Après limpact du choc externe
sur léconomie nationale et la contraction des ressources corrélative en 2009,
les indicateurs macro-financiers du premier semestre 2010 augurent des
performances meilleures en contexte de reprise fragile de léconomie mondiale,
tirée par une forte reprise dans les économies émergentes qui connaissent une
demande intérieure robuste. Les économies émergentes dAsie tirent profit du
fort rebond des échanges internationaux, particulièrement au premier trimestre,
même si le ralentissement de la croissance de léconomie américaine au second
trimestre 2010 leur pose un problème. Par ailleurs, le rebond de lactivité
économique en Allemagne constitue le moteur du retour de la croissance
économique dans la zone euro au premier semestre 2010, après une forte
croissance négative en 2009.
Après les développements
positifs intervenus dans les marchés financiers internationaux et léconomie
mondiale entre octobre 2009 et mars 2010, le second trimestre 2010 a été marqué
par une volatilité accrue de ces marchés financiers. Lacuité de la crise de la
dette souveraine de certains pays européens en avril, mai et juin 2010, dite
nouvelle crise financière, a relancé la volatilité sur les marchés financiers
conjuguée avec une volatilité accrue sur les marchés des changes, ce qui affecte
la confiance des investisseurs.
Bien que le rythme de
resserrement des conditions de financement du secteur privé semble se ralentir,
la reprise des financements de ce secteur demeure difficile, en dépit de taux
dintérêt faibles résultant de la poursuite de conditions monétaires
accommodantes par les banques centrales des principaux pays avancés. Aux
Etats-Unis, par exemple, les banques ont commencé à « relaxer » les conditions
de crédits pour les PMEs et les entreprises ont mobilisé, ces derniers mois,
dimportants financements sur le marché des capitaux. Dans la zone euro, quant à
elle, la reprise des crédits aux ménages, notamment les crédits hypothécaires,
sest conjuguée au second trimestre 2010 avec la poursuite de la contraction des
crédits aux entreprises.
Après le rebond substantiel des
prix des matières premières (pétrole,
) au second semestre 2009, le prix du
pétrole à progresser au premier semestre 2010, contribuant à lexcédent courant
extérieur des pays exportateurs de pétrole. Globalement, les indicateurs du
premier semestre 2010 montre une consolidation du cadre macro de léconomie
algérienne.
1. Adossée à la hausse du prix
du pétrole, avec un prix moyen du baril se situant à 77,50 dollars contre 52,23
dollars pour le premier semestre 2009, lévolution de la situation de la balance
des paiements extérieurs au cours du premier semestre 2010 débouche sur un
excédent appréciable du compte courant extérieur (6,57 milliards de dollars),
sachant que le premier semestre de lannée passée avait enregistré un important
déficit (2,47 milliards de dollars). Il sagit du seul déficit de la décennie,
témoignant de leffet du choc externe de grande ampleur de 2009.
Cette performance du compte
courant extérieur résulte principalement de la forte augmentation des
exportations des hydrocarbures (38,28 %, en rythme semestriel) qui ont atteint
27,60 milliards de dollars au premier semestre 2010 contre 19,96 milliards de
dollars pour la même période de 2009. Le prix du pétrole constitue un facteur
déterminant dans cette évolution, en situation de relative stabilisation des
quantités exportées. Les exportations hors hydrocarbures, quant à elles,
sétablissent à 527 millions de dollars au premier semestre 2010, indiquant une
amélioration par rapport à lannée 2009. Dans ce contexte, la baisse des
importations de biens à 19,33 milliards de dollars au premier semestre 2010,
reflétant les mesures de prudence prises pour faire face à la crise économique
mondiale, contribue à la bonne tenue de la balance commerciale. Le surplus en la
matière réalisé au premier semestre 2010 (8,80 milliards de dollars) excède
celui de toute lannée 2009 (7,78 milliards de dollars), indiquant le
retournement de conjoncture après le choc externe de 2009.
Le premier semestre 2010 se
caractérise, en outre, par un amenuisement du déficit des services, pendant que
lexcédent du poste revenus des facteurs (net) est en rupture franche par
rapport aux années passées marquées par des déficits. Cela, conjugué à la bonne
tenue du poste transferts (net), débouche sur un excédent appréciable du compte
courant extérieur.
A fin juin 2010, les réserves
officielles de change de lAlgérie sélèvent à 146,229 milliards équivalent
dollars (hors les avoirs en DTS évalués à 1,591 milliard équivalent dollars) et
la dette extérieure à moyen et long terme à 3,72 milliards de dollars,
confirmant la solidité de la position financière extérieure nette de lAlgérie
exprimée par lexcédent global de la balance des paiements (6,25 milliards de
dollars). Ces principaux paramètres de la position financière extérieure
témoignent aussi de sa résilience en contexte de chocs financiers inhérents aux
risques à la hausse pour la zone euro notamment au second trimestre 2010. En
dépit de lintensification des risques de change liés à la volatilité des cours
de leuro et du dollar, la Banque dAlgérie poursuit la stabilisation du taux de
change effectif réel du dinar à son niveau d'équilibre de moyen terme, sachant
lamenuisement relatif du différentiel dinflation à fin juin 2010 par rapport à
la fin de lannée passée.
