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 COMMUNICATIONS DE LA BANQUE D'ALGERIE

 

Evolutions économiques et monétaires en 2010

et éléments de tendance du premier semestre 2011

Communication du Gouverneur de la Banque d’Algérie
devant l’Assemblée Populaire Nationale

Alger, le 16 octobre  2011

 

1. Environnement international  

 

Après plus de deux ans de crise économique et financière, l’économie mondiale a retrouvé en 2010 le sentier de la reprise. Si en rythme annuel le taux de croissance a atteint 5,1 % (-0,7 % en 2009), le fort rythme en la matière a été enregistré principalement au quatrième trimestre. Cependant, la reprise de l’économie mondiale en 2010 l’a été à des rythmes différents selon les groupes d’économies : une forte croissance au niveau des économies émergentes et en développement (7,3 % contre 2,8 % en 2009) face à une performance encore faible dans les économies avancées   (3,1 % contre -3,7 % en 2009). Dans ces dernières, la reprise demeure fragile, compte tenu de la gravité de la récession. Le retour de la croissance économique dans la zone euro en 2010 (1,8 %), à un rythme faible après la forte récession de 2009 (-4,3 %), en contexte de risques financiers élevés, a reposé principalement sur le rebond de l’activité économique en Allemagne (3,6 % contre -5,1 % en 2009) où la demande intérieure a été vigoureuse.

 

En ce qui concerne les Etats Unis, après une faiblesse de l’activité économique au second trimestre 2010, le taux de croissance du troisième trimestre a dépassé la performance escomptée, suivi par un rebond de l’indice de la production manufacturière et une solidité des indices de dépense (ventes de détail et commandes de biens d’équipement), notamment les dépenses de consommation, au quatrième trimestre 2010. Le taux de croissance économique s’est établi à 3 % en 2010 (-3,5 % en 2009), soit une performance quasi égale a celle des économies avancées (3,1 %).    

 

La forte reprise dans les économies émergentes d’Asie (9,5 % contre 7,2 % en 2009) et la performance de l’économie brésilienne (7,5 % contre -0,6 % en 2009) ont été les principaux moteurs de la reprise rapide des économies émergentes et en développement, en contexte de demande intérieure robuste et de fort rebond des échanges internationaux (12,8 % contre -10,7 % en 2009). Les économies de la région MENA ont enregistré une croissance de seulement 4,4 % (2,6 % en 2009) en contexte de pressions inflationnistes, alimentant les tensions économiques et sociales en contexte de taux de chômage structurel élevé principalement en ce qui concerne les jeunes. Quant à l’Afrique subsaharienne, elle a réalisé une performance meilleure (5,4 % en 2010 contre 2,8 % en 2009) que celle de la région MENA.      

 

Si la grave crise économique mondiale a conduit à des taux de chômage historiquement élevés dans les économies avancées (8,3 % en 2010), dont 10,1 % dans la zone euro et 9,6 % aux Etats-Unis, les économies émergentes d’Asie, quant à elles, font face à des pressions inflationnistes qui semblent se conjuguer avec un risque de surchauffe lié à l’expansion excessive de crédit alimentée par l’important afflux de capitaux de nature relativement volatile. Dans ces économies, aussi bien la consommation que l’investissement ont fortement recouvré de la vigueur au cours de l’année 2010, en contexte de faiblesse de la demande extérieure.

 

La poussée des prix des produits de base en 2010 qui ont vite retrouvé leurs niveaux élevés de 2008, tirée notamment par un facteur structurel représenté par la poursuite d’une croissance rapide des économies émergentes et en développement en dépit de la crise, s’est conjuguée avec le retour des attentes inflationnistes en Chine à leur niveau d’avant la crise. L’inflation est particulièrement élevée en Inde, avec un taux d’inflation à deux chiffres 12 % en 2010, et dans d’autres pays en développement d’Asie (9,1 % en 2010),  reflétant une certaine dispersion des attentes inflationnistes de court terme au niveau des pays émergents où l’alimentation représente une proportion élevée dans leur panier de consommation. Le niveau des anticipations inflationnistes est déjà élevé dans ces pays. Dans certains pays d’Amérique Latine (Venezuela, Argentine,…), l’inflation a été très élevée en 2010.

 

La reprise de l’économie mondiale en 2010, tirée par une forte croissance des économies émergentes et en développement, s’est poursuivie au cours du premier semestre 2011, mais à un faible rythme. La fragilité de la reprise s’est accentuée au second trimestre avec des risques à la hausse liés à la stabilité financière.

 

La croissance économique au niveau de beaucoup d’économies émergentes et en développement est restée forte au premier semestre 2011, notamment en Chine et en Inde mais aussi en Afrique Sub-Saharienne et, dans une moindre mesure, en Amérique Latine. A l’inverse, la performance économique des pays avancés s’est affaiblie au second trimestre et les taux de chômage sont restés élevés. Des vulnérabilités sérieuses au niveau de certains de ces pays, y compris en termes de faiblesse des situations des finances publiques et du secteur financier, ont pesé sur le  rythme de la reprise au premier semestre. La crise de la dette souveraine dans certains pays de la zone Euro, la hausse des prix des produits de base et des produits énergétiques, les récentes catastrophes au Japon et les développements dans certains pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont accentué les incertitudes.

 

Au niveau global, la volatilité financière a fortement repris et les tensions sur les marchés interbancaires se sont accrues, alimentées par la crise de la dette souveraine au niveau de la zone euro et par la faiblesse de l’activité dans les économies avancées au second trimestre 2011 en dépit de la poursuite de politiques monétaires stimulantes aux Etats Unis et dans la zone euro, notamment à travers différents programmes d’assouplissement quantitatif. Les conditions monétaires restent ainsi très accommodantes, malgré la reprise de l’inflation tant aux Etats-Unis que dans la zone euro ; l’inflation sous jacente demeurant, cependant, faible. En revanche, plusieurs banques centrales des pays émergents ont pris des mesures de resserrement monétaire pour contenir la forte croissance des crédits. Celle-ci demeure cependant élevée, alimentée par d’importants flux de capitaux vers ces pays, et les taux d’intérêt restent en dessous de leur niveau d’avant la crise financière internationale. Le caractère volatile des entrées de capitaux, en contexte de tensions inflationnistes enregistrées au premier semestre 2011, accentue la vulnérabilité financière dans certains pays émergents.     

 

2. Développements économiques et financiers en 2010

 

Après l’effet du choc externe de grande ampleur de l’année 2009 inhérent à la crise financière internationale et à la crise économique mondiale, l’économie nationale a réalisé des performances financières appréciables en 2010, notamment une consolidation de la position financière extérieure nette.

 

2.1. Adossée au redressement soutenu du prix du baril de pétrole en 2010 (80,15 dollars contre 62,26 dollars en 2009) et corrélativement à la forte augmentation des recettes d’exportation des hydrocarbures (26,4 %), la balance des paiements extérieurs courants a enregistré un excédent appréciable en 2010 (12,16 milliards de dollars, 7,5 % du PIB), en situation de légère progression des importations (4 %) où la part relative des biens d’équipement et de demi produits avoisine les deux tiers. Cette performance en matière de compte courant extérieur a bénéficié du léger recul du déficit des services, du quasi équilibre du poste revenus des facteurs (net) en contexte de revenu appréciable au titre du placement des réserves de change et de la stabilisation du surplus du poste transferts courants (net).

 

Cela est venu confirmer l’excès de l’épargne sur l’investissement qui a caractérisé les années 2000, à l’exception de l’année 2009. Après le déficit courant extérieur du premier semestre 2009, l’excédent de l’année 2010 est d’autant plus appréciable que le solde de la balance des paiements courants devient l’élément pivot de la situation de la balance des paiements extérieurs de l’Algérie. Le compte de capital qui, après le désendettement extérieur complété avant la crise financière internationale, se limite essentiellement au poste investissements directs étrangers (net), est également en excédent (3,4 milliards de dollars). En particulier, ce dernier a enregistré une amélioration en 2010 (3,5 milliards de dollars contre 2,5 milliards de dollars en 2009), après une situation de sortie nette de capitaux au titre d’investissements directs étrangers dans certains secteurs.   

 

En conséquence, la nette amélioration de l’excédent global de la balance des paiements extérieurs en 2010 (15,58 milliards de dollars contre 3,86 milliards de dollars en 2009) est venue alimenter le niveau des réserves officielles de change de l’Algérie qui excède trois années (38,33 mois) d’importations de biens et services. Le niveau des réserves officielles de change (y compris les avoirs en DTS)  s’est établi à 162,22 milliards de dollars à fin 2010 (148,9 milliards de dollars à fin 2009), pendant que la dette extérieure à moyen et long terme s’est stabilisée (3,679 milliards de dollars) et ne représente plus que 2,27 % du produit intérieur brut estimé pour 2010. 

 

Ces  principaux paramètres de la position financière extérieure nette de l’Algérie confirment sa solidité et confortent sa résilience face aux chocs extérieurs, d’autant que la politique de gestion du taux de change par la Banque d'Algérie contribue de manière effective à la stabilité financière externe. En 2010, l'intervention de la Banque d'Algérie sur le marché interbancaire des changes a eu pour résultat l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar en moyenne annuelle (2,64 %). Le taux de change effectif réel du dinar est resté quasiment à son niveau d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue des cours de change des principales devises et de la faiblesse structurelle des exportations hors hydrocarbures (environ un milliard de dollars en 2010). La structure des paiements extérieurs indique que la part des paiements en euro se stabilise à 46 % contre 50 % pour le dollar ; la structure du commerce extérieur avec les quinze principaux partenaires commerciaux de l’Algérie servant de base de pondération du taux de change effectif réel et du panier de monnaies de référence.  

 

Dans ce contexte, le niveau des réserves officielles de change revêt une importance particulière dans la mesure où il constitue le principal rempart contre d’éventuels chocs extérieurs. Ainsi, la stabilité financière externe sur le moyen et long terme repose fortement sur la poursuite de la gestion prudente des réserves officielles de change par la Banque d’Algérie. Les objectifs poursuivis en la matière consistent à :

 

·   Préserver la valeur du capital : minimiser le risque de perte de la valeur marchande des actifs, en maintenant un portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité (en terme de notation de crédit et de type d’émetteur) et en appliquant des pratiques appropriées d’atténuation des risques ;

·  Maintenir un niveau élevé de liquidité : placer les réserves dans des actifs qui viennent à échéance ou peuvent être revendus rapidement sans perte de valeur ;

· Optimiser le rendement : obtenir le meilleur rendement possible tout en respectant les objectifs de sécurité et de liquidité.

 

En conséquence, si les dépôts sont effectués particulièrement auprès des banques centrales et des institutions financières supranationales depuis 2007, les portefeuilles en titres, dont la part s’est accrue depuis et a atteint 98 % en moyenne du total des réserves, sont investis dans des instruments bénéficiant de la meilleure notation et donc les moins risqués, principalement les titres souverains.

 

Pour ce qui est du rendement, les investissements effectués par la Banque d’Algérie en portefeuilles titres durant les années où les taux d'intérêt étaient hauts continuent à générer des rendements relativement élevés, à savoir près de 3 % en 2010 et supérieurs à 3 % en 2008 et 2009. Ces performances sont d’autant plus appréciables qu’elles sont réalisées en contexte de taux d’intérêt très bas dans les pays avancés et de taux directeurs proches de zéro notamment aux Etats Unis. En outre, il importe de souligner que les taux de rendement réels restent positifs. La diversification engagée depuis 2004, tant sur le plan du choix des devises entrant dans la composition des réserves et leur distribution au niveau des portefeuilles, que sous l’angle titres, par classe de risque, a contribué à cette performance, tout en minimisant les risques. L’objectif de sécurité reste primordial, d’autant que l’environnement international a été marqué en 2010 par l’apparition des risques liés à la dette souveraine en contexte de risques bancaires à la hausse.    

 

 

2.2. Si le différentiel d'inflation annuelle moyenne entre l'Algérie et la zone euro s’est réduit, tout en restant encore élevé, l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar a contribué à limiter l’impact de l’inflation importée sur le niveau général des prix, d’autant que les prix des  biens de consommation à fort contenu d'importation ont enregistré une forte progression en 2010 (7 %). La hausse des cours internationaux des produits agricoles de base importés (céréales et produits tropicaux), l’accroissement de la masse monétaire ainsi que la hausse des prix de gros des fruits et légumes frais sont les  principaux facteurs qui expliquent et déterminent l’inflation, avec des contributions respectives estimées à  31 %, 62 % et 7 % en moyenne sur la décennie. Il importe ici de souligner l’impact inflationniste des dysfonctionnements des marchés intérieurs.

 

En effet, pour la première fois depuis cinq ans, le taux d’inflation annuel moyen mesuré par l’indice des prix à la consommation a fléchi, passant de 6,1 % en 2009 à 4,1 % pour l’indice national et  de  5,7 % en 2009 à 3,9 % pour l’indice du Grand Alger. Contrairement aux années précédentes, l’inflation en 2010 est  principalement générée par la hausse des prix des services et des biens manufacturés, même si les biens alimentaires ont subi des hausses substantielles, au demeurant nettement plus faibles que par le passé.

 

Si depuis 2003, la hausse des prix à la consommation a été plus faible en Algérie que dans la région MENA et inférieure à l’inflation médiane pour toutes ces années, le ralentissement du taux de croissance des prix à la production industrielle depuis 2008 et des prix à la consommation en 2010 laisse penser qu’une dynamique de désinflation est engagée en Algérie, dynamique qu’il convient de conforter par la maîtrise des principaux déterminants de l’inflation : création monétaire hors hydrocarbures en phase avec la croissance réelle, maîtrise de la hausse  des  coûts  des facteurs et  stimulation de l’offre.

 

2.3. Aussi, après deux années d’activité économique à rythme modéré à 2,4 %, la reprise de la croissance, tirée par la demande intérieure, elle même soutenue par l’accroissement des ressources, se confirme en 2010 (3,3 %), pendant que le secteur des hydrocarbures enregistre une croissance négative depuis 2006. En effet, tous les secteurs d’activité autres que celui des hydrocarbures ont connu une croissance positive, avec une faible performance de l’industrie (0,9 % contre 5 % en 2009) et l’agriculture (6,0 % contre 20,0 % en 2009) ; le PIB hors hydrocarbures en volume progressant à hauteur de 6,0 % en 2010 (9,3 % en 2009). La croissance appréciable hors hydrocarbures, inégalement répartie par secteur, est portée par l’accroissement de la contribution des secteurs des services marchands, notamment commerce et transport, non marchands et du BTP, en contexte de recul de celle de l’industrie manufacturière et de l’agriculture.    

 

Parallèlement, la croissance de la  dépense intérieure s’est réduite, mais demeure  élevée à 5,5 % en volume en 2010, impulsée par la forte progression des dépenses des ménages et des administrations publiques, confirmant le rôle des dépenses publiques comme stimulant décisif de l’activité économique en Algérie.

 

Si les dépenses budgétaires totales ont progressé de 6,3 % en 2010, après leur quasi stabilisation en 2009, les dépenses d’équipement ont reculé aussi bien en 2009 qu’en 2010 respectivement de 1,4 % et 6 %, après leur forte progression depuis l’année 2005. Leur taux de croissance avait culminé à 41,3 % en 2007 (37,5 % en 2008). Aussi, après de nombreuses années d’évolution haussière, le ratio dépenses d’équipement / PIB a baissé, passant de 19,4 % en 2009 à 15,1 % en 2010, témoignant du ralentissement sensible de l’absorption en la matière. Quant au ratio dépenses courantes/PIB, il s’est stabilisé en 2010 (22,3 % contre 22,9 % en 2009), pendant que l’augmentation des dépenses courantes a résulté notamment de celle des dépenses de personnel. En outre, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (54,8 %), après une baisse de 2006 à 2008. 

 

En 2010, les recettes des hydrocarbures ont augmenté de 20,4 %, s’établissant à 66,3 % des recettes budgétaires totales et couvrant 64,4 % des dépenses budgétaires totales. Quant aux recettes hors hydrocarbures, représentant 33,6 % du total des recettes budgétaires, elles ont progressé de 16,5 % (14,6 % en 2009), pendant que la part relative des recettes fiscales est de 87,6 %. Par ailleurs, si le ratio recettes hors hydrocarbures/produit intérieur brut hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (18,7 %), cette stabilité ne doit pas occulter le changement de structure de la fiscalité hors hydrocarbures au cours des années 2004 - 2010. En effet, les prélèvements sur les revenus, salaires et bénéfices des sociétés ont augmenté relativement plus vite que les prélèvements sur l’activité économique (impôts sur les biens et services et droits de douane), en dépit de l’accroissement substantiel de l’assiette de ces derniers. 

 

Au total, après près d’une décennie d’excédents, le solde global des opérations du Trésor est déficitaire pour la deuxième année consécutive (0,9 % du PIB  en 2010 et 7,1 % en 2009).  Malgré ce déficit, la capacité de financement du Trésor s’est consolidée en 2010, à en juger par l’encours des ressources du fonds de régulation des recettes qui s’est accru de 526,4 milliards de dinars pour atteindre 40,2 % du produit intérieur brut. Cela renforce la viabilité des finances publiques, en dépit de l’augmentation de la dette publique intérieure en 2010. L’efficacité de l’investissement public doit être désormais l’objectif ultime. Une attention particulière doit être accordée au renforcement continu des capacités d’investir.

 

2.4. La reprise en 2010 de l’accroissement des ressources accumulées (épargnes financières)  dans le Fonds de régulation des recettes, en dépit de la forte progression des dépenses budgétaires courantes (dépenses du personnel et transferts) comparativement à leur évolution en 2009, a contribué à atténuer la monétisation.

 

L’analyse des sources de création monétaire en 2010 confirme que les avoirs extérieurs (en devises) constituent l’élément essentiel dans ce processus et donc dans la formation des épargnes financières des agents économiques non financiers. Ainsi, l’encours des avoirs extérieurs nets de la Banque d’Algérie exprimés en dinars, soit 11854,02 milliards à fin 2010, a été monétisé à hauteur de 72,4 % (hors valorisation). Vu la faiblesse des avoirs extérieurs nets des banques, le complément de création monétaire est représenté par les crédits à l’économie (3671,1 milliards de dinars) distribués par les banques et établissements financiers. En conséquence, l’ensemble de ces actifs, constitués principalement d’avoirs extérieurs (réserves de change), ont pour contrepartie l’encours des épargnes financières (dépôts dans les banques et monnaie fiduciaire) des entreprises et ménages (8323,28 milliards de dinars à fin 2010) et l’encours de l’épargne financière (fonds de régulation des recettes et autres dépôts en comptes courants à la Banque d’Algérie et les banques) de l’Etat (5108,13 milliards de dinars à fin 2010).

 

C’est dans un tel contexte de développement de l’épargne financière, que l’effet conjugué de la stérilisation par le Trésor et de l’absorption de l’excès de liquidité par la Banque d’Algérie a contribué à ancrer davantage la stabilité monétaire et financière en 2010, malgré la reprise de l’expansion de la masse monétaire M2 (13,8 %) et la persistance d’une forte croissance de la monnaie fiduciaire (14,7 % contre 18,8 % en 2009). Ce dernier phénomène est caractéristique des comportements monétaires des ménages et entreprises et donc leur préférence accrue pour le cash, en dépit de la modernisation des systèmes de payement.  

 

Après une expansion monétaire historiquement basse enregistrée en 2009 (3,1 %) sous l’effet de l’important choc externe, l’année 2010 a été marquée par le retour à l’expansion monétaire (13,8 %), mais à un taux inférieur aux rythmes élevés des années 2006 à 2008. Avec une progression de 10,2 % en 2010, la reprise du rôle des avoirs extérieurs nets dans le processus de création monétaire s’est conjuguée avec la poursuite du dynamisme des crédits à l’économie.

