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TENDANCES
MONÉTAIRES ET FINANCIÈRES
AU PREMIER SEMESTRE DE 2011
1. La reprise de
léconomie mondiale en 2010, tirée par une forte croissance
des économies émergentes et en développement, sest
poursuivie au cours du premier semestre 2011, mais à un
faible rythme. La fragilité de la reprise sest accentuée au
second trimestre avec laccentuation des risques liés à la
stabilité financière.
La croissance économique au niveau de beaucoup déconomies
émergentes et en développement est restée forte au premier
semestre 2011, notamment en Chine et en Inde mais aussi en
Afrique Sub-Saharienne et, dans une moindre mesure, en
Amérique Latine. A linverse, la performance économique des
pays avancés sest affaiblie au second trimestre et les taux
de chômage sont restés élevés. Des vulnérabilités sérieuses
au niveau de certains de ces pays, y compris en termes de
faiblesse des situations des finances publiques et du
secteur financier, ont pesé sur le rythme de la reprise au
premier semestre. La crise de la dette souveraine dans
certains pays de la zone Euro, la hausse des prix des
produits de base et des produits énergétiques, les récentes
catastrophes au Japon et les développements dans certains
pays du Moyen-Orient et de lAfrique du Nord ont accentué
les incertitudes.
Au niveau global, la volatilité financière a fortement
repris et les tensions sur les marchés interbancaires se
sont accrues, alimentées par la crise de la dette souveraine
au niveau de la zone euro et par la faiblesse de lactivité
dans les économies avancées au second trimestre 2011 en
dépit de la poursuite de politiques monétaires stimulantes
aux Etats Unis et dans la zone euro, notamment à travers
différents programmes dassouplissement quantitatif. Les
conditions monétaires restent ainsi très accommodantes,
malgré la reprise de linflation tant aux Etats-Unis que
dans la zone euro ; linflation sous jacente demeurant,
cependant, faible. En revanche, plusieurs banques centrales
des pays émergents ont pris des mesures de resserrement
monétaire pour contenir la forte croissance des crédits.
Celle-ci demeure cependant élevée, alimentée par
dimportants flux de capitaux vers ces pays, et les taux
dintérêt restent en dessous de leur niveau davant la crise
financière internationale. Le caractère volatile des entrées
de capitaux, en contexte de tensions inflationnistes
enregistrées au premier semestre 2011, accentue la
vulnérabilité financière dans certains pays émergents.
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), les
incertitudes au niveau global et les évènements récents dans
la région ont un impact négatif sur lactivité économique et
la situation financière de certains pays, notamment en
raison de la contraction des recettes de tourisme, des
transferts des travailleurs à létranger, des flux de
capitaux et dinvestissement qui ont contribué au
ralentissement de lactivité économique et à la hausse du
chômage, pendant que les pressions inflationnistes,
inhérentes à la hausse des prix mondiaux des produits
alimentaires et de lénergie, se sont accrues.
Les pays de la région, en fonction de leur situation
budgétaire, ont dû recourir à l'augmentation des dépenses
budgétaires pour soutenir la demande intérieure et atténuer
l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, notamment les plus
démunis. Les mesures budgétaires au premier semestre 2011
ont consisté essentiellement en laugmentation des
subventions des prix des produits alimentaires et des
transferts sociaux, notamment aux chômeurs, la réduction des
taxes sur les produits de base, la hausse des salaires,
laugmentation de l'emploi dans la fonction publique, et le
financement bonifié du logement. En conséquence, plusieurs
pays non exportateurs de pétrole de la région ont enregistré
dimportants déficits budgétaires et de comptes courants
extérieurs, mettant en avant lacuité des besoins de
financement. Pour certains de ces pays, des signes de
durcissement des conditions de financement externe on déjà
commencé à apparaître, au vu de l'augmentation des primes de
risque, alors que les marchés financiers intérieurs
demeurent fragiles et les créances bancaires non
performantes augmentent. Pour les pays exportateurs de
pétrole de la région, limportante épargne budgétaire et
laccroissement substantiel des réserves de change, liés au
niveau élevé des prix de pétrole, offrent une marge de
manuvre appréciable.
