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TENDANCES
MONÉTAIRES ET FINANCIÈRES
AU SECOND SEMESTRE DE 2011
1.
Après plus de deux ans de crise économique et financière,
léconomie mondiale a retrouvé en 2010 le sentier de la
reprise. Celle-ci, tirée par une forte croissance des
économies émergentes et en développement, sest poursuivie
au cours du premier semestre 2011, mais à un faible rythme.
La fragilité de la reprise sest accentuée au second
trimestre 2011, trimestre marqué par un affaiblissement de
la performance économique des pays avancés en contexte
dintensification des risques liés à la stabilité
financière. En particulier, la volatilité financière a
fortement repris et les tensions sur les marchés
interbancaires se sont accrues au troisième et quatrième
trimestres 2011, alimentées par lacuité de la crise de la
dette souveraine au niveau de la zone euro et ce, en dépit
de la poursuite de politiques monétaires accommodantes dans
la zone et aux Etats Unis, notamment à travers différents
programmes dassouplissement quantitatif opérés par les
banques centrales. Les risques financiers se sont nettement
intensifiés au quatrième trimestre 2011, affectant les
économies émergentes et en développement à travers notamment
la forte réduction des flux des capitaux.
Des
vulnérabilités sérieuses au niveau de certains pays avancés,
notamment en termes de faiblesse des situations des finances
publiques et du secteur financier et dinteraction négative
entre les risques souverain et bancaire, ont pesé sur le
rythme de la reprise au premier semestre 2011, avec un
affaiblissement de lactivité économique depuis août 2011.
En effet, dans la zone euro, lacuité de la crise de la
dette souveraine conjuguée aux tensions accrues en matière
de sources de financement des banques a pesé sur lactivité
économique en 2011 (1,6 % contre 1,9 % en 2010), notamment
au quatrième trimestre où certaines économies de la zone
sont rentrées en récession à lexemple de lItalie et des
Pays-Bas, ralentissant ainsi la croissance des économies
avancées. En conséquence, le taux de chômage reste élevé
dans la zone euro à fin 2011 (10 %), à lexception de
lAllemagne, pendant que les tensions inflationnistes se
sont amenuisées au quatrième trimestre. Parallèlement, le
taux de change de leuro par rapport au dollar a connu un
excès de faiblesse en novembre et décembre 2011, en raison
notamment du prolongement de la crise de la dette
souveraine.
La
croissance de léconomie américaine, quant à elle, sest
renforcée au troisième trimestre 2011, contribuant par là
significativement au rebond de la production globale. Le
taux de croissance de léconomie américaine est estimé à 1,8
% en 2011 (3 % en 2010), tirée au second semestre surtout
par la reprise de la consommation privée et la progression
des investissements des entreprises. Aussi, la situation de
lemploi a continué à saméliorer au cours des derniers mois
et le taux de chômage a reculé à 8,5 % en décembre en
contexte de moindres tensions inflationnistes ; linflation
ayant atteint son « pic » en octobre 2011 dans les économies
avancées avec, cependant, des anticipations inflationnistes
bien ancrées.
Par
ailleurs, si la croissance économique de nombre déconomies
émergentes et en développement est restée forte au premier
semestre 2011, notamment en Chine et en Inde, et dans une
moindre mesure en Amérique Latine, le troisième trimestre
2011 est marqué par la transmission de leffet de
ralentissement de lactivité de certaines économies avancées
aux économies émergentes et en développement. La crise de la
dette souveraine dans la zone euro, principal facteur de
détérioration récente de la situation macroéconomique
globale, lintensification corrélative des risques bancaires
surtout au quatrième trimestre 2011, le relatif
fléchissement des cours des produits de base, le
resserrement de la politique macroéconomique et les
développements récents dans certains pays du Moyen-Orient et
de lAfrique du Nord ont accentué le ralentissement de la
croissance des économies émergentes et en développement en
2011 (6,2 % contre 7,3 % en 2010), entraînant, par là, une
détérioration des perspectives de croissance à court terme.
Au
Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), les incertitudes
au niveau global ont eu un impact négatif sur lactivité
économique dont le rythme de croissance est estimé à 3,1 %
en 2011 (4,3 % en 2010), notamment en raison de la
contraction des recettes de tourisme, des transferts des
travailleurs à létranger et des flux de capitaux et
dinvestissement. En conséquence, la hausse du chômage sest
conjuguée aux pressions inflationnistes accrues. La
situation financière de certains pays sest nettement
détériorée en contexte d'augmentation des dépenses
budgétaires, pour soutenir la demande intérieure et
atténuer l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, notamment
les plus démunis. Les mesures budgétaires prises en 2011 ont
consisté essentiellement en laugmentation des subventions
des prix des produits alimentaires et des transferts
sociaux, notamment aux chômeurs, la réduction des taxes sur
les produits de base, la hausse des salaires, laugmentation
de l'emploi dans la fonction publique et le financement
bonifié du logement. Il en a résulté que plusieurs pays non
exportateurs de pétrole de la région ont enregistré
dimportants déficits budgétaires et de comptes courants
extérieurs en 2011, mettant en avant lacuité de leurs
besoins de financement tant internes quexternes.
Pour les
pays exportateurs de pétrole de la région, par contre,
limportante épargne budgétaire et laccroissement
substantiel des réserves de change, liés au niveau encore
élevé des prix du pétrole, offrent une marge de manuvre
appréciable.