En effet, au premier semestre
2010, le différentiel d'inflation entre l'Algérie et ses pays partenaires, bien
qu'il baisse par rapport à fin 2009, continue à être important (4,5 %), dans un
contexte de fort recul de l'euro face au dollar (près de 15 %) sur les marchés
de change internationaux. En moyenne sur les six premiers mois de l'année 2010,
le taux de change effectif réel du dinar est en appréciation de 0,36 % par
rapport à la même période de lannée passée.
Au total, lamélioration de la
balance des paiements extérieurs en 2010 et la poursuite de la consolidation du
profil des réserves officielles de change de lAlgérie, permettent de poursuivre
de manière résolue le programme dinvestissements publics, à mesure que les
épargnes financières accumulées par le Trésor sont confortées au premier
semestre 2010.
2. En ce qui concerne les
finances publiques sur les six premiers mois de 2010 comparativement à la même
période de lannée passée, les recettes budgétaires se sont améliorées aussi
bien au niveau des recettes des hydrocarbures que des recettes hors
hydrocarbures, soit une progression de 14,6 %. Les dépenses budgétaires, quant à
elles, ont enregistré une hausse de 4,5 %, en décaissements du Trésor, tirée
principalement par les dépenses courantes. Cependant, le profil de décaissement
des dépenses déquipement se stabilise. Le solde budgétaire est très proche de
léquilibre comparativement au déficit (- 198,3 milliards de dinars) des six
premiers mois de lannée passée.
Ainsi, lencours de lépargne
financière du Trésor en terme de ses dépôts auprès de la Banque dAlgérie est
passé de 4396,2 milliards de dinars à fin décembre 2009 à 4688,5 milliards de
dinars à fin juin 2010. Après la performance particulière en terme de
préservation des ressources du Fonds de régulation des ressources face au choc
externe de 2009, lamélioration de la fiscalité pétrolière vient soutenir cette
importante composante de lépargne financière du Trésor au premier semestre de
cette année.
3. Parallèlement, la situation
monétaire à fin juin 2010 indique un accroissement de la masse monétaire au sens
de M2 de 5,61 %. Sous langle de la structure de M2, cette évolution est due à
laccroissement de dépôts dans les banques de 3,8 %, dont laccroissement de
dépôts à terme de 4,91 %, et à laccroissement de la circulation fiduciaire de
6,87 %. Quant aux dépôts dans les CCP et le Trésor, ils ont enregistré une
hausse plus importante (21,39 %). Le flux de dépôts dans les banques, hors
dépôts à la Banque dAlgérie, est estimé à 179,6 milliards de dinars dont celui
des dépôts de lentreprise nationale des hydrocarbures de 88,1 milliards de
dinars. Il convient de signaler que laccroissement relativement élevé (11,38 %)
des dépôts du secteur des hydrocarbures au premier semestre de 2010 est dû
partiellement à la hausse des prix des hydrocarbures exportés, au rapatriement
partiel des actifs financiers à létranger de lentreprise nationale des
hydrocarbures ainsi quau ralentissement de ses investissements par
autofinancement.
Laccroissement des crédits
distribués au premier semestre 2010 est estimé à 10,3 %, hors rachat par le
Trésor de créances bancaires non performantes pour un montant de 217,1 milliards
de dinars. Suite à cet ajustement, les crédits à moyen et long terme sont
évalués à 56 % de lencours des crédits à fin juin 2010. Lanalyse des flux de
crédits par secteur montre que les financements bancaires ont plus bénéficié au
secteur public (55,87 %) quaux entreprises privées et ménages (44,13), avec une
offre de crédits accrue par les banques privées.
La liquidité bancaire qui avait
baissé en janvier et février et augmenté au cours des trois mois suivants sest
située à fin juin 2010 à un niveau comparable à celui de fin décembre 2009. La
Banque dAlgérie a continué à absorber lexcès de liquidité bancaire par des
opérations de reprise de liquidité dont le montant est resté sans changement par
rapport à lannée 2009 (1100 milliards de dinars) ainsi quen laissant aux
banques linitiative de placer leur dépôt en facilité de dépôts rémunérés (829
milliards de dinars à fin juin 2010 contre 1022 milliards de dinars à fin
décembre 2009 ; les banques gardant un volet plus important de réserves libres
en comptes courants. Les taux dintervention de la Banque dAlgérie au cours du
premier semestre de lannée en cours nont pas connu de modification.
Enfin, les tensions
inflationnistes samenuisent dans une certaine mesure, malgré lacuité de
linflation endogène. La hausse moyenne annuelle de lindice des prix à la
consommation sest située à 5,41 % à juin 2010 contre 5,74 % à décembre 2009.
Hors produits alimentaires, ce taux dinflation est de 3,23 % à juin 2010 (3,73
% en décembre 2009).