 

Contrairement à la situation de plusieurs pays émergents qui ont enregistré une contraction des crédits à l’économie liée à la crise financière internationale, les crédits distribués par les banques opérant en Algérie aux entreprises et ménages, directement ou par le biais de l’investissement en obligations émises par les entreprises, ont augmenté de 15,6 % en 2010 (hors rachat de crédits non performants par le Trésor). Cette hausse correspond à une forte croissance des crédits, en termes réels, au cours de l’année 2010, situant l’Algérie dans le groupe de pays émergents à croissance rapide du crédit. Sous l’effet de la forte croissance des crédits à moyen et long termes, la part de ces crédits est montée à 59,9 % à fin 2010 contre 57,2 % à fin 2009, confirmant la dynamique de  financement à long terme de projets d'investissement notamment en syndication bancaire et contribuant ainsi au rallongement des maturités de financement bancaire.   

 

En Algérie, des conditions financières favorables et une résilience du système bancaire face au choc externe ont contribué à renforcer le rôle du canal crédit dans l’allocation des ressources d’épargne ; celles-ci s’étant  consolidées au cours de l’année 2010, tant au niveau du secteur des hydrocarbures que des autres secteurs d’activité, après la contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures en 2009. Il est utile de noter qu’à fin 2010, l’encours de l’épargne financière des ménages et entreprises privées excède celui des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.

 

En conséquence, l’augmentation substantielle des dépôts bancaires (à vue et à terme en dinars) en 2010, 12,5 % contre une baisse de 8,2 % en 2009, a contribué à consolider davantage la capacité de fonds prêtables des banques, ancrée sur des ressources stables et accrues et une bonne position de liquidité. De plus, l’excès de liquidité est de plus en plus disséminé au niveau des banques de la place. Cela a, cependant, induit une activité moins dynamique sur le marché monétaire interbancaire. En effet, disposant de ressources financières stables leur permettant de mener leurs différentes activités en contexte de faible risque de liquidité, les banques ne sont intervenues que rarement sur le marché monétaire pour se procurer de la liquidité au cours de l’année 2010, notamment pour répondre aux objectifs de constitution de réserves obligatoires réglementaires.

 

En dépit de l’acuité de l’excès de liquidité structurel alimenté par la reprise significative de la croissance monétaire en 2010, la conduite ordonnée de la politique monétaire par la Banque d’Algérie a contribué à contenir les pressions inflationnistes en 2010 et donc à asseoir davantage la stabilité monétaire. La conduite efficace de la politique monétaire a reposé sur la résorption effective de l’excès de liquidité, vu l’ampleur de la monétisation des avoirs extérieurs qui se sont nettement accrus en 2010 après le choc externe de 2009. De plus, si les réserves libres ont constitué en moyenne un montant de 63 milliards de dinars en 2010, il importe de noter que sur ce montant, les dépôts libres des banques, qui n’interviennent pas dans les opérations avec la Banque d’Algérie, atteignent 54 milliards de dinars.

 

3. Réforme du cadre de la politique monétaire en 2010 et stabilité financière 

 

Après un ajustement en 2009 du dispositif réglementaire portant instruments de conduite de la politique monétaire (reprises de liquidité, facilité de dépôts rémunérés et réserves obligatoires), tirant les leçons de la grave crise financière internationale de 2008, l’année 2010 a été marquée par la réforme du cadre légal en la matière où l’objectif d’inflation a été institué en tant qu’objectif ultime de la politique monétaire, tout en conservant les objectifs quantitatifs monétaires. L’objectif d’inflation devient ainsi déterminant par rapport au ciblage monétaire quantitatif souple en vigueur, sachant que la prévision de l’inflation à court terme prend désormais une importance particulière. 

 

Avant l’institution de l’objectif d’inflation, la prévision de l’inflation et son monitoring a amené la Banque d’Algérie à développer un outil adéquat depuis septembre 2009, à savoir un modèle de prévision de l’inflation à court terme  répondant au souci d’une vision prospective, afin de prévoir mensuellement le taux d’inflation et son évolution dans un horizon d’une année. A titre d’exemple, la prévision de l’inflation en moyenne annuelle pour fin 2010 effectuée en septembre 2010 ne diffère que de 0,14 point de pourcentage du taux d’inflation réalisé et calculé par l’ONS pour décembre (3,91 %). En conséquence, l’inflation annuelle moyenne est restée proche des prévisions à court terme. Ce taux d’inflation est en recul par rapport à la hausse des prix à fin 2009 (5,74 %) et en phase avec l’objectif d’inflation arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit (4 %, + ou - 1 point) au titre de l’année 2010, comme objectif implicite de la politique monétaire.

 

La contribution de la politique monétaire à la stabilité financière reste décisive en Algérie, vu la prédominance des banques dans le système financier algérien. Cette contribution est renforcée, en situation de gestion flexible du taux de change en phase avec l’objectif de stabilité financière externe. De même, la gestion prudente des réserves officielles de change, à un niveau permettant de faire face aux éventuels chocs externes, s’inscrit dans l’objectif stratégique de consolidation de la stabilité financière. 

 

Les nouvelles dispositions législatives (ordonnance n° 10-04 du 26 août 2010) consolident le cadre légal qui régit le secteur bancaire en Algérie et renforcent l’ancrage légal de la stabilité financière en tant que mission explicite de la Banque d’Algérie, notamment sous l’angle de la surveillance du risque systémique. Cela vient conforter les mesures réglementaires prises ces dernières années, notamment le règlement n° 08-04 de décembre 2008 qui a substantiellement augmenté le capital minimum des banques et établissements financiers et le règlement n° 09-03 de mai 2009 portant règles générales en matière de conditions de banque relatives aux risques sur les produits financiers, à la lumière de certaines vulnérabilités constatées.

 

La Banque d’Algérie a désormais  des prérogatives plus larges pour lancer toute investigation au niveau des banques et établissements financiers, d’autant que les inspecteurs de la Banque d’Algérie ont pour mission de conduire tout contrôle au niveau de ces institutions notamment pour le compte de la Commission Bancaire. Le renforcement des prérogatives de la Banque Centrale permet une plus grande capacité de détection précoce de vulnérabilités, à travers un meilleur suivi des banques et établissements financiers. Dans ce cadre, la Banque d’Algérie a consolidé ses capacités en matière de stress tests, parallèlement à la finalisation du nouveau système de notation des banques et établissements financiers, sous l’angle d’un meilleur contrôle des risques bancaires (une supervision orientée sur les risques).

 

Le Comité de stabilité financière de la Banque d’Algérie, pour sa part, effectue la revue des indicateurs de solidité financière pour les 11 indicateurs dits « indicateurs minima », dans la perspective de la prise en compte des autres indicateurs  dits « indicateurs proposés ». L’évaluation périodique de la stabilité du système bancaire et financier, au moyen notamment des stress tests qui sont développés depuis 2007, a fait l’objet d’une attention particulière en 2010. En matière d’instruments macroprudentiels (réserves obligatoires, …), le Comité de stabilité financière s’est penché davantage en 2010 sur l’excès de liquidité structurel qui caractérise le système bancaire algérien, après le choc externe de 2009. C’est dans ce contexte qu’émerge la nécessité d’améliorer la distribution des crédits à l’économie en appui à la diversification de l’économie nationale, sachant que le risque de crédits reste le principal risque bancaire. D’où la poursuite de l’objectif d’amenuisement des risques liés aux créances non performantes en 2010 (19 % contre 21,8 % en 2009).  

 

Enfin, les nouvelles dispositions législatives d’août 2010 ont significativement renforcé le dispositif de prévention et de résolution de « crise », avec un accent particulier sur l’orientation risques de la supervision bancaire. L’intensification de l’échange d’informations entre les différentes autorités de supervision du secteur financier (Banque d’Algérie, Commission Bancaire, Trésor, Autorité de contrôle des assurances et COSOB), visant à affiner et renforcer la connaissance du niveau de résistance du système financier face aux cycles conjoncturels, permet de détecter toute menace à la stabilité financière. Un test de résistance du système financier, par institution et dans son ensemble, aux chocs financiers internes et externes a été réalisé en mai 2010, avec l’appui des experts de la Banque Mondiale. Il s’agit d’un exercice de simulation de « crise » qui a permis de tester notamment le niveau de partage des informations entre les différentes autorités de supervision du système financier et leur coordination en matière de prise d’actions correctives.

 

 

4. Du renforcement de la supervision bancaire en 2010    

 

L’année 2010 est marquée par le renforcement du cadre institutionnel de la supervision bancaire suite aux nouvelles dispositions introduites par l’ordonnance n° 10-04 du 26 août 2010, modifiant et complétant l’ordonnance n° 03-11, relative à la monnaie et au crédit. Cette ordonnance donne un ancrage légal à la stabilité financière, comme mission de la Banque d'Algérie après celle de la stabilité des prix, et prévoit de nouvelles dispositions légales visant une meilleure maîtrise des risques par les banques et les établissements  financiers.

 

Dans le cadre de son plan d’action au titre de l’exercice 2010, la Direction Générale de l’Inspection Générale (DGIG) de la Banque d’Algérie a intensifié ses interventions de contrôle sur place auprès des banques et des établissements financiers de la place. L’année sous revue a été marquée par l’initiation d’une mission simultanée, menée auprès de l’ensemble des banques de la place ainsi que des services financiers d’Algérie Poste, portant évaluation de leurs dispositifs internes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette mission est intervenue dans le cadre des actions engagées par les pouvoirs publics en matière de lutte contre les fléaux d’ordre économique (blanchiment d’argent, …).  

 

Malgré la mobilisation de l’essentiel de l’effectif des inspecteurs de la Banque d’Algérie pour la réalisation de cette opération, à savoir vingt trois (23) missions menées en 2010 au titre du contrôle du dispositif anti-blanchiment auprès des banques et des services financiers d’Algérie Poste, d’autres missions portant sur des thématiques diverses ont également été réalisées au cours de l’exercice 2010, couvrant notamment les domaines du contrôle intégral, de l’évaluation du portefeuille crédit, des opérations de commerce extérieur, et d’enquêtes spéciales relatives aux opérations bancaires de la clientèle des banques. En outre, une attention particulière a été réservée au contrôle intégral et l’évaluation du portefeuille crédit des banques, aussi bien publiques que privées. Aussi, sur les dix (10) missions de contrôle intégral diligentées en 2010 dont certaines ont été poursuivies au premier semestre 2011, cinq (05) ont fait l’objet de rapports d’inspection transmis, conformément aux procédures en vigueur, à la Commission bancaire. De plus, trois (03) missions particulières de contrôle de commerce extérieur ont été diligentées en 2010 et ont concerné les opérations réalisées par des entreprises à capitaux étrangers. Les travaux de contrôle de commerce extérieur ont débouché dans certains cas sur des procès verbaux de constats d’infraction de change.

 

En vue d’assurer une convergence des actions de supervision aux principes fondamentaux d’un contrôle bancaire efficace, édictés par le Comité de Bâle, la Banque d’Algérie a poursuivi en 2010 le projet de modernisation de la fonction supervision basée sur les risques. Cette action s’inscrit dans le cadre du renforcement d'actions préventives visant à promouvoir davantage la stabilité du système bancaire en Algérie. Ce projet structurant, dont la mise en œuvre effective au niveau des banques est prévue pour le quatrième trimestre 2011 comme phase pilote, prône une refonte de tous les processus liés aux activités de contrôle exercées par la Direction Générale de l’Inspection Générale de la Banque d’Algérie. Il comporte le développement d’un système de notation bancaire conforme aux standards internationaux. 

 

Ce nouveau système vise à renforcer la capacité de détection et d’alerte précoce et à favoriser l’approche prévisionnelle du contrôle. La détection  des signes précurseurs de défaillances des banques et établissements financiers en difficulté est indispensable pour assurer la stabilité du système financier et la protection des déposants. Il permet une réaction rapide de l’autorité de supervision et la prise de mesures correctives adéquates pour faire face aux difficultés rencontrées par une institution financière. 

 

Cette nouvelle approche prévisionnelle des risques permettra aux organes de supervision de réduire sensiblement le coût de la supervision en favorisant une meilleure appréhension du profil de risque de chaque institution financière contrôlée, un ciblage de celles qui sont en difficultés et une utilisation rationnelle des ressources de la supervision. Cela permettra de discriminer rapidement les institutions financières saines  de celles en difficultés.

 

5. Des indicateurs de solidité financière du secteur bancaire en 2010 

 

A fin 2010, le système bancaire en Algérie se compose de vingt (20) banques universelles, dont six (6) publiques et quatorze (14) privées à capitaux étrangers, filiales ou succursales de banques internationales, et six (6) établissements financiers.

 

Sous l’angle de l’évolution de leurs emplois et ressources, l’activité des banques tant publiques que privées est restée dynamique, à en juger par la croissance du total de leurs actifs (y compris comptes de régularisations). Le total des actifs des banques publiques est passé de 6497 milliards de dinars à fin 2009 à 7067 milliards de dinars à fin 2010, soit un accroissement de 8,8 % contre 11,3 % pour les banques privées. La croissance des actifs des banques publiques et privées est marquée par l’accroissement de l’activité crédits indiquant ainsi une prédominance du métier traditionnel. En effet, en 2010, la croissance des crédits à la clientèle des entreprises et ménages atteint 15,6 % pendant que les dépôts bancaires ont enregistré une croissance de 11,7 %. A mesure qu’une grande partie de dépôts est constituée de dépôts à vue qui ne génèrent pas pour les banques des charges en termes d’intérêt, cette situation impacte favorablement leurs comptes de résultat.

 

Dans un tel contexte de faible coût des ressources et d’augmentation des crédits, les banques publiques ont réalisé des bénéfices de l’ordre de 71,860 milliards de dinars en 2010 (après déduction des provisions à caractère de réserves qui font partie des fonds propres) contre 70,229 milliards de dinars en 2009 alors que les banques privées ont vu leurs bénéfices substantiellement progresser en 2010 (24 158 millions de dinars contre 15 614 millions de dinars en 2009). Cette performance financière des banques consolide la résilience du système bancaire à en juger également par les indicateurs pertinents de solidité financière retenus au plan international.

 

En matière de ratio de solvabilité, les banques ont relevé le niveau de leurs fonds propres, y compris les fonds propres de base, qui constituent la protection la plus efficace des déposants contre les pertes inattendues. En effet, aussi bien les banques publiques que privées ont des niveaux de fonds propres très au-delà du minimum réglementaire. Le ratio d’adéquation des fonds propres aux risques encourus (ratio de solvabilité) est passé de 22,11 % en 2009 à 23,31 % en 2010, alors que les fonds propres de base (common equity) en constituent une large proportion avec un ratio d’adéquation progressant de 17,33 % en 2009 à 18,76 % en 2010. Ces performances sont dues à l’affectation d’une grande partie des résultats des exercices antérieurs aux réserves et aux résultats significatifs de l’année sous revue pour les banques publiques et privées.

 

Au niveau des banques publiques, les fonds propres réglementaires et de base ont enregistré des progressions respectives de 12,81 % et 17,49 % pour s’établir à fin 2010 à 570,936 milliards de dinars et 422,196 milliards de dinars. Les banques privées, pour leur part, ont enregistré une progression moins importante que celle des banques publiques du fait de la distribution bien plus importante des dividendes. Leurs fonds propres réglementaires ont augmenté de 10,79 % (10,90 % pour les fonds propres de base) atteignant des niveaux respectivement de 198,653 milliards de dinars et 197,289 milliards de dinars. Les banques publiques et privées ont poursuivi leurs efforts soutenus de reconstitution de fonds propres leurs permettant ainsi d’améliorer le ratio créances non performantes (nettes de provisions constituées)/fonds propres réglementaires, qui de 30,04 % en 2009 passe à 20,37 % en 2010.

 

Sur le plan de la qualité des portefeuilles des banques, les banques ont poursuivi l’amélioration de la gestion de leurs risques de crédit et le traitement dynamique des créances classées. Cela s’est traduit par une légère amélioration du taux brut de dépréciation du portefeuille de crédit pour s’établir à 19,05 % en 2010 contre 21,82 % en 2009. En matière de provisionnement, leur niveau à atteint 74,14 % à fin 2010 contre 68,29 % à fin 2009. Cependant la proportion des créances non performantes reste élevée comparativement aux standards internationaux en la matière.

 

La rentabilité du système bancaire est satisfaisante et demeure favorable aussi bien pour les banques publiques que privées. Celle des banques privées s’est matérialisée par une augmentation de la quasi-totalité des soldes intermédiaires de gestion suite à l’évolution positive de leurs activités d’intermédiation et hors intermédiation. L’augmentation du rendement de leurs actifs s’est établie à 3,49 % en 2010 contre 3,28 % en 2009. Pour les banques publiques, le rendement des actifs a légèrement baissé pour s’établir à 1,25 % en 2010 contre 1,33 % en 2009, du fait de l’importance de leurs opérations avec la Banque d’Algérie qui sont moins bien rémunérées. Pour ce qui est de la rentabilité des fonds propres des banques, elle a baissé tant pour les banques publiques que privées, baisse imputable à l’augmentation substantielle de leurs fonds propres (capital plus réserves).

 

Quant au ratio marge d’intérêt/revenu brut, il s’est amélioré en 2010 aussi bien pour les banques publiques que privées sous l’effet de la hausse de marges d’intérêt nettes. Si les banques privées accroissent leur dépendance vis-à-vis des revenus hors intérêt, ceux-ci servent à compenser la baisse de leur marge d’intermédiation, à en juger par la baisse du ratio charges hors intérêt / revenu brut qui passe de 52,73 % en 2009 à 39,24 % en 2010.

 

La position de liquidité des banques est solide. Mesurée par l’un des indicateurs standards, la liquidité des banques est élevée, comme en témoigne l’absence d’endettement interbancaire et l’intervention accrue de la Banque d’Algérie pour absorber d’une manière effective l’excès de liquidité sur le marché monétaire. Cette situation traduit la capacité des banques à rembourser leurs engagements à court terme grâce à des actifs liquides.

 

 

Enfin, il ressort clairement de l’analyse des indicateurs de solidité financière que les banques publiques et privées, en dépit des différences constatées, ont globalement enregistré au cours de l’exercice 2010 une amélioration sensible de leurs résultats (y incluses les provisions à caractère de réserves), grâce en particulier à la réduction des charges du risque de crédit, à la diminution des dépréciations d’actifs et à la maîtrise des charges opérationnelles. Le secteur bancaire est, dans l’ensemble, solide et résilient.

 

6. Principales tendances monétaires et financières au premier semestre 2011 

 

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), les incertitudes au niveau global et les évènements récents dans la région ont un impact négatif sur l'activité économique et la situation financière de certains pays, notamment en raison de la contraction des recettes de tourisme, des transferts des travailleurs à l'étranger, des flux de capitaux et d'investissement qui ont contribué au ralentissement de l'activité économique et à la hausse du chômage, pendant que les pressions inflationnistes, inhérentes à la hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et de l'énergie, se sont accrues. En ce qui concerne l'Algérie, l'importante épargne budgétaire et l'accroissement substantiel des réserves de change, liés au niveau élevé des prix de pétrole, offrent une marge de manœuvre appréciable

 

Aussi, l'Algérie, tout en poursuivant l'expansion des dépenses en capital (d'investissement), a dû recourir à l'augmentation des dépenses budgétaires courantes pour soutenir la demande intérieure et atténuer l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, notamment les plus démunis. Les mesures budgétaires prises dès le premier trimestre 2011 ont consisté essentiellement en l'augmentation des subventions des prix des produits alimentaires et des transferts sociaux, notamment aux chômeurs, la suspension des taxes sur certains produits de base, la hausse des salaires, l'augmentation de l'emploi dans la fonction publique notamment des emplois non permanents et le financement bonifié du logement.

 

La forte augmentation des dépenses courantes résulte principalement de celle des dépenses de personnel et des transferts courants. Cette dernière rubrique  s'établit à 1150,3 milliards de dinars au premier semestre de l'année en cours, décaissés principalement au second trimestre, et en accroissement de 70,3 % par rapport à leur montant du premier semestre de 2010 (675,6 milliards de dinars). En particulier, les subventions aux EPA sont en très forte hausse ainsi que les différents autres soutiens pris en charge par le budget, témoignant de l'effort accru de l'Etat en terme de couverture sociale en 2011.   

 

En conséquence, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures se situe à 42,1 % au premier semestre 2011 contre 54,8 % en 2010, en contexte d'importance accrue des recettes budgétaires provenant des hydrocarbures.