Cest à la
lumière de ces éléments de lenvironnement international,
que sont traités ci-après les développements financiers et
monétaires récents de léconomie algérienne qui sinscrivent
dans la consolidation de la position financière externe. La
stabilité financière externe émerge particulièrement en
2011, après le choc externe de lannée 2009.
2.
Compte tenu de limportance de lévolution du prix du
pétrole pour la balance des paiements algérienne, il est
utile de noter que le marché international de lénergie a
été marqué par la stabilisation du prix du baril de brent au
second semestre 2011, puisquil a oscillé entre 110 et 120
dollars depuis début mai (107 dollars à fin décembre 2011 et
111 dollars en moyenne annuelle). Si du coté de la demande,
il est observé un tassement de la consommation dénergie
fossile émanant des pays développés face à des besoins
grandissant des pays émergents, les incertitudes liées à
loffre persistent.
Le prix
moyen du baril de pétrole algérien, après un trend haussier
au cours des quatre premiers mois de 2011, culminant à
125,621 dollars en avril, a enregistré une relative
stabilisation au cours des sept mois suivants. Le prix moyen
a oscillé entre 111,390 (plancher en août) et 118,011
dollars au cours des mois de mai à novembre, pour terminer
lannée 2011 à 108,930 dollars en décembre. En effet, le
prix moyen du baril est passé de 107,223 dollars/baril au
premier trimestre à 118,604 dollars/baril au second
trimestre, pour ensuite fléchir à 114,326 et 111,514
dollars/baril respectivement aux troisième et quatrième
trimestres de lannée sous revue. En moyenne semestrielle,
lévolution du prix moyen du baril de pétrole algérien
indique une stabilité en 2011, soit 112,937 dollars au
second semestre (82,87 dollars pour le second semestre 2010)
contre 112,675 dollars au premier semestre (77,50 dollars
pour le premier semestre 2010).
Avec un
prix moyen annuel de 112,811 dollars/baril, en progression
de 40,75 % par rapport au prix moyen de lannée 2010 (80,15
dollars), et une diminution de 4,89 % des exportations
dhydrocarbures en volume, les recettes dexportation
dhydrocarbures ont atteint 71,44 milliards de dollars en
2011, dont 49,55 % au titre du second semestre. Cela
correspond à une progression de 27,30 % par rapport à leur
niveau de lannée précédente (56,12 milliards de dollars).
Le niveau appréciable des recettes dexportation des
hydrocarbures en 2011 comporte un profil trimestriel
caractérisé par une stabilisation, soit 18,01 milliards de
dollars au premier, 18,03 milliards de dollars au second,
17,79 milliards de dollars au troisième et 17,62 milliards
de dollars au quatrième. En conséquence, cette stabilité
est également observée en rythme semestriel corrélativement
au prix moyen du pétrole.
Quant aux
exportations hors hydrocarbures, elles ont progressé en 2011
de 25,77 %, atteignant un niveau de 1,22 milliard de dollars
contre 0,97 milliard de dollars au titre de lannée 2010.
Cependant, la performance en la matière a été meilleure au
second semestre 2011 (0,66 milliard de dollars). La
persistance de la faiblesse structurelle des exportations
hors hydrocarbures confirme les faibles diversification et
compétitivité externe, pendant que lannée 2011 est marquée
par une forte augmentation des importations.
En effet,
les importations de biens (fob) sont en hausse de 13,63 % en
2011, atteignant 44,19 milliards de dollars (21,10 milliards
de dollars au second semestre) contre 38,89 milliards de
dollars en 2010. En rythme semestriel, ces importations ont
diminué au second semestre par rapport au premier, pendant
que le deuxième trimestre de lannée sous revue a enregistré
le niveau dimportations le plus élevé (12,21 milliards de
dollars). Il sagit là dune hausse de 12,12 % par rapport
au premier trimestre (10,89 milliards de dollars), suivie
par deux trimestres de baisse consécutive notamment en ce
qui concerne les importations des biens déquipement.
Laugmentation des importations des produits alimentaires et
des biens de consommation au second trimestre indique la
forte propension à importer en la matière en 2011, pendant
que le choc sur les prix des produits de base en début
dannée a amené les pouvoirs publics à prendre des mesures
visant à assurer une disponibilité accrue de ces produits
sur les marchés intérieurs.
Le solde
net négatif des services hors revenus des facteurs a
légèrement diminué en 2011, principalement au second
semestre sous leffet dune contraction des importations en
la matière. Cette contraction a concerné essentiellement les
importations des services techniques par les entreprises,
notamment celles du secteur des hydrocarbures. Malgré leur
stabilisation en 2011 à 11,77 milliards de dollars (11,91
milliards de dollars en 2010), les importations de services
restent à un niveau élevé atteint depuis 2008. Le déficit
au titre des revenus des facteurs, quant à lui, sest creusé
en 2011 (2 milliards de dollars contre seulement 0,36
milliard de dollars en 2010), en raison notamment des
transferts plus importants des associés de lentreprise
nationale des hydrocarbures et des revenus au titre des
investissements à létranger en baisse par rapport à 2010 en
contexte de maintien du taux directeur de la FED quasiment
nul, soit les conditions monétaires en vigueur depuis
décembre 2008.