2. En Algérie, au premier semestre 2011, le solde de la
balance courante est appréciable (9,65 milliards de
dollars), soit un excédent bien au delà de ceux enregistrés
au premier semestre (6,57 milliards de dollars) et au second
semestre (5,59 milliards de dollars) de lannée passée.
Cette performance est due à la hausse des recettes
dexportation des hydrocarbures qui, à la faveur de la
hausse des prix sur le marché international (112,66
dollars/baril contre 77,50 dollars au premier semestre
2010), passent de 27,60 milliards de dollars au premier
semestre 2010 (56,12 milliards de dollars en rythme annuel)
à 35,85 milliards de dollars au premier semestre 2011. Au
cours de ce semestre, la structure des exportations montre
que la part des hydrocarbures liquides est de 72 % contre 28
% pour les hydrocarbures gazeux. Quant aux exportations
dhydrocarbures en volume, elles ont enregistré une
diminution denviron 3 % au premier semestre 2011 par
rapport à la même période de lannée passée. Cela a touché
aussi bien les hydrocarbures liquides que les hydrocarbures
gazeux.
Compte tenu de limportance de la variable prix du pétrole,
il est utile de noter lincertitude liée à son évolution en
2011. En effet, après la hausse continue depuis septembre
2010, le prix du baril a poursuivi la tendance haussière
jusquà avril 2011, atteignant un « pic » de 125,62
dollars/baril en moyenne en avril 2011, soit le plus haut
niveau de prix depuis deux ans et demi, suivi par une baisse
soudaine en mai et juin 2011.
En dépit de leur faiblesse structurelle, les exportations
hors hydrocarbures ont progressé au premier semestre 2011,
atteignant leur niveau de lannée 2009 (0,77 milliard de
dollars) contre 0,53 milliard de dollars pour le premier
semestre 2010. En rythme semestriel, la hausse globale
enregistrée est de près de 46 %, alors que la progression de
la principale rubrique (demi produits : 76 % du total) est
de 30 %.
Les importations de biens (fob), quant à elles, sont en
hausse de 15,7 %, atteignant 22,37 milliards de dollars au
premier semestre 2011 contre 19,33 milliards de dollars au
cours de la même période de lannée passée. Cette hausse
porte plus particulièrement sur les produits alimentaires
(60,7 %), les produits bruts (36,1 %) et les biens
déquipement (12,4 %). A titre dexemple, les importations
(caf) des trois principaux produits alimentaires (céréales,
lait et sucre) se sont élevées à 3,44 milliards de dollars
au premier semestre 2011, soit quasiment la valeur des
importations annuelles de 2010 (3,66 milliards de dollars);
les céréales représentant 59,4 % de ces importations. Cette
augmentation des importations des produits alimentaires de
base répond au souci dune disponibilité accrue de ces
produits sur le marché domestique.
En revanche, les biens déquipement et les demi-produits ont
augmenté modérément (9,2 %), pendant que le montant des
importations de produits alimentaires et de biens de
consommation a atteint près de 90 % de celui des
importations de biens déquipement industriels au premier
semestre 2011. Cela indique clairement une modification de
la structure des importations de lAlgérie, au détriment des
biens déquipement et des demi- produits qui représentaient
les deux tiers en 2010. Mais, cette nouvelle tendance ne
peut être que conjoncturelle, dautant quelle résulte
notamment dun fort effet prix inhérent aux importations des
biens alimentaires et des biens de consommation. Pour ce qui
est des matières premières et des demi-produits, la forte
hausse de leurs prix à limportation a été contrebalancée
par une contraction en volume. Pour lensemble des
importations, leur contraction en volume sest établie à
près de 9 % par rapport au premier semestre 2010.
Le solde net négatif des services hors revenus des facteurs
sélargit au premier semestre 2011, sous leffet dune
baisse relative des exportations de services en contexte
daugmentation des importations en la matière. Cette
importante hausse (13,9 %) par rapport au premier semestre
2010 concerne pour lessentiel les importations des services
techniques par les entreprises, principalement celles du
secteur des hydrocarbures, des services des transports et
des services des administrations publiques. Le solde des
revenus des facteurs est également négatif, en raison
notamment des transferts, plus importants, des associés de
lentreprise nationale des hydrocarbures et des revenus au
titre des investissements à létranger en baisse par rapport
au premier semestre 2010.