 

L'évolution favorable des prix des hydrocarbures au premier semestre 2011 est aussi reflétée par l'excédent appréciable du compte courant extérieur, soit un niveau meilleur par rapport aux performances semestrielles de l'année passée.  Les exportations hors hydrocarbures, en dépit de leur faiblesse structurelle,  ont progressé au premier semestre 2011, atteignant leur niveau de l'année 2009 (0,77 milliard de dollars) contre 0,53 milliard de dollars pour le premier semestre 2010. En rythme semestriel, la hausse globale enregistrée est de près de 46 %.    

 

Quant aux importations de biens (fob), elles se sont accrues de 15,7 %, sous l'effet principalement de l'augmentation des importations de biens alimentaires et des biens de consommation, atteignant 22,37 milliards de dollars au premier semestre 2011 contre 19,33 milliards de dollars au cours de la même période de l'année passée. Cette hausse porte plus particulièrement sur les produits alimentaires (60,7 %). A titre d'exemple, les importations (caf) des trois principaux produits alimentaires (céréales, lait et sucre) se sont élevées à 3,44 milliards de dollars au premier semestre 2011, soit quasiment la valeur des importations annuelles de 2010 (3,66 milliards de dollars) ; les céréales  représentant 59,4 %  de ces importations. Si cette augmentation des importations des produits alimentaires de base répond au souci d'une disponibilité accrue de ces produits sur le marché domestique, elle résulte notamment d'un fort effet prix inhérent aux importations des biens alimentaires et des biens de consommation. Pour ce qui est de l'ensemble des importations, elles ont enregistré une contraction en volume de près de 9 % par rapport au premier semestre 2010.  

 

Pour ce qui est du compte de capital, il a enregistre au premier semestre 2011 une augmentation des flux d’entrée de capitaux au titre des IDE qui sont estimé à 1,331 milliard de dollars, en situation d’importants remboursements de dette extérieure notamment de court terme.  L’encours de cette dernière est passé de 1,778 milliard de dollars à fin décembre 2010 à 0,989 milliard de dollars à fin juin 2011.     

 

Au total, le solde global de la balance des paiements du premier semestre 2011 a atteint 9,11 milliards de dollars, soit plus de 4 milliards en rythme trimestriel. La position financière extérieure de l'Algérie s’est ainsi consolidée, en situation de recul de la dette extérieure et d’accumulation soutenue des réserves de change (173,9 milliards de dollars à fin juin 2011, hors avoirs en DTS et or non compris).  La gestion flexible du taux de change a eu pour résultat le maintien du taux de change effectif réel du dinar quasiment à son niveau d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue des cours de change des principales devises. En outre, le premier semestre 2011 est marqué par un amenuisement du différentiel d'inflation entre l'Algérie et ses principaux partenaires commerciaux.

 

Les indicateurs de la situation monétaire à fin juin 2011 montrent un accroissement relativement important de la masse monétaire (8,62 %), principalement par la monétisation des avoirs extérieurs, ainsi qu'une progression globalement significative des crédits à l'économie (11,16 %).  Ce trend confirme la poursuite du dynamisme des crédits à l'économie et situant l'Algérie dans le groupe de pays émergents à croissance rapide du crédit. De plus, la  hausse des crédits (hors obligations) concerne aussi bien les banques publiques (11,29 %) que les banques privées (16,44 %), pendant que son rythme est inégal entre les banques. 

 

Cependant, sous l'angle sectoriel, l'évolution des crédits distribués par les banques est contrastée au premier semestre 2011, à mesure que la hausse appréciable des crédits aux entreprises privées (10,21 %) s'est accompagnée d'une hausse plus importante des crédits au secteur public (13,48 %) et une hausse modérée des crédits aux ménages   (3,47 %). Néanmoins, les crédits immobiliers aux ménages se sont accrus de 12,50 % et ont atteint 74 % du total des crédits aux ménages (68 % à fin 2010). La part des crédits au secteur privé (entreprises privées et ménages) dans le total des crédits distribués nets des rachats se stabilise au premier semestre (55,18 %). Parallèlement, la part des crédits à court terme est en baisse au profit des crédits à moyen et long terme qui atteignent 62,57 % contre 59,89 % à fin décembre 2010. Le dynamisme du financement à moyen et long terme de projets d'investissement, notamment en syndication bancaire, est ainsi conforté et appuyé par un rallongement des maturités de financement bancaire. Ce dernier phénomène se révélera davantage au second semestre de 2011, sous l'effet de l'impulsion apportée par les pouvoirs publics (soutien financier).

 

En outre, dans un contexte de forte croissance des crédits à l'économie, le taux d'intérêt moyen pondéré par type de crédits a légèrement diminué au premier semestre par rapport à son niveau de fin 2010 et fin 2009. Ainsi, des conditions financières favorables et une solidité financière renforcée des banques contribuent à conforter le rôle du canal crédit dans l'allocation des ressources d'épargne financière accrues en 2011, qu'il s'agisse des dépôts des ménages et entreprises privées ou des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.

 

Pour les six premiers mois de 2011, les dépôts à vue dans les banques se sont accrus de 6,55 %, soit un rythme inférieur à celui des dépôts à terme (y compris les dépôts en devises) (7,22 %), pendant que les dépôts au CCP et au Trésor, quant à eux, enregistrent une hausse bien plus importante (21,84 %). Il importe de signaler également une hausse importante de la monnaie fiduciaire à partir de 2007, soit à un rythme moyen annuel de 18,2 % pour les quatre dernières années, dont le ratio par rapport à la masse monétaire a atteint 26,09 % à fin juin 2011. Si ce ratio a été relativement stable entre 2005 et 2008, à environ 22 %, l’envolée de la monnaie fiduciaire en circulation s’explique essentiellement par l’ampleur accrue des paiements en cash des transactions, au-delà de celles relevant du commerce de détail.  

 

A fin juin 2011, la masse monétaire (hors dépôts du secteur des hydrocarbures) a progressé de 10,67 % contre 8,62 % pour l'agrégat M2 au sens large, puisque les dépôts du secteur des hydrocarbures ont enregistré une contraction de 6,29 % par rapport à décembre 2010 ; cette dernière étant liée au paiement de la fiscalité pétrolière intervenu en juin 2011. Face à la contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures à fin juin 2011 par rapport à fin décembre 2010, les dépôts à vue et à terme en dinars des entreprises privées et des ménages au niveau des banques se sont consolidés davantage au premier semestre 2011 (8,32 %). En situation de stabilisation de leurs dépôts en devises, l'importance accrue des dépôts en dinars des ménages est alimentée par l'augmentation des revenus salariaux et des transferts budgétaires. Il importe de souligner que les dépôts en dinars des ménages atteignent 36,57 % de l'ensemble des dépôts en dinars à fin juin 2011 et ils sont stables.

 

Aussi, l'importante augmentation des avoirs financiers des agents           « entreprises hors hydrocarbures et ménages » a alimenté l'excès de liquidité des banques qui est resté structurel et, de plus, disséminé au niveau des banques. Pour sa part, la Banque d'Algérie a continué à résorber l'excès de liquidité par des opérations de reprise à sept jours et trois mois, pendant que les banques ont régulièrement placé les montants en sus de l'objectif de constitution des réserves obligatoires en facilité de dépôts rémunérés à 24 heures. En conséquence, le montant des réserves libres s'est contracté au premier semestre 2011, reflétant le caractère effectif de la résorption de l'excès de liquidité par la Banque d'Algérie.

 

Par ailleurs, au cours du premier semestre 2011, les banques ont consolidé leurs indicateurs de solidité financière. En effet, le ratio de solvabilité reste appréciable à près de 21 %, pendant que les deux ratios de liquidité sont élevés comme à fin 2010. En outre, il importe de souligner que le niveau des créances non performantes déclarées par les banques est en baisse passant de 19,05 % du total des crédits distribués à fin 2010 à 16,63 % à fin juin 2011. Cette amélioration est due à l'effet conjugué de la baisse du niveau des créances non performantes et de la hausse de l'encours des crédits distribués.

 

Pour développer davantage le cadre opérationnel de la stabilité financière et en phase avec les nouvelles normes du Comité de Bâle, une réglementation en matière d'identification, mesure, gestion et contrôle du risque de liquidité a été édictée par le Conseil de la monnaie et du crédit en mai 2011. En outre, ce règlement institue un coefficient de liquidité minimum que les banques et les établissements financiers doivent respecter à tout moment. L'évaluation faite par la Banque d'Algérie dès juin 2011 indique que les banques de la place satisfont à cette exigence ; cette année se caractérisant par une liquidité bancaire plus ample et largement disséminée. Aussi, dans le but d'asseoir une meilleure pratique de gestion de liquidité et de suivi des opérations interbancaires et d'améliorer la qualité des reporting prudentiels, le Conseil de la monnaie et du crédit a également édicté en mai 2011 un second règlement instituant un système de  surveillance interne et de limitation par contrepartie des encours de prêts et d'emprunts interbancaires, notamment ceux opérés sur le marché monétaire, que les banques et établissements financiers sont tenus de mettre en place.

 

Ces deux nouveaux dispositifs, qui viennent renforcer les instruments de supervision et de contrôle, contribuent à renforcer davantage la stabilité et la solidité du système bancaire algérien. Ils consolident de facto le cadre opérationnel de prévision et de suivi fin de la liquidité bancaire par la Banque d'Algérie et ce, dans le cadre de sa conduite de la politique monétaire. Le suivi et le contrôle de l'inflation émergent désormais au premier plan en la matière, en application des nouvelles dispositions législatives relatives à la monnaie et au crédit (août 2010).

 

Au premier semestre 2011, la tendance haussière des rythmes d’expansion monétaire conjuguée à la hausse des cours des produits agricoles importés amplifie l'inflation des prix intérieurs. Au premier semestre 2011, les prix à la consommation  dans le Grand Alger ont augmenté de 3,76 % en moyenne semestrielle  (6 mois 2011/6 mois 2010) contre 4,62 % en juin 2010 portant l'indice des prix à 141,1 points, base 100 en 2001. En juin 2011, l'inflation annuelle moyenne  a atteint 3,49 % contre 5,41 % un an auparavant et la hausse des prix en  glissement annuel est estimée à 3,69 %  contre 6,11 % en juin 2010. Il faut relever la forte hausse des prix en glissement annuel des produits alimentaires (9,66 % mais 2,54 % en moyenne annuelle), générée principalement par la hausse des prix des produits agricoles frais (14,9 %) et dans une moindre mesure par celle des produits alimentaires industriels (5,6 %).

 

Enfin, les mesures prises par les pouvoirs publics visant à réduire l'effet de l'inflation importée et à endiguer les dysfonctionnements du marché intérieur ont largement contribué à atténuer l'effet du choc des prix de début d'année sur le niveau général des prix, même si les marchés restent insuffisamment régulés en contexte d'ajustement à la hausse des revenus, alimentée par la sphère budgétaire, et d'expansion corrélative des épargnes financières des ménages et entreprises privées.   

 

7. Eléments d’amélioration du financement de l’économie en 2011

 

Dans la perspective d’une croissance durable portée par la diversification, le rééquilibrage de la structure de l’économie nationale favorisant l’essor de l’agriculture, de l’industrie et des services productifs s’impose, afin de réduire sa dépendance à l’égard des hydrocarbures et corrélativement vis-à-vis de la dépense publique.

 

Pour atteindre le potentiel de croissance hors hydrocarbures sur le moyen terme, le rôle des banques est désormais décisif en matière de financement des investissements productifs et des activités hors hydrocarbures créatrices d’emplois. Ancrée sur un excès structurel de l’épargne sur l’investissement, une telle allocation des ressources financières disponibles doit s’inscrire dans un double objectif de développement financier, prenant en compte l’inclusion financière, et de forte croissance économique hors hydrocarbures. Cela doit être accompagné par une amélioration soutenue du climat des investissements, d’autant que l’utilisation des épargnes financières disponibles de l’Etat pour autofinancer le programme d’investissements publics (dépenses d’équipement) permet de prévenir tout effet d’éviction.

 

Il est attendu des banques, à la faveur des mesures de soutien de l’Etat aux PME en difficulté de remboursement de leurs dettes bancaires, d’examiner, à la lumière des mesures portant sur le rééchelonnement de ces dettes avec un différé de remboursement de trois ans, la probabilité de l’amélioration de leur fonctionnement et la capacité de se mettre à niveau durant la période de grâce de trois années durant lesquelles les intérêts sur la dette seront payés par le Trésor. Ces nouvelles mesures doivent contribuer à améliorer la qualité des créances bancaires et par là, à asseoir la relation banque-entreprise dans une perspective de croissance économique. En la matière, les banques doivent s’assurer désormais d’une meilleure gestion des risques de crédit. 

 

Les banques sont encouragées à rééchelonner les créances sur les PME en difficulté avec un différé de trois (3) ans durant lequel le Trésor public prendra en charge les intérêts. Dans cette perspective, le Conseil de la monnaie et du crédit a édicté en juin 2011, en application des dispositions prévues par l’article 62, alinéa j de l’ordonnance n° 03-11, modifiée et complétée, relative à la monnaie et au crédit, un règlement qui précise que les créances classées, objets de rééchelonnement, dans le cadre du soutien consenti par l’Etat, sont celles constatées à fin avril 2011, nettes des intérêts non recouvrés. Ce règlement fixe un cadre de traitement des intérêts non recouvrés comptabilisés au titre des créances bancaires éligibles au rééchelonnement au profit des petites et moyennes entreprises (PME) en difficulté, bénéficiant du soutien financier de l'Etat. Il s’agit d’un dispositif en phase avec la réglementation prudentielle en vigueur. Enfin, pour assurer un suivi périodique en la matière, les banques et établissements financiers sont tenus d’adresser à la Banque d’Algérie, suivant des modalités qui sont définies par instruction, un état des créances rééchelonnées bénéficiant du soutien du Trésor.       

 

Ces nouvelles mesures de soutien aux PME (rééchelonnement de dettes bancaires, prise en charge par le Trésor des intérêts dus pendant la période de différé de trois ans, annulation des agios non recouvrés, bonification pour les crédits d’investissement et rallongement de délais de différé) auraient pour résultat l’allégement des charges financières pour les PME bénéficiaires et la consolidation de leurs situations patrimoniales (renforcement de leurs fonds de roulement). En conséquence, il est attendu des PME bénéficiaires de saisir cette opportunité de l’allégement financier pour mettre en œuvre des stratégies de croissance et de développement durable de leurs activités de production.

 

Enfin, des conditions financières favorables et une solidité financière renforcée des banques contribueront, à partir de 2011, à conforter davantage le rôle du canal crédit dans l'allocation des ressources d'épargne financière accrues, notamment à l’investissement productif. L’année en cours enregistre une tendance à l’amélioration de certains indicateurs de performance des entreprises bénéficiaires du nouveau dispositif de soutien financier de l’Etat, en situation d’un meilleur accès aux financements bancaires.  Quant à l’intermédiation bancaire au profit du secteur des ménages, il est attendu des banques un développement soutenu des crédits immobiliers pour développer l’accès au logement pour cet agent économique à surplus dont la contribution à la formation de l’épargne nationale est très significative.

 

 

التطورات الاقتصادية و النقدية لسنة 2010

و عناصر التوجه للسداسي الأول

 من سنة 2011

 

1. المحيط الدولي

بعد أكثر من سنتين من الأزمة الاقتصادية و المالية،

استعاد الاقتصاد العالمي في سنة 2010 مسار الانتعاش، إذ بلغ معدل النمو وتيرة سنوية 5,1٪ (-0,7٪ في سنة 2009)، مع تسجيل وتيرة قوية في الثلاثي الرابع. في حين، اختلفت وتيرات النموّ حسب المجموعات الاقتصاديات في سنة 2010: نمو قوي على مستوى الاقتصاديات الناشئة و النامية (7,3٪ مقابل 2,8٪ في سنة 2009) مقابل أداء لا يزال ضعيفا للاقتصاديات المتقدمة (3,1٪ مقابل -3,7٪ في سنة 2009). يبقى ، الانتعاش هشّا، ضمن هذه الأخيرة نظرا لشدة الركود. أما عودة النمو الاقتصادي في منطقة الأورو في سنة 2010 (1,8٪)، بوتيرة ضعيفة بعد الركود القوي في سنة 2009 (-4,3٪) و في ظرف يتميز بمخاطر مالية عالية، فقد استندت على قفزة النشاط الاقتصادي في ألمانيا (3,6٪ مقابل -5,1٪ في سنة 2009) أين كان الطلب الداخلي قويّا.

فيما يخص الولايات المتحدة، بعد ضعف النشاط الاقتصادي خلال الثلاثي الثاني من سنة 2010، تعدى معدل نمو الثلاثي الثالث الأداء المرتقب، متبوعا في الثلاثي الرابع بقفزة في مؤشر الإنتاج المعملي و صلابة مؤشرات الإنفاق (المبيعات بالتجزئة و طلبات سلع التجهيز)، خاصة نفقات الاستهلاك. بلغ معدل النمو الاقتصادي 3٪ في 2010 (-3,5٪ في سنة 2009)، أي أداء يقارب الأداء الإجمالي للاقتصاديات المتقدمة (3,1٪).

في حين كان الانتعاش القوي للاقتصاديات الناشئة في آسيا (9,5٪ مقابل 7,2٪ في سنة 2009) و كذا أداء الاقتصاد البرازيلي (7,5٪ مقابل -0,6٪ في سنة 2009) أهم محركات الانتعاش السريع للاقتصاديات الناشئة و النامية، في ظرف يتميز بطلب داخلي متين و  قفزة قوية للتبادلات الدولية  (12,8٪  مقابل

-10,7٪ في 2009). هذا و سجّلت اقتصاديات منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا نموا بنسبة 4,4٪ (2,6٪ في سنة 2009) في إطار متميز بضغوطات تضخمية زادت من حدةّ التوترات الاقتصادية و الاجتماعية خاصة بالنظر إلى معدلات بطالة هيكلية مرتفعة لاسيما ضمن فئة الشباب. أما بالنسبة لإفريقيا جنوب الصحراء، فقد حققت أداءا أفضلا (5,4٪ في سنة 2010 مقابل 2,8٪ في سنة 2009) من ذلك المحقق في منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا. 

أدّت الأزمة الاقتصادية العالمية الحادة إلى معدلات بطالة مرتفعة تاريخيا في الاقتصاديات المتقدمة (8,3٪ في سنة 2010)، منها 10,1٪ في منطقة الأورو و 9,6٪ في الولايات المتحدة. في حين تواجه الاقتصاديات الناشئة في آسيا ، من جهتها، ضغوطات تضخمية تبدو مقترنة مع خطر الغليان المرتبط بالتوسع المفرط للقرض المغذى بالتدفق الهام لرؤوس الأموال ذات الطابع المتقلب. وقد استعاد كل من الاستهلاك و الاستثمار في هذه الاقتصاديات قوتهما خلال سنة 2010، في ظرف يتميز بضعف الطلب الخارجي.  

سجّلت أسعار المواد الأساسية ارتفاعا ملموسا سنة 2010، مستعيدة بذلك المستويات العالية التي سجلتها في سنة 2008، و ذلك أساسا بسبب النمو السريع، على الرغم من الأزمة للاقتصاديات الناشئة و النامية. وقد ترافق ارتفاع الأسعار هذا مع عودة الترقبات التضخمية  في الصين إلى مستواها ما قبل الأزمة. و كان التضخم مرتفعا على وجه الخصوص في الهند، حيث بلغ معدل التضخم 12٪ في سنة 2010، و كذا في بعض البلدان الآسيوية النامية الأخرى. وهذا ما يعكس انتشار الترقبات التضخمية قصيرة الأجل، المرتفعة أصلا، على مستوى البلدان الناشئة حيث تشكّل التغذية نسبة عالية في سلة الاستهلاك. و كان التضخم جد مرتفعا في بعض بلدان أمريكا اللاتينية (فنزويلا، الأرجنتين،...) في سنة 2010.

خلال السداسي الأول من سنة 2011 تواصل انتعاش الاقتصاد العالمي الذي انطلق في سنة 2010 و المجر بنمو قوي للاقتصاديات الناشئة و النامية، و إن كان ذلك بوتيرة أضعف. و قد اشتدت هشاشة الانتعاش خلال الثلاثي الثاني مع ازدياد المخاطر المرتبطة بالاستقرار المالي. 