En 2011,
lexcédent de la balance courante extérieure est appréciable
(21,09 milliards de dollars) contre un surplus de seulement
12,15 milliards de dollars pour lannée 2010. Le second
semestre 2011 a enregistré une performance particulière
(11,43 milliards de dollars) très proche du surplus courant
extérieur de toute lannée précédente qui se répartit à
concurrence de 6,57 milliards de dollars au premier semestre
et 5,58 milliards de dollars au second semestre. Sous
langle trimestriel en 2011, si le quatrième trimestre a
enregistré la meilleure performance (5,86 milliards de
dollars), le second trimestre a eu le plus faible surplus en
la matière (4,08 milliards de dollars) en contexte de
progression des importations conjuguée à une stabilisation
des exportations.
Limportant excédent du compte courant extérieur en 2011
sest conjugué avec une quasi stabilisation du déficit du
compte de capital et des opérations financières à environ un
milliard de dollars. Ce déficit est dû à limportant
remboursement de la dette extérieure au premier trimestre
2011 ainsi quaux investissements de résidents à létranger.
Cela a permis de réduire significativement la dette
extérieure à court terme dont lencours est donc passé de
1,778 milliard de dollars à fin décembre 2010 à 1,142
milliard de dollars à fin décembre 2011. Hors rapatriements
du portefeuille dactifs financiers du secteur des
hydrocarbures en 2010, les flux dentrées de capitaux au
titre des investissements directs étrangers bruts sont
passés de 0,984 milliard de dollars au premier semestre 2010
à 1,506 milliard de dollars au premier semestre 2011, pour
ensuite se situer à 1,103 milliard de dollars au second
semestre de lannée sous revue. En flux nets, le poste
investissements directs est estimé à 1,88 milliard de
dollars en 2011 (2,265 milliards de dollars en 2010). Sous
langle sectoriel, les industries extractives restent en
tête, suivi par lindustrie manufacturière et le secteur de
la construction.
En
conséquence, le solde global de la balance des paiements est
estimé à 19,91 milliards de dollars en 2011 dont 10,93
milliards de dollars au titre du second semestre. Lexcédent
extérieur global du second semestre, représentant 70,15 % du
surplus de lannée 2010 (15,58 milliards de dollars),
témoigne de la viabilité renforcée de la balance des
paiements extérieurs de lAlgérie. Aussi, laccumulation des
réserves officielles de change par la Banque dAlgérie est
de plus en plus forte, après le choc externe de lannée
2009. Ainsi, avec le flux de réserves et leffet de
valorisation, lencours des réserves de change (or non
compris) sélève à 182,22 milliards de dollars à fin
décembre 2011 contre 162,22 milliards de dollars à fin
décembre 2010. Cependant, les réserves de change ont
progressé plus au premier semestre de lannée sous revue
puisquelles avaient atteint 175,63 milliards dollars à fin
juin 2011. La position financière extérieure nette de
l'Algérie est ainsi consolidée, dautant que la dette
extérieure totale a baissé à 4,405 milliards de dollars à
fin décembre 2011 (5,681 milliards de dollars à fin décembre
2010). En effet, aussi bien la dette à moyen et long terme
que celle à court terme ont baissé, à fin 2011, à
respectivement 3,263 milliards de dollars (3,903 milliards
de dollars en 2010) et 1,142 milliard de dollars (1,778
milliard de dollars à fin 2010).
La
position financière externe est donc robuste et constitue
lancrage à la stabilité financière externe, dautant que la
contribution de la gestion flexible du taux de change par la
Banque d'Algérie à celle-ci est effective. Aussi, la
politique de gestion du taux de change par la Banque
d'Algérie s'inscrit dans le cadre de la politique dite de
flottement dirigé du taux de change du dinar vis-à-vis des
principales devises, monnaies des plus importants
partenaires commerciaux de l'Algérie.
La crise
financière et économique internationale (2008-2011) a mis en
avant lacuité de la volatilité accrue des cours de change
des principales devises, soit un environnement incertain par
rapport auquel la Banque d'Algérie poursuit la stabilisation
du taux de change effectif réel du dinar à son niveau
d'équilibre de moyen terme. Sous l'angle opérationnel, la
Banque d'Algérie intervient sur le marché interbancaire des
changes où la détermination des cours, applicables aux
opérations conclues suivant les règles et usages
internationaux, relève des mécanismes de marché. Cependant,
la faiblesse structurelle des exportations hors
hydrocarbures implique de facto que la Banque d'Algérie
demeure la principale source de devises offertes sur le
marché interbancaire des changes.
En moyenne
annuelle en 2011 par rapport à 2010, le cours du dinar sest
apprécié de 2,1 %
contre le dollar, pendant quil sest déprécié de 3 % contre
leuro. En moyenne annuelle, les données de la Banque
Centrale Européenne font ressortir que le dollar sest
déprécié de 5 % contre leuro en 2011 par rapport à 2010,
passant de 1,3257 dollar pour un euro en 2010 à 1,3920
dollar pour un euro en 2011. En outre, la majorité des pays
émergents ont enregistré une dépréciation de leur monnaie
vis-à-vis de leuro, en moyenne annuelle en 2011 par rapport
à 2010.
En données
mensuelles de fin de période, le dinar algérien, coté
103,4953 dinars pour un euro à fin décembre 2010, a atteint
un maximum de 105,8325 dinars pour un euro en avril 2011
pour se stabiliser du mois de mai au mois daoût 2011 autour
de 103,5 dinars pour un euro. A fin décembre 2011, le cours
du dinar a atteint 106,5322 dinars pour un euro contre
103,4953 dinars à fin 2010, correspondant à une dépréciation
de 2,9 %.