Le déficit du compte de capital du premier semestre 2011,
quant à lui, est dû aux importants remboursements au premier
trimestre 2011 du principal de la dette extérieure, soit
0,99 milliard de dollars contre 0,17 milliard de dollars
pour tout le premier semestre 2010. Cela visait à réduire la
dette extérieure à court terme dont lencours est donc passé
de 1,778 milliard de dollars à fin décembre 2010 à 0,989
milliard de dollars à fin juin 2011. Hors rapatriements du
portefeuille dactifs financiers du secteur des
hydrocarbures, les flux dentrées de capitaux au titre des
investissements directs étrangers bruts sont passés de 0,980
milliard de dollars au premier semestre 2010 à 1,331
milliard de dollars au premier semestre 2011, correspondant
à une amélioration en la matière à en juger, par ailleurs,
par les intentions dinvestissement enregistrées.
Le solde global de la balance des paiements du premier
semestre 2011 a atteint 9,11 milliards de dollars, soit plus
de 4 milliards en rythme trimestriel, alimentant
laccumulation des réserves officielles de changes. Ainsi,
avec le flux de réserves du premier semestre 2011 et leffet
de valorisation, lencours des réserves de change (avoirs en
DTS et or non compris) sélève à 173,91 milliards équivalent
dollars à fin juin de lannée en cours. La position
financière extérieure nette de l'Algérie est ainsi
consolidée, en situation de recul de la dette extérieure,
dautant que la gestion flexible du taux de change par la
Banque d'Algérie contribue de manière effective à la
stabilité financière externe.
Lintervention de la Banque d'Algérie sur le marché
interbancaire des changes a eu pour résultat le maintien du
taux de change effectif réel du dinar quasiment à son niveau
d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue
des cours de change des principales devises marquée par une
dépréciation du dollar par rapport à leuro. Quant au cours
du dinar, il sest apprécié par rapport au dollar, pendant
quil sest corrélativement déprécié par rapport à leuro au
premier semestre 2011 relativement à la même période de
lannée passée ; les paiements extérieurs seffectuant à
concurrence de 45 % en euro contre 51 % pour le dollar. En
moyenne, sur le premier semestre 2011 par rapport aux six
premiers mois de lannée passée, le taux de change effectif
réel du dinar sest légèrement déprécié (1,33 %), après une
appréciation de 2,6 % en 2010. En outre, le premier semestre
2011 est marqué par un amenuisement du différentiel
dinflation entre lAlgérie et ses principaux partenaires
commerciaux. En conséquence, le différentiel dinflation
entre lAlgérie et la zone Euro sest significativement
réduit à 1,8 point de pourcentage contre 4,1 points en juin
2010.
3. Lévolution favorable des prix des hydrocarbures au
premier semestre 2011 sest matérialisée par des recettes
budgétaires provenant des hydrocarbures bien accrues par
rapport au premier semestre de lannée passée (36,3 %),
sétablissant à 2045,2 milliards de dinars. Elles ont
atteint 70,3 % des recettes budgétaires totales contre 66,3
% au titre de lannée 2010. Quant aux recettes hors
hydrocarbures, elles ont progressé moins vite et ne
représentent que 28,3 % du total des recettes budgétaires
(33,6 % en 2010). Sous langle de la couverture des dépenses
budgétaires en hausse, lamélioration de la fiscalité
pétrolière au premier semestre 2011, notamment au second
trimestre, contribue à la nécessaire marge de manuvre
budgétaire.
Si les dépenses budgétaires totales enregistrent une
augmentation significative en contexte de quasi
stabilisation des dépenses déquipement en rythme semestriel
(891 milliards de dinars au premier semestre 2011), la forte
augmentation des dépenses courantes résulte principalement
de celle des dépenses de personnel et des transferts
courants. Cette dernière rubrique sétablit à 1150,3
milliards de dinars au premier semestre de lannée en cours,
décaissés principalement au second trimestre, et en
accroissement de 70,3 % par rapport à leur montant du
premier semestre de 2010 (675,6 milliards de dinars). En
particulier, les subventions aux EPA sont en très forte
hausse ainsi que les différents autres soutiens pris en
charge par le budget, témoignant de leffort accru de lEtat
en terme de couverture sociale en 2011. Les dépenses de
personnel ont également augmenté, mais à un rythme moindre
que les transferts. Laugmentation significative de ces deux
types de dépenses accentue ainsi le relais que constituent
les dépenses publiques dans la formation des revenus.