بقي النمو الاقتصادي قويا على مستوى العديد من الاقتصاديات الناشئة و النامية في السداسي الأول من سنة 2011، خاصة في الصين و الهند و كذا في إفريقيا جنوب الصحراء و بدرجة أقل في أمريكا اللاتينية. و على العكس، فإن الأداء الاقتصادي للبلدان المتقدمة قد ضعف في الثلاثي الثاني، كما بقيت معدلات البطالة بهذه البلدان مرتفعة. فقد تأثرت وتيرة الانتعاش في السداسي الأول وألقت بنقاط ضعف حادة على مستوى بعض هذه البلدان، بما في ذلك ضعف وضعية المالية العامة و وضعية القطاع المالي. اشتد اختلال الترقبات بفعل أزمة الدين السيادي في بعض بلدان منطقة الأورو و ارتفاع أسعار المواد الأساسية و المواد الطاقوية وكذا الكوارث الطبيعية الأخيرة في اليابان والتطورات في بعض بلدان الشرق الأوسط و شمال افريقيا.

على المستوى العالمي، عادت التقلبات المالية بقوة و تفاقمت التوترات في الأسواق ما بين البنوك نتيجة أزمة الدين السيادي على مستوى منطقة الأورو وضعف النشاط في الاقتصاديات المتقدمة خلال الثلاثي الثاني من سنة 2011 على الرغم من مواصلة السياسات النقدية المحفزة في الولايات المتحدة و في منطقة الأورو، خاصة من خلال برامج تيسير كمي مختلفة. و هكذا تبقى الشروط النقدية الجد ميسرة، على الرغم من ارتفاع التضخم سواء في الولايات المتحدة أو في منطقة الأورو؛ في حين يبقى التضخم الضمني ضعيفا. و على العكس، فإن عدة بنوك مركزية للبلدان الناشئة قد اتخذت إجراءات تشديد نقدي لاحتواء النمو القوي للقروض. إلا أن هذا النمو القوي للقروض يبقى مرتفعا نتيجة التدفقات القوية لرؤوس الأموال تجاه هذه البلدان، في الوقت الذي تبقى معدلات الفائدة دون مستواها قبل الأزمة المالية الدولية. و بالتالي فإن الطابع المتقلب لتدفقات رؤوس الأموال، في ظرف توترات تضخمية خلال السداسي الأول من سنة 2011، شدد تعرض بعض البلدان الناشئة للمخاطر المالية. 

2.التطورات الاقتصادية و المالية لسنة 2010

بعد الصدمة الخارجية الكبيرة لسنة 2009 و الناجمة عن الأزمة المالية والاقتصادية العالمية، حقق الاقتصاد الوطني أداءات مالية معتبرة في سنة 2010، خاصة فيما يتعلق بتعزيز الوضعية المالية الخارجية الصافية.  

1.2

. سجّل ميزان المدفوعات الخارجي الجاري فائضا معتبرا في سنة 2010 بلغ 12,16 مليار دولار أي 7,5٪ من إجمالي الناتج الداخلي. ارتكز هذا الأداء على تحسن متواصل لسعر برميل البترول في 2010 (80,15 دولار مقابل 62,26 دولار في سنة 2009)، مؤديا إلى ارتفاع قوي لإيرادات صادرات المحروقات (26,4٪). في وقت سجلت فيه  الواردات ارتفاعا طفيفا (4٪) مع العلم أن سلع التجهيز و السلع نصف المصنعة تشكل ما يقارب ثلثي إجمالي الواردات. كما استفاد هذا الأداء للحساب الجاري الخارجي من تراجع طفيف في عجز الخدمات و توازن صافي عوائد عوامل الإنتاج  بالنظر إلى العائد المعتبر لتوظيفات احتياطيات الصرف و كذا استقرار فائض صافي التحويلات الجارية .

يأتي هذا ليؤكد فائض الادخار على الاستثمار الذي ميّز سنوات 2000، باستثناء سنة 2009. و بعد العجز الجاري الخارجي في السداسي الأول من 2009، فإن فائض سنة 2010 يزداد اعتبارا لكون رصيد ميزان المدفوعات الجارية أصبح العنصر المحوري لوضعية ميزان المدفوعات الخارجية للجزائر. في نفس الوقت، سجل حساب رأس المال فائضا بلغ 3,4 مليار دولار و ذلك لكونه أصبح  يقتصر أساسا في صافي الاستثمارات الخارجية المباشرة بعد تسديد المديونية الخارجية الذي تمّ قبل اندلاع الأزمة المالية الدولية. و قد سجل صافي الاستثمارات الخارجية المباشرة تحسنا في 2010 (3,5 مليار دولار مقابل 2,5 مليار دولار في 2009)، بعد وضع تميز بخروج صاف

لرؤوس الأموال بموجب الاستثمارات المباشرة الخارجية في بعض القطاعات.

و عليه، فإن التحسن الملحوظ في الفائض الإجمالي لميزان المدفوعات في 2010 (15,58 مليار دولار مقابل 3,86 مليار دولار في 2009) أدى إلى ارتفاع مستوى احتياطيات الصرف الرسمية للجزائر. بلغ مستوى الاحتياطيات الرسمية للصرف (بما في ذلك الموجودات المعبر عنها بحقوق السحب الخاصة) 162,22 مليار دولار في نهاية 2010 (148,9 مليار دولار في نهاية 2009)، متجاوزا ثلاث سنوات من الاستيراد للسلع و الخدمات. في حين استقر مستوى الدين الخارجي متوسط و طويل الأجل (3,679 مليار دولار) حيث لم يعد يمثل سوى 2,27٪ من إجمالي الناتج الداخلي لسنة 2010.

تؤكد هذه المقاييس صلابة الوضعية المالية الخارجية الصافية للجزائر و تدعّم قدرتها على مقاومة الصدمات الخارجية، خاصة و أن سياسة تسيير سعر الصرف من طرف بنك الجزائر تساهم بطريقة فعلية في الاستقرار المالي الخارجي. أدت تدخلات بنك الجزائر في السوق البينية للصرف سنة 2010 إلى ارتفاع قيمة سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار بنسبة سنوية بلغت 2,64٪. بقي سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار تقريبا في مستواه التوازني على المدى المتوسط ، و ذلك على الرغم من التقلبات المتزايدة لأسعار صرف العملات الرئيسية و الضعف الهيكلي للصادرات خارج المحروقات (ما يقارب مليار دولار في 2010). يبين هيكل المدفوعات الخارجية استقرار حصة المدفوعات بالأورو في حدود 46٪ مقابل 50٪ للدولار؛ مع العلم أن هيكل التجارة الخارجية مع الخمسة عشر شريكا تجاريا الرئيسيين للجزائر يشكل قاعدة ترجيح سعر الصرف الفعلي الحقيقي و لسلة العملات المرجعية. 

في هذا الإطار، يكتسي مستوى احتياطيات الصرف الرسمية أهمية خاصة إذ يمثل الحائط الأساسي ضد صدمات خارجية محتملة. و عليه، يرتكز الاستقرار المالي الخارجي على المدى المتوسط و الطويل على مواصلة التسيير الحذر لاحتياطيات الصرف الرسمية من طرف بنك الجزائر. تتمثل الأهداف المتبعة في هذا المجال في:

·

       الحفاظ على قيمة رأس المال: التقليل من خطر خسارة القيمة السوقية للأصول، بالاحتفاظ على محفظة متنوعة للأصول ذات النوعية الرفيعة (فيما يخص تنقيط القرض و نوع المصدر) و بتطبيق ممارسات ملائمة لتخفيف المخاطر؛

·

       الاحتفاظ على مستوى عال من السيولة: توظيف الاحتياطيات في أصول بتاريخ استحقاق قريب أو التي يمكن إعادة بيعها بسرعة دون فقدان القيمة؛

·

       الحصول على المردود الأمثل: الحصول على أفضل مردود ممكن مع احترام الأهداف المتعلقة بالأمن و السيولة.

و عليه، حتى و إن كانت

 الإيداعات تتم خصوصا لدى البنوك المركزية والمؤسسات المالية الدولية، فإن حصة محافظ الأوراق المالية قد تزايدت منذ 2007 لتبلغ 98٪ من إجمالي الاحتياطيات؛ وتتشكل هذه المحافظ من أدوات تستفيد من أفضل تنقيط و بالتالي تتعرض لأقل مخاطر، تتمثل أساسا في السندات السيادية .

إن  مردودية الاستثمارات المحققة من طرف بنك الجزائر في محافظ الأوراق المالية خلال السنوات التي كان معدل الفائدة فيها عاليا بقيت مرتفعة نسبيا، أي تقريبا 3٪ في 2010 و أعلى من 3٪ في 2008 و 2009. تعد هذه الأداءات معتبرة خاصة و أنها حققت في ظرف يتميز بمعدل فائدة جد منخفض في البلدان المتقدمة و معدلات توجيهية قريبة من الصفر بالخصوص في الولايات المتحدة. فضلا عن ذلك، تجدر الإشارة إلى أن معدلات المردود الحقيقي تبقى ايجابية. وقد ساهم في هذا الأداء التنويع الذي ادخل منذ 2004، سواء كان في اختيار

 العملات التي تدخل في تكوين تشكيلة الاحتياطيات و توزيعها على مستوى المحافظ، أو من زاوية الأوراق المالية، حسب صنف الخطر.و تم ذلك مع العمل على تقليل المخاطر. و يبقى هدف الأمن، أساسيا، خاصة وأن المحيط الدولي قد تميز في 2010 بظهور مخاطر مرتبطة بالدين السيادي و بمخاطر مصرفية متصاعدة.  

2.2

. إن كان فارق التضخم السنوي المتوسط بين الجزائر و منطقة الأورو قد تقلص، و إن بقي مرتفعا، فإن ارتفاع قيمة سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار ساهمت في الحد من أثر التضخم المستورد على المستوى العام للأسعار، خاصة و أن أسعار السلع الاستهلاكية ذات محتوى مستورد عال قد سجلت ارتفاعا قويا في سنة 2010 (7٪). إن ارتفاع الأسعار الدولية للمواد الزراعية الأساسية المستوردة (حبوب و مواد استوائية) و كذا زيادة الكتلة النقدية و ارتفاع أسعار الجملة للخضر والفواكه تشكل العوامل الرئيسية التي تفسر و تحدد التضخم في الجزائر، بمساهمات تقدر على التوالي بـ 31٪، 62٪ و 7٪ كمتوسط في العشرية الأخيرة. و تجدر الإشارة هنا إلى الأثر التضخمي لاختلالات الأسواق الداخلية.

بالفعل، و للمرة الأولى منذ خمس سنوات، تراجع معدل التضخم السنوي المتوسط المقاس بمؤشر الأسعار عند الاستهلاك، منتقلا من 6,1٪ في 2009 إلى 4,1٪ بالنسبة للمؤشر الوطني و من 5,7٪ في 2009 إلى 3,9٪ بالنسبة لمؤشر الجزائر العاصمة. و عكس السنوات السابقة، فقد تولد التضخم في 2010 أساسا من ارتفاع أسعار الخدمات و السلع المعملية، حتى و إن تأثرت السلع الغذائية بالزيادات الهامة، التي تبقى ضعيفة عما كانت عليه في الماضي.

إن  زيادة الأسعار عند الاستهلاك في الجزائر، منذ 2003، هي أضعف عند مقارنتها بزيادة الأسعار في منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا و أقل من التضخم الأوسط لكل هذه السنوات. ويوحي تباطؤ معدل نمو أسعار الإنتاج الصناعي منذ 2008 و الأسعار عند الاستهلاك في 2010 أن ديناميكية تراجع وتيرة التضخم قد بدأت و التي يجب تعزيزها بالتحكم في المحددات الرئيسية للتضخم: الإنشاء النقدي خارج المحروقات في تناغم مع النمو الحقيقي و التحكم في زيادة تكاليف العوامل و كذا تحفيز العرض.

3.2

بعد سنتين من نشاط اقتصادي بوتيرة متواضعة بلغت 2,4٪، تأكد انتعاش النمو في 2010 (3,3٪)، يجره أساسا الطلب الداخلي والمدعم بدوره بزيادة الموارد، في الوقت الذي سجل فيه قطاع المحروقات نموا سلبيا منذ 2006. بالفعل، عرفت كل قطاعات الأنشطة ما عدا قطاع المحروقات نموا إيجابيا، مع أداء ضعيف للصناعة (0,9٪ مقابل 5٪ في 2009) و نمو في الفلاحة بمعدل 6,0٪ بعد نمو بمعدل 20,0٪ في 2009؛ و ارتفع إجمالي الناتج الداخلي بالحجم خارج المحروقات بنسبة 6,0٪ في 2010 (9,3٪ في 2009). يرجع النمو المعتبر خارج المحروقات، و الموزع بصفة متخالفة بين القطاعات، إلى الزيادة في مساهمة قطاعات الخدمات المسوقة، خاصة التجارة و النقل، و الخدمات غير المسوقة و البناء و الأشغال العمومية.

في نفس الوقت، انخفض نمو النفقات الداخلية، و إن بقي مرتفعا بنسبة

5,5٪ بالحجم في 2010، تدفعه الزيادة القوية في نفقات الأسر و الإدارات العمومية، مما يؤكد دور النفقات العمومية كمحفز حاسم للنشاط الاقتصادي في الجزائر.

ارتفع إجمالي نفقات الميزانية بنسبة

6,3٪ في 2010، بعد استقرار نسبي في 2009. في حين تراجعت نفقات التجهيز في كل من 2009 و 2010 بـ 1,4٪ و 6٪ على التوالي، بعد ارتفاعها القوي منذ سنة 2005. و قد بلغ معدل نمو نفقات التجهيز هذه مستوى أقصى في سنة 2007 بنسبة 41,3٪ مقابل 37,5٪ في 2008. و عليه، بعد عدة سنوات من تطور متزايد، انخفضت نسبة نفقات التجهيز إلى إجمالي الناتج الداخلي، منتقلة من 19,4٪ في 2009 إلى 15,1٪ في 2010، مما يشهد على التباطؤ المحسوس للاستيعاب في هذا المجال. أما فيما يخص نسبة النفقات الجارية إلى إجمالي الناتج الداخلي، فقد استقرت في 2010 (22,3٪ مقابل 22,9٪ في 2009)، في حين، نتجت الزيادة في النفقات الجارية أساسا عن النفقات الخاصة بالمستخدمين. بالإضافة إلى هذا، بقي معدل تغطية نفقات التسيير بإيرادات خارج المحروقات مستقرا في 2010 (54,8٪)، بعد انخفاض من 2006 إلى 2008.

ارتفعت إيرادات المحروقات في سنة 2010 بـ

20,4٪، لتبلغ 66,3٪ من إجمالي إيرادات الميزانية و مغطية 64,4٪ من إجمالي نفقات الميزانية. أما بالنسبة للإيرادات خارج المحروقات، التي تمثل 33,6٪ من إجمالي إيرادات الميزانية، فقد ارتفعت بـ 16,5٪ (14,6٪ في 2009)، في حين بلغت الحصة النسبية للإيرادات الضريبية 87,6٪. من جهة أخرى، بقيت نسبة الإيرادات خارج المحروقات إلى إجمالي الناتج الداخلي خارج المحروقات مستقرة في 2010 (18,7٪). إلا أن هذا الاستقرار يجب أن لا يحجب تغير هيكل الضريبة خارج المحروقات خلال السنوات 2004 – 2010. بالفعل، عرفت الاقتطاعات من المداخيل، الأجور و أرباح الشركات ارتفاعا أسرع نسبيا من الاقتطاعات من النشاط الاقتصادي (ضرائب على السلع و الخدمات و الحقوق الجمركية)، رغم الزيادة الهامة في وعاء هاتين الأخيرتين.

في الإجمال، بعد ما يقارب عشرية من الفوائض، سجل الرصيد الإجمالي لعمليات الخزينة عجزا للسنة الثانية على التوالي (

0,9٪ من إجمالي الناتج الداخلي في 2010 و 7,1٪ في 2009). رغم هذا العجز، تعزّزت قدرة تمويل الخزينة في 2010، كما يشهد على ذلك قائم موارد صندوق ضبط الإيرادات الذي ارتفع بـ 526,4 مليار دينار ليبلغ 40,2٪ من إجمالي الناتج الداخلي. وهذا يعزّز قابلية استمرار المالية العامة، على الرغم من الزيادة في الدين العمومي الداخلي في 2010. هذا و تصبح فعالية الاستثمار العمومي الهدف الأساسي. كما يجب إيلاء اهتمام خاص لتعزيز قدرات الاستثمار.

4.2

. إن العودة  إلى تراكم الموارد (ادخارات مالية) سنة 2010 في صندوق ضبط الإيرادات، على الرغم من الارتفاع القوي في النفقات الجارية للميزانية (نفقات المستخدمين و التحويلات) مقارنة بتطورها في 2009، قد ساهمت في التخفيف من التنقيد.

من خلال تحليل مصادر الإنشاء النقدي في 2010 يتأكد أن الموجودات الخارجية (بالعملات الصعبة) تشكل العنصر الأساسي في مسار الإنشاء النقدي و بالتالي في تكوين الادخارات المالية للأعوان الاقتصاديين غير الماليين. وهكذا فإن قائم صافي الموجودات الخارجية لبنك الجزائر المعبر عنه بالدينار، أي

11 854,02 مليار دينار في نهاية 2010، قد تم تنقيده في حدود 72,4٪. نظرا لضعف صافي الموجودات الخارجية للبنوك، فإن القروض للاقتصاد (3 671,1 مليار دينار) الموزعة من طرف البنوك و المؤسسات المالية، تشكل العنصر المكمل للإنشاء النقدي. و بالتالي، فإن مقابل مجمل هذه الأصول، المتكونة أساسا من الموجودات الخارجية (أي احتياطيات الصرف)، يتمثل في قائم الادخارات المالية للمؤسسات و الأسر (أي ودائع لدى البنوك و النقد الورقي) بمبلغ 8 323,28 مليار دينار في نهاية 2010 و كذا قائم الادخار المالي للدولة (أي صندوق ضبط الإيرادات و ودائع أخرى في الحساب الجاري لدى بنك الجزائر و لدى البنوك) بواقع 5 108,13 مليار دينار في نهاية 2010.

و في مثل هذا الظرف لتطور الادخار المالي،فإن التعقيم من طرف الخزينة وامتصاص فائض السيولة من طرف بنك الجزائر قد ساهما معا في إرساء أقوى للاستقرار النقدي و المالي في سنة 2010، على الرغم من عودة توسع الكتلة النقدية

M2 (13,8٪) و استمرار النمو القوي للنقد الورقي (14,7٪ مقابل 18,8٪ في 2009). تعد هذه الظاهرة الأخيرة ميزة السلوكات النقدية للأسر و المؤسسات و بالتالي تفضيلهم الحاد للنقد الورقي، رغم عصرنة أنظمة الدفع.

بعد توسع نقدي منخفضا تاريخيا سجّل في 2009 (

3,1٪) تحت تأثير الصدمة الخارجية الهامة، تميزت سنة 2010 بالعودة إلى التوسع النقدي (13,8٪)، لكن بمعدل أقل من الوتيرات العالية التي ميزت سنوات 2006 إلى 2008. إن دور صافي الموجودات الخارجية في مسار الإنشاء النقدي والتي ارتفعت بنسبة 10,2٪ في 2010 قد ترافق مع مواصلة حيوية القروض للاقتصاد.

و على عكس ما حصل في العديد من البلدان الناشئة التي سجلت تقلصا في القروض للاقتصاد بسبب الأزمة المالية الدولية، فإن القروض الموزعة من طرف البنوك العاملة في الجزائر للمؤسسات و الأسر، مباشرة أو عن طريق الاستثمار في السندات المصدرة من طرف المؤسسات، قد ارتفعت بـ

15,6٪ في 2010 (خارج إعادة شراء القروض غير الناجعة من طرف الخزينة). وتمثل هذه الزيادة نموا حقيقيا قويا للقروض، خلال سنة 2010، يجعل من الجزائر إحدى البلدان الناشئة ذات النمو السريع للقروض. هذا و تحت تأثير النمو القوي للقروض متوسطة و طويلة الأجل، ارتفعت حصة هذه القروض ضمن إجمالي القروض إلى 59,9٪ في نهاية 2010 مقابل 57,2٪ في نهاية 2009، مؤكدة بذلك ديناميكية التمويل طويل الأجل لمشاريع الاستثمارات لاسيما عن طريق تجمع البنوك لتقديم التمويل و مساهمة بذلك في تمديد مدة نضج التمويل المصرفي.