Il est à
noter quen termes de moyenne trimestrielle, le cours de
change moyen du dinar sest légèrement apprécié contre le
dollar (0,28 %) au 4ème trimestre 2011 comparativement à la
même période de 2010, passant de 74,3199 dinars pour un
dollar à 74,1142 dinars pour un dollar. Pour la même
période, le dinar sest apprécié en moyenne de 1,34 %
vis-à-vis de leuro, cotant 101,1183 dinars pour un euro au
4ème trimestre de 2011 contre 102,4882 dinars pour un euro
au 4ème trimestre de 2010.
Au total,
au cours de lannée 2011, en dépit de la volatilité accrue
des cours de change des principales devises, lintervention
de la Banque d'Algérie sur le marché interbancaire des
changes a eu pour résultat le maintien du taux de change
effectif réel du dinar quasiment à son niveau d'équilibre à
moyen terme. En effet, le taux de change effectif réel à fin
2011 est resté proche de son niveau d'équilibre, avec une
appréciation moyenne annuelle de 0,25 %. Cette appréciation
est la deuxième après celle de 2010 (2,64 %) qui a suivi une
dépréciation de 1,6 % en 2009, année de choc externe de
grand ampleur pour léconomie algérienne. Par ailleurs, le
différentiel dinflation entre lAlgérie et ses 15 pays
partenaires est passé de 2,05 % en décembre 2010 à 1,61 % en
décembre 2011.
3.
Lévolution favorable des prix des hydrocarbures au premier
semestre 2011 sest matérialisée par des recettes
budgétaires provenant des hydrocarbures accrues par rapport
au premier semestre de lannée passée (36,3 %),
sétablissant à 2045,2 milliards de dinars. Elles ont
atteint 70,3 % des recettes budgétaires totales contre
66,1 % au titre de lannée 2010. Quant aux recettes hors
hydrocarbures, elles ont progressé moins vite et ne
représentent que 28,3 % du total des recettes budgétaires
(33,8 % en 2010). Sous langle de la couverture des dépenses
budgétaires en hausse, lamélioration de la fiscalité
pétrolière au premier semestre 2011, notamment au second
trimestre, contribue à la nécessaire marge de manuvre
budgétaire.
A fin
septembre 2011 les recettes budgétaires totales ont atteint
4441,9 milliards de dinars (y compris les recettes résultant
de la différence entre le prix effectif et le prix de
référence). Les recettes de la fiscalité pétrolière
sélèvent à 3070,2 milliards de dinars et celles de la
fiscalité ordinaire à 1313,8 milliards de dinars (contre
1146,3 milliards de dinars en septembre 2010, soit 14,6 % de
croissance). Le recouvrement des recettes ordinaires sélève
donc à 78,7 % de celles prévues dans la loi de finances
complémentaire 2011 (1669 milliards de dinars).
Si les
dépenses budgétaires totales enregistrent une augmentation
significative en contexte de quasi stabilisation des
dépenses déquipement en rythme semestriel (891 milliards de
dinars au premier semestre 2011), les dépenses courantes
enregistrent une forte augmentation résultant
principalement de celle des dépenses de personnel et des
transferts courants. En effet, les dépenses budgétaires
totales ont progressé de près de 24 % à septembre 2011 en
flux cumulés, atteignant 4096,2 milliards de dinars contre
3304,4 milliards de dinars à septembre 2010, tirée
principalement par le rythme des dépenses courantes. Ces
dernières se sont accrues de 37,9 %, passant de 1982,5
milliards de dinars à septembre 2010 à 2734,6 milliards de
dinars à septembre 2011, sous leffet de laugmentation
significative des dépenses de personnel et des transferts.
En particulier, les subventions aux EPA sont en très forte
hausse ainsi que les différents autres soutiens pris en
charge par le budget, témoignant de leffort accru de lEtat
en terme de couverture sociale en 2011. Par contre, les
dépenses dinvestissement nont progressé que de 3 % au
cours de la même période (1361,6 milliards de dinars contre
1321,9 milliards de dinars à septembre 2010).
En ce qui
concerne la consommation des crédits de paiement, les
dépenses totales lont été, à septembre 2011, à hauteur de
49,5 % des dépenses prévues par la loi de finances
complémentaire pour 2011 (8272,56 milliards de dinars). En
effet, à septembre 2011, les dépenses de fonctionnement
lont été à hauteur de 63,7 % et les dépenses déquipement à
hauteur de 34,2 % seulement. Cela indique que les dépenses
budgétisées ne seront pas consommées en totalité en fin
dannée 2011. Malgré cette relative faiblesse des rythmes de
décaissement en 2011, le taux de couverture des dépenses de
fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures, suivant
la prévision de clôture, se situerait à 46,5 % à décembre
2011 (42,1 % au premier semestre 2011) contre 55,8 % en
2010. Cela contribue à accroître la vulnérabilité des
finances publiques en 2011 après le choc externe de 2009, en
contexte de fort accroissement des dépenses de
fonctionnement.
Enfin,
après deux années de déficit budgétaire, le solde global des
opérations du Trésor devient positif à septembre 2011 contre
un léger déficit à juin 2011, pour terminer lannée avec un
excédent estimé à 83 milliards de dinars (0,6 % du produit
intérieur brut). Cela a alimenté lencours des ressources du
Fonds de régulation des recettes à concurrence de 274
milliards de dinars à septembre 2011 par rapport à décembre
2010. Lencours du Fonds de régulation des recettes a
atteint ainsi 5116,7 milliards de dinars et sest stabilisé
au quatrième trimestre 2011.
