, and multilateral surveillance, especially focusing on the major advanced countries, and deepening the analysis of financial market developments and risks and the macro-financial linkages. The emphasis on these important aspects of the IMF work in the context of its medium-term strategic direction is well-placed. Given the heightened global uncertainties and risks, it is equally crucial to step up efforts to establish a new liquidity instrument for market-access countries and those seeking greater integration into the global economy. To be effective, access limits to Fund resources under this instrument should be high, with front-loaded disbursements and reduced charges. We note with growing concern the recent sharp increase in food and fuel prices, the challenges it poses to policymakers, and its significant impact on the population in middle and low-income countries. We invite the Fund to provide appropriate policy advice to help members face this increase without undermining political and social stability. Where needed, flexibility in program implementation and/or increase in access to Fund resources should be taken into consideration. We look forward to an early review of the Exogenous Shock Facility. The proposed quota and voice reform package, as recently approved by the Executive Board and submitted to the vote of the Governors of the Fund, includes positive elements which, taken together, constitute an important first step toward the objective of enhancing legitimacy and effectiveness of the Fund. In this regard, we welcome the proposed tripling of basic votes, even though past erosion of their relative importance in total votes is far from being corrected. We also welcome the use of PPP-GDP in the new quota formula, although we believe that a higher weight for PPP-GDP in the blend would better reflect economic realities and improve the formula. The increase in the voting shares of the most dynamic countries, including several emerging-market economies, and those of low-income countries and other developing countries, which results from the proposed reform package, is in line with the recommendations of the Singapore Resolution as is the proposal for an additional Alternate Executive Director for each of the two Sub-Sahara African constituencies.

However, the package falls well short of meeting the international community’s expectations

of a significant change in the governance structure of the Bretton Woods institutions, including through a meaningful redistribution of quotas and voting shares from advanced to developing countries. Indeed, it would take more than the proposed modest increase in the voting share of developing countries to achieve this objective. We welcome the recognition of the need to refine the formula, including on the measure of openness and variability, and hope that the Board’s work on this refinement could start as soon as possible. We also welcome the call on the Board to recommend further realignments of quotas on the occasion of future quota reviews. Finally, we believe that the IMFC could play a useful role in allaying concerns and disappointment expressed both within and outside the Fund on the outcome of the reform in terms of rebalancing of quotas and voting power between advanced countries and developing countries. This could be achieved by indicating in the IMFC Communiqué that an outcome of future quota realignments should be a further increase in the voting power of emerging market and developing countries as a whole. In the same vein, we reiterate our call for efforts to address the significant under-representation of some regions in the staff and management of the IMF, particularly Africa and the Middle-East. We take note of the Executive Board’s agreement on a new income and expenditure framework to place the Fund on a sound financial footing, focus resources on its core competencies, and help modernize its structure and operations. Building on the recommendations of the Committee of Eminent Persons (CEP), the new income model represents a move away from lending-based income sources to more predictable and sustainable investment-based ones. As called for by the Managing Director, it is crucial that the needed legislative approval be obtained expeditiously to ensure early implementation of key components of the model, namely the expansion of the Fund’s investment authority and the sale of part of the Fund gold. This said, inclusion of investment of part of quota resources, a key income source recommended by the CEP, would have strengthened the sustainability of the new income model. We continue to have strong reservations regarding PRGF reimbursements to GRA and the planned decline of and charging for technical assistance in view of its crucial role for developing countries. It would be indeed sending a wrong signal if low-income countries, in particular, were to bear the burden of redressing Fund financial position.

 

 

Intervention de monsieur Mohammed Laksaci Gouverneur de la Banque d’Algérie à la Conférence Régionale sur la Globalisation et les Défis et Opportunités auxquels font face les institutions financières maghrébines.

Organisée conjointement par l’Institut International de Finance
et la Banque d’Algérie
Alger, le 18 mars 2008

 

Mesdames, Messieurs,

Notre conférence se tient opportunément dans un contexte mondial marqué par les effets de la crise financière internationale liée à la crise du marché des subprimes aux Etats-Unis. Cette crise et la propagation de ses effets, dont on ne connaît pas encore toute l’ampleur, vient rappeler que la globalisation véhicule, certes, des bienfaits considérables, notamment en termes de développement et de croissance des économies intégrées, mais que dans le même temps, la forte intégration et la complexité croissante des instruments d’intégration, y compris les instruments financiers, comportent des risques majeurs dont la caractéristique principale est leur degré élevé de transmissibilité.

Il convient dès lors, pour des économies encore à un stade modéré d’intégration à l’économie mondiale comme le sont les économies de notre région, d’en tirer la leçon essentielle, à savoir œuvrer en permanence à la mise en place et au développement de systèmes économiques et financiers à même de limiter les effets pervers inhérents au processus d’intégration. En particulier, et s’agissant des systèmes financiers, leur renforcement continu, en conformité avec les meilleures normes, pratiques et règles de fonctionnement, est crucial pour en assurer la stabilité, en améliorer les performances et la compétitivité et en accroître la résilience.