ساهمت الظروف المالية المواتية و كذا صلابة النظام المصرفي أمام الصدمة الخارجية في تعزيز دور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار في الجزائر. إذ تعززت هذه الأخيرة خلال سنة 2010، سواء على مستوى قطاع المحروقات أو قطاعات الأنشطة الأخرى، بعد تقلص ودائع قطاع المحروقات في 2009. من المفيد الإشارة إلى أن قائم الادخار المالي للأسر و المؤسسات الخاصة قد فاق في نهاية 2010 قائم الادخار المالي للمؤسسات العمومية، بما فيها مؤسسات قطاع المحروقات.

و عليه، فإن الارتفاع الهام لودائع البنوك (تحت الطلب و لأجل بالدينار) في 2010،

12,5٪ مقابل انخفاض بـ 8,2٪ في 2009، قد ساهم في تعزيز رؤوس الأموال القابلة للإقراض لدى البنوك، و المرساة على موارد مستقرة ومتزايدة و وضعية جيدة للسيولة. فضلا عن ذلك، فإن فائض السيولة أصبح أكثر انتشارا على مستوى بنوك الساحة. إلا أنه ترتب عن هذا نشاطا أقل ديناميكية في السوق النقدية ما بين المصارف. بالفعل، وبسبب توفر موارد مالية مستقرة للبنوك تسمح لها بتأدية نشاطاتها المختلفة في ظرف يتميز بضعف خطر السيولة، لم تتدخل هذه الأخيرة إلا بصفة نادرة في السوق النقدية للحصول على السيولة أثناء سنة 2010. وذلك أساسا بهدف تشكيل الاحتياطيات الإجبارية التنظيمية.

على الرغم من حدة فائض السيولة الهيكلية و المغذاة عن طريق الانتعاش المعتبر للنمو النقدي في 2010، ساهم السير المنتظم للسياسة النقدية من طرف بنك الجزائر، في احتواء الضغوطات التضخمية في 2010 و بالتالي في إرساء المزيد من الاستقرار النقدي. ارتكز سير السياسة النقدية على الامتصاص الفعلي لفائض السيولة، نظرا لأهمية تنقيد الموجودات الخارجية في 2010 بعد الصدمة الخارجية لـ2009. فضلا عن ذلك، فإن الاحتياطيات الحرة بلغت في المتوسط 63 مليار دينار في 2010، منها 54 مليار دينار متشكلة من ودائع حرة للبنوك التي لم تتدخل في العمليات مع بنك الجزائر.

3. إصلاح إطار السياسة النقدية في سنة 2010 و الاستقرار المالي

بعد تعديل الجهاز التنظيمي في 2009 والمتضمن أدوات سير السياسة النقدية (استرجاعات السيولة، تسهيلة الودائع المغلة للفائدة و الاحتياطيات الإجبارية)، وذلك استخلاصا للدروس من الأزمة المالية الدولية الحادة لسنة 2008، تميزت سنة 2010 بإصلاح الإطار القانوني في هذا المجال حيث تم وضع هدف التضخم كهدف أساسي للسياسة النقدية، مع الحفاظ على الأهداف الكمية النقدية. و بالتالي يصبح هدف التضخم عنصرا محددا مقارنة بالاستهداف النقدي الكمي المرن الساري المفعول، علما بأن توقع التضخم على المدى القصير أصبح ذو أهمية خاصة.

قبل ترسيخ هدف التضخم و في إطار توقع التضخم و تتبعه، قام بنك الجزائر بتطوير أداة ملائمة منذ سبتمبر 2009 يتمثل في نموذج توقع التضخم على المدى القصير يعكس نظرة إستشرافية، من أجل توقع شهري لمعدل التضخم وتطوره على مدى سنة. على سبيل المثال، فإن معدل التضخم السنوي لنهاية سنة 2010 و الذي تم توقعه في شهر سبتمبر 2010 لا يختلف إلا بـ 0,14 نقطة مئوية من معدل التضخم المحقق في شهر ديسمبر

3,91٪  و المحسوب من طرف الديوان الوطني للإحصاء.على العموم، فإن التضخم السنوي المتوسط قد بقي قريبا من التوقعات على المدى القصير. وقد تراجع معدل التضخم هذا مقارنة بمستواه في نهاية سنة 2009 (5,74٪) تناغما مع هدف التضخم المحدد من طرف مجلس النقد والقرض (4٪، + أو - 1 نقطة مئوية).

تبقى مساهمة السياسة النقدية في الاستقرار المالي حاسمة في الجزائر، نظرا إلى هيمنة البنوك في النظام المالي الجزائري. وتتعزز هذه المساهمة، في وضعية مميزة بالتسيير المرن لسعر الصرف تناغما مع هدف الاستقرار المالي الخارجي. و بالمثل، فإن التسيير الحذر لاحتياطيات الصرف الرسمية، في مستوى يمكّن من مواجهة صدمات خارجية محتملة، يندرج  في إطار الهدف الاستراتيجي لتعزيز الاستقرار المالي.

هذا و تعزز التدابير التشريعية الجديدة (الأمر رقم 10-04 المؤرخ في 26 أوت 2010) الإطار القانوني الذي ينظم القطاع المصرفي في الجزائر و تقوي الإرساء القانوني للاستقرار المالي كمهمة صريحة لبنك الجزائر، خاصة من زاوية مراقبة الخطر النظمي. و يأتي هذا لتعزيز الإجراءات التنظيمية المتخذة في هذه السنوات الأخيرة، على ضوء بعض نقاط الضعف التي تمت معاينتها لا سيما النظام رقم 08-04 المؤرخ في ديسمبر 2008 الذي رفع بصفة جوهرية الرأس مال الأدنى للبنوك و المؤسسات المالية و النظام رقم 09-03 المؤرخ في ماي 2009 المتضمن القواعد العامة الخاصة بشروط البنوك والمتعلقة بالمخاطر على المنتجات المالية. 

و إثر ذلك، يصبح لبنك الجزائر صلاحيات أوسع من حيث القيام بأي تحقيق على مستوى البنوك و المؤسسات المالية، خصوصا أن لمفتشي بنك الجزائر مهمة قيادة كل رقابة على مستوى هذه الهيئات و بالأخص لحساب اللجنة المصرفية. و عليه، فإن تعزيز صلاحيات بنك الجزائر يسمح بقدرة أكبر على الكشف المبكر لنقاط الضعف، و ذلك عبر متابعة أفضل للبنوك و المؤسسات المالية. في هذا الإطار، عزز بنك الجزائر قدراته في مجال اختبارات الصلابة، بالموازاة مع اتمام النظام الجديد لتنقيط البنوك و المؤسسات المالية، مستهدفا أفضل رقابة للمخاطر المصرفية (إشراف موجه نحو المخاطر).

تقوم لجنة الاستقرار المالي لبنك الجزائر، من جهتها، بمراجعة مؤشرات الصلابة المالية و التي تتمثل في إحدى عشر(11) مؤشر مسماة «مؤشرات دنيا»، مع استهداف المؤشرات الأخرى و المسماة «مؤشرات مقترحة». في سنة 2010، أعطيت أهمية خاصة للتقييم الدوري لاستقرار النظام المصرفي والمالي خاصة بواسطة اختبارات الصلابة التي أدخلت منذ سنة 2007. و في نفس السنة، و في مجال الأدوات الاحترازية الكلية (الاحتياطيات الإجبارية،...)، اهتمت لجنة الاستقرار المالي أكثر بفائض السيولة الهيكلي الذي يميز النظام المصرفي الجزائري. تبرز في هذا الظرف الحاجة لتحسين توزيع القروض للاقتصاد لدعم تنويع الاقتصاد الوطني، علما بأن خطر القروض يبقى الخطر المصرفي الرئيسي. وفي هذا السياق، تواصل العمل على تحقيق هدف تقليص المخاطر المرتبطة بالديون غير الناجعة في 2010 (19٪ مقابل

21,8٪ في 2009).

أخيرا، عززت التدابير التشريعية الجديدة لشهر أوت من سنة 2010 بقوة جهاز الوقاية و حل «الأزمات»، مع تركيز خاص على توجيه الإشراف المصرفي نحو المخاطر. إن تكثيف تبادل المعلومات بين مختلف الهيئات المشرفة على القطاع المالي (بنك الجزائر، اللجنة المصرفية، الخزينة العمومية، هيئة رقابة شركات التأمين و لجنة تنظيم عمليات البورصة و مراقبتها)، و الذي يهدف إلى تدقيق معرفة مستوى مقاومة النظام المالي للدورات الظرفية، يسمح بكشف أفضل عما يهدّد الاستقرار المالي. في هذا الإطار، تم في  شهر ماي من سنة 2010 القيام باختبار مقاومة النظام المالي، على مستوى كل هيئة و على مجمل النظام للصدمات المالية الداخلية و الخارجية، بمساعدة خبراء من البنك الدولي. وتعلق الأمر هنا بإجراء محاكاة لأزمة سمحت باختبار، على وجه الخصوص،     مستوى تبادل المعلومات بين مختلف هيئات الإشراف على النظام المالي و مدى التنسيق بينها في اتخاذ الإجراءات التصحيحية.

4. تدعيم الإشراف المصرفي في سنة 2010  

تميزت سنة 2010 بتعزيز الإطار المؤسساتي للإشراف البنكي تبعا للتدابير الجديدة المدخلة بالأمر رقم 10-04 المؤرخ في 26 أوت 2010، المعدل و المتمم للأمر رقم 03-11، المتعلق بالنقد و القرض. يعطي هذا الأمر الإرساء القانوني للاستقرار المالي، كمهمة لبنك الجزائر إضافة إلى مهمة استقرار الأسعار، و يتضمن أحكاما قانونية جديدة تهدف إلى تحكم أفضل في المخاطر من طرف البنوك و المؤسسات المالية. 

قامت المديرية العامة للمفتشية العامة لبنك الجزائر، في إطار مخطط عملها بموجب السنة المالية 2010، بتكثيف تدخلاتها للرقابة بعين المكان لدى البنوك و المؤسسات المالية. تميزت السنة تحت الدراسة ببدء مهمة متزامنة، لدى مجمل بنوك الساحة و المصالح المالية لبريد الجزائر، تضمنت تقييم أجهزتها الداخلية الخاصة بمكافحة تبييض الأموال و تمويل الإرهاب. و قد دخلت هذه المهمة في إطار الأعمال التي باشرتها السلطات العمومية لمكافحة الآفات ذات الطابع الاقتصادي (تبييض الأموال،...).

رغم تجنيد عدد معتبر من مفتشي بنك الجزائر لتحقيق هذه العملية، أي ثلاثة وعشرون (23) مهمة مجراة في 2010 في إطار رقابة الجهاز المضاد لتبييض الأموال لدى البنوك و المصالح المالية لبريد الجزائر، مهمات أخرى تتضمن مواضيع مختلفة تم تحقيقها أيضا خلال سنة 2010، مغطية خاصة ميادين الرقابة الشاملة، تقييم محفظة القروض، عمليات التجارة الخارجية، و تحقيقات خاصة متعلقة بالعمليات المصرفية لزبائن البنوك. في هذا الإطار، أعطيت أهمية خاصة للرقابة الشاملة و تقييم محفظة القروض للبنوك، العمومية منها والخاصة. زيادة على ذلك، فإن خمسة (05) من بين العشرة (10) مهمات المتعلقة بالرقابة الشاملة المجراة في 2010 و التي تمت مواصلة البعض منها في السداسي الأول من سنة 2011، أدت إلى إرسال تقارير مفتشية إلى اللجنة المصرفية، طبقا للإجراءات المعمول بها. فضلا عن ذلك، تم القيام في 2010 بثلاث (03) مهمات خاصة بالرقابة على التجارة الخارجية تعلقت بالعمليات المحققة من طرف مؤسسات ذات الرأس مال الأجنبي. أدت أعمال رقابة التجارة الخارجية في بعض الحالات إلى تحرير محاضر معاينات مخالفة القواعد المتعلقة بالصرف.

قصد ضمان التقارب بين أعمال الإشراف و المبادئ الأساسية للرقابة المصرفية الفعالة، المنصوص عليها من طرف لجنة بازل، واصل بنك الجزائر في 2010 في مشروع عصرنة مهنة الإشراف القائمة على المخاطر. تدخل هذه العملية في إطار تعزيز عمليات الوقاية التي تهدف إلى ترسيخ أقوى لاستقرار النظام المصرفي في الجزائر. إن هذا المشروع المهيكل، الذي يتوقع تطبيقه الفعلي على مستوى البنوك خلال الثلاثي الرابع من سنة 2011 كمرحلة قيادية، يوصي بإعادة صياغة كل السيرورات المتعلقة بنشاطات الرقابة الممارسة من طرف المديرية العامة للمفتشية العامة لبنك الجزائر. يتضمن هذا المشروع تطوير نظام تنقيط مصرفي مطابق للمعايير الدولية. 

يهدف هذا النظام الجديد إلى تعزيز القدرة على الكشف و الإنذار المبكر و كذا تفضيل الجانب التنبؤي للرقابة. إن الكشف عن الأعراض المنذرة لفشل محتمل  لأي بنك أو مؤسسة مالية في وضعية صعبة يعدّ ضروريا لضمان استقرار النظام المالي و حماية المودعين. كما يسمح هذا النظام الجديد برد فعل سريع من طرف سلطة الإشراف و اتخاذ الإجراءات التصحيحية الملائمة للتكفل بالصعوبات التي قد تواجهها هيئة مالية. 

هذا وسيسمح هذا الجانب الجديد من النظام و الكامن في تنبؤ المخاطر لهيئات الإشراف من التقليص المحسوس في تكلفة الإشراف من خلال استيعاب أفضل لطبيعة المخاطر الخاصة بكل هيئة مالية خاضعة للرقابة و استهداف تلك التي تواجه صعوبات و استعمالا عقلانيا لموارد الإشراف. وهذا ما سيسمح بالتمييز السريع بين الهيئات المالية السليمة من تلك التي تواجه صعوبات.

5. مؤشرات الصلابة المالية للقطاع المصرفي في 2010

يتكون النظام المصرفي في الجزائر في نهاية 2010 من عشرين (20) مصرفا شامل النشاطات، منها ست (6) عمومية و أربعة عشر (14) خاصة ذات رؤوس أموال أجنبية، و هي مصارف أو فروع لمصارف أجنبية، و كذا ست (6) مؤسسات مالية 

من زاوية تطور الاستخدامات و الموارد، بقي نشاط البنوك، العمومية منها أو الخاصة، حيويا كما يشهد على ذلك نمو إجمالي أصولها (بما في ذلك حسابات التسوية). فقد ارتفع إجمالي أصول البنوك العمومية من 6497 مليار دينار في نهاية 2009 إلى 7067 مليار دينار في نهاية 2010، أي ارتفاع بلغ

8,8٪ مقابل 11,3٪ للبنوك الخاصة. يتميز نمو أصول البنوك العمومية و الخاصة بازدياد نشاط الإقراض مما يبين هيمنة المهنة التقليدية. بالفعل، بلغ في 2010 نمو القروض لزبائن المؤسسات و الأسر 15,6٪ في حين سجلت الودائع المصرفية نموا بلغ 11,7٪. لكون أن جزءا كبيرا من الودائع يتشكل من ودائع تحت الطلب، و هي ودائع لا يتولد عنها أعباء للبنوك على شكل فوائد، فإن هذه الوضعية تؤثر إيجابيا على حسابات نتائج هذه البنوك. 

في ظرف كهذا يتميز بتكلفة ضعيفة للموارد و بارتفاع القروض، حققت البنوك العمومية أرباحا تبلغ

71,860 مليار دينار في 2010 (بعد خصم المؤونات ذات الطابع الاحتياطي و التي هي جزءا من الأموال الخاصة) مقابل 70,229 مليار دينار في 2009. في حين، عرفت البنوك الخاصة في 2010 نموا قويا في أرباحها بلغ 24158 مليون دينار مقابل 15614 مليون دينار في 2009. يعزز هذا الأداء المالي للبنوك القدرة على المقاومة للنظام المصرفي كما تشهد على ذلك مؤشرات الصلابة المالية الأكثر تعبيرا و المتفق عليها دوليا.

فيما يخص نسبة الملاءة، رفعت البنوك مستوى أموالها الخاصة، بما في ذلك الأموال الخاصة القاعدية، التي تشكل الحماية الأكثر فعالية للمودعين ضد الخسائر غير المنتظرة. بالفعل، تحوزالبنوك، العمومية منها و الخاصة، مستويات أموال خاصة أعلى بكثير من الحد الأدنى القانوني. إن نسبة ملائمة الأموال الخاصة إلى المخاطر التي قد تتعرض لها البنوك (نسبة الملاءة) قد انتقلت من

22,11٪ في 2009 إلى 23,31٪ في 2010، في حين، تشكل الأموال الخاصة القاعدية (common equity) الجزء الأكبر من الأموال الخاصة مؤدية إلى ارتفاع نسبة ملائمة الأموال الخاصة القاعدية إلى المخاطر التي قد تتعرض لها البنوك من 17,33٪ في 2009 إلى 18,76٪ في 2010. ترجع هذه الأداءات إلى تخصيص جزء كبير من نتائج السنوات السابقة كاحتياطيات و كذا النتائج المعتبرة المحققة من قبل البنوك العمومية و الخاصة للسنة تحت الدراسة. 

على مستوى البنوك العمومية، سجلت الأموال الخاصة القانونية و القاعدية ارتفاعات تقدر على التوالي بـ

12,81٪ و 17,49٪ لتبلغ 570,936 مليار دينار و 422,196 مليار دينار في نهاية 2010. سجلت البنوك الخاصة، من جهتها، ارتفاعا أقل من ذلك المسجل من طرف البنوك العمومية نظرا لتوزيع جزء أكبر من الأرباح. وقد ارتفعت الأموال الخاصة القانونية لهذه الأخيرة بـ 10,79٪. كما ارتفعت الأموال الخاصة القاعدية     بـ 10,90٪، حيث بلغت على التوالي 198,653 مليار دينار و 197,289 مليار دينار. وهكذا، فقد واصلت البنوك العمومية و الخاصة جهودها في إعادة تكوين الأموال الخاصة مما سمح لها بتحسين نسبة الديون غير الناجعة (صافية من المؤونات المكونة) إلى الأموال الخاصة القانونية، و التي انخفضت من 30,04٪ في 2009 إلى 20,37٪ في 2010.

من حيث جودة محفظات البنوك، واصلت البنوك تحسين تسيير المخاطر المتعلقة بالقروض و المعالجة الديناميكية للديون المصنفة. و ترجم هذا بالتحسن الطفيف في المعدل الإجمالي لانخفاض قيمة محفظة القروض ليصل إلى

19,05٪ في 2010 مقابل 21,82٪ في 2009. فيما يخص المؤونات، بلغ مستواها 74,14٪ في نهاية 2010 مقابل 68,29٪ في نهاية 2009. إلا أن نسبة الديون غير الناجعة تبقى مرتفعة مقارنة بالمعايير الدولية في هذا المجال. 

تعتبر مردودية النظام المصرفي مرضية و تبقى مواتية سواء بالنسبة للبنوك العمومية أو الخاصة. تجسدت مردودية البنوك الخاصة في الزيادة شبه الكلية للأرصدة الوسيطة للتسيير، و ذلك تبعا للتطور الايجابي لأنشطتها في الوساطة و خارج الوساطة. بلغ الارتفاع في عائد أصولها 3,49٪ في 2010 مقابل 3,28٪ في 2009. بالنسبة للبنوك العمومية، انخفض عائد الأصول بشكل طفيف ليبلغ 1,25٪ في 2010 مقابل 1,33٪  في 2009، و ذلك بسبب الحجم الهام لعملياتها مع بنك الجزائر، و التي تكتسب من خلالها فوائد أضعف. فيما يخص مردودية الأموال الخاصة للبنوك، فقد انخفضت سواء بالنسبة للبنوك العمومية أو الخاصة، و هو انخفاض راجع إلى الزيادة الهامة في أموالها الخاصة أي رأس مال مضاف إليه الاحتياطيات.