4.
La situation monétaire à fin décembre 2011 montre une
reprise soutenue de lexpansion monétaire au cours de
lannée sous revue, tirée par une forte croissance des
crédits à léconomie en contexte de progression appréciable
des avoirs extérieurs. Ces derniers reprennent ainsi leur
rôle dans le processus de création monétaire, de manière
soutenue en 2011, après le choc externe de 2009.
En effet,
les avoirs extérieurs nets ont enregistré une progression de
10,36 % au second semestre 2011 (5,16 % au premier
semestre), soit 16,05 % en rythme annuel contre 10,21 % en
2010. Une telle progression pour la seconde année
consécutive, principalement au second semestre de lannée
sous revue, vient confirmer la consolidation de la position
financière extérieure, renforçant davantage le rôle des
avoirs extérieurs dans lévolution de la situation monétaire
consolidée.
Après un
rythme historiquement bas en 2009 (3,12 %), sous leffet du
choc externe de grande ampleur, la masse monétaire M2 sest
accrue de 19,47 %, soient 8,62 % et 9,99 % aux premier et
second semestres respectivement, contre seulement 13,8 % au
titre de lannée précédente. Il sagit là dun fort rythme
de croissance de lagrégat monétaire M2 (19,47 %) qui na
été dépassé quen 2007 (21,5 %), année marquée par une forte
expansion des dépenses budgétaires et de contraction
significative de lexcédent global du Trésor.
Si
laccumulation des avoirs extérieurs est déterminante dans
lexpansion monétaire depuis plus de dix ans, la variable
crédits à léconomie joue un rôle de plus en plus dynamique
dans la croissance des liquidités monétaires. En
particulier, les crédits à léconomie (y compris les rachats
de crédits non performants par le Trésor) ont fortement
progressé en 2011 (19,99 %) dont 7,95 % au second semestre.
En rythme annuel, ce taux est bien plus élevé que celui des
avoirs extérieurs nets (16,05 %), contribuant
significativement à lexpansion monétaire. La poursuite
soutenue du dynamisme des crédits à léconomie en 2011 situe
lAlgérie dans le groupe de pays émergents à croissance
rapide du crédit. Cela, sans que lAlgérie ait recours aux
sources de financements extérieurs, à en juger par le solde
de la balance des capitaux de la balance des paiements
extérieurs. De plus, les engagements en devises des banques
ne représentent que 0,10 % de leurs ressources à fin 2011
contre 0,14 % à fin 2010, en contexte de forte croissance de
leurs moyens daction (ressources) en dinars.
Par
ailleurs, la dynamique des crédits observée en 2011 concerne
aussi bien les banques publiques (19,49 %, y compris les
rachats) que les banques privées (23,22 %), pendant que son
rythme est inégal entre les banques.
Cependant,
sous langle sectoriel, lévolution des crédits directs
distribués par les banques est contrastée en 2011, car la
forte hausse des crédits au secteur public 31,8 % sest
accompagnée dune hausse plus modérée des crédits aux
entreprises privées (13,01 %). Quant aux crédits aux
ménages, ils ont enregistré une progression significative en
2011 (18,34 %), principalement au quatrième trimestre (12,03
%), tirée par les crédits immobiliers aux ménages. Ces
derniers se sont accrus de 18,69 % et constituent encore 68
% du total des crédits aux ménages (68 % à fin 2010), en
contexte de stabilisation de la part relative des crédits
aux ménages dans le total des crédits distribués net des
rachats. Le niveau des crédits bancaires qui leurs sont
accordés, représentant seulement 8,14 % de lencours des
crédits aux entreprises et ménages, contraste avec
limportance des dépôts en dinars des ménages par rapport à
lencours des dépôts en dinars (34,12 % à fin 2011) au
niveau des banques. Cela confirme la faiblesse de
lintermédiation bancaire au profit des ménages, malgré
lentrée en production en 2006 des systèmes de paiements
modernes. Doù la nécessaire amélioration des services
bancaires de base à la clientèle dans lobjectif dune
inclusion financière accrue.
En y
intégrant les entreprises privées, la part des crédits au
secteur privé (entreprises privées et ménages) dans le total
des crédits distribués net des rachats a par contre reculé
de plus de deux points au second semestre de lannée sous
revue (53,22 % à fin décembre) après sêtre relativement
stabilisée au premier semestre (55,18 % à fin juin 2011
contre 55,28 % à fin décembre 2010). Relativement au produit
intérieur brut hors hydrocarbures, les crédits au secteur
privé se stabilisent à environ 23 %, soit une bonne tenue
comparativement à plusieurs pays émergents et en
développement et ce, dautant que les effets de la crise
financière et économique mondiale perdurent.