En outre, le taux de couverture des dépenses de
fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures se situe
à 42,1 % au premier semestre 2011 contre 54,8 % en 2010. Ce
ratio sest stabilisé en 2010 par rapport à son niveau de
2009 et ce, après une baisse de 2006 à 2008.
Après deux années de déficit budgétaire, le solde global des
opérations du Trésor est en équilibre au premier semestre
2011. Cela renforce la viabilité des finances publiques,
même si lencours des ressources du fonds de régulation des
recettes sest stabilisé au premier semestre 2011.
4. Quant aux indicateurs de la situation monétaire à fin
juin 2011, ils montrent un accroissement relativement
important de la masse monétaire, principalement par la
monétisation des avoirs extérieurs, ainsi quune progression
globalement appréciable des crédits à léconomie.
Au premier semestre 2011, la masse monétaire M2 sest accrue
de 8,62 %, correspondant à un rythme daccroissement à la
hausse par rapport au rythme semestriel des deux années
passées. Il sagit dun accroissement bien supérieur à celui
enregistré au cours des six premiers mois de 2010 (5,73 %)
et de toute lannée 2009 (3,12 %) ; lannée 2009 ayant
enregistré une expansion monétaire historiquement basse sous
leffet de limportant choc externe.
Le fort rythme de croissance de lagrégat monétaire M2 au
premier semestre 2011 est principalement dû à leffet de la
monétisation des avoirs extérieurs, reflétant la poursuite
soutenue du rôle des avoirs extérieurs nets dans le
processus de création monétaire après le choc externe de
2009. En effet, laccroissement de la masse monétaire à fin
juin 2011 par rapport à fin décembre 2010 a pour
contrepartie principale la hausse appréciable des avoirs
extérieurs de la Banque dAlgérie et la progression des
crédits à léconomie. Si les avoirs extérieurs nets de la
Banque dAlgérie sont en hausse de 627,27 milliards de
dinars (+ 5,22 %), les crédits à léconomie (y compris les
rachats de crédits non performants par le Trésor)
progressent de 364,58 milliards de dinars (+ 11,16 %),
contribuant à la création monétaire pour environ 74 % et 26
% respectivement. La hausse des crédits distribués à
léconomie contribue donc dans une certaine mesure à cette
expansion monétaire. Les crédits distribués par les banques
opérant en Algérie aux entreprises et ménages, directement
ou par le biais de linvestissement en obligations émises
par les entreprises, ont significativement augmenté au
premier semestre 2011, confirmant la poursuite du dynamisme
des crédits à léconomie et situant lAlgérie dans le groupe
de pays émergents à croissance rapide du crédit. De plus, la
hausse des crédits (hors obligations) concerne aussi bien
les banques publiques (11,29 %) que les banques privées
(16,44 %), pendant que son rythme est inégal entre les
banques.
Cependant, sous langle sectoriel, lévolution des crédits
distribués par les banques est contrastée au premier
semestre 2011, à mesure que la hausse appréciable des
crédits aux entreprises privées (10,21 %) sest accompagnée
dune hausse plus importante des crédits au secteur public
(13,48 %) et une hausse modérée des crédits aux ménages
(3,47 %). Néanmoins, les crédits immobiliers aux ménages se
sont accrus de 12,50 % et ont atteint 74 % du total des
crédits aux ménages (68 % à fin 2010). La part des crédits
au secteur privé (entreprises privées et ménages) dans le
total des crédits distribués net des rachats se stabilise au
premier semestre (55,18 %). Parallèlement, la part des
crédits à court terme est en baisse au profit des crédits à
moyen et long terme, soit 62,57 % contre 59,89 % à fin
décembre 2010. Le dynamisme du financement à moyen et long
terme de projets d'investissement, notamment en syndication
bancaire, est ainsi conforté et appuyé par un rallongement
des maturités de financement bancaire. Ce dernier phénomène
se révélera davantage au second semestre de 2011, sous
leffet de limpulsion apportée par les pouvoirs publics
(soutien financier). Dans cette perspective, le Conseil de
la monnaie et du crédit a édicté en juin 2011 un règlement
portant cadre de traitement des intérêts non recouvrés
comptabilisés au titre des créances bancaires éligibles au
rééchelonnement au profit des petites et moyennes
entreprises (PME) en difficulté, bénéficiant du soutien
financier de lEtat. Il est clairement précisé que les
créances classées, objets de rééchelonnement dans le cadre
du soutien financier consenti par lEtat, sont celles
constatées à fin avril 2011, nettes des intérêts non
recouvrés.