أما فيما يخص نسبة هامش الفائدة إلى إجمالي الدخل، فقد تحسنت في 2010 بالنسبة للبنوك العمومية و الخاصة، و ذلك تحت تأثير ارتفاع هوامش الفائدة الصافية. و إن ازدادت تبعية البنوك الخاصة إزاء الدخل خارج الفوائد، فإن هذا الدخل يمكّن من تعويض انخفاض هامش الوساطة لها، كما يشهد على ذلك، الانخفاض في نسبة الأعباء خارج الفائدة إلى إجمالي الدخل التي انتقلت من 52,73٪ في 2009 إلى 39,24٪ في 2010.

إنّ وضعية السيولة المصرفية متينة. مقاسة بإحدى المؤشرات المعمول بها دوليا، فإن سيولة البنوك مرتفعة، كما يشهد عليه غياب المديونية ما بين البنوك و التدخل المتزايد لبنك الجزائر من أجل امتصاص فائض السيولة في السوق النقدية. و تُترجم هذه الوضعية قدرة البنوك على تسديد التزاماتها قصيرة الأجل لكونها تحوز على أصول سائلة. 

أخيرا، و من خلال تحليل مؤشرات الصلابة المالية، يظهر بوضوح أنّ البنوك العمومية و الخاصة، على الرغم من الاختلافات في الأداء، قد سجلت بشكل عام  خلال السنة المالية 2010 تحسنا ملموسا في نتائجها (بما فيها المؤونات ذات الطابع الاحتياطي)، و ذلك على وجه الخصوص بفضل تخفيض أعباء خطر القرض، و تقليل انخفاض قيمة الأصول و التحكم في الأعباء العملياتية. وإجمالا، فإن القطاع المصرفي متينا و يتمتع بالقدرة على المقاومة. 

6. الاتجاهات النقدية و المالية الرئيسية في السداسي الأول من 2011 

إن عدم التحكم في الترقبات على المستوى الكلي و كذا الأحداث الأخيرة في منطقة الشرق الأوسط و شمال إفريقيا أثرا سلبا على النشاط الاقتصادي والوضعية المالية لبعض بلدان المنطقة. و تم هذا التأثير عن طريق انكماش إيرادات السياحة، و تحويلات العمال بالخارج و تدفقات رؤوس الأموال والاستثمار مما ساهم في تباطؤ النشاط الاقتصادي و ارتفاع البطالة. في حين تزايدت الضغوطات التضخمية، المرتبطة بارتفاع الأسعار العالمية للمواد الغذائية و للطاقة. فيما يخص الجزائر، فان الادخار الميزاني الهام و الارتفاع الملحوظ في احتياطيات الصرف المرتبطة بالمستوى العالي لأسعار البترول، يمنحان مرونة معتبرة.

في هذا الإطار، و بهدف دعم الطلب الداخلي و تخفيف تآكل القدرة الشرائية للأسر، خاصة الأكثر عوزا منها، تم اللجوء في الجزائر إلى رفع النفقات الميزانية الجارية. في الوقت الذي تواصل فيه التوسع في نفقات رأس المال. تمثلت التدابير الميزانية المتخذة منذ السداسي الأول من 2011 أساسا في زيادة دعم أسعار المواد الغذائية و التحويلات الاجتماعية، خاصة تجاه البطالين، إلغاء الرسوم على بعض المواد الأساسية، الزيادة في الأجور، زيادة التشغيل في الوظيف العمومي، خاصة التوظيف المؤقت و التمويل المدعم للسكن.

يرجع الارتفاع القوي في النفقات الجارية، أساسا إلى ارتفاع نفقات المستخدمين و التحويلات الجارية. بلغ هذا البند الأخير 1150,3 مليار دينار في السداسي الأول من السنة الجارية، أنفقت أساسا في الثلاثي الثاني، و بارتفاع قدر بـ 70,3٪ مقارنة بمبلغها في السداسي الأول من 2010 (675,6 مليار دينار). على وجه الخصوص، سجلت الإعانات الموجهة للمؤسسات العمومية ذات الطابع الإداري و كذا مختلف الإعانات الأخرى، التي تتكفل بها الميزانية، ارتفاعا قويا مما يشهد على تكثيف جهد الدولة في سنة 2011 في مجال التغطية الاجتماعية.

نتيجة لذلك، فإن معدل تغطية نفقات التسيير بواسطة الإيرادات خارج المحروقات قد انخفض بشدة ليصل 42,1

٪ في السداسي الأول من 2011 مقابل 54,8٪ في 2010، في ظرف يتميز بالأهمية المتزايدة لإيرادات الميزانية المتأتية من المحروقات.

إن التطور المواتي لأسعار المحروقات في السداسي الأول من 2011، ينعكس أيضا على الفائض المعتبر في الحساب الجاري الخارجي، أي مستوى أفضل مقارنة بالأداءات السداسية للسنة السابقة. في نفس الوقت و على الرغم من ضعفها الهيكلي، سجلت الصادرات خارج المحروقات ارتفاعا خلال السداسي الأول من 2011، حيث بلغ مستواها المستوى المحقق خلال كل سنة 2009 (0,77 مليار دولار) مقابل 0,53 مليار دولار في السداسي الأول من 2010. بوتيرة سداسية، تقارب الزيادة الكلية للصادرات خارج المحروقات المسجلة خلال السداسي الأول من 2011 مقارنة مع السداسي الأول من سنة 2010 نسبة 46

٪.

أما بالنسبة لاستيراد السلع (

fob)، فقد ازدادت بـ 15,7٪، تحت تأثير الارتفاع في واردات المواد الغذائية و سلع الاستهلاك أساسا، حيث وصلت إلى 22,37 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2011 مقابل 19,33 مليار دولار خلال نفس الفترة من السنة المنصرمة. مست هذه الزيادة، على وجه الخصوص، المواد الغذائية (60,7٪). على سبيل المثال، بلغت الواردات (caf) للمواد الغذائية الثلاثة الرئيسية (الحبوب، الحليب و السكر) 3,44 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2011، و هي تقريبا نفس قيمة الواردات السنوية لسنة 2010 (3,66 مليار دولار). كانت حصة الحبوب  من هذه الواردات 59,4٪. إذا كان هذا الارتفاع في واردات المواد الغذائية الأساسية يستجيب للرغبة في وفرة متزايدة لهذه المواد في السوق الداخلية فإنه ناجم في الأساس عن التأثير القوي لسعر واردات المواد الغذائية و سلع الاستهلاك. أما فيما يتعلق بمجمل الواردات، فقد سجلت انكماشا في الحجم بما يقارب 9٪ مقارنة بالسداسي الأول من 2010.

فيما يخص حساب رأس المال، فقد سجل في السداسي الأول من سنة 2011 زيادة في تدفقات دخول رؤوس الأموال بموجب الاستثمارات المباشرة الخارجية. و تقدر هذه الأخيرة بـ 1,331 مليار دولار، في ظرف تميز بتسديدات هامة للدين الخارجي قصير الأجل، حيث انتقل قائم هذا الأخير من 1,778 مليار دولار، في نهاية ديسمبر 2010، إلى 0,989 مليار دولار في نهاية جوان 2011.

في المجموع، بلغ الرصيد الإجمالي لميزان المدفوعات 9,11 مليار دولار في السداسي الأول من سنة 2011، أي بوتيرة ثلاثية تفوق 4 ملايير دولار. تعززت بذلك الوضعية المالية الخارجية للجزائر، في وضع يتميز بتراجع الدين الخارجي و كذا التراكم المعزز لاحتياطيات الصرف (173,9 مليار دولار في نهاية جوان 2011، خارج الموجودات من حقوق السحب الخاصة و خارج الذهب). و قد نتج عن التسيير المرن لسعر الصرف، الحفاظ على سعر صرف فعلي حقيقي للدينار عند مستواه التوازني تقريبا على المدى المتوسط، و هذا على الرغم من التقلبات القوية لأسعار صرف العملات الرئيسية. بالإضافة إلى ذلك، تميز السداسي الأول من سنة 2011 بتقلص فارق التضخم بين الجزائر وشركائها التجاريين الرئيسيين.

تظهر مؤشرات الوضعية النقدية في نهاية جوان 2011، ارتفاعا كبيرا نسبيا في الكتلة النقدية (8,62٪). يرجع هذا أساسا إلى تنقيد الموجودات الخارجية و كذا إلى الزيادة المعتبرة بشكل عام في القروض للاقتصاد. يؤكد هذا الميل استمرار حيوية القروض للاقتصاد، مما يضع الجزائر ضمن مجموعة البلدان الناشئة ذات النمو السريع للقرض. إضافة إلى ذلك، يخص ارتفاع القروض (خارج السندات) كل من البنوك العمومية بـ 11,29٪ و البنوك الخاصة بـ 16,44٪، في حين تتباين وتيرتها بين البنوك

. 

من الزاوية القطاعية، تباين تطور القروض الموزعة من طرف البنوك في السداسي الأول من 2011، حيث ترافقت الزيادة المعتبرة للقروض الموجهة للمؤسسات الخاصة (10,21٪)، مع زيادة أكبر أهمية للقروض الموجهة للقطاع العمومي (13,48٪) و لكن بزيادة متواضعة في القروض الموجهة للأسر (3,47٪). غير أن القروض العقارية الموجهة للأسر ارتفعت بـ 12,50٪ بالغة 74٪ من إجمالي القروض الموجهة للأسر (68٪ في نهاية 2010). لقد استقرت حصة القروض الموجهة للقطاع الخاص (أي مؤسسات خاصة و أسر) من إجمالي القروض الموزعة (صافية من إعادة شراء الديون)، في السداسي الأول (55,18٪). موازاة مع ذلك، فإنّ حصة القروض قصيرة الأجل في انخفاض لصالح القروض متوسطة و طويلة الأجل حيث بلغت هذه الأخيرة 62,57٪ في نهاية جوان 2011 مقابل 59,89٪ في نهاية ديسمبر 2010. إن حيوية التمويل متوسط و طويل الأجل لمشاريع الاستثمار، لا سيما عن طريق التجمعات المصرفية قد تعزز بواسطة تمديد آجال نضج التمويل المصرفي. تتّضح هذه الظاهرة الأخيرة بقوة في السداسي الثاني من 2011، تحت تأثير التحفيز الذي قدمته السلطات العمومية (الدعم المالي).

من جهة أخرى، في ظرف يتميز بالنمو القوي في القروض للاقتصاد، انخفض متوسط معدل الفائدة المرجح حسب نوع القرض بشكل طفيف في السداسي الأول من 2011 مقارنة بمستواه في نهاية 2010 و نهاية 2009. و هكذا، ساهمت الشروط المالية المواتية و تعزيز الصلابة المالية للبنوك في توطيد دور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار المالي المتزايدة في 2011، و الممثلة في ودائع الأسر و ودائع المؤسسات الخاصة أو ودائع المؤسسات العمومية، بما فيها مؤسسات المحروقات.

بالنسبة للستة أشهر الأولى من سنة 2011، تزايدت الودائع تحت الطلب لدى البنوك بـ 6,55٪، أي بوتيرة أقل من تلك المتعلقة بالودائع لأجل (بما فيها الودائع بالعملات الصعبة) (7,22٪)، في الوقت الذي سجلت فيه الودائع لدى مركز الصكوك البريدية و الخزينة العمومية، من جانبها، ارتفاعا أكثر أهمية (21,84٪). تجدر الإشارة كذلك إلى الزيادة الكبيرة في النقد الورقي اعتبارا من 2007، أي بوتيرة سنوية متوسطة بواقع 18,2٪ بالنسبة للسنوات الأربعة الأخيرة، حيث بلغ نسبة النقد الورقي إلى الكتلة النقدية 26,09٪ في نهاية جوان 2011. إذا كانت هذه النسبة مستقرة نوعا ما بين 2005 و 2008، بحوالي 22٪، فإن قفزة تداول النقد الورقي تفسّر أساسا بالحجم الكبير و المتزايد للدفع بالنقد الورقي في المعاملات، متجاوزة تلك المتعامل بها في تجارة التجزئة.

ارتفعت الكتلة النقدية (خارج ودائع قطاع المحروقات) بنسبة 10,67٪ في نهاية جوان 2011 مقابل ارتفاع قدره 8,62٪ لمجموع

M2 بالمفهوم الواسع، و هذا لكون ودائع قطاع المحروقات قد سجلت تقلّصا بنسبة 6,29٪ مقارنة بتلك المحققة في ديسمبر 2010. و إذ ترتبط هذه الأخيرة بتسديد الضريبة البترولية الذي حصل في جوان 2011. مقابل تقلص ودائع قطاع المحروقات إلى نهاية جوان 2011 بالمقارنة مع تلك المسجلة في نهاية ديسمبر 2010، تعززت أكثر الودائع تحت الطلب و لأجل بالدينار للمؤسسات الخاصة و الأسر لدى البنوك في السداسي الأول من 2011 أي بنسبة 8,32٪. و في ظرف يتميز باستقرار ودائعها بالعملات الصعبة، فإن الأهمية المتزايدة لودائع الأسر بالدينار يغذيها ارتفاع المداخيل من الأجور و تحويلات الميزانية. و تجدر الإشارة هنا إلى أن ودائع الأسر بالدينار قد بلغت 36,57٪ من إجمالي الودائع بالدينار إلى نهاية جوان 2011 و هي مستقرة.

إن الزيادة الهامة للموجودات المالية للأعوان «مؤسسات خارج المحروقات و أسر» قد غذّت فائض سيولة البنوك الذي بقي هيكليا، فضلا عن ذلك، فهو منتشرا على مستوى البنوك. واصل من جهته، بنك الجزائر امتصاص فائض السيولة عن طريق عمليات استرجاع السيولة لسبعة أيام و لثلاثة أشهر، في الوقت الذي وظّفت فيه البنوك بصفة منتظمة المبالغ الزائدة عن هدف تكوين الاحتياطيات الإجبارية و هذا في شكل تسهيلات الودائع المغلة للفائدة لمدة 24 ساعة. نتيجة لذلك، تقلّص مبلغ الاحتياطيات الحرّة في السداسي الأول من سنة 2011، عاكسا بذلك الطابع الفعلي لعملية امتصاص فائض السيولة من طرف بنك الجزائر.

من جهة أخرى، عززت البنوك خلال السداسي الأول من سنة 2011 مؤشراتها المتعلقة بالصلابة المالية. بالفعل، بقيت نسبة الملاءة معتبرة بما يقارب 21٪، في الوقت الذي بقيت فيه النسبتين المتعلقتين بالسيولة مرتفعتين مثلما كانتا عليه في نهاية سنة 2010. علاوة على ذلك، تجدر الإشارة إلى أن مستوى الديون غير الناجعة المصرّح بها من طرف البنوك هو في انخفاض منتقلا من 19,05٪ من إجمالي القروض الموزّعة إلى نهاية سنة 2010 إلى 16,63٪ نهاية سنة 2011. و يعود هذا التحسّن إلى الأثر المزدوج لانخفاض مستوى الديون غير الناجعة و ارتفاع قائم القروض الموزّعة.

قصد تطوير أكثر للإطار العملياتي للاستقرار المالي و في تناغم مع المعايير الجديدة للجنة بازل، تمّ إصدار نظام يتعلق بتحديد و قياس وتسيير و رقابة خطر السيولة من طرف مجلس النقد و القرض في ماي من سنة 2011. يؤسس هذا النظام معامل سيولة أدنى يجب احترامه في أي وقت من طرف البنوك والمؤسسات المالية. بيّن التقييم الذي قام به بنك الجزائر اعتبارا من جوان 2011 امتثال بنوك الساحة لهذا الالتزام؛ إذ تتميز هذه السنة بسيولة مصرفية وافرة و موزعة بشكل واسع. كما، أصدر مجلس النقد و القرض في ماي 2011، نظاما ثانيا من أجل إرساء تطبيق أحسن لتسيير السيولة و متابعة العمليات ما بين البنوك و تحسين نوعية التقارير الاحترازية. يؤسس هذا النظام جهاز رقابة داخلية و كذا التحديد، على أساس المقابلات، للقائم من القروض والإقتراضات ما بين البنوك، خاصة تلك المتعاقد عليها في السوق النقدية، والتي تلتزم البنوك و المؤسسات المالية بتطبيقها.

يساهم هذان الجهازان الجديدان، اللذان يدعمان أدوات الإشراف و الرقابة، في تعزيز أكثر لاستقرار و صلابة النظام المصرفي الجزائري. كما يقوّيان عمليا الإطار العملياتي للتنبؤ و المتابعة الدقيقة للسيولة المصرفية من طرف بنك الجزائر و هذا، في إطار إدارته للسياسة النقدية. في هذا المجال، تبرز اليوم إلى الواجهة متابعة و رقابة التضخم تطبيقا للأحكام القانونية الجديدة المتعلقة بالنقد والقرض (أوت 2010).  

ساهم، في السداسي الأول من سنة 2011، الميل التصاعدي لوتيرات التوسع النقدي بالترابط مع ارتفاع أسعار المواد الزراعية المستوردة في زيادة تضخم الأسعار الداخلية. ارتفعت الأسعار عند الاستهلاك في الجزائر الكبرى في السداسي الأول من سنة 2011 بنسبة 3,76٪ كمتوسط سداسي (6 أشهر من 2011 إلى 6 أشهر من 2010) مقابل 4,62٪ في جوان 2010 لتَنقُل مؤشر الأسعار إلى 141,1 نقطة (سنة الأساس هي 100 في 2001). بلغ متوسط التضخم السنوي، في جوان 2011، نسبة 3,49٪ مقابل 5,41٪ في جوان من سنة 2010 و يقدّر ارتفاع الأسعار، كانزلاق سنوي، بنسبة 3,69٪ مقابل 6,11٪ في جوان 2010. كما يجب الإشارة إلى الارتفاع القوي لأسعار المواد الغذائية كانزلاق سنوي (9,66٪ لكن بنسبة 2,54٪ كمتوسط سنوي). نجمت هذه الزيادة أساسا عن ارتفاع أسعار المنتجات الفلاحية الطازجة (14,9٪) وبدرجة أقل عن ارتفاع المواد الغذائية المصنعة (5,6٪).

أخيرا، إن الإجراءات المتخذة من طرف السلطات العمومية، الرامية إلى تقليل أثر التضخم المستورد و كبح إختلالات السوق الداخلية، ساهمت بصفة واسعة في تخفيف أثر صدمة الأسعار في بداية السنة على المستوى العام للأسعار. تم هذا و إن بقيت الأسواق ضعيفة التنظيم في ظرف تميز بارتفاع المداخيل المغذاة عن طريق منطقة نفوذ الميزانية و كذا التوسع في الادخارات المالية للأسر والمؤسسات الخاصة المرتبط بارتفاع المداخيل. 

7.عناصر تحسين تمويل الاقتصاد في 2011

قصد تحقيق نمو مستدام يرتكز على التنوع، فإن إعادة توازن هيكل الاقتصاد الوطني الذي يولي أهمية لتطور الفلاحة، و الصناعة و الخدمات الإنتاجية يفرض نفسه، و هذا لغرض تقليص تبعيتها للمحروقات و بالترابط إزاء الإنفاق العمومي.

من أجل بلوغ مستوى قويا من النمو خارج المحروقات على المدى المتوسط، يصبح دور البنوك في مجال تمويل الاستثمارات المنتجة و الأنشطة خارج المحروقات الموّلدة للشغل دورا حاسما. إنّ التخصيص للموارد المالية المتاحة والراسي على الفائض الهيكلي للإدخار على الاستثمار يجب أن يندرج ضمن هدف مزدوج يتمثل في تطوير مالي، أخذا بعين الاعتبار الإدماج المالي، و نمو اقتصادي قوي خارج المحروقات. يجب أن يكون هذا مرفوقا بالتحسين المتواصل لمناخ الاستثمارات، خصوصا و أن استعمال الإدخارات المالية المتاحة للدولة لتمويل برنامج الاستثمارات العمومية (نفقات التجهيز) يسمح باجتناب أثر الاستبعاد. 