Parallèlement, la part des crédits à court terme est en
baisse au profit des crédits à moyen et long terme, soit
63,42 % à fin décembre 2011 (62,57 % à fin juin 2011) contre
59,89 % à fin décembre 2010. Le dynamisme du financement à
moyen et long terme est tiré principalement par la forte
expansion des crédits à long terme, atteignant un rythme de
34,59 % au titre de lannée 2011 (18,82 % pour 2010). Si le
taux de croissance en la matière réalisé au premier semestre
2011 a été plus élevé (17,23 %) en tant que rythme
semestriel, la dynamique du financement à moyen et long
terme de léconomie est appuyé à partir du second semestre
2011 par un rallongement des maturités de financement
bancaire, sous leffet de limpulsion apportée par les
pouvoirs publics (soutien financier). Dans ce cadre, le
Conseil de la monnaie et du crédit a édicté en juin 2011 un
règlement portant traitement des intérêts non recouvrés
comptabilisés au titre des créances bancaires éligibles au
rééchelonnement au profit des petites et moyennes
entreprises (PME) en difficulté, bénéficiant du soutien
financier de lEtat. Il est clairement précisé que les
créances classées, objets de rééchelonnement dans le cadre
du soutien financier consenti par lEtat, sont celles
constatées à fin avril 2011, nettes des intérêts non
recouvrés. Les évaluations en cours au niveau des banques
indiquent que cette opération contribuera à renforcer la
part des crédits à moyen et long terme relativement aux
crédits distribués, tout comme elle débouchera sur une
diminution des créances non performantes.
Aussi,
dans un tel contexte de forte croissance des crédits à
léconomie, la diminution du taux dintérêt moyen pondéré
par type de crédits à décembre 2011, comme au premier
semestre, par rapport à son niveau de fin 2010 et fin 2009,
confirme le caractère favorable des conditions financières.
En particulier, une solidité financière renforcée des
banques contribue à conforter le rôle du canal crédit dans
lallocation des ressources dépargne financière accrues,
notamment en ce qui concerne les dépôts des ménages et
entreprises privées qui prennent une part accrue dans
lagrégat monétaire M2.
En tant
que contrepartie de la masse monétaire, les créances nettes
sur lEtat ont légèrement progressé (2,08 %) au cours de la
période sous revue ; le Trésor restant créancier net du
système bancaire. Si les dépôts du Trésor auprès de la
Banque dAlgérie contribuent encore à la stérilisation, les
créances nettes des banques sur le Trésor ont augmenté de
24,89 % en 2011 et les créances des entreprises et ménages
(dépôts) sur le Trésor ont enregistré une forte expansion
(40,92 %).
En matière
de structure de la masse monétaire, lannée 2011 est marquée
par laugmentation de près de deux points de pourcentage de
la part relative des dépôts dans les CCP et au Trésor, pour
atteindre 10,63 % à fin 2011, et dune progression moindre
de celle de la monnaie fiduciaire à 26,37 % à fin 2011
(25,71 % à fin 2010). Quant à la part des dépôts à vue dans
les banques, elle se stabilise à 34 % en 2011 et 2010. Celle
de la quasi monnaie (dépôts à terme en dinars et dépôts en
devises) recule de plus de deux points de pourcentage à
28,58 % à fin 2011 (30,92 % à fin 2010), contrastant avec
laugmentation appréciable des épargnes financières (hors
monnaie fiduciaire) des ménages (11,76 %) et de celles des
entreprises privées (11,97 %).
Au cours
de lannée 2011, les dépôts à vue dans les banques se sont
accrus de 19,68 % (13,76 % au titre du second semestre),
tirée par lexpansion des dépôts des entreprises privées et
des ménages, tout en se stabilisant relativement à lagrégat
monétaire M2. Les dépôts à terme en dinars ont également
progressé en 2011 (11,12 %), mais à rythme moindre et
surtout bien en deçà du fort taux de croissance des dépôts
au CCP et au Trésor (40,92 %). Cette envolée a été alimentée
par laugmentation des revenus salariaux et des transferts
budgétaires courants.
En
particulier, la forte croissance des dépôts aux CCP et au
Trésor sest accompagnée par une expansion plus soutenue de
la monnaie fiduciaire en circulation. En effet, lenvolée
des retraits de monnaie fiduciaire auprès des CCP en 2011,
en contexte de faible reflux en la matière via les banques,
a conduit à un accroissement significatif de la monnaie
fiduciaire en circulation (22,53 % dont 11,18 % au second
semestre) contre 14,72 % en 2010. Cela pour faire face à la
persistance de la demande de cash, notamment en 2011, liée
au phénomène dexpansion du marché informel et/ou
thésaurisation. Le trend haussier du ratio monnaie
fiduciaire/dépôts hors secteur des hydrocarbures confirme
cette tendance.
Hors
dépôts du secteur des hydrocarbures, la masse monétaire M2 a
cru de 21,79 % en 2011 (10,67 % à fin juin), pendant que
les dépôts du secteur des hydrocarbures ont progressé de
seulement 2,67 %. Ce faible taux de croissance a été
enregistré au second semestre de lannée sous revue puisque
le premier semestre sest caractérisé par une contraction de
6,29 % par rapport à décembre 2010. Pour mémoire, la
contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures sest
matérialisée, en juin 2011, en dépit de lévolution
favorable des prix des hydrocarbures, suite aux différentes
régularisations de la fiscalité pétrolière intervenues en
juin 2011, et en septembre 2011 suite au règlement du
dividende au titre de lexercice 2010.