C’est là des conditions indispensables à une intégration saine et forte au système financier international. A cet effet, l’Algérie s’attelle depuis plusieurs années à mettre en œuvre les nécessaires réformes et ajustements structurels à même d’assurer une ouverture ordonnée et une solidité durable du système.  

La mise en œuvre de ces réformes financières s’effectue en situation de renforcement continu de la stabilité macroéconomique, contexte qui a favorisé une croissance économique forte et soutenue, notamment dans le secteur hors hydrocarbures, et une forte réduction du chômage.

Permettez-moi, à cet égard, de rappeler ici quelques indicateurs clés de cette stabilité, notamment la maîtrise de l’inflation, le renforcement des situations budgétaire et extérieure et la stabilisation du taux de change effectif réel à son niveau d’équilibre.

1- La poursuite de politiques budgétaire et monétaire prudentes, en contexte de liquidité croissante inhérente, principalement, à l’accroissement des recettes d’exportation d’hydrocarbures, a permis de contenir l’inflation à un niveau inférieur à 3 % en moyenne sur les cinq dernières années, en deçà de l’objectif de 3 % affiché pour le moyen terme. Le taux de 3,5 % enregistré en 2007 traduit essentiellement la forte poussée des prix à l’importation des produits alimentaires.

La prudence budgétaire s’est manifestée, notamment, à travers l’importante accumulation d’épargne budgétaire dans le fonds de régulation des recettes, en dépit de l’accroissement des dépenses publiques d’équipement inhérentes à la mise en œuvre de l’important programme d’investissement public et de désendettement extérieur anticipé.

La politique monétaire a reposé essentiellement et avec flexibilité sur les instruments indirects d’absorption de l’excès de liquidité (notamment reprises de liquidité et réserves obligatoires). L’excès de liquidité étant devenu structurel depuis 2002, la Banque d’Algérie n’est donc plus intervenue en tant que prêteur en dernier ressort depuis cette date.

2- Le renforcement de la position budgétaire, corollaire d’une gestion prudente des dépenses publiques en contexte d’accroissement substantiel des revenus de la fiscalité pétrolière mais également ordinaire, a conforté la prépondérance de l’épargne budgétaire dans l’épargne intérieure, bien que l’épargne des entreprises et des ménages ait également augmenté. Ainsi, l’excès de l’épargne sur l’investissement s’est progressivement renforcé pour atteindre un ratio de près de 25 % en 2006 (22 % en 2007) contre 13 % en 2004.

Cet excès de l’épargne sur l’investissement à la faveur de l’évolution des prix des hydrocarbures sur les marchés internationaux a eu pour résultat l’augmentation importante et progressive des réserves officielles de change au niveau de la Banque d’Algérie. En même temps et à partir de 2004, l’Algérie a entrepris le remboursement par anticipation d’une grande partie de la dette extérieure. Cette double évolution, à savoir l’augmentation des réserves officielles de change et la forte réduction de la dette extérieure, a eu pour résultat une amélioration considérable de la position financière extérieure nette de l’Algérie.

3- L’amélioration continue de l’intermédiation financière, support essentiel d’une croissance économique forte et durable, repose sur un programme de réformes structurelles exhaustif qui concerne l’ensemble des segments du système financier à des rythmes et séquences tenant compte des  priorités et des développements dans les autres secteurs de l’économie.

S’agissant des réformes bancaires, il y a lieu de noter en particulier :   

· la mise en place d’une réglementation bancaire aux standards internationaux dans divers domaines de l’activité bancaire et couvrant plus particulièrement les principes de Bâle ;

· le renforcement, avec la promulgation de la nouvelle loi bancaire de 2003, des conditions d’agrément des banques. A fin 2007, le secteur bancaire algérien se compose de 26 institutions dont six banques publiques, treize banques privées, six (6) établissements financiers et une banque de développement en cours de restructuration. Le réseau des banques et établissements financiers comprend 1290 agences dont 1045 pour les banques publiques et 190 pour les banques privées ;

· le renforcement du rôle du secteur privé dans le secteur bancaire par le lancement du processus de privatisation et/ou d’ouverture du capital de banques publiques ;

· l’assainissement des banques publiques pour accroître leurs capacités concurrentielles ;

· l’amélioration de leur gouvernance, notamment par la mise en place de contrats de performance liant les dirigeants des banques publiques ainsi que les membres des conseils d’administration de ces banques à l’actionnaire ;

· le renforcement continu de la supervision bancaire tant sous l’angle contrôle sur pièces que sous l’angle contrôle sur place. Le renforcement du contrôle sur pièces porte essentiellement sur l’intensification de l’utilisation des techniques d’alerte avancée et de stress tests afin de mieux appréhender les développements bancaires. Le renforcement du contrôle sur place se fait sous le double aspect du renforcement des équipes de supervision et l’amélioration progressive de leurs capacités d’appréciation, notamment de l’activité de gestion des risques et de management des banques et établissements financiers ;

· la modernisation des centrales d’information sur les risques de crédit afin d’en améliorer la gestion ;

· la modernisation et le développement des systèmes de paiements avec pour objectif ultime de répondre aux exigences d’une économie moderne, réduire les délais de règlement, rationaliser et améliorer les procédures et mécanismes de recouvrement des paiements, renforcer l’efficacité et la sécurité des échanges, assurer la traçabilité des opérations et favoriser le développement des instruments de paiement électroniques. Ces efforts de modernisation se sont traduits, dès 2006, par la mise en place d’un système de règlements bruts en temps réel de gros montants et paiements urgents et d’un système de télé compensation des paiements de masse.