En outre, dans un contexte de forte croissance des crédits à
léconomie, le taux dintérêt moyen pondéré par type de
crédits a légèrement diminué au premier semestre par rapport
à son niveau de fin 2010 et fin 2009. Ainsi, des conditions
financières favorables et une solidité financière renforcée
des banques contribuent à conforter le rôle du canal crédit
dans lallocation des ressources dépargne financière
accrues en 2011, quil sagisse des dépôts des ménages et
entreprises privées ou des entreprises publiques, y compris
celles des hydrocarbures.
En tant que contrepartie de la masse monétaire, les créances
nettes sur lEtat restent sans changement important au
premier semestre 2011 ; la stérilisation par le Trésor ayant
faiblement joué au cours de ce semestre, même si le Trésor
reste créancier net du système bancaire. A fin juin 2011,
les créances nettes des banques sur le Trésor nont
progressé que de 27,26 milliards de dinars, alors que les
créances nettes (dépôts) du Trésor sur la Banque dAlgérie
ont enregistré une hausse de 315,04 milliards de dinars. En
effet, les nouveaux rachats de créances non performantes par
le Trésor au premier semestre 2011, par émission de titres,
ont été contrebalancés par la baisse des bons du Trésor dans
les portefeuilles des banques et par la hausse des dépôts de
ce dernier dans les banques.
En matière de structure de la masse monétaire, à fin juin
2011, la part des dépôts dans les banques baisse légèrement
à 63,81 % contre 65,28 % à fin 2010, sous leffet de la
baisse de la part des dépôts à vue, pendant que la part des
dépôts dans les CCP et Trésor augmente dun point, alors que
celle de la monnaie fiduciaire en circulation reste
relativement stable à 26 %.
Pour les six premiers mois de 2011, les dépôts à vue dans
les banques se sont accrus de 6,55 %, soit un rythme
inférieur à celui des dépôts à terme (y compris les dépôts
en devises) (7,22 %), pendant que les dépôts au CCP et au
Trésor, quant à eux, enregistrent une hausse bien plus
importante (21,84 %). Par ailleurs, la monnaie fiduciaire en
circulation a continué à progresser significativement (10,21
%) indiquant la persistance de la demande de cash liée au
phénomène dexpansion du marché informel et/ou
thésaurisation. Lenvolée des retraits de monnaie fiduciaire
auprès des CCP durant les six premiers mois de 2011, en
contexte de faible reflux en la matière via les banques, a
amené la Banque dAlgérie à accroître significativement la
production et lémission de billets de banque.
En effet, à fin juin 2011, la masse monétaire (hors dépôts
du secteur des hydrocarbures) a progressé de 10,67 % contre
8,62 % pour lagrégat M2 au sens large, puisque les dépôts
du secteur des hydrocarbures ont enregistré une contraction
de 6,29 % par rapport à décembre 2010. Cette contraction des
dépôts du secteur des hydrocarbures sest matérialisée, pour
lessentiel en juin 2011, en dépit de lévolution favorable
des prix des hydrocarbures, suite aux différentes
régularisations de la fiscalité pétrolière intervenues en
juin 2011 ; les cinq premiers mois ayant enregistré une
expansion de lencours de ces dépôts (26,99 %).