En
conséquence, face à la faible progression des dépôts du
secteur des hydrocarbures en 2011 marquée par une
contraction au premier semestre, les dépôts à vue et à terme
en dinars des entreprises privées et des ménages auprès des
banques se sont consolidés davantage en 2011, respectivement
de 8,47 %
et 3,85 % aux premier et second semestre, pour atteindre
2889,72 milliards de dinars à fin décembre 2011. Cela
représente 49,69 % de lencours des dépôts en dinars contre
45,87 % pour le secteur public (y compris Sonatrach). En
situation de stabilisation des dépôts en devises qui ne sont
pas des ressources à la disposition des banques,
limportance accrue des dépôts en dinars des ménages (34,12
% de lencours des dépôts en dinars) notamment auprès de la
CNEP, alimentée par laugmentation des revenus salariaux et
des transferts budgétaires courants, renseigne sur la
volonté de laccès au logement comme motif dépargne
financière. Les dépôts des ménages à la CNEP sont évalués à
environ 43,99 % du total de leurs dépôts en dinars auprès
des banques. La nature stable des dépôts des ménages au
niveau de la CNEP milite fortement pour un développement
soutenu du financement bancaire de laccès au logement pour
les ménages.
En
situation de flux positif des dépôts bancaires (816,94
milliards de dinars) excédant les flux de crédits (652,86
milliards de dinars), la liquidité globale des banques a
augmenté au cours de lannée 2011, à lexception dune
diminution en juin corrélée à la contraction des dépôts du
secteur des hydrocarbures explicitée plus haut. Lexcès de
liquidité sur le marché interbancaire est resté structurel
en 2011, mais devenu largement disséminé au sein du système
bancaire. La Banque dAlgérie a continué à résorber lexcès
de liquidité par des opérations de reprise à sept jours et
trois mois pour un total de 1100 milliards de dinars et les
banques ont régulièrement placé les montants en sus de
lobjectif de constitution des réserves obligatoires en
facilité de dépôts rémunérés à 24 heures. Au cours de
lannée 2011, à lexception des fins de mois de février,
mai, juillet et novembre, le montant total de ces placements
en facilité de dépôts rémunérés a excédé lencours des
reprises de liquidités (1100 milliards de dinars). Quant aux
avoirs en comptes des banques et établissements financiers,
leur montant a culminé à 928,77 milliards à fin novembre
2011, dépassant même lencours de leurs placements en
facilité de dépôts rémunérés (851,01 milliards de dinars).
En conséquence, après constitution des réserves
obligatoires, le faible montant des réserves libres qui a
oscillé entre 64 et 73 milliards de dinars en 2011 traduit
le caractère effectif de la résorption de lexcès de
liquidité par la Banque dAlgérie. Doù la portée du suivi
fin et de la gestion de la liquidité bancaire par la Banque
dAlgérie.
En effet,
une réglementation en matière didentification, mesure,
gestion et contrôle du risque de liquidité a été édictée par
le Conseil de la monnaie et du crédit en mai 2011, en phase
avec les nouvelles dispositions législatives daoût 2010
relatives à la monnaie et au crédit, pour développer le
cadre opérationnel de la stabilité financière. Ce règlement
institue un coefficient de liquidité minimum que les banques
et les établissements financiers doivent respecter à tout
moment. Lévaluation faite par la Banque dAlgérie au second
semestre 2011 indique que les banques de la place satisfont
à cette exigence ; cette année se caractérisant par une
liquidité bancaire largement disséminée. Aussi, dans le même
objectif dasseoir une meilleure pratique de gestion de
liquidité et de suivi des opérations interbancaires et
daméliorer la qualité des reporting prudentiels, le Conseil
de la monnaie et du crédit a également édicté en mai 2011 un
second règlement instituant un système de surveillance
interne et de limitation par contrepartie des encours de
prêts et demprunts interbancaires, notamment ceux opérés
sur le marché monétaire, que les banques et établissements
financiers sont tenus de mettre en place.
Le cadre
opérationnel de prévision et de suivi fin de la liquidité
bancaire par la Banque dAlgérie a été consolidé au premier
semestre 2011, contribuant ainsi à lefficacité de la
conduite de la politique monétaire, dautant que lannée
2011 a été marquée par une stabilité de la liquidité
bancaire globale. Lexcès de liquidité est effectivement
résorbé par la Banque dAlgérie, en situation de très faible
rôle joué par le marché monétaire interbancaire où les
montants transigés restent très faibles voire même
erratiques. Ce très faible rôle du marché monétaire
interbancaire dans la régulation de la liquidité bancaire,
en dépit dun nombre important de banques et établissements
financiers et dune infrastructure moderne de systèmes des
paiements depuis 2006, ne contribue pas à lefficacité de la
conduite de la politique monétaire.
Ces deux
nouveaux dispositifs portant renforcement des instruments de
supervision et de contrôle, contribuent à consolider
davantage la stabilité et la solidité du système bancaire
algérien qui gagne en profondeur. En particulier, le ratio
passifs liquides (dépôts à vue et à terme en dinars hors
dépôts hydrocarbures)/PIB hors hydrocarbures a gagné six
points de pourcentage en 2011 par rapport à lannée 2010,
après le rebond enregistré en la matière en 2010. Un autre
indicateur pertinent de profondeur du système bancaire est
représenté par le trend haussier du ratio crédits bancaires
au secteur privé/dépôts hors hydrocarbures entre 2008 et
2010, en contexte de transformation financière accrue.
Cependant, lannée 2011 a été marquée par une forte
croissance des dépôts hors hydrocarbures, soit un rythme
très élevé par rapport à celui des crédits au secteur privé.