 

A la faveur de la modernisation des systèmes de paiement, les banques ont été amenées à améliorer leurs systèmes internes d’information et de télécommunications permettant, notamment, l’amélioration substantielle de l’évaluation, de la gestion et de la maîtrise des risques bancaires ainsi que le renforcement de la qualité du contrôle interne et des supports de la supervision bancaire.

Enfin, les banques se préparent activement pour appliquer les nouvelles normes comptables internationales pour lesquelles le cadre légal est promulgué ; la mise en place de ces normes étant un préalable incontournable pour le passage aux normes de Bâle II.  En 2008, la Banque d’Algérie accorde une importance particulière à la préparation de l’introduction de ces normes.   

En outre, plusieurs actions ont été entreprises par les autorités pour améliorer l’environnement de distribution de crédits et plus particulièrement des crédits d’investissement aux petites et moyennes entreprises. Des caisses de garantie de crédits ont été créées pour couvrir les crédits d’investissement aux PME-PMI et les crédits hypothécaires. Afin de diversifier le champ de l’activité bancaire, une loi portant sur le capital investissement a défini les conditions d’exercice des sociétés de capital investissement ainsi que les modalités de création de ces sociétés et de leur fonctionnement. De plus, la loi portant création et fonctionnement des coopératives d’épargne et de crédit a défini les modalités de constitution, d’organisation et de gestion de ces nouvelles institutions appelées à développer le segment micro crédits.

Pour améliorer la gestion des risques de crédit, des textes de loi ont été aménagés pour permettre aux banques d’accélérer la réalisation des garanties prises au titre des crédits hypothécaires et la distribution des crédits bail. Dans le même sens, et pour améliorer la maîtrise des risques hypothécaires, une loi sur la titrisation des créances hypothécaires a été promulguée.

4. En termes de performances financières globales, il est utile de noter que :

- la structure de l’épargne financière auprès des banques montre une augmentation rapide de l’épargne du secteur des hydrocarbures mais aussi de l’épargne des entreprises privées et ménages. En effet, l’épargne financière collectée par les banques est en progression appréciable. Le ratio dépôts auprès des banques par rapport au produit intérieur brut est passé de 39 % en 2005 à 46 % en 2007 ;

- le ratio distribution des crédits à l’Etat et à l’économie par rapport au produit intérieur brut s’est situé à 37,5 % en 2005, 36,8 % en 2006 et 35 % en 2007. Le niveau des ressources collectées par les banques reste ainsi supérieur au niveau de distribution de crédits à l’économie et de participation au financement de l’Etat, reflétant une capacité excédentaire de fonds bancaires prétables.

En revanche, des efforts notables ont été faits en termes distribution des crédits au secteur privé. La part des crédits à ce secteur dans le total des crédits à l’économie a, en effet, progressivement augmenté, passant de 43 % à fin 2004 à 53 % à fin 2007.

Par maturité, plus de crédits ont été distribués à moyen et long terme ; la part de ces crédits dans le total des crédits passant de    44 % à fin 2004 à 52 % à fin 2007.

L’activité « project financing » des banques s’est sensiblement développée au cours de l’année 2007, notamment en termes de financement de projets dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.

A noter enfin le développement appréciable au cours des dernières années du compartiment obligataire du marché financier. En effet, les entreprises recourent davantage à ce mode de financement, ce qui favorise une concurrence accrue à même de stimuler de meilleures performances bancaires.

5. En dépit de progrès notables, beaucoup reste à faire pour parachever la modernisation et le développement du système financier algérien en général et du système bancaire en particulier, renforcer sa solidité et sa résilience et lui permettre de tirer avantage de la globalisation.

Dans cette perspective, les autorités demeurent déterminées à poursuivre leurs efforts pour une constante amélioration du cadre d’exercice de l’activité d’intermédiation financière et veiller à la préservation de la solidité et de la stabilité du système financier et  son intégrité. Cette constance dans la démarche ainsi que la stabilité macroéconomique accrue et l’accroissement des opportunités d’investissement, en contexte de mise en œuvre du programme d’investissement public, d’encouragement de l’investissement privé et d’ouverture accrue de l’économie (notamment dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord d’Association avec l’Union Européenne et l’adhésion prochaine à l’OMC), offrent aux banques un environnement des plus favorables pour davantage de modernisation et de développement.