En conséquence, face à la contraction des dépôts du secteur
des hydrocarbures à fin juin 2011 par rapport à fin décembre
2010, les dépôts à vue et à terme en dinars des entreprises
privées et des ménages au niveau des banques se sont
consolidés davantage au premier semestre 2011 (8,32 %). En
situation de stabilisation des dépôts en devises,
limportance accrue des dépôts en dinars des ménages,
alimentée par laugmentation des revenus salariaux et des
transferts budgétaires, contraste avec le niveau des crédits
bancaires qui leurs sont accordés. Ces derniers sont évalués
à 261,61 milliards de dinars à fin juin 2011, représentant
seulement 13,91 % des dépôts en dinars des ménages qui
atteignent 36,57 % de lensemble des dépôts en dinars et qui
sont stables. Cela confirme la faiblesse de lintermédiation
bancaire au profit des ménages et par là, le potentiel en
matière de développement des crédits hypothécaires par les
banques. Cela doit être appuyé par une amélioration soutenue
des services bancaires de base à la clientèle dans
lobjectif dune inclusion financière accrue.
Le processus de création monétaire en termes de flux de
fonds entre le reste du monde et les agents de léconomie
nationale et entre ces derniers (secteur des hydrocarbures,
Etat, reste de léconomie nationale, banque centrale et
banques) indique, quau premier semestre 2011, les agents
économiques « entreprises hors hydrocarbures et ménages »
ont vu leurs comptes financiers se consolider. Ainsi, la
diminution de lépargne financière des entreprises du
secteur des hydrocarbures, matérialisée par une contraction
de leurs dépôts bancaires à concurrence de 62,2 milliards de
dinars, sest conjuguée à limportante augmentation des
avoirs financiers des agents « entreprises hors
hydrocarbures et ménages » (887 milliards de dinars). Ce
flux davoirs financiers, alimenté aussi par les crédits
obtenus, se répartit en 386,9 milliards de dinars en dépôts
bancaires, 154,4 milliards de dinars en dépôts aux CCP et au
Trésor, 214,3 milliards de dinars en monnaie fiduciaire et,
enfin, 131,4 milliards de dinars en titres du Trésor acquis
auprès des banques.
A la faveur de cette dernière opération, lexcès de
liquidité des banques reste structurel et en hausse pour les
six premiers mois de lannée 2011 (+ 136,2 milliards de
dinars), en situation de flux positif des dépôts bancaires
(363,31 milliards de dinars) proche des flux de crédits
(364,58 milliards de dinars). La Banque dAlgérie a continué
à résorber lexcès de liquidité par des opérations de
reprise à sept jours et trois mois pour un total de 1100
milliards de dinars et les banques ont régulièrement placé
les montants en sus de lobjectif de constitution des
réserves obligatoires en facilité de dépôts rémunérés à 24
heures. A lexception des mois de février et mai, le montant
total de ces placements en facilité de dépôts rémunérés a
excédé lencours des reprises de liquidités (1100 milliards
de dinars) au cours du premier semestre 2011. En
conséquence, le montant des réserves libres sest contracté
au premier semestre 2011, à lexception de février et mai
2011, reflétant le caractère effectif de la résorption de
lexcès de liquidité par la Banque dAlgérie.
Au cours du premier semestre 2011, les banques ont consolidé
leurs indicateurs de solidité financière. En effet, le ratio
de solvabilité reste appréciable à près de 21 %, pendant que
les deux ratios de liquidité sont élevés comme à fin 2010.
En outre, il importe de souligner que le niveau des créances
non performantes déclarées par les banques est en baisse
passant de 19,05 % du total des crédits distribués à fin
2010 à 16,63 % à fin juin 2011. Cette amélioration est due à
leffet conjugué de la baisse du niveau des créances non
performantes et de la hausse de lencours des crédits
distribués.
Pour développer davantage le cadre opérationnel de la
stabilité financière et en phase avec les nouvelles normes
du Comité de Bâle, une réglementation en matière
didentification, mesure, gestion et contrôle du risque de
liquidité a été édictée par le Conseil de la monnaie et du
crédit en mai 2011. En outre, ce règlement institue un
coefficient de liquidité minimum que les banques et les
établissements financiers doivent respecter à tout moment.