Au cours
de lannée 2011 et tout en poursuivant leurs efforts en
matière de provisionnement, les banques ont consolidé leurs
indicateurs de solidité financière. En effet, le ratio de
solvabilité reste appréciable en 2011 et largement supérieur
au niveau réglementaire requis, atteignant 20,91 % à fin
juin 2011 et environ 23 % à fin décembre 2011 selon les
déclarations prudentielles des banques. En outre, il importe
de souligner que le niveau des créances non performantes
déclarées par les banques est en baisse passant de 19,05 %
du total des crédits distribués à fin 2010 à 16,63 % à fin
juin 2011, pour atteindre 16,12 %
à fin décembre 2011 (16,08 % à fin septembre 2011). Cette
amélioration est due à leffet conjugué de la baisse du
niveau des créances non performantes et de la hausse de
lencours des crédits distribués. Quant aux deux ratios de
liquidité, ils demeurent satisfaisants comme à fin 2010.
Le suivi
et le contrôle de linflation émergent désormais au premier
plan, en application des nouvelles dispositions relatives à
la monnaie et au crédit daoût 2010. Le passage à la fin de
cette décennie à un objectif dinflation cible est venu
confirmer la bonne tenue des prix, linflation ayant été
réduite en contexte de stabilité macroéconomique consolidée
et de taux de change effectif réel proche de léquilibre en
régime de change flexible. Cest dans un tel contexte que la
base monétaire sert comme objectif intermédiaire, à mesure
que cet agrégat est sous le contrôle de la Banque dAlgérie
et quil existe une relation étroite entre linflation et
lagrégat monétaire M2 (hors dépôts du secteur des
hydrocarbures).
En effet,
laccélération de la hausse de la masse monétaire en
glissement annuel en 2011, notamment lagrégat M2 hors
dépôts du secteur des hydrocarbures, conjuguée au niveau
encore élevé des cours des produits agricoles importés,
alimente linflation des prix intérieurs. Cet agrégat
monétaire est le principal déterminant de linflation, comme
en témoignent les résultats de létude économétrique sur les
déterminants de linflation sur la période 2000 2011.
Linflation annuelle moyenne dans le Grand Alger (moyenne
mobile sur 12 mois) a atteint 4,52 % en décembre, son pic de
lannée 2011, correspondant à une hausse en la matière qui a
succédé à la tendance baissière du premier semestre (3,8 %
en janvier et 3,5 % en juin). En moyenne annuelle, le taux
dinflation est resté néanmoins proche de lobjectif. Alors
que la hausse annuelle des prix des biens alimentaires (4,2
%) reste inférieure à linflation moyenne, celle des biens
manufacturés la dépasse dun point (5,5 % contre 4,5%).
Excepté la hausse annuelle considérable (14,9 %) des prix du
groupe Divers qui participe pour 29,7 % à la hausse des
prix, malgré sa faible pondération dans lindice (8,6 %),
celle de tous les autres groupes de biens et services est
inférieure à linflation moyenne.
Linflation sous-jacente (indice hors produits alimentaires)
est estimée à 4,78 % en décembre 2011 ; les produits
alimentaires contribuant pour 42,8 % à linflation.
Supérieure à linflation moyenne depuis février 2011, la
tendance de linflation sous-jacente confirme le caractère
structurel de linflation.
Par
ailleurs, si lindice des prix du Grand Alger a enregistré
trois baisses mensuelles (juin, septembre et décembre),
linflation en glissement annuel est estimée à 5,16 % en
décembre et dépasse 5 % depuis août 2011.
Aussi, en
contexte daccélération du rythme dexpansion de la masse
monétaire, 16,91 % en glissement annuel à juin 2011 et 19,47
% à décembre 2011 (13,8 % en décembre 2010), sous leffet
notamment de la hausse des crédits à léconomie, et de celle
des dépenses budgétaires courantes, notamment les dépenses
de personnel et des transferts, le rythme de linflation
sest ralenti au premier semestre 2011 (3,49 %)
comparativement au premier semestre 2010 (5,41 %), pour
ensuite remonter à 4,52 % au second semestre 2011.
Les
mesures prises par les pouvoirs publics visant à réduire
leffet de linflation importée ont largement contribué à
atténuer leffet du choc des prix de début dannée sur le
niveau général des prix, dautant que la tendance haussière
des cours des produits agricoles importés sest renversée à
partir de mars 2011 et, depuis, elle est baissière. En
conséquence, linflation enregistrée en 2011 est
essentiellement endogène, en contexte de marchés intérieurs
insuffisamment régulés. Les dysfonctionnements du marché
intérieur se sont conjugués à lajustement à la hausse des
revenus et à lexpansion corrélative des épargnes
financières des ménages et entreprises privées, alimentées
par la sphère budgétaire. La forte expansion des dépenses
budgétaires courantes en 2011, notamment les subventions et
les transferts courants, en situation daccélération du
rythme de croissance monétaire, met en avant le risque de la
« dominance budgétaire » dans les attentes inflationnistes.
Cependant, il n y a pas deffet déviction sur le crédit au
secteur privé. Laugmentation de 24,89 % en 2011 des
créances nettes des banques sur lEtat représente pour
lessentiel leffet de lassainissement de créances non
performantes sur les entreprises publiques dans les
portefeuilles des banques publiques. De plus,
laugmentation de la position créditrice nette du Trésor
auprès de la Banque dAlgérie (11 %) contribue à la
stérilisation.
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