هذا و ينتظر من البنوك، استنادا إلى تدابير دعم المؤسسات الصغيرة والمتوسطة من طرف الدولة و التي تواجه صعوبات في تسديد ديونها المصرفية أن تدرس ملفات هذه المؤسسات، و ذلك على ضوء الإجراءات المتعلقة بإعادة جدولة ديونها مع تأجيل في التسديد لمدة ثلاث سنوات. و عليه، تقوم البنوك بدراسة احتمال تحسّن تشغيلها و قدرتها على الارتقاء خلال فترة الإمهال المقدّرة بثلاث سنوات و التي تسدد الخزينة العمومية خلال هذه الفترة الفوائد على ديون هذه المؤسسات. ستساهم هذه التدابير الجديدة في تحسين نوعية القروض المصرفية ومن تمّ، إرساء العلاقة بنك-مؤسسة من منظور النمو الاقتصادي. يجب على البنوك، في هذا المجال، أن تتحقق من تسيير أفضل لمخاطر القرض.   

فالبنوك اليوم مشجعة على إعادة جدولة ديون المؤسسات الصغيرة و المتوسطة التي تواجه صعوبات مع مدة تأجيل قدرها ثلاثة (3) سنوات تتكفل خلالها الخزينة العمومية بالفوائد. في هذا الأفق، و تطبيقا للأحكام المنصوص عليها في المادة 62 الفقرة "ي" من الأمر رقم 03-11، المعدل و المتمم، المتعلق بالنقد والقرض، أصدر مجلس النقد و القرض في جوان 2011، نظاما يقضي بأن الديون المصنفة، و التي هي موضوع إعادة جدولة، في إطار الدعم المقدّم من طرف الدولة، هي تلك الديون التي تم تسجيلها إلى نهاية أفريل 2011، صافية من الفوائد غير المحصلة. يحدد هذا النظام إطارا لمعالجة الفوائد غير المحصلة و المسجلة محاسبيا بموجب الديون المصرفية القابلة لإعادة الجدولة لصالح المؤسسات الصغيرة و المتوسطة التي تواجه صعوبات و المستفيدة من الدعم المالي للدولة. يتعلق الأمر هنا بإجراء يتناغم مع التنظيم الاحترازي الساري المفعول. أخيرا، و لغرض ضمان تتبع دوري في هذا المجال، تلزم البنوك والمؤسسات المالية بإرسال بيانا للديون المعاد جدولتها و المستفيدة من دعم الخزينة العمومية إلى بنك الجزائر، وفقا للشروط المحددة بتعليمة.

ستكون لهذه التدابير الجديدة لدعم المؤسسات الصغيرة و المتوسطة و المتمثلة في إعادة جدولة الديون المصرفية، تكفل الخزينة العمومية بالفوائد الواجب تسديدها خلال فترة التأجيل لمدة ثلاثة سنوات، إلغاء أعباء الفوائد غير المحصلة، تيسير الفائدة بالنسبة لقروض الاستثمار و تمديد آجال التأجيل سيترتب عنها تخفيف الأعباء المالية بالنسبة للمؤسسات الصغيرة و المتوسطة المستفيدة و تعزيز وضعيات ذمتها (تدعيم رأس مالها التشغيلي). نتيجة لذلك، ينتظر من المؤسسات الصغيرة و المتوسطة المستفيدة اغتنام فرصة التخفيف المالي هذه لوضع و تنفيذ استراتيجيات النمو و التطوير المستدام لأنشطتها الإنتاجية.

أخيرا، إن الشروط المالية المواتية و الصلابة المالية المدعمة للبنوك، ستساهم ابتداءا من 2011، في تعزيز أكثر لدور قناة القرض في تخصيص موارد الادخار المالية المتزايدة، خاصة نحو الاستثمار الإنتاجي. تسجل السنة الجارية توجها نحو التحسن في بعض مؤشرات الأداء للمؤسسات المستفيدة من الإجراء الجديد للدعم المالي للدولة و المتواجدة إذا في وضعية أحسن للحصول على التمويل المصرفي. أما فيما يتعلق بالوساطة المصرفية لفائدة قطاع الأسر، فإنه ينتظر من البنوك تطويرا قويا للقروض العقارية من أجل الحصول على السكن لهذا العون الاقتصادي ذو الفائض و الذي تعد مساهمته في تكوين الادخار الوطني جد معتبرة.                   

 

 

 

 

 
Intervention de Monsieur Mohammed Laksaci
Gouverneur de la Banque d’Algérie
Au Comité Monétaire et Financier International
Au nom de la République Islamique d’Afghanistan, de l’Algérie, du Ghana,
de la République Islamique d’Iran, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie

Washington DC, 24 septembre 2011

 

Depuis notre dernière réunion, la croissance globale s’est affaiblie, le stress
financier s’est intensifié et les risques adverses se sont accrus considérablement,
affectant sévèrement les perspectives globales. Tel que souligné dans le rapport
consolidé de la Directrice Générale du FMI sur la surveillance multilatérale, cette
situation reflète une faible détermination à mener une action collective face au
problème de la dette souveraine et des stress bancaires dans la zone euro et aux
préoccupations relatives à la croissance et à la viabilité de la dette
publique aux Etats-Unis et au Japon. Eu égard à leur importance systémique,
des actions décisives et coordonnées de prise en charge des vulnérabilités
considérables dans ces pays sont urgemment nécessaires si une autre crise est à 
éviter et si les perspectives decroissance et d’emploi sont à raviver. Les défis 
sont bien identifiés et incluent lesoutien à la croissance et à l’emploi dans le court 
terme, l’adoption de plans à moyen terme de consolidation budgétaire, particulièrement 
aux Etats-Unis et au Japon, la prise en charge décisive dans la zone euro de la crise 
de la dette souveraine et le renforcement du capital des banques et la restructuration
ou la liquidation de celles qui sont faibles ainsi que la réparation des situations
bilantaires des ménages et la relance du marché de l’immobilier aux Etats-Unis.

Les performances des pays émergents et en développement continuent à être fortes
malgré le récent ralentissement de la croissance. Les défis auxquels ils font face
incluent le maintien d’une croissance forte et équilibrée tout en reconstituant des
réserves budgétaires ainsi que l’adoption de politiques appropriées pour limiter les
risques liés aux flux de capitaux volatils et l’inflation. Au Moyen-Orient et en
Afrique du Nord, l’agenda de politiques est important. Les pressions sur les comptes
budgétaires et courants se sont accrus dans le sillage des récents évènements dans
certains pays. Au niveau de la région, les réformes politiques et sociales en cours
devraient offrir un environnement favorable à une croissance forte et partagée. Cela
devrait être soutenu par des politiques macroéconomiques appropriées, des réformes
structurelles et, là où nécessaire, une assistance externe. Les pays à faibles
revenus ont accompli des progrès substantiels au cours des dernières années et ont
relativement bien traversé la crise. Cependant, la détérioration de la situation
économique et financière globale, les prix élevés des produits de base et la baisse
de l’assistance externe mettent en péril les gains durement acquis en matière de
croissance et de réduction de la pauvreté.

Nous soutenons le plan d’action de la Directrice Générale  pour le renforcement de
l’efficacité du Fonds dans l’accomplissement de ses missions envers les pays membres
dans cette phase difficile et, de manière générale, pour l’amélioration de l’architecture 
globale. L’accent mis sur le renforcement de l’efficacité et l’impartialité  de la surveil-
lance est crucial à cet égard. Il est à souligner l’importance d’adapter les conseils en 
matière de politiques aux circonstances particulières des pays membres, de renforcer l’analyse 
des impacts entre pays, des questions macro-financières et de la stabilité, notamment dans 
les pays systémiquement importants. La revue envisagée des conditionnalités et celle des
facilités LCF et LCP devraient contribuer à renforcer les instruments du Fonds en matière 
de prévention et de résolution des crises. Des voies additionnelles de renforcement des 
capacités  de prêts du Fonds devraient être explorées pour permettre à l’institution d’être 
en meilleure position de fournir l’assistance à ses membres autant et lorsque de besoin. 
Améliorer les capacités du Fonds à assister les pays à faibles revenus devrait figurer parmi 
les priorités du plan d’action. La mobilisation de l’assistance concessionnelle, y compris les 
contributions bilatérales et l’utilisation des revenus liés à la vente de l’or, est cruciale.
L’assistance technique demeure essentielle pour aider les pays membres à formuler et
mettre en œuvre des politiques saines. A cet égard, les ressources allouées à ces
activités doivent être préservées et l’application frais aux pays en bénéficiant
évitée.  En même temps que l’entrée en vigueur prochaine de la réforme de
2010 des quotes-parts, une revue exhaustive de la formule de calcul des quotes-parts à
janvier 2013, tel que demandé par le Conseil des Gouverneurs, devrait renforcer la
légitimité du processus décisionnel en reflétant non seulement le poids des pays
membres mais aussi leurs vulnérabilités. A cet égard, il est important que
tout réalignement additionnel des quotes-parts en faveur des pays émergents et en
développement (PED) dynamiques ne se fasse pas au détriment d’autres PED. Le Fonds
doit également continuer à mettre en garde contre le protectionnisme et à promouvoir
les bénéfices pour la croissance globale et l’emploi d’une conclusion
rapide du cycle de Doha (Doha Round) en matière de négociations commerciales.

 

 

 

 

 

 

Evolutions économiques et monétaires en 2010

Présentation du rapport annuel 2010
Par Mohammed Laksaci
Gouverneur de la Banque d’Algérie

 

 

Alger, le 25 août 2011

 

Le présent document vise à expliciter les principales conclusions du rapport 2010 de la Banque d'Algérie portant évolutions macroéconomiques, financières et monétaires de l'année sous revue. Un accent particulier est mis sur les principaux développements du secteur bancaire et sur la politique monétaire. Le rapport annuel est prévu par l’article 30 de l’ordonnance relative à la monnaie et au crédit du 26 août 2003, modifiée et complétée. 

1.

Après l’effet du choc externe de grande ampleur de l’année 2009 inhérent à la crise financière internationale et à la crise économique mondiale, l’économie nationale a réalisé des performances financières appréciables en 2010, notamment une consolidation de la position financière extérieure nette.

Adossée au redressement soutenu du prix du baril de pétrole en 2010 (80,15 dollars contre 62,26 dollars) et corrélativement à la forte augmentation des recettes d’exportation des hydrocarbures (26,4 %), la balance des paiements extérieurs courants a enregistré un excédent appréciable en 2010 (12,16 milliards de dollars, 7,5 % du PIB), en situation de légère progression des importations (4 %) où la part relative des biens d’équipement et de demi produits avoisine les deux tiers. Cette performance en matière de compte courant extérieur a bénéficié du léger recul du déficit des services, du quasi équilibre du poste revenus des facteurs (net) en contexte de revenu appréciable au titre du placement des réserves de change et de la stabilisation du surplus du poste transferts courants (net).

Cela est venu confirmer l’excès de l’épargne sur l’investissement qui a caractérisé les années 2000, à l’exception de l’année 2009. Après le déficit courant extérieur du premier semestre 2009, l’excédent de l’année 2010 est d’autant plus appréciable que le solde de la balance des paiements courants devient l’élément pivot de la situation de la balance des paiements extérieurs de l’Algérie. Le compte de capital qui, après le désendettement extérieur complété avant la crise financière internationale, se limite essentiellement au poste investissements directs étrangers (net), est également en excédent (3,4 milliards de dollars). En particulier, ce dernier a enregistré une amélioration en 2010 (3,5 milliards de dollars contre 2,5 milliards de dollars en 2009), après une situation de sortie nette de capitaux au titre d’investissements directs étrangers dans certains secteurs.

En conséquence, la nette amélioration de l’excédent global de la balance des paiements extérieurs en 2010 (15,58 milliards de dollars contre 3,86 milliards de dollars en 2009) est venue alimenter le niveau des réserves officielles de change de l’Algérie qui excède trois années (38,33 mois) d’importations de biens et services. Le niveau des réserves officielles de change (y compris les avoirs en DTS)  s’est établi à 162,22 milliards de dollars à fin 2010 (148,9 milliards de dollars à fin 2009), pendant que la dette extérieure à moyen et long terme s’est stabilisée (3,679 milliards de dollars) et ne représente plus que 2,27 % du produit intérieur brut estimé pour 2010. 

Ces  principaux paramètres de la position financière extérieure nette de l’Algérie confirment sa solidité et confortent sa résilience face aux chocs extérieurs, d’autant que

la politique de gestion du taux de change par la Banque d'Algérie contribue de manière effective à la stabilité financière externe. En 2010, l'intervention de la Banque d'Algérie sur le marché interbancaire des changes a eu pour résultat l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar en moyenne annuelle (2,64 %). Le taux de change effectif réel du dinar est resté quasiment à son niveau d'équilibre à moyen terme, en dépit de la volatilité accrue des cours de change des principales devises et de la faiblesse structurelle des exportations hors hydrocarbures (environ un milliard de dollars en 2010). La structure des paiements extérieurs indique que la part des paiements en euro se stabilise à 46 % contre 50 % pour le dollar ; la structure du commerce extérieur avec les quinze principaux partenaires commerciaux de l’Algérie servant de base de pondération du taux de change effectif réel et du panier de monnaies de référence.  

Dans ce contexte, le niveau des réserves officielles de change revêt une importance particulière dans la mesure où il constitue le principal rempart contre d’éventuels chocs extérieurs. Ainsi, la stabilité financière externe sur le moyen et long terme repose fortement sur la poursuite de la gestion prudente des réserves officielles de change par la Banque d’Algérie. Les objectifs poursuivis en la matière consistent à :

·

Préserver la valeur du capital : minimiser le risque de perte de la valeur marchande des actifs, en maintenant un portefeuille diversifié d’actifs de haute qualité (en terme de notation de crédit et de type d’émetteur) et en appliquant des pratiques appropriées d’atténuation des risques ;

·

Maintenir un niveau élevé de liquidité : placer les réserves dans des actifs qui viennent à échéance ou peuvent être revendus rapidement sans perte de valeur ;

·

Optimiser le rendement : obtenir le meilleur rendement possible tout en respectant les objectifs de sécurité et de liquidité.

En conséquence, si les dépôts sont effectués particulièrement auprès des banques centrales et des institutions financières supranationales depuis 2007, les portefeuilles en titres, dont la part s’est accrue depuis et a atteint 98 % en moyenne du total des réserves, sont investis dans des instruments bénéficiant de la meilleure notation et donc les moins risqués, principalement les titres souverains.

Pour ce qui est du rendement, les investissements effectués par la Banque d’Algérie en portefeuilles titres durant les années où les taux d'intérêt étaient hauts continuent à générer des rendements relativement élevés, à savoir près de 3 % en 2010 et supérieurs à 3 % en 2008 et 2009. Ces performances sont d’autant plus appréciables qu’elles sont réalisées en contexte de taux d’intérêt très bas dans les pays avancés et de taux directeurs proches de zéro notamment aux Etats Unis.

En outre, il importe de souligner que les taux de rendement réels restent positifs. La diversification engagée depuis 2004, tant sur le plan du choix des devises entrant dans la composition des réserves et leur distribution au niveau des portefeuilles, que sous l’angle titres, par classe de risque, a contribué à cette performance, tout en minimisant les risques. L’objectif de sécurité reste primordial, d’autant que l’environnement international a été marqué en 2010 par l’apparition des risques liés à la dette souveraine en contexte de risques bancaires à la hausse.    

2.

Si le différentiel d'inflation annuelle moyenne entre l'Algérie et la zone euro s’est réduit, tout en restant encore élevé, l’appréciation du taux de change effectif réel du dinar a contribué à limiter l’impact de l’inflation importée sur le niveau général des prix, d’autant que les prix des  biens de consommation à fort contenu d'importation ont enregistré une forte progression en 2010 (7 %). La hausse des cours internationaux des produits agricoles de base importés (céréales et produits tropicaux), l’accroissement de la masse monétaire ainsi que la hausse des prix de gros des fruits et légumes frais sont les  principaux facteurs qui expliquent et déterminent l’inflation, avec des contributions respectives estimées à  31 %, 62 % et 7 % en moyenne sur la décennie. Il importe ici de souligner l’impact inflationniste des dysfonctionnements des marchés intérieurs.

En effet, pour la première fois depuis cinq ans, le taux d’inflation annuel moyen mesuré par l’indice des prix à la consommation a fléchi, passant de 6,1 % en 2009 à 4,1 % pour l’indice national et de 5,7 % en 2009 à 3,9 % pour l’indice du Grand Alger. Contrairement aux années précédentes, l’inflation en 2010 est principalement générée par la hausse des prix des services et des biens manufacturés, même si les biens alimentaires ont subi des hausses substantielles, au demeurant nettement plus faibles que par le passé.

Si depuis 2003, la hausse des prix à la consommation a été plus faible en Algérie que dans la région MENA et inférieure à l’inflation médiane pour toutes ces années, le ralentissement du taux de croissance des prix à la production industrielle depuis 2008 et des prix à la consommation en 2010 laisse penser qu’une dynamique de désinflation est engagée en Algérie, dynamique qu’il convient de conforter par la maîtrise des principaux déterminants de l’inflation : création monétaire hors hydrocarbures en phase avec la croissance réelle, maîtrise de la hausse  des  coûts  des facteurs et stimulation de l’offre.

3.

Aussi, après deux années d’activité économique à rythme modéré à 2,4 %, la reprise de la croissance, tirée par la demande intérieure, elle même soutenue par l’accroissement des ressources, se confirme en 2010 (3,3 %), pendant que le secteur des hydrocarbures enregistre une croissance négative depuis 2006. En effet, tous les secteurs d’activité autres que celui des hydrocarbures ont connu une croissance positive, avec une faible performance de l’industrie (0,9 % contre 5 % en 2009) et l’agriculture (6,0 % contre 20,0 % en 2009) ; le PIB hors hydrocarbures en volume progressant à hauteur de 6,0 % en 2010 (9,3 % en 2009). La croissance appréciable hors hydrocarbures, inégalement répartie par secteur, est portée par l’accroissement de la contribution des secteurs des services marchands, notamment commerce et transport, non marchands et du BTP, en contexte de recul de celles de l’industrie manufacturière et de l’agriculture.

Parallèlement, la croissance de la  dépense intérieure s’est réduite, mais demeure  élevée à 5,5 % en volume en 2010, impulsée par la forte progression des dépenses des ménages et des administrations publiques, confirmant le rôle des dépenses publiques comme stimulant décisif de l’activité économique en Algérie.

Si les dépenses budgétaires totales ont progressé de 6,3 % en 2010, après leur quasi stabilisation en 2009, les dépenses d’équipement ont reculé aussi bien en 2009 qu’en 2010 respectivement de 1,4 % et 6 %, après leur forte progression depuis l’année 2005. Leur taux de croissance avait culminé à 41,3 % en 2007 (37,5 % en 2008). Aussi, après de nombreuses années d’évolution haussière, le ratio dépenses d’équipement / PIB a baissé, passant de 19,4 % en 2009 à 15,1 % en 2010, témoignant du ralentissement sensible de l’absorption en la matière. Quant au ratio dépenses courantes/PIB, il s’est stabilisé en 2010 (22,2 % contre 22,9 % en 2009), pendant que l’augmentation des dépenses courantes a résulté notamment de celle des dépenses de personnel. En outre, le taux de couverture des dépenses de fonctionnement par les recettes hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (54,8 %), après une baisse de 2006 à 2008. 

En 2010, les recettes des hydrocarbures ont augmenté de 20,4 %, s’établissant à 66,3 % des recettes budgétaires totales et couvrant 64,4 % des dépenses budgétaires totales. Quant aux recettes hors hydrocarbures, représentant 33,6 % du total des recettes budgétaires, elles ont progressé de 16,5 % (14,6 % en 2009), pendant que la part relative des recettes fiscales est de 87,6 %. Par ailleurs, si le ratio recettes hors hydrocarbures/produit intérieur brut hors hydrocarbures est resté stable en 2010 (18,7 %), cette stabilité ne doit pas occulter le changement de structure de la fiscalité hors hydrocarbures au cours des années 2004-2010. En effet, les prélèvements sur les revenus, salaires et bénéfices des sociétés ont augmenté relativement plus vite que les prélèvements sur l’activité économique (impôts sur les biens et services et droits de douane), en dépit de l’accroissement substantiel de l’assiette de ces derniers.