Lévaluation faite par la Banque dAlgérie dès juin 2011
indique que les banques de la place satisfont à cette
exigence ; cette année se caractérisant par une liquidité
bancaire plus ample et largement disséminée. Aussi, dans le
but dasseoir une meilleure pratique de gestion de liquidité
et de suivi des opérations interbancaires et daméliorer la
qualité des reporting prudentiels, le Conseil de la monnaie
et du crédit a également édicté en mai 2011 un second
règlement instituant un système de surveillance interne et
de limitation par contrepartie des encours de prêts et
demprunts interbancaires, notamment ceux opérés sur le
marché monétaire, que les banques et établissements
financiers sont tenus de mettre en place.
Ces deux nouveaux dispositifs, qui viennent renforcer les
instruments de supervision et de contrôle, contribuent à
renforcer davantage la stabilité et la solidité du système
bancaire algérien. Ils consolident de facto le cadre
opérationnel de prévision et de suivi fin de la liquidité
bancaire par la Banque dAlgérie et ce, dans le cadre de sa
conduite de la politique monétaire. Le suivi et le contrôle
de linflation émergent désormais au premier plan en la
matière, en application des nouvelles dispositions
législatives relatives à la monnaie et au crédit (août
2010).
Sous langle des déterminants de linflation, il faut noter
laccélération de la hausse de la masse monétaire M2, qui
contribue avec un retard de six mois, à environ 62 % à la
hausse des prix. En effet, à fin juin 2011, la masse
monétaire M2 a augmenté de 16,91 % en glissement annuel
(contre 13,8 % en décembre 2010) et de 8,62 % en six mois.
Cette tendance haussière, conjuguée à la hausse des cours
des produits agricoles importés, amplifie linflation des
prix intérieurs, dautant que linflation sest accélérée
aux Etats-Unis et en Europe.
Au premier semestre 2011, les prix à la consommation dans le
Grand Alger ont augmenté de 3,76 % en moyenne semestrielle
(6 mois 2011/6 mois 2010) contre 4,62 % en juin 2010 portant
lindice des prix à 141,1 points, base 100 en 2001. En juin
2011, linflation annuelle moyenne a atteint 3,49 % contre
5,41 % un an auparavant et la hausse des prix en glissement
annuel est estimée à 3,69 % contre 6,11 % en juin 2010.
Le glissement annuel des moyennes trimestrielles de lindice
(rapport des indices moyens des trimestres de même rang
successifs) indique un ralentissement de linflation :
hausses de 3,49 % et 4,03 % au premier et au second
trimestre 2011 contre respectivement 4,32 % et 4,93 % en
2010.
Il faut relever la forte hausse des prix en glissement
annuel des produits alimentaires (9,66 % mais 2,54 % en
moyenne annuelle), générée principalement par linflation
des produits agricoles frais (14,9 %) et dans une moindre
mesure par celle des produits alimentaires industriels (5,6
%). Cependant, en matière de contribution à linflation
annuelle moyenne, il est observé la régulière décroissance
de celle des produits alimentaires qui nest plus que de
33,5 % à juin 2011 contre 49,5 % en décembre 2010, alors que
celles des transports et des produits divers sont à la
hausse et ont atteint respectivement 15,5 % et 32,5 %, en
hausse de 4,6 et 8,9 points de pourcentage.
Au total, en dépit de laccélération du rythme dexpansion
de la masse monétaire sous leffet de la hausse des avoirs
extérieurs nets et des crédits à léconomie, et de celle des
dépenses budgétaires courantes, notamment les dépenses de
personnel et des transferts, en contexte daugmentation des
prix des biens alimentaires importés, le rythme de
linflation sest ralenti au premier semestre 2011
comparativement au premier semestre 2010.
Enfin, les mesures prises par les pouvoirs publics visant à
réduire leffet de linflation importée et à endiguer les
dysfonctionnements du marché intérieur ont largement
contribué à atténuer leffet du choc des prix de début
dannée sur le niveau général des prix, même si les marchés
restent insuffisamment régulés en contexte dajustement à la
hausse des revenus, alimentée par la sphère budgétaire, et
dexpansion corrélative des épargnes financières des ménages
et entreprises privées.
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