Au total, après près d’une décennie d’excédents, le solde global des opérations du Trésor est déficitaire pour la deuxième année consécutive (0,9 % du PIB  en 2010 et 7,1 % en 2009).  Malgré ce déficit, la capacité de financement du Trésor s’est consolidée en 2010, à en juger par l’encours des ressources du fonds de régulation des recettes qui s’est accru de 526,4 milliards de dinars pour atteindre 40,1 % du produit intérieur brut. Cela renforce la viabilité des finances publiques, en dépit de l’augmentation de la dette publique intérieure en 2010. L’efficacité de l’investissement public doit être désormais l’objectif ultime. Une attention particulière doit être accordée au renforcement contenu des capacités d’investir.

4.

La reprise en 2010 de l’accroissement des ressources accumulées (épargnes financières)  dans le Fonds de régulation des recettes, en dépit de la forte progression des dépenses budgétaires courantes (dépenses du personnel et transferts) comparativement à leur évolution en 2009, a contribué à atténuer la monétisation.

L’analyse des sources de création monétaire en 2010 confirme que les avoirs extérieurs (en devises) constituent l’élément essentiel dans ce processus et donc dans la formation des épargnes financières des agents économiques non financiers. Ainsi, l’encours des avoirs extérieurs nets de la Banque d’Algérie exprimés en dinars, soit 11854,02 milliards à fin 2010, a été monétisé à hauteur de 72,4 % (hors valorisation). Vu la faiblesse des avoirs extérieurs nets des banques, le complément de création monétaire est représenté par les crédits à l’économie (3671,1 milliards de dinars) distribués par les banques et établissements financiers. En conséquence, l’ensemble de ces actifs, constitués principalement d’avoirs extérieurs (réserves de change), ont pour contrepartie l’encours des épargnes financières (dépôts dans les banques et monnaie fiduciaire) des entreprises et ménages (8323,28 milliards de dinars à fin 2010) et l’encours de l’épargne financière (fonds de régulation des recettes et autres dépôts en comptes courants à la Banque d’Algérie et les banques) de l’Etat (5108,13 milliards de dinars à fin 2010).

C’est dans un tel contexte de développement de l’épargne financière, que l’effet conjugué de la stérilisation par le Trésor et de l’absorption de l’excès de liquidité par la Banque d’Algérie a contribué à ancrer davantage la stabilité monétaire et financière en 2010, malgré la reprise de l’expansion de la masse monétaire M2 (13,8 %).

Après une expansion monétaire historiquement basse enregistrée en 2009 (3,1 %) sous l’effet de l’important choc externe, l’année 2010 a été marquée par le retour à l’expansion monétaire, mais à un taux inférieur aux rythmes élevés des années 2006 à 2008. Avec

une progression de 10,2 % en 2010, la reprise du rôle des avoirs extérieurs nets dans le processus de création monétaire s’est conjuguée avec la poursuite du dynamisme des crédits à l’économie.

Contrairement à la situation de plusieurs pays émergents qui ont enregistré une contraction des crédits à l’économie liée à la crise financière internationale, les crédits distribués par les banques opérant en Algérie aux entreprises et ménages, directement ou par le biais de l’investissement en obligations émises par les entreprises, ont augmenté de 15,6 % en 2010 (hors rachat de crédits non performants par le Trésor). Cette hausse correspond à une forte croissance des crédits, en termes réels, au cours de l’année 2010, situant l’Algérie dans le groupe de pays émergents à croissance rapide du crédit. S

ous l’effet de la forte croissance des crédits à moyen et long termes, la part de ces crédits est montée à 59,9 % à fin 2010 contre 57,2 % à fin 2009, confirmant la dynamique de financement à long terme de projets d'investissement notamment en syndication bancaire et contribuant ainsi au rallongement des maturités de financement bancaire. 

En Algérie, des conditions financières favorables et une résilience du système bancaire face au choc externe ont contribué à renforcer le rôle du canal crédit dans l’allocation des ressources d’épargne ; celles-ci s’étant consolidées au cours de l’année 2010, tant au niveau du secteur des hydrocarbures que des autres secteurs d’activité, après la contraction des dépôts du secteur des hydrocarbures en 2009. Il est utile de noter qu’à fin 2010, l’encours de l’épargne financière des ménages et entreprises privées excède celui des entreprises publiques, y compris celles des hydrocarbures.

En conséquence, l’augmentation substantielle des dépôts bancaires (à vue et à terme en dinars) en 2010,

12,5 % contre une baisse de 8,2 % en 2009, a contribué à consolider davantage la capacité de fonds prêtables des banques, ancrée sur des ressources stables et accrues et une bonne position de liquidité. De plus, l’excès de liquidité est de plus en plus disséminé au niveau des banques de la place. Cela a, cependant, induit une activité moins dynamique sur le marché monétaire interbancaire. En effet, disposant de ressources financières stables leur permettant de mener leurs différentes activités en contexte de faible risque de liquidité, les banques ne sont intervenues que rarement sur le marché monétaire pour se procurer de la liquidité au cours de l’année 2010, notamment pour répondre aux objectifs de constitution de réserves obligatoires réglementaires.

En dépit de l’acuité de l’excès de liquidité structurel alimenté par la reprise significative de la croissance monétaire en 2010, la conduite ordonnée de la politique monétaire par la Banque d’Algérie a contribué à contenir les pressions inflationnistes en 2010 et donc à asseoir davantage la stabilité monétaire. La conduite

efficace de la politique monétaire a reposé sur la résorption effective de l’excès de liquidité, vu l’ampleur de la monétisation des avoirs extérieurs qui se sont nettement accrus en 2010 après le choc externe de 2009. De plus, si les réserves libres ont constitué en moyenne un montant de 63 milliards de dinars en 2010, il importe de noter que sur ce montant, les dépôts libres des banques, qui n’interviennent pas dans les opérations avec la Banque d’Algérie, atteignent 54 milliards de dinars.

Aussi, a

près un ajustement en 2009 du dispositif réglementaire portant instruments de conduite de la politique monétaire (reprises de liquidité, facilité de dépôts rémunérés et réserves obligatoires), l’année 2010 a été marquée par la réforme du cadre légal en la matière où l’objectif d’inflation a été institué en tant qu’objectif ultime de la politique monétaire, tout en conservant les objectifs quantitatifs monétaires. Ce qui confère de facto un rôle aux agrégats monétaires et de crédit dans la conduite de la politique monétaire par la Banque d’Algérie, pendant que la prévision de l’inflation à court terme prend désormais une importance particulière.   

La prévision de l’inflation et son monitoring a amené la Banque d’Algérie à développer un outil adéquat depuis septembre 2009, à savoir un modèle de prévision de l’inflation à court terme  répondant au souci d’une vision prospective, afin de prévoir mensuellement le taux d’inflation et son évolution dans un horizon d’une année. A titre d’exemple, la prévision de l’inflation en moyenne annuelle pour fin 2010 effectuée en septembre 2010 ne diffère que de 0,14 point de pourcentage du taux d’inflation réalisé et calculé par l’ONS pour décembre (3,91 %). En conséquence, l’inflation annuelle moyenne est restée proche des prévisions à court terme. Ce taux d’inflation est en recul par rapport à la hausse des prix à fin 2009 (5,74 %) et en phase avec l’objectif d’inflation arrêté par le Conseil de la monnaie et du crédit (4 %, + ou – 1 point) au titre de l’année 2010, comme objectif implicite de la politique monétaire.

5.

La contribution de la politique monétaire à la stabilité financière reste décisive en Algérie, vu la prédominance des banques dans le système financier algérien. En 2010, le secteur bancaire reste solide, ancré sur des ressources stables et accrues et une position de liquidité des banques très solide. Si l’activité des banques est principalement tirée par le segment activité de crédits, la solidité du secteur bancaire est appréciable aussi bien sous l’angle de l’évolution de leurs activités qu’en ce qui concerne la rentabilité de leurs fonds propres (return on equity) et du rendement de leurs actifs (return on assets).

Les indicateurs de solidité aussi bien des banques publiques que privées sont proches de ceux enregistrés dans les pays émergents : le ratio de solvabilité est confortable (23,31 % en 2010 contre 22,11 % en 2009), bien au-delà des recommandations de Bale III, la rentabilité des fonds propres est substantielle (20,72 % en 2010) et le rendement des actifs est conséquent (1,52 %), correspondant aux meilleurs résultats réalisés dans les pays émergents. La marge d’intérêt des banques est en hausse (63,80 % en 2010 contre 57,36 % en 2009), en phase avec la baisse des charges hors intérêt (39,40 % en 2010 contre 49,98 % en 2009).

Sur le plan de la qualité de portefeuille de crédit, les banques ont veillé à renforcer la gestion de risques de crédit. Le taux brut de créances non performantes à fin 2010 est en baisse, bien que le niveau de ces créances reste plus élevé que les standards internationaux en la matière. Les créances non performantes sont fortement provisionnées (74,1 % contre 68,3 % à fin 2009) indiquant que les banques, publiques et privées, tout en augmentant leurs fonds propres ont veillé à constituer les provisionnements nécessaires.

Enfin, les nouvelles dispositions relatives à la monnaie et au crédit d’août 2010 ont renforcé les missions de la Banque d’Algérie en matière de supervision et de contrôle bancaire et lui ont assigné  des prérogatives nouvelles en matière de stabilité financière. Dans ce cadre, la Banque d’Algérie a consolidé ses capacités en matière de stress tests, parallèlement à la finalisation du nouveau système de notation des banques et établissements financiers, sous l’angle d’un meilleur contrôle des risques bancaires (une supervision orientée sur les risques).

Au total, la Banque d’Algérie doit s’assurer de la sécurité et de la solidité du système bancaire, un pré requis pour une allocation efficace des ressources au profit de l’investissement productif, vu la persistance de l’excès de l’épargne sur l’investissement.

Dans la perspective d’une croissance durable portée par la diversification, le rééquilibrage de la structure de l’économie nationale favorisant l’essor de l’agriculture, de l’industrie et des services productifs s’impose, afin de réduire sa dépendance à l’égard des hydrocarbures et corrélativement vis-à-vis de la dépense publique. Pour atteindre le potentiel de croissance hors hydrocarbures sur le moyen terme, le rôle des banques est désormais décisif en matière de financement des investissements productifs et des activités hors hydrocarbures créatrices d’emplois. Une telle allocation des ressources financières disponibles doit s’inscrire dans un double objectif de développement financier, prenant en compte l’inclusion financière, et de forte croissance économique hors hydrocarbures. Cela doit être accompagné par une amélioration soutenue du climat des investissements, d’autant que l’utilisation des épargnes financières disponibles de l’Etat pour autofinancer le programme d’investissements publics (dépenses d’équipement) permet de prévenir tout effet d’éviction.

 

 

التطورات الاقتصادية و النقدية في 2010 

 

عرض التقرير السنوي 2010

من طرف محمد لكصاسي

محافظ بنك الجزائر

 

الجزائر، في 25 أوت 2010

 

تهدف هذه الوثيقة إلى توضيح الاستنتاجات الرئيسية لتقرير 2010 لبنك الجزائر الذي يتضمن التطورات الاقتصادية الكلية، المالية و النقدية للسنة تحت الدراسة. تم التركيز خاصة على التطورات الرئيسية للقطاع المصرفي و على السياسة النقدية. و قد نص على التقرير السنوي الأمر رقم 03-11 المتعلق بالنقد و القرض ، المعدل و المتمم، في المادة 30 منه.

1. بعد تأثير الصدمة قوية الحجم لسنة 2009 ذات الصلة بالأزمة المالية الدولية و بالأزمة الاقتصادية العالمية، حقق الاقتصاد الوطني أداءات مالية معتبرة في 2010، خاصة تعزيزا للوضعية المالية الخارجية الصافية.  

سجل ميزان المدفوعات الخارجي الجاري، مرتكزا على تحسن متواصل لسعر برميل البترول في 2010 (80,15 دولار مقابل 62,26 دولار) و بالارتباط مع الارتفاع القوي لإيرادات صادرات المحروقات (26,4٪)، فائضا معتبرا في 2010 (12,16 مليار دولار،7,5٪ من إجمالي الناتج الداخلي)، في وضع تميز بارتفاع طفيف للواردات (4٪) حيث تقارب الحصة النسبية لسلع التجهيز و سلع نصف المصنعة  الثلثين. استفاد هذا الأداء في مجال الحساب الجاري الخارجي من تراجع طفيف في عجز الخدمات، و من شبه توازن في بند عوائد عوامل الإنتاج (الصافي) في ظرف تميز بعائد معتبر بموجب توظيفات احتياطيات الصرف و استقرار فائض بند التحويلات الجارية (الصافي).

يأتي هذا ليؤكد فائض الادخار على الاستثمار الذي ميّز سنوات 2000، باستثناء سنة 2009. بعد العجز الجاري الخارجي في السداسي الأول من 2009، يعتبر فائض سنة 2010 معتبرا، لا سيّما و أن رصيد ميزان المدفوعات الجارية أصبح العنصر المحوري لوضعية ميزان المدفوعات الخارجية للجزائر. إن حساب رأس المال و الذي يقتصر أساسا في بند الاستثمارات الخارجية المباشرة (الصافي)، و بعد تسديد المديونية الخارجية الذي تمّ قبل اندلاع الأزمة المالية الدولية، يعتبر هو أيضا في حالة فائض(3,4 مليار دولار). سجل هذا الأخير على وجه الخصوص، تحسنا في 2010 (3,5 مليار دولار مقابل 2,5 مليار دولار في 2009)، بعد وضع خروج صاف لرؤوس الأموال بموجب الاستثمارات المباشرة الخارجية في بعض القطاعات.

و عليه، يساهم التحسن الملحوظ في الفائض الإجمالي لميزان المدفوعات في 2010 (15,58 مليار دولار مقابل 3,86 مليار دولار في 2009) في تغذية مستوى احتياطيات الصرف الرسمية للجزائر، الذي يتجاوز ثلاث سنوات (38,33 شهرا) من الاستيراد للسلع و الخدمات. إذ بلغ مستوى الاحتياطيات الرسمية للصرف (بما في ذلك الموجودات المعبر عنها بحقوق السحب الخاصة) 162,22 مليار دولار في نهاية 2010 (148,9 مليار دولار في نهاية 2009)، في الوقت الذي استقر فيه الدين الخارجي المتوسط و طويل الأجل (3,679 مليار دولار) و الذي لم يعد يمثل سوى 2,27٪ من إجمالي الناتج الداخلي المقدر لسنة 2010.

تؤكد هذه المقاييس الرئيسية للوضعية المالية الخارجية الصافية للجزائر صلابتها و تدعّم قدرتها على مقاومة الصدمات الخارجية، خاصة و أن سياسة تسيير سعر الصرف من طرف بنك الجزائر تساهم بطريقة فعلية في الاستقرار المالي الخارجي. مكنت في 2010، تدخلات بنك الجزائر في سوق الصرف ما بين البنوك من الحصول على تحسن لسعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار كمتوسط سنوي (2,64٪). بقي سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار تقريبا في مستواه شبه التوازني على المدى المتوسط ، و ذلك على الرغم من التقلبات المتزايدة لأسعار صرف العملات الرئيسية و الضعف الهيكلي للصادرات خارج المحروقات (ما يقارب مليار دولار في 2010). يبين هيكل المدفوعات الخارجية استقرار حصة المدفوعات بالأورو في حدود 46٪ مقابل 50٪ للدولار؛ يستخدم هيكل التجارة الخارجية مع الخمسة عشر شريك تجاري رئيسي للجزائر كقاعدة ترجيح لسعر الصرف الفعلي الحقيقي و كذلك سلة العملات المرجعية. 

يكتسي، في هذا الظرف، مستوى احتياطيات الصرف الرسمية أهمية خاصة إذ يمثل الحائط الأساسي ضد الصدمات الخارجية المحتملة. و عليه، يقوم الاستقرار المالي الخارجي على المدى المتوسط و الطويل بقوة على مواصلة التسيير الحذر لاحتياطيات الصرف الرسمية من طرف بنك الجزائر. تتمثل الأهداف المتبعة في هذا مجال في:

·     الحفاظ على قيمة رأس المال: التقليل من خطر خسارة القيمة السوقية للأصول، بالاحتفاظ على محفظة متنوعة الأصول ذات النوعية الرفيعة (فيما يخص تنقيط القرض و نوع المصدر) و بتطبيق ممارسات ملائمة لتخفيف المخاطر؛

·     الاحتفاظ على مستوى عال من السيولة: توظيف الاحتياطيات في أصول بتاريخ استحقاق قريب أو التي يمكن إعادة بيعها بسرعة دون فقدان القيمة؛

·     الحصول على المردود الأمثل: الحصول على أفضل مردود ممكن مع احترام الأهداف المتعلقة بالأمن و السيولة.

و عليه، إن كانت الإيداعات تتم خصوصا لدى البنوك المركزية و المؤسسات المالية الدولية منذ 2007، استثمرت محافظ الأوراق المالية، و التي تزايدت حصتها منذ ذلك الوقت حيث بلغت 98٪ كمتوسط لإجمالي الاحتياطيات، في أدوات تحصل على أفضل تنقيط و بالتالي الأقل مخاطرة، أساسا السندات السيادية .

فيما يخص المردود، واصلت الاستثمارات المحققة من طرف بنك الجزائر في محافظ الأوراق المالية خلال السنوات أين كان معدل الفائدة عاليا، في توليد مردودات مرتفعة نسبيا، أي تقريبا 3٪ في 2010 و أعلى من 3٪ في 2008 و 2009. تعتبر هذه الأداءات معتبرة خاصة و أنها حققت في ظرف يتميز بمعدل فائدة جد منخفض في البلدان المتقدمة و معدلات توجيهية قريبة من الصفر بالخصوص في الولايات المتحدة. فضلا عن ذلك، تجدر الإشارة إلى أن معدلات المردود الحقيقي تبقى ايجابية. و ساهم التنويع الذي ادخل منذ 2004، سواء كان في اختيار العملات التي تدخل في تكوين تشكيلة الاحتياطيات و توزيعهم على مستوى المحافظ، أو من زاوية الأوراق المالية، حسب صنف الخطر، في هذا الأداء، مع تقليل المخاطر. و يبقى هدف الأمن، أساسيا، مع العلم أن المحيط الدولي قد تميز في 2010 بظهور مخاطر مرتبطة بالدين السيادي في ظرف يتميز بمخاطر بنكية متصاعدة.  

2. إن كان فارق التضخم السنوي المتوسط بين الجزائر و منطقة الأورو قد تقلص، و إن بقي مرتفعا، فإن تحسن سعر الصرف الفعلي الحقيقي للدينار ساهم في الحد من أثر التضخم المستورد على المستوى العام للأسعار، خاصة و أن أسعار السلع الاستهلاكية ذات المحتوى المستورد القوي قد سجلت ارتفاعا قويا في 2010 (7٪). و تعد زيادة الأسعار الدولية للمواد الزراعية الأساسية المستوردة (حبوب و مواد استوائية)، بما فيها زيادة الكتلة النقدية و كذا زيادة الأسعار بالجملة للفواكه و الخضر العوامل الرئيسية التي تفسر و تحدد التضخم، بمساهمات تقدر على التوالي بـ 31٪، 62٪ و 7٪ كمتوسط في العشرية الأخيرة. و تجدر الإشارة هنا إلى الأثر التضخمي لسوء تسيير الأسواق الداخلية.

بالفعل، و للمرة الأولى منذ خمس سنوات، تراخى معدل التضخم السنوي المتوسط المقاس بمؤشر الأسعار عند الاستهلاك، منتقلا من 6,1٪ في 2009 إلى 4,1٪ بالنسبة للمؤشر الوطني و من 5,7٪ في 2009 إلى 3,9٪ بالنسبة لمؤشر الجزائر العاصمة. و عكس السنوات السابقة، فقد تولد التضخم في 2010 أساسا من ارتفاع أسعار الخدمات و السلع المصنعة، حتى و إن تأثرت السلع الغذائية بالزيادات الهامة، التي تبقى ضعيفة بوضوح مما كانت عليه في الماضي.

إذا كانت زيادة الأسعار عند الاستهلاك